‹ Description des médailles grecques, composant le cabinet de feu M. Prosper Dupré, dont la vente aux enchères aura lieu ... [04/24/1867]Chapitre 2 sur 73 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le nom seul de M. Dupré, inscrit à la première page de ce catalogue, nous dispenserait de tous commentaires sur le mérite de la collection décrite ci-après.

Plusieurs séries déjà ont été successivement abandonnées par l’amateur illustre dont nous déplorons la perte, et chaque fois ses confrères admis à partager le trésor ont pu s'extasier sur la beauté de ses médailles, et s’incliner devant le goût exquis et le grand savoir de celui qui avait provoqué leur réunion.

Aujourd'hui que l’on n’a plus malheureusement à craindre d’offenser la modestie du défunt propriétaire de tant de merveilles, on peut, ce qu’il n’eût point sans doute permis de son vivant, dire qu'il fut un de nos plus distingués et plus savants numismates; son nom doit briller à côté de ceux de MM. le duc de Luynes, Raoul-Rochette, Révil, marquis de Lagoy, Ch. Lenormant, car toujours sa fortune, ses collections, fu-

Re rent mises sans réserve au service de la science. IT était prodigue surtout du savoir que lui avait donné sa prodigieuse connaissance de l'antiquité.

M. Dupré, mort dans un âge très-avancé, s’adonna dès sa jeunesse à l’archéologie; sa première médaille fut acquise en 1792, à Augsbourg. Fonctionnaire sous le premier empire, il puisa sa première ardeur dans la grande impulsion donnée au monde par l’Institut d'Égypte, dont il fut le contemporain. Depuis cette époque, sa noble passion n’eut ni défaillances ni ralentissements. Il a possédé plusieurs collections qui toutes témoignent d’un sentiment de l’art pour ainsi dire impeccable; mais, après avoir amené toutes ces séries au point où les jouissances devenaient trop rares, il les quittait pour une autre suite. Il commença à rechercher les médailles grecques, et, dans l’espace de quelques années, il avait déjà réuni une collection assez remarquable, lorsqu'il résolut de s’en défaire. M. le duc de Luynes fut invité à faire un choix parmi ces pièces, dont il prit environ un tiers.

Ses monnaies romaines d’or étaient célèbres, et, pour avoir une idée de leur importance, il suffit de lire l’excellent article publié dans l’Ænnuaire de la Société francaise de Numismatique et d'Archéologie, par M. J. Sabatier. Ses grands bronzes et médaillons romains ont été aussi partagés dans le public, et tout le monde sait aujourd'hui quelle valeur donne à une pièce la mention: « Sort du cabinet Dupré. »

Aujourd'hui vient le tour de la seconde collection grecque. M. Dupré n'avait entrepris celle-ci que bien plus tard : aussi chacune des perles qui la composent a-t-elle été choisie par lui avec ce tact si fin, ce goût si sûr, résultant d’une pratique de près de soixante années. Ces médailles ne sont pas très-nombreuses; mais toutes sont des fleurons de beauté et de rareté.

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