‹ Description des mollusques fossiles qui se trouvent dans les grès verts des environs de GenèveChapitre 57 sur 278 · Hamires Saussurranus Pictet · texte numérisé non relu

Hamires Saussurranus Pictet

(PL. 13, fig. 1—7.)

H. testà rotundatà, ad originem spiroïdea P, transversim costatà ; costis inæqualibus, his simplicibus, illis duplicibus et tuberculis communibus junctis ; tuberculis 4-seriatis ; aperturà rotundatà.

Dimensions.

Longeur probable des plus grands individus ........... Josenobanoe .. 600 millim. Diamètre des plus grands fragments observés... ..................... 70 » Épaisseur par rapport à la hauteur, moyenne. ........... 552425000000. 0,90

Coquille ornée en travers de côtes médiocres, un peu plus obliques et un peu plus avancées sur le dos que sur le ventre; ces côtes aboutissent en partie à des tubercules ; chaque côté de la coquille en présente deux rangs, les uns situés sur les côtés du dos et les autres sur le milieu des flancs; les tubercules dorsaux sont ordinairement réunis par une côte double (rarement simple); le tubercule dorsal est aussi lié avec celui des flancs par deux côtes; du tubercule des flancs partent ordinairement trois petites côtes qui passent sur le ventre pour s’unir à celles du côté opposé; entre chacun de ces groupes de côtes et de tubercules, on remarque ordinairement deux ( quelquefois trois) côtes simples qui passent sur le dos, les flancs et le ventre sans former de tubercules et et sans s’élever autant que les autres. Cloisons très-découpées ; lobe dorsal plus court que le latéral supérieur, terminé par une grande branche à trois rameaux et orné d’une plus petite à sa base; selle dorsale très-découpée, profondément divisée en deux parties qui sont elles-mêmes bilobées ; la branche externe est la plus grande ; lobe latéral supérieur très-grand, terminé par deux branches à trois rameaux; selle latérale divisée presque jusqu’à sa base en deux lobes profondément séparés eux-mêmes en deux parties bilobées ; lobe latéral inférieur semblable au supérieur et un peu plus petit; selle ventrale découpée et divisée comme la dorsale ; lobe ventral égal aux deux tiers du latéral supérieur, terminé par cinq rameaux et en présentant en outre deux autres près de sa base.

La figure a été dessinée sur un grand fragment ; dans le jeune âge la complication est moindre quoique les proportions soient les mêmes.

L’enroulement de cette espèce est très-difficile à déterminer, car on ne trouve jamais d'échantillons assez grands pour ne laisser aucun doute; mais j'ai pu observer des centaines de fragments du Saxonet qui concordent tous à donner une certaine probabilité à la restauration que j’ai essayée. Il faut pour cela remarquer : 1° que je n’ai jamais trouvé de fragments droits au-dessous du diamètre de 30 à 40 millimètres ; 2° qu’au contraire les fragments de grand diamètre sont presque tous droits; 5° que dans les plus petits fragments la courbure est toujours très-fortement prononcée, ce qui exclut l’idée que la coquille commence comme les autres Hamites par une branche droite ; 4° que dans les fragments moyens cette courbure est médiocre (sauf une exception dont je parlerai plus tard). La grande uniformité de tous ces fragments semble indiquer que l'espèce adulte avait toujours à peu près la même forme, et en plaçant dans leur ordre naturel les échantillons les plus caractéristiques, on arrive à la figure (pl. 13, fig. 4 à 4) que je considère comme la forme probable de l'espèce.

Ce qui m'engage à le croire est que, sauf deux ou trois exceptions, tous les morceaux que j'ai eus (et je le répète ce sont des centaines) correspondent par leur diamètre et leur courbure à un fragment de cette figure.

Il en résulte que l’'H. Saussureanus avait probablement sa crosse supérieure semblable à celle des hamites ordinaires ; mais que dans le jeune âge son accroissement se rapprochait plus d’un enroulement spiral à distance. Sous ce point de vue elle se rapprocherait donc des Crioceras; mais ses lobes sont ceux des-hamites.

Ce n’est toutefois qu'avec réserve, et en la laissant à l'appréciation des zoologistes, que j’ai hasardé cette reconstruction.

Quelques fragments s’écartent des courbures que présentent les diverses parties de la figure 1. Ce sont :

49 Une crosse (pl. 15, fig. 5) qui fait partie de la collection de M. De Luc, et qui forme une courbure subite à un âge où les autres échantillons sont droits ; c’est le seul exemplaire que je connaisse ayant, à la fois, ce diamètre et cette courbure. Peut-être est-ce la crosse supérieure d’un individu plus petit ;

2° Le fragment figuré pl. 15 fig. 6 qui est moins arqué que la partie qui lui correspond en diamètre dans la grande figure. Peut-être appartient-il aussi à un individu de la taille de celui de M. De Luc.

3° Les exemplaires de la perte du Rhône sont ordinairement sensiblement plus

petits; et leur courbure prouve l’existence d’une variété constante qui n’a que rarement atteint la taille de ceux du Saxonet.

IL est à remarquer enfin sur cet enroulement que la partie la plus arquée de la spire originaire n’est pas ordinairement enroulée dans un plan, mais se dévie comme les hélicoceras (pl. 15, fig. 5 b). Les deux tubercules dorsaux ne sont alors pas situés sur une ligne perpendiculaire à l’enroulement général.

Variétés. La disposition ci-dessus est presque constante et uniforme daus le jeune âge. Les côtes sont à peu près perpendiculaires à la direction dansles régions arquées, et obliques dans les régions droites ; avec l’âge adulte, les côtes deviennent moins visibles, mais les tubercules latéraux le sont encore plus. Les coudes présentent quelquelois des irrégularités ; la belle crosse citée plus haut qui appartient à M. De Luc montre : 1° des tubercules dorsaux qui ne correspondent pas à des tubercules de flancs ; 2° des côtes qui des tubercules des flancs passent sur le dos sans tubercules dorsaux; 5° des côtes qui croisent sur le dos de l’un et de l’autre.

Mousses. Si les moules sont bien conservés, on trouve des traces de toutes les côtes et de tous les tubercules ; sur le ventre cependant les premières sont peu distinctes. On trouve aussi plusieurs moules où les groupes des côtes tuberculées ne sont plus marquées que par des bourrelets uniformes , peu sensibles, séparés par des dépressions correspondant aux côles qui n'avaient pas de tubercules (pl. 45, fig. 4 b et d).

RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. Cette espèce a les plus grands rapports avec PH. armatus. Elle en diffère : 4° par ses côtes plus avancées sur le dos, tandis que dans l’A. armatus elles sont en sens inverse; 2° par son enroulement, si ce que j'ai supposé plus haut est exact; 5° par ses cloisons qui présentent de nombreuses différences de détail, et en particulier un lobe ventral beaucoup plus grand.

Locazrrés. LH. Saussureanus est très-abondante au Saxonet ; elle se trouve aussi à la perte du Rhône.

Expricarion DES FIGURES. Planche 15, fig. 4 à 5, essai de restauration de l'Hamites Saussureanus du Saxonet, de grandeur naturelle. Chaque partie est exactement dessinée d’après nature ; leur position respective a été supposée d’après les faits indiqués plus haut; — fig. 1 «, fragment de la courbure antérieure (moule); cet échantillon présente le plus grand diamètre que j'aie observé ; — fig. 1 b, fragment droit, moule un peu usé où les traces des côtes ne sont plus

visibles ; — fig. 1 c, cloisons de ce même fragment; — fig. À d, fragment un peu arqué (moule }; — fig. 2 a, fragment plus arqué et mieux conservé; les fragments de cette taille et de cette courbure sont très-fréquents ; — fig. 2 b, le même vu du côté du dos; — fig. 2 c, le même vu du côté du ventre ; — fig. 5 a, fragment d’un diamètre plus petit et d’une courbure encore plus prononcée ; — fig. 5 b, le même vu du côté du dos, pour montrer qu'à ce diamètre la coquille a ordinairement une double courbure; — fig. 4, fragment qui présente le plus petit diamètre connu; — fig. 5 a, crosse qui fait partie de la collection de M. De Luc et qui présente la première exception signalée plus haut ; — fig. 5 b, la même vue du côté du dos ; — fig. 5 c, coupe transversale ; — fig. 6 a, échantillon du Saxonet qui forme la seconde exception signalée , et qui est moins arqué que ne le sont ordinairement les fragments de même diamètre ; — fig. 6 b, le même vu du côté du dos; — fig. 6 c, le même vu du côté du ventre ; — fig. 7 a, échantillon de la perte du Rhône, appartenant à la troisième catégorie d’exceptions et dépourvu de courbure à un diamètre où tous les échantillons du Saxonet sont arqués. Les côtes sont plus obliques que dans le type normal; fig. 7 b, le même vu du côté du dos ; — fig. 7 c, le même vu du côté du ventre.

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