‹ Description des maladies de la peau (volume 2)Chapitre 6 sur 111 · DES PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX QUI CARACTÉRISENT LA MARCHE DES · texte numérisé non relu

DES PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX QUI CARACTÉRISENT LA MARCHE DES

ÉPHÉLIDES.

GCGXXX. Toutes les éphélides ont pour caractère commun de produire des changemens de couleur dans une ou plusieurs parties des tégumens , sans élévation du moins apparente. Il arrive néanmoins dans certains cas qu'on aperçoit une légère proéminence sur la peau, principalement dans l'éphélide hépatique.

CGGXXXL Mais la peau ne sauroit être ainsi décolorée par les éphélides, sans qu'il s'opère un changement physique dans son

tissu. Toutefois , comme ce changement n'est point absolument le même dans toutes les circonstances , il a fallu nécessairement indiquer des distinctions , et déterminer par conséquent plusieurs espèces d'épliélides.

CGCXXXIL Au surplus , les épliélides ne doivent point être uniquement envisagées comme le résultat d'une altération du tissu tégumentaire , mais plutôt comme le résultat d'un désordre survenu dans les fonctions de ce même tissu; ou, ce qui est la même chose, dans le mécanisme de l'exhalation. Ce qui prouve cette vérité , c'est que les malades ne transpirent en aucune manière dans les endroits de la peau qui sont maculés par les épliélides. Cette observation est constante. Je l'ai réitérée un grand nombre de fois.

CCCXXXIIL Les épliélides auxquelles la peau humaine se trouve sujette , sont très-variables par leur forme. Les unes sont petites, les autres ont beaucoup d'étendue; il en est qui s'étendent en larges plaques, qui recouvrent de très-grandes surfaces, et qui finissent par envahir la totahté des tégumens, au point de laisser peu d^intervalles libres entre elles. Cette disposition donne au corps l'aspect le plus hideux et le plus repoussant. J'ai vu des individus tachés et chamarrés comme les zèbres ou les léopards.

CCCXXXIV. La couleur des épliélides change selon les idiosyncrasies, les tempéramens et beaucoup d'autres circonstances. Il en est beaucoup qui sont jaunes et safranées. Il en est qui sont fauves comme des feuilles d'arbre mortes et desséchées par le soleil. Plusieurs sont d'un brun noirâtre. Quelques-unes sont d'un violet foncé. En observant les épliélides sur les mêmes individus, on voit qu'elles n'ont pas toujours la même intensité de couleur. Cette couleur est plus prononcée chez les jeunes filles qui sont près d'avoir leurs menstrues. Elle s'afToibht , au contraire, lorsque les menstrues ont coulé. Les taches sont bien moins apparentes

cliez les personnes âgées, à cause des rides et de l'épaississement de l'épiderme.

CCGXXXV. Il est certaines épliélides qui n'ont aucune odeur sensible; mais il en est qui ont une odeur fétide et repoussante : telle est, par exemple , celle que j'ai désignée sous le nom d'éphélide scorbutique [Ephelis scorbutica). On connoît la constitution pbysique des individus atteints de l'éphélide lentiforme {^Ephelis lentigo); leurs cheveux sont d'un rouge ardent, leurs yeux d'un bleu pâle, etc. L'odeur qu'ils exhalent aux aisselles, aux aines, aux oreilles, est rebutante, et explique en quelque sorte l'état maladif de leur peau. Cette odeur devient surtout insupportable lorsqu'ils sont renfermés dans quelque appartement durant le fort de l'été. C'est alors que leur sueur et toutes leurs excrétions sont excessivement fétides. On sait aussi que lorsque les femmes ont un pareil inconvénient , les hommes craignent de s'unir à elles et de s'en approcher.

CCCXXXVI. Les épliélides n'ont pas toutes la même marche. Plusieurs se développent avec une rapidité extrême , et du soir au lendemain. Quelques-unes accomplissent leurs périodes avec beaucoup de lenteur. On en voit même qui restent indélébiles pendant plusieurs années , tandis que d'autres s'effacent par un simple bain , par de simples lotions , par un simple changement survenu dans l'atmosphère. Il arrive aussi quelquefois que lorsque la peau a perdu tout son éclat, et qu'elle tend manifestement à le recouvrer, cet éclat ne se rétablit que dans certaines portions du système dermoïde , tandis que d'autres portions demeurent constamment altérées.

CGCXXXVÎI. Les épliéhdes n'ont aucun caractère contagieux ; et c'est à tort que certaines personnes manifestent des craintes à ce sujet. Comme presque toutes ces altérations sont liées à un état intérieur des viscères, ou résultent d'une disposition particulière des solides et des humeurs, il est évident qu'une semblable dispo-

sition organique ne sauroit en aucune manière devenir transmissible par communication.

ARTICLE II

DES RAPPORTS d'aNALOGIE OBSERVÉS ENTRE LES ÉPHÉLIDES ET LES

Page 1