‹ Description des intailles et camées antiques du Musée-ThorvaldsenChapitre 52 sur 170 · Cycle erotique · texte numérisé non relu

Cycle erotique

Sur les pièces réunies dans ce cycle on voit représenté tantôt l'Amour (Eros), sous la forme d'un enfant ou garçon ailé, comme on le figurait ordinairement dans une période postérieure de l'art (sur les trois premières seules la figure du dieu se rapproche plus de celle de l'adolescent comme dans les anciennes statues des temples), tantôt un ou plusieurs des Amours CEgœteç^ Cupidines , Amores)-, de même comme des enfants ailés. Plusieurs de ces représentations sont les résultats d'un art badinant qui se rattache à la poésie d'Anacréon et aux vers epigrammatiques que l'anthologie nous a conservés, et dans quelques-unes il ne faut peut-être pas même chercher une signification plus profonde; d'autres au contraire semblent fondées dans les philosoplièmes de l'époque et avoir servi d'emblèmes aux idées les plus élevées. Les n»9 441-4Ô1, où l'on voit l'enfant ailé dans l'Olympe, muni des armes et des attributs des dieux ou menant leurs chars, doivent surtout s'expliquer allégoriquemtnt du pouvoir de l'amour qui

1 Têtes de bacchantes, voy. les n°» 341-42.

5 Suivant les auteurs du temps postérieur, fils des nymphes qui se mêlaient d'amours inférieurs. Philostr. Imag. I, 6. Himer. Ecl. X, 6. Claudian. De nupt. Hon. ^ Mar v. 72 suiv.

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domine l'univers ^ La même idée ^ probablement a dû être exprimée par quelques-unes de ces scènes où le petit dieu manie les animaux, p. e. où il est monté sur le lion^ et sur le dauphin, jios 452 et 456-67, tandis que d'autres, les nos 463- 66, 468-69, portent plutôt l'empreinte d'un badinage d'artiste et ne semblent représenter que des Amours jouant comme des enfants. Sur les nos 460-73 l'Amour est mis en rapport avec le papillon ou Psyché comme symbole de l'âme. Ces représentations peuvent s'expliquer du même dieu de l'amour qui cherche à attraper l'âme insouciante et qui, lorsqu'il s'en est emparé, la tourmente par des passions opposées, quelquefois aussi lui accorde des plaisirs et du bonheur. Ce sont surtout les scènes plus badinantes, où l'Amour est à la chasse du papillon, qui semblent devoir s'expliquer dans ce sens; le no466, où l'Amour lui-même est pris dans un piège, tandis qu'on voit en liberté l'âme persécutée, montre ainsi comment les plans du dieu sont quelquefois déjoués. Mais suivant d'autres ouvrages, surtout les reliefs funéraires, et d'après les idées contenues dans le mythe de l'Amour et Psyché, on peut aussi dans plusieurs de ces scènes expliquer l'Amour comme personnification de l'amour céleste qui cherche à s'emparer de l'âme terrestre, qui s'en fait le bon génie pour la sauver de dangers, qui l'épure par les souffrances et qui, après avoir opéré l'expiation, lui ouvre l'entrée à la félicité céleste. Les nos 466, 468 et 473

1 Cf. le poème sur les Erotes qui ont pillé TOlympe, dans Brunck Aiialecta n, p. 227, n» 57, et sur Eros qui s'est emparé des armes d'Héraklès, 1. c. II, p. 280, n° 4. — Suivant Winckelmann (Mon. ined. P. I, Sect. I, c. 4) de telles représentations sont à expliquer des génies propres aux Dieux, les anciens, selon lui, ayant supposé que chacun des dieux, ainsi que chaque homme, avait son génie à lui.

2 Plus haut 1 Amour et les Amours comme dieux de l'amour se voient avec Vénus n^^ 265-67, 282, avec l'Hermaphrodite n» 283, avec Bacchus et Ariadne n» 340, avec des Satyres n"s 404-7, et plus bas avec Hercule nos 828-29.

3 Cf. Lucian. Deor. dial. XII. Brunck Anal. II, p. 272, n''27.

appartiennent surtout à ce cycle d'idées; le no 466 offre probablement en même temps une allusion aux mystères d'Eros ^ Le no 474 représente sans doute le dieu comme celui qui unit deux humains par le mariage, et le no suiv. doit peut-être s'expliquer de la même manière. Les représentations où l'on voit l'Amour lié, travaillant, accablé de douleur, semblent être d'une signification bien différente entre elles. Dans les nos 476- 79 c'est le dieu de l'amour qu'un mortel a frustré dans ses artifices -, ou que les dieux ont condamné à supporter la peine de tout le mal qu'il a fait^, et qui s'y montre tantôt mutin tantôt abattu De même les nos 480-81 sont peut-être à expliquer de l'Amour travaillant comme esclave à cause de ses crimes; mais sur le no 481 il peut aussi être représenté comme le génie de la mort qui, au service de sa mère Vénus Libitina, déesse de la mort ^, est occupé à creuser une fosse. ^ Sur le no 482 l'Amour est représenté comme génie sépulcral, le flambeau de la vie renversé, comme il se voit souvent sur les sarcophages. Dans la dernière suite de représentations, les nos 483 suiv., on voit un enfant ailé ou plusieurs ensemble, exécutant différentes occupations de la vie, ou jouissant des plaisirs qu'elle offre; ce n'est pas le dieu de l'amour qui y semble représenté, mais des Amours comme personnifications de

' Eros y est couvert d'un manteau, et s'avance solennellement sur la pointe des pieds, comme il était d'usage dans le plus ancien service du temple, tenant le flambeau sous le papillon. Plus haut n<> 344 Eros doit peut-être de même s'expliquer comme génie des mystères.

- A peu prés comme sur le n» 465. Cf. le poème "Eiç (tycd/na ''Eqcjtoç ôfâffxéva dans Brunck Anal. II, p. 17, n» 41.

3 Cf. Lucian. Deor. dial. II et XI. Athen. Deipnos. XIII, 14.

4 Cf. le poème dans Brunck Anal. II, p. 140, n° 1. ^ Voy. ci-dess. n» 264, note.

* Cupido inferor{iini). Donii inscr. Cl. I, n» 54. Cf. Gerhard Ant. Bildw. Texte p. 241. Plus bas n» 443. Peut-être faut-il aussi y rapporter l'Amour avec la coupe au n'>497î cf. Gerhard 1. c. p. 254,^ note243 plus haut n» 346, note.

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ces actions et de ces jouissances, ou des facultés et des inclinations humaines dont elles proviennent. * Tandis qu'ainsi les Amoui s sacrifiants indiquent le sentiment pieux cherchant une satisfaction dans le culte extérieur, la dernière représentation no 515 semble indiquer l'homme soupirant après les demeures célestes, ou peut-être l'esprit sublime de l'homme désirant d'être séparé de l'âme terrestre et du corps. -

437. Buste de l'Amour (Eros) comme adolescent, vu de face. Il a les cheveux liés en nœud sur le sommet de la tête; un manteau lui couvre les épaules; à côté on voit le bout de l'arc. Pâte brun- clair.

438. L'Amour sous une forme pareille, assis sur un rocher, dans l'acte de tirer une flèche. Agate foncée à taches vertes. B.

439. Le même marchant, l'arc dans la main g., levant la droite au-dessus de l'épaule pour prendre une flèche dans le carquois. Pâte violet-foncé. Fr. La surf. corr.

*440. Buste de l'Amour enfant, vu de côté, avec la partie supérieure du bras étendu ^ Améthyste. B.

^ C'EocoTfç^ nokkol dià noXkâ mu iQMGiv ay^QConoi. Philostr. Imag. I, 6, Comm. Cf. Welcker Philostr. Imag. & Callistr. st. p. 238. Suivant la manière de parler moderne des génies. Ils indiquent sans doute nommément une certaine activité ou inclination de celui qui flt graver la représentation ou qui la portait dans son cachet. — Il faut y rapporter l'Amour comme l'amour-propre personniflé près de Narcisse, au no 821.

^ Suivant les idées très répandues dans l'antiquité sur l'être humain divisé en trois parties QaoJfxa, ipv/^, nvfv^ua) et sur le corps comme prison de l'âme. Parmi les représentations précéd. l'esprit sublime d'un homme (comme émanation de l'esprit universel Eros) peut quelquefois avoir été indiqué, p. e. aux n"» 480-81 comme celui qui dans sa liaison avec la terre succombe aux chagrins et aux peines de la vie. au n° 475 comme celui qui met sous le joug les passions opposées. — Suivant d'autres 'idées sur le séjour de l'homme après la mort les n"* 456-57, 459 et 509 font peut-être allusion à l'âme individuelle faisant le trajet de l'océan pour parvenir aux îles des bienheureux.

3 Celui-ci avec une partie du côté forme la figure d'un phallus, selon Tiiitention du graveur, à ce qu'il paraît.

*441. L'Amour remplaçant Ganimède pour faire boire l'aigle de Jupiter dans une amphore; derrière lui un hermès barbu ^ Cornaline. B.

442. L'Amour avec les attributs de Mercure. Marchant sur la pointe des pieds il porte le caducée au bras dr. et la bourse dans la main gauche sur laquelle est assis le coq. Plasma. B.

443. L'Amour monté sur un bélier à côté duquel se trouve une femme enveloppée tendant les bras vers lui. (Peut-être une représentation de l'Amour s'étant chargé des fonctions de Mercure, le bélier pouvant s'expliquer comme victime de Mercure sur laquelle ce dieu est quelquefois représenté assis, et la femme enveloppée comme une défunte- qui demande à être conduite aux enfers'"^.) Pâte brune à moitié blanche.

La 8urf, corr.

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