CHAPITRE XIV
PRESSE HTDRAULiQUKy SYSTÈME HASWELL.
La presse hydraulique à forger, inventée par M. Haswell, directeur des ateliers de la compagnie de l'Etat à Vienne, est déjà connu de beaucoup de personnes, mais son emploi s'est peu généralisé malgré les services immenses qu'elle rend dans toutes les usines où elle fonctionne.
Les avantages que présente la presse Haswell comparée aux pilons à vapeur sont les suivants : l'exécution des pièces qui est plus achevée, plus régulière, plus nette de formes, le prix de fabrication qui est notablement moins élevé, la rapidité dans la production qui est plus grande, enfin la presse permet de faire en une seule pièce des organes qui jusqu'à présent nécessitaient plusieurs morceaux.
La pureté de formes est telle qu'en 1867, des ingénieurs français et anglais, après un examen attentif, ont déclaré que
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les pièces exposées avaient été obtenues par voie de fusion. De fait, beaucoup d'entre elles : crosses de piston, tête de bielles, coulisseaux, etc., etc., ne revenaient pas à un prix plus élevé que si elles avaient été en fonte ordinaire.
La pression colossale dont on dispose agit mieux que la percussion, au point de vue de la purification de la matière et de la dureté des pièces. L'acier Bessemer surtout se travaille très-bien à la presse, tandis qu'il s'altère souvent sous le pilon.
Bor^ig, le grand constructeur de locomotives de Berlin, a, depuis longtemps, une presse Haswell de 1 200 000 kilogrammes, et il en fait construire une seconde qui atteindra l'énorme puissance de 3 millions de kilogrammes. Deux presses de i 200000 kilogrammes fonctionnent en Angleterre, on va en établir une à Niederbronn sur les mêmes modèles. Nous n'en connaissons pas en France, mais nous sommes convaincu que la visite à Vienne qu'ont fait nos grands métallurgistes aura pour résultat la création prochaine d'engins analogues , plus forts peut-être. Les derniers venus dans l'application d'un perfectionnement sont toujours ceux qui l'appliquent avec le plus d'intelligence et qui en tirent le meilleur parti.
M. Robert llaswell, pour prouver les avantages du système de forgeage imaginé par son père, et surtout pour hâter son introduction dans les grands ateliers, a publié, pendant l'exposition de Vienne, une petite brochure sur la préparation des paquets, le chauffage et le matriçage des principales pièces de locomotion, et sur les résultats économiques de l'appareil.
La puissance de la presse employée dans les ateliers dirigés par M. Haswell n'est que de 750 000 kilogrammes, chiffre que beaucoup de nos lecteurs trouveront déjà fort respectable, mais qui est bien faible en comparaison de la pression obtenue par le nouvel appareil Borsig. Une presse est bien meilleur marché qu'un^marteau pilon d'égale puissance, puisqu'on peut se dispenser des lourdes fondations qu'exige celui-ci et que l'installation est souvent plus coûteuse que l'outil lui-même.
PRESSE HTDHADr.lOIJE, SYSTÈME HASWELL. IfW
i travail de la presse s'opère soit en matrices closes, soit en matrices percées, soit sur enclume pour l'étirage des barres de fer et d'acier.
La préparation des paquets se fait comme dans les autres sj*stème8 de forgeage, seulement il faut avoir grand soin de mettre sous la presse des quantités de fer ou d'acier d'un poids bien déterminé, remplissant exactement la matrice; sans cette précaution, les pièces seraient trop i'nibles ou il serait impossible de les faire sortir de leur moule après l'opération. Les paquets sont soumis d'abord à l'action d'un pilou à vapeur, puis remis au feu avant leur matriçage définitif.
Pour faire apprécier la solidité exceptionnelle des pièces de locomotives , boites à graisse, crosse de piston, axes de coulisse, pistons, manivelles, etc., obtenues à la presse hydrolique, M. Haswell fils a eu la bonne idée de Faire raboter une série de ces pièces et de les traiter par l'acide alin de montrer la disposition des fibres. Toute la collection exposée à Vienne était irrépracbable sous le double rapport de la perfection de la forme et de la texture rationnelle du métal.
Les dessins (pi. 8) ont été lithographies sur des épreuves directement Urées sur les pièces de forge.
Nous donnons en regard deux vues de boîtes à graisse pour indiqueruu perfectionnement introduit dans la préparation des paquets, afin de modifier avantageusement la disposition des fibres du fer.
Les boîtes à graisse et les têtes de piston sont obtenues renversées : la partie lourde au fond de la matrice ; les axes de coulisses sont forgés à plats, deux à deux, suivant le plan horizontal des quatre tourillons.
L'usage le plus fréquent de ta presse Haswell, à Vienne, consiste dans la fabrication des roues de locomotives et de tenders. Au lieu de forger chaque rayon séparément, comme cela se fait ordinairement au pilon, on produit deux ou trois rais d'un seul segment, ce qui diminue conaidérablcraent les frais de
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quelconque du puits ; qu'elle possède enfin une détente système Guinote, que nous décrivons sommairement plus loin.
Le ventilateur, système Lemielle, est assez connu pour que nous n*en parlions qu en passant. Bornons-nous à dire que l'élude et la construction du moteur, ainsi que tous les détaik de l'appareil, étaient irréprochables.
En somme l'exposition de M. Quillacq était telle qu'on devait l'attendre du constructeur qui, depuis quinze ans, cherche à introduire en France tous les perfectionnements appliqués dans les autres contrées, et qui consacre toute son intelligence et son activité à l'étude et à l'exécution des machines d'une môme spécialité.
Appiirell B^rlikoltz pear BMMliItteft 4'épaliieBieMt. — En
outre des dessins envoyés par M. Quillacq, M. Bochkoltz exposait, dans la section autrichienne, deux tableaux relatant les avantages de son système avec les courbes de travail et les dispositions d'un appareil à air destiné à remplacer les poids oscillant :
Voici en quoi consiste Tinvention Bochkoltz.
On sait que tout clapet de pompe automoteur, chargé à sa surfiice supérieure d'une certaine pression hydraulique, exige, pour s'ouvrir spontanément, que la pression par unité de surface exercée contre sa face inférieure (plus petite que la première de tout le recouvrement), soit notablement plus grande que celle agissant sur la surface supérieure et correspondant à la colonne d'eau à refouler. Cet excédant de pression, en ce qui concerne les clapets de refoulement, a été produit jusqu'ici, dans les machines non rotatives, au moyen d'un excès de poids correspondant des livres de pompe et donne dès lors lieu à une dépense de travail moteur proportionnellement plus grande, et par suite, à une consommation accrue de combustible.
Or. cet excès de poids des liges, qu*il ne faut pas confondre avec celui servant à \^incre tous les frottements, n*est d'au-