SECOND ORDRE
PLEUROCONQUES, d'Orbigny.
Cet ordre comprend les mollusques lamellibranches dont la station n’est pas verticale, et dont une des valves est inférieure et l’autre supérieure. L'animal n’est pas symétrique non plus que la coquille; cette dernière se distingue de celles de l'ordre des Orthoconques par l'inégalité constante de ses
valves.
Cet ordre contient six familles. Celles des Ethérides et des Anomides ne paraissent pas représentées dans nos grès verts; les quatre autres peuvent être distinguées comme suit :
Les Camies ont une coquille à crochets saillants, une charnière armée de dents, et deux impressions musculaires égales ou presque égales.
Les autres familles n'ont qu'une seule impression musculaire, ou une grande et une très-petite.
Les Marréacés ont une coquille irrégulière, un test feuilleté et un ligament large quelquefois multiple. L'animal est muni dun pied.
Les Pecrinines ont une coquille régulière (qui peut, mais rarement, être modifiée en devenant adhérente), un test non feuilleté et un ligament étroit, toujours simple. L'animal est également muni d’un pied.
Les Osrracés ont une coquille irrégulière, un test feuilleté et un ligament étroit toujours simple. L'animal est dépourvu
de pied.
{re Famrcze : CAMIDES.
Caracrères. Coquille inéquivalve, fermée, peu régulière, à crochets arrondis et recourbés. Charnière formée de dents assez fortes. Deux impressions musculaires sur chaque valve.
GENRE DICERAS Lamarck.
Caractères. Crochets des deux valves enroulés et saillants. Charnière très-forte. Impression musculaire anale très-saillante.
Nous conservons ici le genre Diceras, en le distinguant des Cames par la force de sa charnière, par la présence d’un crochet saillant sur la valve supérieure qui n’est pas operculiforme, et par son impression musculaire anale très-marquée ; mais nous reconnaissons avec MM. Deshayes et d'Orbigny que ces caractères sont peu précis et présentent des transitions nombreuses. La nature du test qui est composé de trois couches dans les Diceras, fournirait peut-être un meilleur signe distinctif, mais nous n'avons pas pu le vérifier dans le cas actuel.
Nous devons faire remarquer aussi que les espèces des terrains crétacés forment une sorte de transition entre les Diceras et les Cames et qu'elles fournissent ainsi un nouvel argument en faveur de la convenance de leur réunion. Les espèces décrites par M. d'Orbigny ont comme les Diceras, la valve supérieure saillante et non operculiforme, et paraissent avoir eu le test simple des Cames. La nôtre appartient probablement au même type, et présente d’une manière plus marquée encore le caractère d’une impression musculaire anale très-saillante.
Les Camides auraient donc apparu sous la forme de Diceras pendant l’époque jurassique, auraient passé dans l'époque crétacée par des formes intermédiaires et auraient vécu à l’époque tertiaire sous la forme de Cames.