VI. FIGURES, ACTIONS ET COMBINAISONS SYMBO- LIQUES ET FANTASTIQUES
Les représentations réunies dans cette classe sont telles qui ne sauraient être rangées dans aucune des sections précédentes, en partie d'une certaine signification symbolique (laquelle le plus souvent est pourtant peu sûre, comme nous ignorons les rapports où se trouvait le propriétaire de la pierre), en partie offrant des fantaisies ou des badinages. Des animaux y sont représentés dans des actions et réunis à des objets et à des symboles qui ne leur conviennent pas d'après leur nature (nos 1497-1523); ou des additions hétérogènes les font paraître sous une forme fantastique (nos 1524-28). Une classe particulière rapprochant de ceux-ci est celle des nommées Chimères, Grylles ou Symplegmes, qui sont des assemblages de masques et de tètes ou d'autres parties de différents animaux, formant des espèces d'animaux bizarres ou d'autres figures de toutes sortes (nos 1529-52). Quelques-unes de ce nombre sont probablement des figures astrologiques, indiquant la position réciproque des planètes dans le zodiaque, et contenant des horoscopes*; d'autres offrent peut-être une réunion de qualités morales ou de passions opposées ^; d'autres enfin semblent être des images qui par ce qu'il y avait de ridicule ou de terrible dans leur composition devaient protéger contre le charme et l'influence du mauvais œil ^ De telles représentations se trouvent déjà sur de très anciennes monnaies italiennes et grecques^;
1 Cf. Sleinbùchel Alterthumskunde p. 242, note 2.
2 Cf. Quatremère de Quincy Mon. ant. rest. p. 93 sniv.
3 Cf. l'introduction. Lobeck Aglaophamus p. 970suiv.
'* Les têtes de Silène et d'un sanglier réunies Qn^^ 1536 suiv.} sur des monnaies de Signia en Lalium. Une tête de Satyre avec une grande corne de bouc, combinée avec une aile et une jambe de lion (cf. n» 1552)
VU la bonne exécution, la plupart de celles rassemblées ici ne semblent pas provenir des bas temps de l'art. Celles-ci sont suivies de combinaisons de toutes sortes de symboles fréquemment représentés (nos 1553-68), dont la plupart à la vérité ont aussi une signification hiératique, mais qui sont employés de manière que ces représentations semblent mieux s'attacher à cette section qu'aux attributs de divinités réunis (plus haut nos 699 suiv. ). Quelquefois ces symboles sont tenus d'une main, par laquelle on peut avoir indiqué la main d'une divinité * , ou seulement que le propriétaire du cachet en était doué. D'autres fois il se voient tenus de deux mains jointes, ou placés au-dessus d'elles, pour indiquer les bénédictions qui naissent de la concorde, de l'amour et d'autres vertus semblables A ces représentations se trouvent encore joints le portrait et la bague à cachet du propriétaire (nos 1569-71). La série se termine par quelques compositions en partie fantastiques de signification incertaine, et par quelques symboles connus.
1497. Fragm. Deux panthères, l'une courant, l'autre assise prête à se lever, tournent les têtes pour regarder un grand gryphe qui vole au-dessus d'elles, dont il ne reste qu'une partie du devant. Calcédoine brûlée, ondée de brun.
D'un ovale d'environ 1 p. 6 1. de largeur.
1498. Un rhinocéros à deux cornes au-dessus desquelles on voit une couronne; une corne d'abondance repose sur son dos. (Peut-être une allusion à la victoire de cet animal dans le cirque.) Cornaline. Fr.
sur des monnaies grecques d'Himera en Sicile (Torremuzza, Tab. 35, 11-12).
1 Une divinité panthéistique, voy. plus haut p. 85 suiv. Cf. les monnaies
alexandr Zoëga N. aeg. Tab. 2, 1. ^ Cf. les monnaies romaines avec les inscriptions amor, concordia, fides,
pietas etc. près de types semblables.
COMBI.\AlSO?;S SYMBOLIQUES. ICvi
1499. Un éléphant qui tient une palme dans la trompe, sortant d'une coquille {corne d'Ammon).^ Cornaline.
1500. D'une coquille pareille sort un lièvre, devant lequel un âne et au-dessous de celui-ci encore un petit lièvre semblent prendre la fuite saisis d'effroi. Onyx. Fr.
lôOl. Un bouc sautant pour attraper une palme qui sort d'une grande corne tordue, placée sur la pointe (?). Cornaline à surface briiîée.
1502. Deux boucs, l'une des jambes de derrière appuyée à une boule, sautant pour prendre deux grappes de raisins qui pendent, chacune de son côté, d'une corbeille placée entre les boucs. Arrangement symmétrique. Pâte brune.
1503. Même composition. Pâte brune. La surf, blanche et corr. *1504. Une vache debout, ayant à la bouche deux grappes
de raisins; au fond, un arbre sur les branches duquel sont assis deux oiseaux. Cornaline. ^ B.
1505. Une souris voguant sur une amphore à vin. Des pattes de devant elle tient le bout d'une voile tendue, attachée aux anses du vase. Cornaline.
1506. Un grand serpent, entourant de ses replis un carquois et un arc, tire une flèche de sa bouche. Cornaline.
*1507. Un aigle, portant un serpent dans le bec et un papillon sur la tête, s'avance, les ailes éployées, sur un caducée ailé; devant lui est le signe de la lune et un globe (signe planétaire); derrière, une couronne. Jaspe brun. B.
1508. Une cigogne ou un héron debout sur une base oblongue devant un grand masque imberbe, derrière lequel on voit une colonne basse surmontée d'un vase et flanquée d'un
ï Sur ce sujet et le suivant cf. Koehler Ueber ein Schreiben Rubens an Peiresc, dans les mcm. de l'acad, des sciences de St. Petersb. 1835, T. m, livT. I, p. 25-27.
2 Publié dans Impr, gemm. II, 97.
104 LNTAILLES.
arbre. — Probablement il est représenté ici une colonne sépulcrale avec Une urne cinéraire, de sorte que le masque (comme assez souvent sur des monuments sépulcraux) désigne la dépouille mortelle que l'âme a déposée en quittant le corps, et la cigogne l'amour pour le défunt. Cornaline avec des traces de monture antique. Fr.
1Ô09. Un héron montant une cruche d'eau d'un puits, en ' tirant de l'une serre la corde qui passe autour d'une roue fixée au bout d'une perche. Onyx. Fr.
1510. Un paon debout sur le bord d'un bassin, regardant avec étonnement un jet d'eau qui sort de l'ithyphallus d'un hermès de Priape; au-dessus voltige un papillon. Onyx ru-
bané. Le bassin fr.
lôll. Un coq marchant, une souris dans le bec. Pâte brune.
*1512. Un coq debout, une souris dans le bec; devant lui, une enseigne romaine. Onyx brîilé à quatre couches.
1513. Un coq combattant contre un grand scorpion qui paraît derrière un arbre. * Jaspe brun. Fr.
1514. Un coq de combat, une couronne de victoire et une palme dans l'une serre levée, debout devant un moineau ou oiseau de chant perché sur une corbeille, contre laquelle un thyrse est appuyé. Pâte brune. La surf. corr. et irisée.
1515. Un coq, une couronne dans le bec, debout devant un flambeau allumé; derrière lui on voit la tête du dieu du soleil. Jaspe rouge.
1516. Deux grands coqs tirant un char à deux roues, conduit d'un renard (?). Pâte brune.
1517. Un perroquet conduisant un petit char à deux roues attelé de deux coqs. Héliotrope.
» Pour le coq et le scorpion comme symboles de jeux el de guerre, cf. plus haut nos 305, 308, 504, 725, 1299-1300.
COMBUNAISONS SYMBOLIQUES.
1518. Un dauphin se repliant dans un rond formé de deux épis joints, et portant sur l'extrémité de sa queue tordue en haut une coupe surmontée d'un oiseau. Onyx. Fr.
1519. Un crabe tenant dans ses pinces une corbeille remplie de raisins. Pâte violet-foncé avec une raie blanche.
1520. Une grande cigale^ assise sur le dos d'un vieillard qui s'avance tout courbé, s'appuyant sur deux bâtons crochus. 11 est nu et a le phallus très long et pendant. Sardoine claire.
1521. Une grande cigale combattant contre un lion. Pâte brun -foncé avec une raie blanche.
1522. Une grande cigale tient au bout d'une ligne une anguille qu'elle vient de prendre, et a un oiseau suspendu à un bâton qu'elle porte sur le dos. A côté est placé un panier. CornaHne.
1523. Une grande cigale, armée d'un marteau, attaquant un lézard. Cornaline. Fr.
1524. Deux cigales fantastiques portant une amphore à vin sur une perche; celui qui précède s'appuie sur un bâton. Pâte brune.
1525. Môme composition. Pâte brune. Fr.
1526. Aigle volant, dont la poitrine est formée d'un visage humain ou d'un masque; vu de face.- Pâte brune.
Inachevée dans la fonte.
1527. Un paon ayant une face humaine sur la poitrine. Cornaline. Fr.
1528. Un coq ayant le cou et là tête d'un cheval bridé; Hippalektryon, comme symbole de l'ardeur du combat'^. Pâte brune.
1 Dans les compositions suivantes la cigale est peut-être mise comme fascinum contre l'enchantement, cf. 0. Millier Handb. der Arch, § 436, 1.
2 Cf. Dactylioth. de Stosch, II, 169-71.
3 Cf. Gerhard Gr. u. etr. Trinkschalen des Berl. Mus. pl. I, p. 3.
irSTAILLES.
1529. Aiilruche fantastique à cou et à téte de cheval, la poitrine couverte d'un masque de Silène et le corps formé d'une tête de bélier ayant deux épis à la bouche. Derrière le dos on voit un caducée. Cornaline.
1Ô30. Héron fantastique, la poitrine couverte d'un masque de Satyre barbu, le corps e.t la queue formés d'une tête de bélier portant un épi à la bouche. Il tient une souris dans le bec; au-dessus, une étoile. Cornaline.
*lo31. Paon fantastique, un masque de Silène sur la poitrine, le corps formé d'une tête d'éléphant dont la trompe s'élève au-dessus du dos. Cornaline. B.
*1532. Figure fantastique, dont la partie supérieure est formée d'une chèvre, la poitrine d'une tête de Silène, le corps et la queue d'une tête de bélier ayant des raisins à la bouche, marchant sur deux hautes jambes d'oiseau. La tête de chèvre se retourne vers un épi qui croit derrière la figure. Cornaline. B.
IÔ33. Figure fantastique, composée d'un dauphin, d'une tête de Silène et d'une tête de bélier ayant des épis à la bouche, montée sur de hautes jambes d'oiseau. Onyx.
1534. Figure pareille. De la tête de Sdène pendent deux baies, et la tête de bélier tient une grappe de raisins à la
bouche. Pâte brune. La surf, irisée.
1535. Tête d'aigle dont la partie postérieure est formée d'un masque de Silène,' la partie inférieure d'un autre masque barbu. Cornaline. B.
1536. Une tête de Silène et une hure de sanglier, jointes par les revers. Pâte brune. La surf. usée.
1537. Les mêmes deux têtes jointes au bas par un masque (de Bacchus) barbu. Pâte brune.
1538. Une hure de sanglier et une tête barbue ayant sur