‹ Description des intailles et camées antiques du Musée-ThorvaldsenChapitre 9 sur 170 · STYLE ANCIEN · texte numérisé non relu

STYLE ANCIEN

droite à une femme qui se trouve devant lui, ayant un bâton (?) à la main; elle est vêtue d'une diploïde qui descend en plis raides. (Jason et Médée, ou Oreste et Electre.) Pâte brune.

79. Héros armé du casque et du bouclier, s'avançant une lance sur l'épaule. Il porte une chlamyde jetée en arrière et pendant en plis raides des deux côtés. Pâte jaune-vert.

La surf. usée.

80. Un auspex ou pullarius ayant dans l'une main un sac contenant la mangeaille, dans l'autre une coupe; à ses pieds est placé un vase ou la cage de l'oiseau. * Pâte bleue et verte à plusieurs couches avec des raies blanches. La surf. corr.

81. Un dompteur de serpents, comme au no 61, Pâte violette. Fr.

1 Cf. Dactylioth. de Stosch, II, 1842 (Toelken Verzeichn, p. 77, n° 175).

Troisième classe.

Intailles grecques et romaines de la période de l'art accompli.

Les ouvrages contenus dans les deux classes précédentes, en partie par la forme de la pierre, en partie par le style des figures gravées, ou sous ces deux rapports à la fois, indiquaient une période où l'art antique n'était pas encore entièrement développé. La suite arrangée dans cette classe-ci présente une image de l'art tel que chez les grecs et chez les romains on l'exerçait durant des siècles après qu'il fût parvenu à sa hauteur (depuis la fin du 5™« siècle avant J. C. jusqu'au milieu du 3'"^ siècle après J. C). Ce que la période plus ancienne offrait de maladroit, de rude et de maniéré ne se trouve plus dans ces ouvrages, qui portent en général l'empreinte de l'art achevé qui s'était essayé dans toutes les directions; mais ils sont d'ailleurs très différents entre eux sous le rapport du style et de l'exécution, soit à cause des temps et des lieux divers d'où ils proviennent, soit à cause du talent qui s'y est exercé, ou du soin qui a été mis au travail. Parmi les pierres gravées il se trouve plusieurs qui se distinguent par la beauté du style et la supériorité de l'exécution; telles sont au nombre des têtes les nos 583, 641, 643, 760, 796, et de celles qui offrent des portraits les n«s 980, 999, 1003, 1007; des figures entières les nos 2Ô6, 323, 388, 610, 8Ô1 , 949, 1142, 1194, 1203. D'autres intéressent en même temps par leur naïveté et leur

gaité, comme les nos 408, 411, 461, 496, 1169, 1248. Des représentations caractéristiques d'animaux se trouvent aux n«s 1302, 1346, 1362. 1364, 1383, 1409 etc. Des exemples d'une gravure élégante et fine sont, outre plusieurs de ceux que nous venons de nommer, les nos 360, Ô30, 819, 1205, 126Ô, 1359, 1398. Un grand nombre des pâtes reproduisent aussi des pierres supérieurement. gravées; mais souvent, à cause de la surface corrodée du verre, on ne saurait assez les juger. De l'autre côté il ne manque non plus de médiocres ouvrages exécutés avec négligence ou fruits d'une productivité routinière; ceux-ci trahissent cependant en général une main exercée, et ils semblent bien supérieurs aux ouvrages rudes et mauvais de la décadence de l'art. Parfois on trouve des représentations dont quelques détails rappellent le style plus ancien de l'art, tels que des formes humaines plus prononcées, aux nos 818, 912, 1101; la barbe cunéiforme et l'arrangement symmétrique des cheveux, aux n»^ 247-48, 652, 1023; des poses forcées ou gênées, aux nos 138, 1100, 1102, 1171-72; la forme archaïque des ailes, aux nos 767-68, 778. De même, des divinités sont quelquefois représentées d'après le plus ancien type qui se maintenait pendant toute la période romaine, telles qu' Alhéné Promachos n» 242, Mercure barbu nos 284-85, Bacchus barbu nos 319-24, et TEspérance nos 607-8.

Quant à l'origine et au temps il ne s'y trouve certainement pas peu d'ouvrages qui portent l'empreinte de l'art grec (au nombre desquels sont les meilleurs de ceux que nous venons de citer), soit produits dans des villes grecques pendant la période de l'indépendance, soit exécutés d'après des modèles grecs ou par des artistes grecs à Rome, et dans plusieurs ouvrages les représentations font supposer qu'ils proviennent de villes et de contrées grecquiss, p. e. des symboles de villes (nos 635-36, 640, 936) et des portraits (nos 985-88);

mais la partie de beaucoup majeure doit être rapportée à l'art

IISÏAILLES.

romain qui florissait sous les empereurs. Ainsi, plusieurs des divinités sont représentées dans le costume romain, ou dans des attitudes et avec des attributs qu'on trouve exclusivement ou de préférence sur les monnaies romaines: Junon n» 133, Mars nos 250-55, la Fortune nos 587-94, et la plupart des divinités inférieures et panthéistiques. Vénus armée, au no 269-79, semble être une représentation de cette déesse comme aïeule de la famille impériale des Jules, et les répétitions fréquentes appartiennent sans doute à l'époque après Jules -César qui portait une telle image dans son cachet ^. La plupart des divinités égyptiennes, Sérapis, Isis, Harpocrate et Anubis, nos 661-71, sont représentées comme dans les autres ouvrages romains de la fin du premier et du commencement du second siècle.'^ Le signe du capricorne, aux nos 453, 730-34, étant l'horoscope d'Auguste, a probablement été adopté surtout depuis le temps de cet empereur; la lune avec les étoiles de la grande ourse, nos 740-41, est un type monétaire romain. Au no 836 on voit Hercule comme hermès romain, et les héros grecs semblent quelquefois se présenter armés à la romaine, p. e. Achille au no 887. Romulus et Rémus, allaités par la louve, se trouvent aux nos 937-44 et 1190. Outre les têtes de personnages romains connus, nos 990-1014, il y a aussi au nombre des portraits indéterminés plusieurs qui semblent romains, nos 1035 suiv., quelques-uns avec des marques sûres, comme les nos 1060, 1073-75. Il se rencontre encore ça et là des costumes, nos 1115-16, 1176, 1288, des ustensiles de sacrifices, nos 1103-4, des armes et des enseignes militaires, nos 118, 120, 566, 661, 1119, 1121, 1123, 1512, 1567, qui se rapportent à Rome. Enfin la plupart des lettres et des noms ajoutés sont romains du temps des empereurs.

* Dio Cass. XLIÏI, ^i3: to ykv^u^ua l-hiç. tvonkop i'fÔQft. 3 Cf. Plin. H. N. XXXIII, 12. Jam fJarpocratem statuasque regyptiorum ituminum in digitis viri quoque portare incîpiunt.

h CYCLE DES DIEUX.

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