Imitations d'ouvrages plus anciens
2. Abraxas et pareilles représentations et inscriptions panthéistiques ou mystiques • . 180.
Appendice. Gemmes babyloniennes. Nos 1694-95 . . . 186.
B. CAMÉES
d'art grec et R05IAIN.
Nos 1-133 189-200.
Abréviations.
Dr. g, — droite gauche. Des parties du corps et de la place dans la représentation, indiquées du point de vue du spectateur. Dans les intailles, ordinairement destinées à servir de cachets, et dont les représentations par conséquent étaient calculées à se produire dans les empreintes, la description se conforme à celles-ci (à l'exception des gemmes de la 4me classe 2, dont remploi différait de celui du reste}. Il s'ensuit que ce qui est indiqué comme droit ou gauche dans la description, se trouve en sens inverse sur la pierre ou la pâte, sur lesquelles de même les inscriptions se trouvent dans la direction opposée. Dans les cas isolés pourtant où Pinscription est en sens ordinaire sur l'intaille, il a été noté dans la description en ajoutant
De g. à dr. — de gauche A droite.
* — L'astérisque est ajouté au numéro des pierres dont l'exécution artistique semble surtout mériter l'attention.
Surf. corr. — surface corrodée. Des pâtes sur lesquelles l'oxydation a produit dans la surface du verre ou de plus grands enfoncements ou une foule de très petits trous, qui sont cause que la description quelquefois ne saurait être complète.
Surf. hl. — surface blanche. Des pâtes qu'une oxydation commencée a couvertes d'une croûte siliceuse blanchâtre, qui cependant n'a rien fait perdre à la pâte de sa finesse. Fr. — fragmenté.
Frngm. — fragment.
H. L. Diam. — hauteur, largeur, diamètre, aux indications de mesure en lignes ou 1/12^1^" pouce danois (1 pouce = 0,262 mètre). La mesure n'est ajoutée qu'aux pièces Âoni le plus grand diamètre est de 9 lignes ou au-dessus.
<xr. — grand; ajouté aux fragments qu'on peut supposer avoir fait partie de pierres ou de pâtes de la grandeur citée, sans qu'on puisse en indiquer exactement la mesure. P. — petit, pour désigner les pièces dont le plus grand diamètre
n'est que de 3 lignes ou au-dessous.
B. — bague; ajouté à la description des pierres et pâtes montées dans une bague moderne d'or. Pour celles qui sont munies d'une monture ou bague antique, il a été expressément noté.
Introduction.
Les pierres gravées antiques {gemmes) à figures et signes enfoncés {acpQayïdeg^ gemmœ scalptœ^ intailles) forment un nombré très considérable ■ — la collection actuelle en compte 893 — qui prouve combien en a été répandu l'usage et combien a été longue l'époque à travers laquelle il s'est continué.
L'art de graver les pierres s'était transmis de l'orient, où son origine remonte jusqu'aux temps très reculés ^5 à la Grèce et à l'Italie, sans doute au même temps que la civilisation vint se répandre parmi les peuples de ces pays. Les témoignages écrits parlent pour l'emploi général des pierres gravées chez les Grecs déjà dans le 6me siècle avant J. C. ^
La destination des intailles la plus essentielle et de tout temps la plus importante était celle de servir de cachets, dont l'usage était beaucoup plus étendu chez les peuples de l'antiquité que dans le temps moderne, et pour ce but on les portait ordinairement aux doigts, enchâssées dans des bagues de métal. Tout Grec ou Romain libre, qui n'appartenait pas à la classe des indigents, avait sa bague à cachet à lui; les femmes, et dans une période postérieure les esclaves, en portaient de même. Mais à mesure qu'à la simplicité et à la frugalité anciennes succédaient le luxe et le faste, des pierres à gravure enfoncée furent aussi employées à l'ornement, surtout montées dans des bagues pour orner les doigts ^ En Grèce ce luxe s'introduisit du temps de la guerre
1 Deux pierres babyloniennes se trouvent comme appendice à cette collection, nos 1694-95.
2 Une loi concernant les graveurs (dactylioglyphes) à Athènes fut rapporte'e à Solon, suiv. Diog. Laert. I, 2, §57, Cf. la relation du même auteur VIII, 1, que le père de Pythagore e'tait dactylio/rlyphe, et le re'cit du célèbre anneau de Polycrate avec l'émeraude grave'e, Pansan, VIIÏ, 14, 5; Clem. Alex. Protr. III, fin,
3 Pour d'autres ornements du corps, pour orner des ustensiles et des instruments on se servait surtout des came'ts, voy. plus bas p. XIII. Pourtant les intailles
INinODUCTION.
de Péloponnèse, mais il devint plus général après Alexandre le Grand, dont les expéditions en Asie avaient mis en circulation une quantité de pierres précieuses * ; à Rome il se fit chemin avec toute autre espèce de luxe après les conquêtes en Grèce et en Asie, et du temps des empereurs il y avait des individus qui le poussèrent bien loin Quelquefois on employait aussi les intailles pour des buts religieux , en les déposant dans les temples pour les consacrer aux dieux ainsi que d'autres objets d'art de grand prix. C'est ainsi qu'au nombre des dons sacrés qui se trouvaient dans le Parthénon à Athènes au commencement du 4me siècle avant J. C. , on trouve nommées aussi des intailles, tant non montées, qu'enchâssées dans des bagues d'or et d'autre manière. ^ Les collections de gemmes (dactyliothèques) qui à Rome furent consacrées dans les temples des dieux, d'abord par Pompée avec d'autres objets précieux du butin pris sur Mithridate le Grand, ensuite par César et Marcellus, fils d'Octavie*, renfermaient probablement aussi des pierres à cachets. Plusieurs enfin des gemmes à figures enfoncées servaient en môme temps ou par préférence comme amulettes contre des maladies, contre l'enchantement et toutes espèces de maux ; car suivant la superstition transmise de l'orient, surtout des mages de Babylone ^, on attribuait non seulement à certaines espèces de pierres des qualités mystérieuses comme talismans, mais on regardait encore certaines images et signes gravés comme renfermant une force miraculeuse dont l'influence pouvait se communiquer aux objets qu'on scellait au moyen de la pierre.
Des intailles de la collection suivante plusieurs sont conservées dans leurs bagues antiques ou dans des fragments de telles; ainsi, dans des bagues d'or, les nos 2, 40, 44, 56, 388, 661, ou seule-
étaieat quelquefois employées à cet usage, ce qu'on voit de Lucien Adv. ludoct. c. 8, qui raconte qu'un célèbre citliariste de Tarente avait sou instrument ornp aussi d'intailles (^6<f (JCcyiGi).
1 Cf. Aristoph. Kubes v. :«1; Jîllian. V. H. lîl, 19; XII, 30; Plut. De cohib. ira 8. XiV; Plin. H. N. XXXVII, 3.
2 Cf. Martial V, 11 et 62; XI, 60; Lamprid. Elagab. c. 32; Plin. H. IV. XXXIII, 6; et ailleurs.
a Boeckh Corp. inscr. no 150, § 48 et 50.
•* Plin. H. N. XXXVII, 5. — Les Romains riches avaient sans doute assez souvent des dactyliothèques particulières d'après l'exemple donné par Scaurus, beau fils de S\lla (Plin. 1. c, cf. Macrob. Saturn. II, 12 sur Mécène), de même les emjiereurs (voy. Muralori Thes. inscr. p. 907, no 3).
à Plin. H. î\. XXXVU,40, et ailleurs.
INTRODUCTION
ment entourées d'un bord d'or, les bagues ayant été d'un autre métal, les nos 326 et 1566; dans des bagues d'argent les nos 291 et 1618; dans une bague de bronze le no 57; dans des bagues de fer les nos 142, 144, 209, 245, 372, 402, 549, 615, 69L 1176, 1190, 1461, 1494 et 1643; outre celles-là un grand nombre des pierres offrent des traces d'avoir été montées. * Des pierres, dont la monture antique n'est pas conservée, quelques-unes à cause de leur forme ne peuvent pas avoir été portées comme bagues, comme les nos 433 et 1683; d'autres par leur grandeur ne semblent pas y avoir été propres, p. e. les nos 558, 796, 1438, 1497.^ Celles enfin qui sont si profondément gravées ou dont quelques parties sont si obliquement taillées qu'elles ne peuvent être empreintes qu'avec difficulté ou pas entièrement, celles qui offrent des inscriptions de gauche à droite, et celles comprises dans la 4me classe 2, doivent être regardées comme n'ayant pas été destinées à servir de cachets. Aux amulettes peuvent être comptées les intailles avec les sujets suivants : le phallus comme fascinus ^ proprement dit no 1581; quelques-unes des figures astrologiques, comme des horoscopes, nos 7II suiv. (pour sûr le no 727 offrant au revers une inscription magique) et les nos 1529 suiv. ; des images ridicules ou laides dont on croyait qu'elles détournaient l'influence du mauvais regard comme plusieurs des masques, p. e. les nos 1231-35,
1 A Rome du temps <le la république les bagues de fer étaient le plus usitée*!, et furent portées même des chefs d'armées dans leur triomphe au Capitolo et de beaucoup de sénateurs, voulant conserver l'ancienne simplicité, jusqu'au temps d'Auguste. La ' ague d'or était au commencement un signe de dislindion pour ceux qui furent envojés eomme ambassadeurs aux peuples étrangers, et qui ne la portaient que quand ils se présentaient en public; dans la période postérieure de la république le droit de porter des bagues d'or s'étendait aussi aux sénateurs et aux chevaliers d'une certaine fortune, jusqu'à ce que dans l'époque fastueuse des empereurs l'usnge dtvint général d'orner les doigts de bagues d'or qui ne restèrent défendues qu'aux esclaves Pliii. H. N. XXXIII, 4-12. — Dans l'ancien temps on portait la bague sur la main droite, au doigt annulaire (^ô'ay.TvXuoTrjç), plus tard aussi sur les autres doigls, du temps de Pline sur le petit doigt (Plin. H. N. XXXIII, 6). La plupart des bagues de cette coUeclion ne vont qu'à de petits doigts.
2 Sous les empereurs romains on portait cependant quelquefois des bagues ornées de gemmes d'une grandeur et d'un poids considérables, de sorte qu'elles étaient trop pesantes pour la saison chaude, et qu'il fallait les changer contre de plus légères. Cf. Juvenal Sat. I, 28-29; VII, 140; Plin. H. N. XXXIII, 6.
3 Cf. Plin. H, N. XXVIII, 7.
En attirant l'attention du mauvais regard, qui fut ain>:i détourné de celui qui portait la pierre ou de l'objet qui en était cacheté. Cf. Plut. Symp. V, qua^st. 7; Pollux Onom. Vil, c. 25, s. 108.
INTRODUCTION
quelques-unes des combinaisons fantastiques dans la 3me classe VI, et le crapaud no 1486; enfin les pierres dites Abraxas et de semblables, offrant des représentations et inscriptions mystiques d'un temps postérieur, dans la 4me classe 2 (cf. l'introd. à celles-ci). * De même on aura employé comme amulettes plusieurs des pierres offrant aussi au revers une gravure, p. e. le no 525 (avec Esculape) et le no 628 (avec le dieu du soleil), la pierre prismatique no 433, quelques-uns des scarabées et d'autres perforées dans le sens de la longueur, qu'on peut avoir portées au cou attachées à un cordon.
Les intailles de cette collection présentent les espèces de pierres les plus différentes. La cornaline (aaQÔiov^ sarda^)^ qu'on semble avoir travaillée à l'époque la plus reculée (cf. les scarabées ci-dessous) et dont on se servait toujours le plus, est celle qui s'offre le plus fréquemment, de même que les différentes espèces d'onyx ^, Des pierres ordinaires se trouvent d'ailleurs, en partie en assez grand nombre , le quarz de diverses couleurs , la cornéenne, la calcédoine proprement dite ( leucachates * ) ^ l'agate, le plasma {prasiiis ^, rapprochant quelquefois de l'émeraude), l'héliotrope, diverses espèces de jaspe ^, le lapis-lazuli (cyanns, sapphi-
1 Même aux représentations mythologiques taillées dans des pierres on attribuait quelquefois un effet magique, surtout dans un temps postérieur. C'est ainsi qu'Alexandre de Tralles au milieu du 6me siècle (le meilleur des auteurs médecins de cette époque) recommande comme remède contre la colique, déporter l'image d'Hercule debout étouffant le lion, gravée dans l'une des pierres auxquelles on attribuait une vertu médicatrice, enchâssée dans de l'or. (Lib.X,fin.)
2 Dans la suite la dénomination sardoine n'est employée que pour la calcédoine brune.
3 Par omjx on entend dans la suite l'espèce qu'on trouve le plus fréquemment parmi les pierres gravées, offrant une couche bleuâtre (couleur d'ongle), dans laquelle les ligures sont gravées, au-dessus d'une couche inférieure gris-brun (ital. niccolo); où la couche foncée est la supérieure, il a été noté. Le nom de sardomjx est employé des onyx dont la couche supérieure est brune et ressemble à la sardoine, celui de cornaline-onyx de ceux dont la couche supérieure est rouge. Où les couches plusieurs fois répétées ont été employées verticalement et se représentent en forme de barres transversales, la dénomination rubané a. été employée. — Pline (H. N. XXXVII, 23) rapporte du sardonyx, qu'il fut d'abord porté à Rome par Scipion l'Africain dans une bague, et que plus tard, et par cette raison et parce qu'il avait la qualité de lâcher facilement la cire, il était en grande faveur chez les Romains. Juvenal (Sat. XIIL 38) l'appelle aussi gemma princeps.
4 Plin. H. N. XXXVII, 54.
5 Plin. H. N. XXXVII, 34, ou smaragdus cyprins, Plin. H. N. XXXVII, 17.
6 Suivant Pline (H. N. XXXVII, 37) appelées sphragides parce qu'elles étaient regardées comme les meilleures pour cacheter.
INTRODUCTION
riis^)^ l'hématite {hœmatîtes-) et l'aimant {magnes^) qu'on n'employait que dans une époque postérieure. Des pierres dont on ne se servait dans l'antiquité que rarement pour la gravure, il se trouve le cacholong no 249, le crystal de roche no 359^ l'améthyste fausse no 861, la turquoise no 1087, l'obsidienne no 1189. Des pierres plus précieuses il se trouve, outre l'améthyste, qui est très fréquente, et les grenats (carbunculi ^) de diverses couleurs, la topaze {chnjsolifJms ^) nos 55 et 1460, l'émeraude nos 188, 256 et 360, et l'hyacinthe nos 236, 461, 617, 940, 1074, 1239, 1353 et 1399. Quelques-unes, à cause de l'état brûlé où elles se trouvent, ne peuvent être déterminées avec précision, telles sont les nos 388, 530, 608, 1549, 1593 etc.
Les antiques pâtes vitreuses {açpqayïàeg vâXivai^ gemmœ vitreœ)^ qui correspondent aux intaillcs, furent fabriquées par la fonte dans des moules originairement pris sur les pierres elles mêmes, et servirent au même usage que celles-ci. On les a trouvées en grande quantité; cette collection en renferme jusqu'à 802. L'habileté dans la fabrication du verre, qui de l'Asie et de l'Egypte avait passé en Grèce, fut probablement déjà à une époque assez reculée employée à produire des pâtes de pierres à gravure enfoncée; la relation la plus ancienne se trouve dans l'inscription athénienne sur marbre de l'an 398 av. J. C. offrant un inventaire des dons sacrés gardés au Parthénon, au nombre desquels sont nommés des cachets de verre avec des bagues d'or et autres montures d'or ^. Les deux scarabées nos 51-52 et les nos 63 et 65 avec des figures dans le style étrusque nous offrent des exemples de pâtes dont l'âge peut remonter très haut. A Rome sous les empereurs elles servaient de bagues à cachets à la basse classe du peuple et furent employées en très grand nombre ^. Dans cette collection il se trouve plusieurs pâtes conservées avec les bagues antiques, telles sont le no 1053 dans une bague d'or (creuse en-dedans), le no 886 dans une bague de bronze, les nos 053 et 1553 dans des bagues
1 Plin. H. IV. XXXVII, 38-39.
2 Plin. H. N. XXXVII, 25, 37, et ailleurs.
3 Plin, H. N. XXXVI, 25, et aill. Cf. Theophr. De lapid. 37. Mayprjtç ki%Uç.
4 Plin. H. N. XXXVII, 25.
5 Plin. H. N. XXXVII, 42.
c Voy. plus haut p. II, note 3.
7 Cf. Plin. H. N. XXXV, 30.
INTRODUCTION
de fer. Des pâtes qui semblent avoir servi d'ornement de quelque autre manière, étant trop grandes pour des bagues, sont les nos 65, 545, 777, 1094 et 1307. Le no 1242 a une monture d'or qui prouve qu'elle a été portée à un cordon ou qu'elle a servi d'ornement pendant. A l'époque de la décadence de l'art on continuait probablement à rendre par la fonte du verre d'anciennes pierres de gravure distinguée; on ne trouve que peu de pâtes fondues d'après des pierres mal gravées ou qui portent l'empreinte de l'art dégradé; dans cette collection les nos 1655, 1669 et 1686. Du reste, en fabriquant les pâtes vitreuses on avait non seulement pour but de multiplier des gravures distinguées, mais encore d'imiter les diverses pierres précieuses, souvent sans doute dans l'intention de tromper. La plupart des espèces de pierres ci -dessus nommées, et encore quelques autres, se trouvent imitées dans cette collection, et au nombre de ces pâtes il n'y a pas peu qui dans leur état primitif ont dû imiter d'une manière frappante les pierres qu'elles devaient rendre, p. e. l'améthyste les nos 322, 621, 719, la topaze le no 988, des onyx les nos 576, 804, 954, 1149, 1480, 1674 etc. Des exemples d'une manière plus artificielle de fondre ensemble différents morceaux de verre pour imiter des onyx à plusieurs couches et raies se trouvent aux nos 325, 417, 653, 769, 1114, 1381- 82 etc. Il y a aussi des pâtes qui n'ont pas été destinées à imiter des pierres, souvent offrant de belles couleurs, surtout à raies et couches bleues, vertes et blanches ingénieusement fondues ensemble de différentes barres et plaques de verre; les nos 80, 96, 400, 420. 434, 892, 1384 en fournissent des exemples. Le nos 854 est fait d'une composition vitreuse peu ordinaire. Une grande partie des pâtes suivantes se trouvent dans l'état où elles étaient en sortant du fourneau, sans avoir été polies pour la monture; plusieurs d'elles ont mal réussi dans la fonte et semblent par cette raison avoir été rejetées comme inutiles. De quelques-unes il y a plusieurs exemplaires fondus dans le même moule, comme les nos 898-99, 916-17, 1024-25, 1031-32, 1113-14, 1368-70.1
Les représentations gravées, qui offrent la plus grande
* Quant à la dénomination de la masse vitreuse dans la suite, le ferme hlanc a été employé de verre blanc opaque, noir du verre entièrement opaque, foncé de, celui qui laisse entrevoir quelque couleur aux bords. Par les couleurs nommées c'est toujours du verre transparent qui a été indiqué; au cas contraire le mot opaque a été ajouté.
INTRODUCTION
variété en ce qu'elles embrassent le cycle des dieux , les traditions mythiques et la vie humaine, et qu'elles traversent la classe des animaux, doivent pour la plus grande partie, comme il a déjà été dit, être regardées comme des emblèmes de cachets, et ne peuvent être comprises de la juste manière si on ne les considère comme tels. Il est probable qu'elles n'ont pas été choisies sans intention. Pour les motifs qui ont présidé au choix des cachets et pour la signification qu'il leur faut attribuer relativement aux propriétaires, il est à la vérité impossible dans les cas individuels de rien décider, les personnages nous étant inconnus; mais on pourra cependant tirer quelques conclusions générales des exemples qui se rencontrent chez les anciens auteurs, ainsi que des comparaisons faites avec les types monétaires. Quant aux images des dieux on peut ainsi supposer que, comme le cachet de César offrait Vénus (armée)*, déesse tutélaire et aïeule de sa famille, de même on trouve ordinairement représentée la divinité qui était surtout l'objet de l'adoration du propriétaire, soit comme dieu domestique héréditaire, soit comme dieu tutélaire de sa profession ou de son métier, soit comme celui dont il croyait avoir reçu des bienfaits, souvent la divinité à laquelle dans l'endroit même on vouait un culte spécial, et dont l'image au temple fut gravée dans le cachet. Les autels, les attributs et les animaux sacrés devaient remplacer les images des dieux comme désignation abrégée, et les scènes de sacrifices faisaient allusion au culte que leur vouait le propriétaire lui-môme. ^ La superstition astrologique de l'époque explique la fréquente représentation des signes du zodiaque, des constellations et des planètes, à la position ou au rapport réciproque desquelles dans l'heure de la naissance de l'homme, horoscope {geniturn ^ thema) ^ on attribuait une influence sur la destinée future; le plus souvent elles offrent sans doute l'horoscope du propriétaire lui-même, quelquefois aussi celui d'un autre qu'on choisissait comme apportant le bonheur, p. e. celui
1 Dîoii Cass. XLIII, 43.
2 Plusieurs des divinite's iiife'rîeures, qui n'étaient proprement que des personni licatioiis de qualités et d'activités humaines, furent probablement plutôt représentées comme les symboles de celles-ci, que comme objets du culte. Sur l'Amour et les Amours, voy. l'introd. à la 3me classe I, 4. Sur la Fortune, voy. no 586 note. Sur les êtres et animaux mythiques, voy. 3me classe I, 12, introd. Des images bachiques et des scènes de Satyres peuvent désigner ou une jouissance sensuelle, propre à l'époque, ou une vie champêtre et indépendante, et les différents êtres marins font peut-èlrc allusion à la vie sur mer tantôt gaie, tantôt remplie de dangers.
vin
INTRODUCTION
d'Auguste*. Le récit qui porte que Callicrate, flatteur de Ptolémée Euergète, avait dans son cachet l'image d'Ulysse à cause de son astuce ^, prouve qu'on choisissait parfois pour emblèmes de cachets des héros comme modèles à certains égards; mais d'ailleurs les héros ont certainement été représentés par les mêmes raisons que les dieux, comme dans plusieurs endroits ils avaient des sanctuaires où on leur vouait un culte divin, et que plus d'une ville et famille faisait remonter à eux son origine. ^ Les anciens auteurs ayant rapporté, qu'Auguste employait comme cachet le portrait d'Alexandre le Grand, et les empereurs romains suivants celui d'Auguste que Cn. Scipion avait la tête de son père Scipion l'Africain gravée dans sa bague ^ et Lentulus le portrait de son illustre aïeul ^, on doit supposer que des portraits d'hommes célèbres et distingués aient été adoptés comme modèles à imiter, surtout par des descendants et de proches parents; et de même que l'image d'Epicure fut portée dans des bagues par les Epicuréens les têtes de philosophes qu'on rencontre souvent sur les pierres gravées ont surtout été recherchées de ceux qui étaient partisans de leurs doctrines. Mais les portraits des princes et des optimales, qui n'ont pu être choisis pour cachets par de telles raisons, ont probablement été adoptés par leurs contemporains seuls, surtout par ceux qui les approchaient de quelque manière ou qui briguaient leur faveur ®. Des portraits indéterminables qui se trouvent sur les pierres gravées un grand nombre doit être considéré comme représentant des personnes choisies pour emblèmes par ces raisons ou par des raisons semblables; d'autres offrent indubitablement le portrait du propriétaire lui-même^, quelquefois joint à ceux des parents, de l'épouse ou des enfants Les représentations de guerriers,
1 C'est là qu'il faut chercher la cause des fréquentes répétitions du signe du Capricorne sur les pierres gravées, voy. les nos 453, 730-34, 1625-27. De même des pays et des villes avaient leurs horoscopes qui peut-être ont été adopfés parfois, cf. p. IX fin,
2 Athen. Deipnos. VI, 13.
* Une figure héroïque sans attributs caractéristiques a probablement été représentée comme personnification de l'héroïsme. 4 Sueton. Aug. c. 50. Plin. H. N. XXXVII, 4. 5 Valer. Max. III, 5, 1.
6 Cîcero Or, III in Catil. c. 5. 7 Cicero De fin. V, 1 (fin,). Voy. plus bas no 978.
8 Aristomène à Alexandrie avait par flatterie le portrait d'Agathocle gravé dans sa bague à cachet, Polyb. Reliqu, XV, 31.
9 Auguste, dans la dernière époque de son règne, cachetait avec son propre portrait gravé par Dioscoride, Suet. Aug. c. 50. Dion. Cass. LI, 3.
10 Voy, plus bas nos 1076-79.
INTRODUCTION
d'armes, de vaisseaux, d'occupations appartenant à la vie champêtre, domestique ou publique, d'arts et de métiers avec leurs instruments, ont sans doute été surtout choisies par des personnes qui se trouvaient dans les conditions respectives, ce que plusieurs exemples confirment ^ ; les sujets nombreux empruntés aux jeux et aux spectacles publics s'expliquent par la grande faveur où étaient ces divertisseménts Les animaux , s'ils ne sont pas des em-
blèmes des dieux ou des signes du zodiaque, doivent être considérés tantôt comme faisant allusion à l'économie rurale, à la pêche, à la chasse , tantôt comme se rapportant aux combats du cirque tantôt comme représentant des signes de légions*, tantôt enfin comme symbolisant de certaines idées ^. Mais tandis qu'ainsi il faut regarder en grande partie les représentations comme désignant ou la direction religieuse et morale des propriétaires, ou leurs rapports extérieurs, publics ou privés, d'autres exemples, comme ceux de Séleuque Nicator et de Sylla ^ , font conclure que des accidents extraordinaires et des événements importants ont aussi quelquefois donné occasion à la gravure du cachet. Il semble encore que les symboles particuliers à un pays, une ville ou une famille aient quelquefois été adoptés comme marques de cachets pour indiquer l'origine du propriétaire. Ainsi les mêmes types qui se rencontrent sur les monnaies des villes et des provinces se trouvent fréquemment sur les pierres gravées, non seulement ceux d'une signification plus générale, hiératique ou symbolique, p. e. des animaux, des signes zodiacaux (cf. les nos 711^ 714^ 725 et 731), l'aigle avec le lièvre et le serpent (nos 12-5 suiv.), des bœufs tirant la charrue (no 1161); mais encore ceux qui sont particuliers à certaines villes et provinces, voy. les nos 635 suiv. et 936 suiv.
1 Un des capitaines de Timole'on avait un trophe'e dans sa bague. Plut. Tîmol. c. 31. Dans une des bagues de Sylla e'taient grave's trois trophées. Dion. Cass. XLII, 18. Pompée avait pendant quelque temps le même emblème pour marque de cachet (Dion. Cass. 1. c), plus tard un lion tenant une épe'e. Plut. Pomp. c 80, fin.
2 Sur les masques cf. 3me cl. IV, 9, introd.
3 P. e. les nos 1,321 suiv., 1498.
* On sait qu'un lion, un sanglier, un taureau, un bélier, un aigle, une cigogne ont été les emblèmes de différentes légions romaines.
5 P. e. les nos 1453-55, 1492-96. Cf. Tintrod. à la 3me cl. I, 12.
6 Séleuque, suivant le réve merveilleux de sa mère, avait une ancre dans son cachet. Appian. Bell. Syr. c. 56. Justin. XV, 4. Après la guerre Jugurthine Sylla fit graver dans sa bague Jugurtha livré aux Romains. Val. Max.VIII. 14, 4. Plin. H. N. XXXVII, 4 (qui cite encore un autre exemple).
INTRODUCTION
Pour les sceaux de famille, quelques exemples chez les anciens auteurs prouvent qu'ils n'ont pas été inconnus; ainsi il est rapporté que l'empereur Galba employait un cachet qu'il avait hérité de ses pères * au lieu de la tête d'Auguste dont ses prédécesseurs s'étaient servis pour cacheter, et que dans la famille des Macriens et les hommes et les femmes portaient le portrait d'Alexandre le Grand gravé dans leurs bagues ^. La signification du nom d'une personne fournissait aussi quelquefois le sujet de la gravure qui ainsi, comme une espèce d'écriture figurative, offrait le nom ou une allusion à ce nom. ^ C'est un tel rapport évident qui a lieu sur plusieurs des pierres gravées parvenues jusqu'à nous^, et un pareil rapport se rencontre encore sur beaucoup de monnaies grecques qui offrent le nom du magistrat présidant au monnayage, avec un symbole accessoire qui peut être regardé comme son cachet ^ ; il en est de même des dénares romains du temps de la république, sur lesquels assez souvent le type fait allusion à l'étymologie du nom ou du surnom du magistrat qui est ajouté ^. Dans cette collection les nos 490 et 1377 en offrent des exemples. Il n'est non plus invraisemblable que parfois dans les cachets on ait fait copier des ouvrages de l'art par l'intérêt qu'on avait pour eux sans égard au sujet représenté. C'est ce qui peut avoir eu lieu pour de telles figures et groupes qui, sans offrir une signification certaine, hiératique ou symbolique, nous ont été conservés de l'antiquité ou nous sont connus par les relations des auteurs, p. e. Amymone nos 142- 44, Ajax avec le corps de Patrocle ou d'Achille nos 895-96 et plusieurs des scènes héroïques, le jeune homme qui se tire l'épine du pied no 1165 etc. Enfin on rencontre de ces représentations
* nQoyovixor 6<iQayi6fXCc, un chien dans la proue d'un vaisseau. Diou. Cass. LI, 3. .
2 Treb. Pollio De trig. t^r., Quietus.
3 Dans Symmachi Epist. II, 12 on voit que l'auteur de la lettre avait dans son cachet une repre'senfation qui faisait conclure à son nom.
* Des exemples se trouvent chez Panofka Ant. Weihgeschenke (1840) pl. 1,7; 3, 15; et ailleurs,
5 P. e. sur les monnaies d'argent d'Athènes, voy. Arueth VViener-Jahrb. LXXXII B. (1838) Anzeigebl., et de Tarente, voy. Fiorillo Alcune monete rare di citfà greche (1843). Cf. Panofka 1. c.
6 Des exemples chez Panofka 1. c. p. 54 suiv.
7 Le nom d'une personne ayant souvent été emprunté à un dieu ou à un héros, patron de la famille ou de la ville, ou à sa profession particulière, on peut y avoir eu égard en choisissant le sujet représenté. Cf. Panofka 1. c, p. 2 suiv.. p. 48 suiv.
INTRODUCTION
facétieuses et fantastiques qui peuvent être regardées ou comme fruits d'un badinage d'artiste, ou comme étant commandées selon le caprice de personnes souvent ignorantes; des exemples se trouvent dans la 3me cl. I, 4 et VI. ^
Outre le sujet principal sur les intailles destinées à servir de cachets, on y voit quelquefois une petite figure ou un petit symbole, qui ne semble se trouver en aucun rapport intime avec le sujet même, placé ou au-dessous du plan sur lequel se trouve la figure principale (à l'exergue), ou ailleurs dans le champ. De tels symboles accessoires, oii ils sont très petits, peuvent à la vérité être regardés comme marques d'artistes; mais plus souvent, surtout où ils sont saillants, il faut les regarder comme ayant égard au propriétaire de la pierre, soit comme remplaçant son nom par une allusion, soit en indiquant la ville ou la famille à laquelle il appartenait, soit en qualité de marques personelles, de sorte que la représentation principale offre l'emblème de la ville ou de la famille. Des symboles de cette espèce sont dans la suite: une tête de Méduse au no 521, deux épis surmontés d'une boule no 657, un oiseau no 681 , une tête de Pan n© 783 , un casque no 815, une feuille no 988, une cigale n© 1353.^ Des symboles ainsi placés d'autres semblent plutôt ajoutés du propriétaire pour désigner une circonstance particulière qui le touchait de près, ou pour exprimer une idée (maxime) à lui propre; p. e. un scorpion (comme horoscope) aux nos 308 et 611, une couronne (victoire dans les jeux) no 1099, un caducée (culte de Mercure) no 1248, deux mains jointes (forces réunies ^) no 745, une fourmi avec un grain (industrie *) nos 151-54. Aussi des objets qui se trouvent sur le même plan que la figure dominante et immédiatement liés à celle-ci doivent sans doute s'expliquer quelquefois de la même manière et, comme ils ne semblent pas se rattacher au sujet principal, il faut les regarder comme
1 Des sujets qu'offrent les intailles de cette collection, on trouve chez les anciens auteurs, outre ceux qui ont déjà été nommés, encore les suivants cités comme marques de cachets : un sphinx dans le premier cachet d'Aueuste (Suet. Aug. c. 50; Dion.Cass.LÏ, 3), une grenouille dani lahague de Mécène (Plin. H. N. XXXVII, 4), un quadrige dans celle de Pline le jeune (Epist. X, 16, fin.)-
2 Peut-être encore le scorpion no 308 et 611, comme symbole de province, cf. no« 725 suiv, — Il est plus incertain si une boule et trois boules jointes qu'on trouve sur les scarabées étrusques nos G, 20 et 37 doivent être regardées de la même manière.
3 Cf. l'introd. à la 3me cl. VI et nos 1562 suiv.
4 Cf. nos 1492 suiv.
INTRODUCTION
faisant allusion à d^autres rapports ou idées de quelque intérêt pour le propriétaire; tels sont: l'hermès aux nos 441 et 448, le vase des jeux au nos 340^ les deux épis au nos 237, 317-18, 1393-95, la vigne aux nos 943-44, 1368-70, la tête de mort avec un papillon au no 1204.
Les inscriptions qui se trouvent sur les pierres suivantes sont pour la plupart des noms, ou écrits en entier, ou abrégés, ou indiqués seulement par des lettres initiales. Un seul nom semble indiquer le nom du graveur, KVINTIA ^ Quintillus^ au no 309, gravé à lettres fines et paraissant de même sur d'autres pierres gravées semblables. Les autres noms indiquent probablement les propriétaires, étant gravés à grandes lettres distinctes dans l'intention de sauter aux yeux sur le cachet. Les noms écrits en entier sont, grecs: O/ympos no 193, Philodamos no 1578, Epiktesis no 1673, et à lettres romaines: Hermeros no 490, Hernies no 494j Eros no 706, Bacis no 1344 (des Grecs ayant le droit de citoyens romains, ou des affranchis grecs); romains: Tiburtinus no 175 j et Saturnînus^ à lettres grecques, no 721. Des noms de divinités, des sentences etc. se trouvent aux nos 988, 1674-77, 1681 et 1688; des mots et formules mystiques ou magiques au no 727 et au nos 1678 suiv. *
Les pierres gravées en relief (avâyXvcpa, 'émvTia^ gemmœ sculptœ^ cœlatœ^ camées) ont été trouvées dans un nombre bien inférieur à celui des intailles; cette collection en contient 53. Elles sont en général d'une origine postérieure; chez les Grecs ce n'est qu'après le temps d'Alexandre le Grand que l'art de graver des camées semble avoir fait des progrès; à Rome il florissait surtout à l'époque des empereurs. La destination des camées était de servir d'ornements de différentes manières. Ils furent portés dans des bagues (voy. plus bas no 72), employés pour orner la tête et le cou et disposés sur toutes les parties du vêlement, non seulement sur celui des femmes, mais encore sur celui des hommes, surtout dans le temps postérieur qui se distinguait par un luxe excessif. Ainsi l'on sait que l'empereur Héliogabale portait des pierres gravées même sur sa
1 Ajoutées dans un temps moderne sont les inscriptions aux nos 17? (rev,), 278, 78-1 el peut-être aux nos g8 et 1389,
INTRODUCTION. XIII
chaussure * , et quand les auteurs rapportent que ce même empereur, Caligula et Gallien avaient le manteau, la tunique, le diadème, la ceinture, les boucles ornés de gemmes^, ce sont sans doute en partie des camées qu'ils ont désignés. On s'en servait de même pour les enchâsser dans des instruments, des vases ^ et des ustensiles de ménage de différentes espèces. Euangelos, musicien de Tarente, se présenta aux jeux de Delphes ayant une cithare ornée de pierres de diverses couleurs dans lesquelles étaient gravés Apollon, les Muses et Orphée ^, Les vases à boire d'un prix extraordinaire et ornés de pierres ^, qui se trouvaient dans le butin que fit Alexandre le Grand sur les Perses, ont probablement été enchâssés en partie de camées ; au nombre des objets précieux qu'étalait la riche cour des Séleucides sont nommés des vases à boire et un candélabre qui semblent avoir été ornés de cette même manière ^, et les relations des auteurs du temps des empereurs font conclure qu'un tel luxe a surtout eu lieu à cette époque^. Les mêmes espèces de pierres qui servaient aux intailles furent aussi généralement employées aux camées, le plus fréquemment pourtant les onyx ^ dont les couches à différentes couleurs permettaient de faire ressortir les figures d'une manière plus saillante sur le fond; sur ceux qui avaient plus de deux couches on savait, en enlevant des parties de la pierre, relever des figures (p. e. plus bas au no 56) ou des parties de figures isolées (p. e. aux nos 93, 98, 123, 127) et produire ainsi un certain effet de couleurs. De pâtes vitreuses à figures relevées il se trouve dans cette collection 80, lesquelles, peut-être à l'exception de quelques-unes (comme les nos 5^ 74-75 et 94 % ont pro-
1 Lamprid. Heliogab. c. 23 igemmœ sculptée).
2 Gemmata. Sueton. Calig. c. 52. Lamprid. Heliog. c. 23. PoUio Gallîeni c, 16.
3 T'asa gemmata. Des fragm. de vases entièrement taille's d'une seule pierre (vasa gemmea) sont cite's dans la 2de Section des antiq. de Mus. Thorv. II, p. 145.
4 Lucian. Adv. Indoctos c. 8.
5 noTriqta h^oxôkltjTCC. Afhen. Deipnos. XI, 17.
6 Cicéron Or. in Verrem VI, 27, 62 et 65; 28, 64 et 65.
7 Sénèque Natur. quaest. I, 17. Plin. H. N. XXXIII, 2. XXXVII, 6. Juvenal. Sat. V, 40, 42-43. Martial. XIV, ep. 109. Eutrop. VIII, 6. Pollio Gallieni c. 16.
8 L'onyx qu'on trouve le plus souvent emploj ë pour les carae'es de cette collection a une couche supe'rieure d'un blanc laiteux et un fond clair, quelquefois donnant dans le brunâtre; cette espèce a e'té indiquée sous le nom de calcëdonyx.
y Celles-ci ont pu former des parties de vases, ou avoir appartenu à des ornements architectoniques, cf. les verreries 2de Section VII, p. 205. Quelques bijoux de verre à figures moulées en relief se trouvent 1. c p. 212.
INTRODUCTION
bablement servi d'ornement de la même manière que les pierres en camées. Autant qu'on peut en juger, elles ont été fabriquées dans des moules pris sur des camées, et n'ont pas été fondues d'après des intailles, les figures étant plus plates, les contours moins prononcés et le fond plus inégal ou plus bombé qu'il n'est ordinairement le cas aux intailles; outre celles qu'on vient de nommer, les nos 85 et 108 semblent en être des exceptions. Dans la composition du verre l'intention a été d'imiter les pierres fines, ou en employant une masse d'une seule couleur, ou en fondant ensemble plusieurs plaques pour former des onyx; des exceptions sont les nos 23, 55, 95 et 131, composés de deux couches dont l'une est faite d'une masse verte, et les nos 31^ 48 et 74, produits en fondant ensemble plusieurs morceaux de verre de différentes couleurs. De même que parmi les pâtes précédentes, il s'en trouve ici qui n'ont pas été polies après la fonte ou qui y ont mal réussi. De quelques-unes il y a deux exemplaires fondus dans le même moule à ce qu'il semble; telles sont les nos 18-19, 40-41 et 118-119.
Les gemmes et pâtes antiques sont souvent trouvées dans des tombeaux, quelquefois en grand nombre dans le même tombeau, avec et sans bagues, parmi les autres objets précieux qu'on donnait au mort; ordinairement pourtant elles se trouvent isolées dans la terre sans monture et assez souvent par fragments. La cause doit en être surtout que les peuples barbares, qui inondaient de temps en temps la Grèce et l'Italie et détruisaient des ouvrages innombrables de l'art, brisaient les pierres ou les étaient des bagues pour pouvoir d'autant plus facilement se servir de l'or et de l'argent qui seuls avaient du prix à leurs yeux. On les trouve aussi souvent dans un état brûlé; une grande partie des pierres gravées de cette collection, ainsi que plusieurs des bagues de fer, portent des traces plus ou moins distinctes du feu. La raison en est surtout qu'en brûlant les corps morts on laissait la bague au doigt du défunt ou qu'on jetait sur le bûcher les bagues avec d'autres objets de prix, des ustensiles de ménage et des armes.
1 Cf. Properce Elëg. IV, 7, 9.
lOTAILLES
d'art étrusque, grec et romain.
Première classe.
Scarabées.
les pierres gravées comprises dans celle parlie ont toutes la forme d'un scarabée à dessous ovale, dans lequel se trouvent les figures gravées, mais elles se distinguent essentiellement des scarabées égyptiens ^, non seulement par les sujets représentés, mais encore par la qualité des pierres qui sont ordinairement plus dures, et par la forme du scarabée dont le côté est ordinairement relevé. De l'Egypte, où de temps immémorial le scarabée avait été un symbole très sacré qui se rattachait à la mythologie entière, l'image de cet animal était parvenue aux peuples italiques et grecs qui l'avaient adopté pour la forme de cachets, soit qu'on le regardât comme symbole de courage et d'esprit guerrier ^ soit qu'on lui attribuât une qualité particulière comme amulette ^. Ce fut surtout chez les Etrusques que le scarabée fut ainsi employé dans un temps reculé, et il continua probablement à être encore en usage long- temps après que les Romains eussent fait valoir leur supériorité. Les endroits où les scarabées se trouvent le plus souvent sont l'ancien Clusium et Voici, et, hors des frontières de l'Elrurie, les environs de Préneste. Plus tard, sous les empereurs romains, le culte
1 Dans le Musce-Thorvaldsen ceux-ci font partie des antiquités égyptiennes,
Ire section Cn» 146 suiv. et n» 401 siiiv.}. - Pliitarque De Iside et Os. cap. 10, JLlian. De animal. X, 15. 3 Plin. H. N. XXIX,38, XXX, 47. XXXVII, 40. /
IJNTAÎLLES.
égyptien ayant été introduit dans l'Italie et les images sacrées des Egyptiens ayant été imitées en quantité, aussi en gravure sur des bagues ^ , la forme de scarabée fut probablement de même employée aux cachets à Rome et dans les villes du midi de l'Italie. Des pierres gravées de cette forme ayant été trouvées quelquefois en Grèce et dans l'Asie Mineure, même avec des inscriptions grecques, on peut en conclure que les Grecs s'en sont de même servis surtout dans un temps plus reculé.
La plupart des scarabées suivants, les nos l-ô2, sont à regarder comme étrusques. Cependant ils diffèrent beaucoup pour l'art qui se montre dans les sujets gravés, ainsi que pour le procédé qu'on a employé au travail; aussi faut- il les regarder comme provenant d'époques très différentes. Au nombre des plus anciens on doit sans doute compter plusieurs de ceux à figures d'animaux, c{ui ne sont guère exécutés avec soin, et portent l'empreinte d'un ai t rude qui ne s'était pas encore essayé dans beaucoup de représentations; tels sont les nos 42-46. Comme ouvrages représentant l'art étrusque accompli on peut regarder les nos 1^3, 5-6, 16-17, 19-23, 26, 3Ô, 40 et 49. Dans quelques-uns de ceux-ci on voit prédominer la raideur et la sévéj'ité de l'art ancien (p. e. dans les nos l, 2, 20), dans d'autres la mollesse du style étrusque postérieur (p. e. dans les nos 22-23, 35); ils se distinguent en général par une exécution élégante et soignée. Dans plusieurs on a employé le procédé particulier {§va\i\ve a f/lobolo) par lequel, en faisant au foret et en joignant ensemble des enfoncements ronds, on produisait des figures qui devenaient ainsi extrêmement grossières, quelquefois même difformes et inintelligibles; tels sont les nos 4, 11-12, 15, 27, 29-34, 36-39, 47-48 et 50-52. Quelques-uns de ceux-ci peuvent certainement appartenir à la période la plus ancienne d'un art peu exercé; mais la plupart
1 Piin. II. N. xxxm, 12.
SCARABÉES
doivent être regardés comme productions d'une technique routinière qui se proposait continuellement d'imiter une ancienne manière traditionnelle. Quelques-uns, sur lesquels prédomine surtout la manière de gravure que nous venons de nommer, ont en même temps les détails plus exécutés, comme les n»^ 7-10, 13-14, 18, 24-25, 28, 41. La plupart sont pourvus du grènetis dit étrusque^ qui ressemble ordinairement à un ruban tordu; au n» 22 elle a la forme d'un rang de perles. Sans ce grènetis sont les nos 11-12, 15, 45, 47-48 et 50-52. Le scarabée a souvent deux petites ailes gravées au haut du dos, et dans plusieurs il est travaillé avec beaucoup de soin et embelli d'ornements divers, comme les nos 2, 3, 22, 30, 34, 40, surtout le n» 20.
Les derniers, nos 53-59, différent remarquablement des précédents. La tête du no 53, si même de travail étrusque, doit cependant, à cause de son style beau et pur, plutôt êli'e rapporté à l'art grec accompli; il en est de même du n» 54 offrant un lion ailé, qui se distingue encore par une exécution plus déUcate; sur tous les deux le scarabée est travaillé avec soin et n'a pas le grènetis étrusque. Le no 55 offre une figure héroïque comme on en voit ordinairement sur les pierres gravées gréco-romaines; il est muni d'un grènetis, mais fait d'une pierre peu usitée pour la forme de scarabée. La qualité des sujets ainsi que le style des figures et la négligence de l'exécution font évidemment rapporter les nos 56-59 à l'art romain sous les empereurs; ils sont sans grènetis et la forme du scarabée diffère de l'étrusque,