‹ Description des mollusques fossiles qui se trouvent dans les grès verts des environs de GenèveChapitre 167 sur 278 · TROISIÈME CLASSE · texte numérisé non relu

TROISIÈME CLASSE

LAMELLIBRANCHES ou ACÉPHALES

Les lamellibranches sont clairement caractérisés par l’absence de tête, par la simplicité de leur organisation et par leur locomotion nulle ou imparfaite. Lorsque l’animal n’est pas connu, leur coquille bivalve suffit pour les distinguer facilement des gastéropodes et des céphalopodes. Leurs rapports sont plus grands avec les brachiopodes, qui ont aussi une coquille à deux valves; mais chez ces derniers. la bouche étant située au milieu du corps, sur la ligne médiane, toutes les autres parties. et spécialement chaque valve de la coquille, sont symétriques par rapport à cette ligne médiane. Dans les lamellibranches la bouche est à l'extrémité du corps, et chaque valve de la coquille présente, en conséquence, un côté anal et un côté buccal, qui ne sont pas en général identiques.

Nous adoptons pour la description des lamellibranches la méthode proposée par M. d'Orbigny, c’est-à-dire que nous plaçons le mollusque dans sa position naturelle et que nous évitons autant que possible les qualifications de haut et de bas, d'antérieur et de postérieur, de droile et de gauche. Nous désignons de préférence les différentes parties de la coquille par les expressions de région buccale, région anale, région palléale et région cardinale, quine peuvent entraîner aucune confusion. :

Nous rappellerons brièvement que la charnière qui unit les deux valves présente ordinairement des dents; les cardinales sont vis-à-vis du sommet des valves, et les latérales en sont plus ou moins écartées. On nomme fossettes les cavités d’une valve qui reçoivent les dents de la valve opposée. Les valves sont réunies par un ligament qui est simple ou multiple, interne ou exlerne.

Chaque valve présente au-dessus de la charnière ou de la région cardinale le sommet ou apex, qui est la partie la première formée; si ce sommet fait saillie, il prend le nom de crochet. Au dessous de lui dans la station normale, c’est-àdire du côté buccal, on remarque souvent au côté extérieur une impression circonscrite, qui est la lunule ou anus. Au dessus de lui, du côté palléal, est une dépression plus allongée, souvent recouverte par le ligament, et que l’on nomme écusson, sulure, vulva, et pubes ou corselet si on y comprend l’ensemble de la dépression qui l'entoure.

En dedans, on distingue les impressions musculaires, ordinairement uniques (monomyaires) sur chaque valve dans les

DES GRÈS VERTS. 391 pleuroconques, et au moins doubles (dimyaires) dans les orthoconques, où il y en a toujours deux principales, dont l’une est anale et l’autre buccale. La ligne qui joint les deux principales impressions, et qui est l'empreinte du bord du manteau, porte le nom de ligne palléale ; elle est tantôt entière, (intégropalléales), tantôt échancrée du côté anal par le sinus palléal pour le passage des tubes (sinupalléales).

Les coquilles prises dans leur ensemble peuvent être désignées sous le nom de équivalves ou d'inéquivalves, si l'on compare les deux valves; ou sous ceux d'équilatérales ou d’inéquilatérales, lorsqu'on compare le côté anal et le côté buccal.

Nous devons aussi dire quelques mots de la manière dont nous avons mesuré les coquilles.

Nous donnons, en général, la mesure de l'angle apicial, prise en faisant, autant que possible, concorder son sommet avec celui de la coquille et ses côtés avec les bords externes; mais cette mesure est très-loin d’avoir la même régularité que l'angle spiral des gastéropodes, car il y a pour la plupart des coquilles assez d’arbitraire relativement à la position de l'instrument. Dans les mollusques réguliers et orthoconques nous mesurons la longueur (PI. 28. fig. 1 a, À, B) dans la direction de la ligne qui joint la bouche et l'anus, c’està-dire dans le sens vertical pour l'animal placé dans sa station normale ; nous prenons ainsi la plus grande distance entre l’extrémité anale et l'extrémité buccale, suivant la ligne précitée, ou parallèlement à sa direction. Pour les mollusques non réguliers et pleuroconques , nous indiquerons les cas dans lesquels

392 MOLLUSQUES FOSSILES le mode de station nous a forcés à adopter une autre mesure.

Nous mesurons la largeur (PI. 28, fig. 1 a, C, D) perpendiculairement à cette direction, en prenant ainsi la ligne la plus longue parmi celles qui expriment la distance entre le bord palléal et le bord cardinal. Quelques auteurs prennent, dans certains cas, cette plus grande distance, obliquement ; il nous a semblé qu'il y avait plus de régularité et moins de chances d’arbitraire à la prendre toujours perpendiculairement à la longueur.

Nous mesurons le rapport du côté anal au côté buccal en menant depuis le sommet des valves une perpendiculaire sur la longueur, de manière à couper cette ligne en deux parties qui fournissent les deux termes du rapport. Il nous a paru plus indispensable encore, dans cette mesure, d'éviter les directions obliques.

Nous mesurons enfin l'épaisseur (PI. 28. fig. 1 b, À, B) par la plus longueligne menée de la surface externe d’une des valves à celle de l’autre, perpendiculairement au plan qui les sépare. La plus grande épaisseur se trouve ordinairement vis-àvis des crochets.

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