FER LÂMINË ET POLI A FROID
des tôles et des barres de fer et d*acier et à les façonner comme s'ils étaient travaillés à chaud. Ce procédé a pour effet : !• de comprimer et de resserrer les fibres du métal de façon à en augmenter la résistance, la dureté et l'élasticité dans une proportion considérable ; V de donner en même temps aux pro* duits des dimensions aussi exactes que celles qu'on peut obtenir à l'aide du tour ou de la raboteuse.
La précision de l'ajustage et le poli des pièces exposées à Vienne nous ont paru supérieurs à ce qu'on produit dans les bons ateliers de construction, mais ce n'estlà qu'un des minces avantages du système. La supériorité dans la résistance est le côté le plus saillant et le plus recherché des fers et des aciers des fabricants américains.
De nombreux essais faits en effet sur les produits laminés à froid semblent s'accorder pour constater leur supériorité sur les échantillons de môme nature fabriqués à chaud.
Nous citerons en premier lieu les expériences de M. Wade, officier d'artillerie à Pittsburg. Le résultat de soixante essais a donné en moyenne une augmentation de résistance à la flexion de 162 pour 100 en faveur des fers laminés à froid. Cette augmentation toujours en faveur des fers à froid était de 130 pour 100 pour la torsion, de 64 pour 100 pour la compression et de 50 pour 100 pour la dureté, le résultat constatant en outre que la dureté des échantillons était la même au centre qu'à la partie externe. Les échantillons de fer laminé à chaud ont été rompus sous une charge de 37 kilogrammes par millimètre carré de section, tandis que les fers ii froid ont résisté, avant de se rompre, jusqu'à 60 et 70 kilomètres par millimètre carré.
Dans les essais faits par l'ingénieur en chef de la marine aux Etats-Unis, les charges de rupture de tôles laminées à froid se sont élevées jusqu'à 65, 73, 78 et 79 kilogrammes par millimètre carré de section.
Dans un concours des constructeurs américains à l'institut
FER LAMINÉ ET POU A FROID. !ll
Franklin (Philadelphie), les essais à la traction ont indiqué des charges de rupture pour les barres polies à froid de 46 el 65 kilogrammes par centimètre carré de section, la n'-sislance h la torsion accusant une différence de 97 pour 100 au profit des fera à froid.
M. l'ingonieur W. Fairbaim a èlé égalemant appelé i\ examiner les produits do MM. Jones et Laughlins et a reconnu, à la suite de ses expériences, que ce procédé de fabrication augmentait la résistance dans la proportion de 10 à 15 et que les échantillons avaient des dimensions aussi exactes que s'ils avaient été travaillés au tour.
Le premier essai de M. Fairbaim a été fait sur une barre de fer rond laminé à chaud de 0°,026 de diamètre, qui s'esl rompue aous une charge de 40 kilogrammes par millimèlre carré de section, après s'être allongée de 20 pour 100 environ, le diamètre à l'endroit de la rupture étant réduit à 0",0223. Une barre ronde à froid tle 0°',025 de diamMre a n'-sisté sans se rompre et sans allongement sensible jusqu'à 57 kilogrammes. Une autre barre de même diamètre, également laminée à froid, s'est rompue sous une charge do 62 kilogrammes par millimètre carré do section, l'allongement sur une longueur de O^iïai n'étant que de 0'°,002, lo diamètre à l'endroit de la rupture réduit il 0'",022. Une autre barre à froid réduite ii 0",025 de diamètre, surletour, s'est rompue sous une charge de 42 kilogrammes, en accusant un allongement de 0'°,027, le diamètre au point de rupture n'étant plus que de 0",02fl.
Il résulte de ces essais que, si on prend comme coefficient de résistance à la rupture le chifi're 1000 pour la barre laminée à chaud, les barres laminées à froid ont donné pour colle loamée I 036 et pour celle non tournée 1 aOU.
Sans attacher une plus grande importance qu'il ne convient de le faire à dos expériences n'ayant porté que sur un petit uombre d'échantillons, on est néanmoins amené à conclure
avec M. Fairbairn^ en examinant les diverses données qne nous avons reproduites, que ce procédé de laminer à froid augmente dans des proportions considérables la dureté et la résistance du fer. Les résultats obtenus par MM. Jones et Laughlins nous paraissent dignes de fixer l'attention des fabricants de fer, et il est certain que dans la confection de diverses pièces, telles que des clavettes, des couteaux de faucheuses, etc., ils obtiennent une supériorité incontestable sur les produits similaires fabriqués à chaud, et qu'en outre ils doivent réaliser une grande économie de main-d'œuvre, puisqu'ils évitent le travail du tour et de la raboteuse.
Les plus gros arbres laminés, dressés et polis à froid, qui figuraient à l'Exposition de Vienne, avaient 0", 100 de diamètre et 3 mètres de longueur, mais en général toutes les pièces fabriquées couramment par ce procédé ont des dimensions beaucoup moindres.