‹ Description des mollusques fossiles qui se trouvent dans les grès verts des environs de GenèveChapitre 32 sur 278 · Amwonrres Dervcr Brongniart · texte numérisé non relu

Amwonrres Dervcr Brongniart

(PL. 6, fig. 3, 4et5.)

À. testà inflatà vel compressä, transversim costata, costis bifidis vel trifidis, ad peripheriam umbilici tuberculatis ; dorso subplano, tuberculis alternis marginato ; ultimo

anfractu 0,44 ; septis lateraliter 7-lobatis, lobo dorsali haud symetrico.

A. Deluci Brongniart dans Cuvier, Oss. foss. pl. W, fig. 4. A. denarius Sowerby, Min. conch. pl. 540, fig. 1. A. parvus Sowerby, loc. cit. pl. 449, fig. 2 (jeune). Id. Phillips, Geology of Yorkshire, p. 123, pl. 11, fig. 46. A. denarius Fitton, Trans. of the Geol. Soc. 2% série, t. 1v, p. 239. Id. d'Orbigny, Pal. fr. Terr. crét. tome 1, p. 219, pl. 62.

Dimensrons.

DAME ER ne ae one el eee à » cel e-leio ele se ee 36à100millim. Largeur du dernier tour par rapport au diamètre, moyenne . ......... du 0,44 Id. id. extrêmes .......... 0,40 à 0,50 Épaisseur par rapport au diamètre, moyenne...................... 0,46 Id. id. extrêmes ........ cod Ë 0 osent 0,30 à 0,60 Diamètre de l’ombilic par rapport au diamètre total, moyenne. ....... 0,32

Coquille quelquefois discoïdale et comprimée, plus souvent renflée, ornée au pourtour de l’ombilic de huit à douze tubercules plus ou moins comprimés, de chacun desquels partent trois côtes infléchies en avant; les trois côtes sont ordinairement continues avec le tubercuie, quelquefois une d’elles reste indépendante; ces côtes en arrivant sur le dos forment des crénelures alternes au nombre de vingtcinq à trente-cinq (ordinairement trente à trente-trois). Dos lisse et peu excavé. Spire formée de tours convexes ou comprimés, apparents dans l’ombilic à peu près sur un tiers de leur largeur; le dernier a ordinairement 0,44 du diamètre total; les individus les plus renflés ont les tours les plus étroits. Je n’ai pu voir qu'imparfaitement les cloisons; leur caractère principal est, que le lobe dorsal est à cheval sur le côté droit des crénelures du dos; de chaque côté on compte sept lobes, le latéral supérieur a cinq branches disposées non symétriquement sur un seul rameau.

Varrarions. Cette espèce présente de grandes différences dans l’épaisseur qui en entraînent d'autres. Cette dimension varie de 0,50 du diamètre à 0,60. Les individus plus larges ont les tubercules et les côtes plus saillants et plus distants du bord interne, et la spire moins promptement enroulée ; de nombreux passages prouvent que ces individus appartiennent bien à une seule espèce. M. d'Orbigny avait déjà signalé des différences de cette nature ; j’ai fait figurer un individu plus. renflé encore que ceux qu'il a connus, et un bel exemplaire choisi parmi les variétés comprimées.

Une seconde source de variétés consiste dans le nombre des côtes. Il arrive quelquefois que chaque tubercule ombilical, comme dans le tronçon figuré pl. 6, fig. 5 c, ne donne naissance qu’à deux côtes, et que les côtes intermédiaires sont rares et espacées; dans ce cas les ressemblances extérieures avec l'A. interruptus augmentent beaucoup. Il arrive même quelquefois que, comme dans le grand exemplaire figuré planche 6, fig. 5, les tubercules ombilicaux ne donnent naissance

qu’à une côte qui alterne avec d’autres qui n’aboutissent pas à l’ombilic. On peut remarquer, en général, que plus l'individu est adulte, moins il a de côtes qui aboutissent aux tubercules ombilicaux.

RaPPoRTS ET DIFFÉRENCES. Cette espèce a ses principaux rapports avecles À. interruptus et splendens, car on ne peut la confondre ni avec l'A. Guersanti qui a plus de côtes que de tubercules dorsaux, ni avec les autres espèces que nous figurons ici.

Le caractère principal qui la distingue de l'A. interruptus me paraît être la position du lobe dorsal qui est toujours sur le milieu du dos dans l'A. interruptus et sur le côté dans l'A. Deluci. Aucun autre caractère ne me paraît aussi certain. On peut, il est vrai, en général, se servir pour les distinguer du nombre des côtes qui, dans l'A. interruptus est de deux pour chaque tubercule, et dans l'4. Deluci de trois; mais plusieurs interruptus en ont trois et quelques Deluci deux, comme je viens de le montrer. Le nombre des tubercules ombilicaux peut fournir un meilleur caractère que les côtes elles-mêmes ; dans les interruptus de nos pays, je n’en ai jamais trouvé moins de vingt, et dans les Deluci plus de douze ; mais les exemplaires renflés d'A. interruptus du nord de la France et d'Angleterre fournissent des intermédiaires. Enfin le dos est ordinairement plus sensiblement excavé dans l'A. interruptus ; mais ces différences sont quelquefois peu apparentes et le caractère tiré du lobe dorsal est seul invariable.

L’A. Deluci se distingue de l’A. splendens par des caractères inverses, car dans cette dernière espèce le nombre des tubercules dorsaux est quadruple de celui des ombilicaux, les côtes sont plus longues, moins élevées, la spire est plus embrassante, les tubercules dorsaux plus petits, le dos plus plat, ete. Les cloisons de ces deux espèces offrent de très-grands rapports ; le lobe dorsal est aussi dévié dans l'A. splendens.

Hisroire. Cette espèce a été décrite pour la première fois par M. Brongniart dans sa description géologique des environs de Paris ( reproduite dans les diverses éditions des Recherches sur les ossements fossiles de M. Cuvier). M. De Luc lui avait communiqué la coquille qui a servi à cette description; et il conserve encore dans sa belle collection cet exemplaire étiqueté de la main même de M. Brongniart. J'ai examiné cette coquille qui, comme me l'avait déjà fait soupçconner la figure donnée par M. Brongniart, appartient à l’espèce que MM. Sowerby, d'Orbigny, etc., ont décrite sous le nom d'A. denarius. Elle a trois côtes pour chaque tubercule ombilical, le dos peu excavé et le lobe dorsal placé sur le côté. M. d'Orbigny s’est donc trompé en considérant l'A. Deluci comme sy-

nonyme de l'A. interruptus, et l'espèce que nous décrivons ici doit conformément aux principes de la nomenclature zoologique reprendre son nom le plus ancien.

Locazirés. L’A. Deluci est commune à la perte du Rhône, et n’est pas rare au Saxonet.

ExPLICATION DES riçures. Planche 6, fig. 3 a, A. Deluci, variété épaisse de la perte du Rhône, grandeur naturelle ; —fig. 3 b, le même vue de face; —fig. 5 c, troncon de la même espèce où on ne voit que deux côtes par tubercules ; — fig. 4 a, la même espèce , variété étroite, de la perte du Rhône, grandeur naturelle ; — fig. 4 b, la même vue de face ; — fig. 5 a, grand échantillon de la même espèce, à côtes peu nombreuses, du Saxonet, collection de M. le docteur Mayor; — fig. 5 b, la même vue de face.

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