HELIX INTERSECTA. Poiret, Prodr., p
Je n’ai pas observé en Portugal la véritable Æelix maritima de Draparnaud, celle qui habite le Midi de la France, l'Italie, toutes les plages enfin voisines de la Méditerranée; mais, d’une extrémité à l'autre, on ren-
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contre une coquille qui parait être lÆelix intersecta, espèce intermédiaire entre les Hélices 7raritima et striata, dont elle n’est peut-être qu’une variété.
Sa couleur et sa forme sont tellement changeantes, qu’il faut en observer un grand nombre pour se convaincre de leur identité. Tantôt elle est convexe et tantôt déprimée; l’ombilic est profond, libre ou à demi masqué par la convexité du dernier tour. On trouve près de Lisbonne une variété luisante, aplatie, légèrement convexe à la base, d’une couleur grisätre, ornée de fascies interrompues, parfaitement analogue à celle des environs d'Agen. En Algarve, surtout près de Faro et de Loulé, elle se montre plus grosse, plus globuleuse, plus colorée, plus fortement striée; l’intervalle entre ces deux extrèmes est rempli par des variétés intermédiaires. Dans les montagnes schisteuses du Nord, elle est petite, subcornée, fragile; enfin, du côté de Pombal, en Estramadure, elle se distingue par un ombilic fort étroit, et des accidens de couleur qui rappellent les jolies variétés de l'Helix pyramidata.
L'examen attentif de ces différentes phases nous prouve que l’ombilic n'offre pas de caractère absolu ; quand on lit dans Draparnaud la description des Hélices variabilis et neglecta, et qu’on voit, de son propre aveu, l’évasement plus ou moins prononcé de cette cavité constituer souvent le seul caractère distinctif entre les deux espèces, on est tenté d’en suspecter l’infaillibilité, surtout lorsqu'on jette les yeux sur les espèces transitoires qu'il a fallu créer pour satisfaire à toutes les exigences.
PNEUMOBRANCHES. 65 19. HELIX PONENTINA. Spec. nov, PI. VI, fig. 4.
H. testâ convexiusculâ, perforatä, subcorneâ, striatà, hispidul4, fusco-olivaceo vel flavescente, ferrugineo obscurè bifasciatä; ultimo anfractu dilatato, subtüs turgidulo; aperturà rotundatä; labro acuto, subreflexo, iniùs margine crasso, albo, declivo.
Anfract. 5. — Amplit. 7 ad 40 mill.
Petite coquille intéressante par sa physionomie, qui se rapproche plutôt des formes Canariennes que de celles d'Europe; elle est subglobuleuse, quelquefois un peu déprimée, presque toujours convexe par-dessous. Les premiers tours de spire croissent insensiblement, mais le dernier augmente rapidement de diamètre, s'évase à sa terminaison, et forme une ouverture arrondie, peu échancrée, bordée intérieurement d’un bourrelet épais d’un blanc de porcelaine, qui empâte quelquefois le péristome, diminue sensiblement la capacité de l’ouverture, et en tapisse l'intérieur à une certaine profondeur. Cette callosité, remarquable par sa couleur tranchée et par son épaisseur, ne commence à se déposer que quand l'animal est parfaitement adulte; jusque-là, Je péristome est simple ou à peine marginé. L’ombilic est linéaire, à demi caché par le renversement du bord columellaire, évasé à son orifice.
Le test est dur, corné, luisant, d’une couleur fauve olivâtre, quelquefois vert, particulièrement à sa base, orné de deux fascies rousses extrêmement obscures, et d’une zone terminale d’un jaune pâle qui résulte de la combinaison du ton qui lui est propre avec la substance
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vitreuse déposée à l'intérieur. Les stries sont irrégulières, peu profondes, onduleuses, quelquefois subarticulées; l’épiderme est revèétu de poils courts, raides, caducs, légèrement recourbés.
L'animal est fauve ou grisätre; les tentacules toujours bruns; le manteau souvent marbré ou pointillé d’un violet tres foncé qui semble appartenir à la coquille, surtout quand lâge n’a pas obscurci sa transparence. Le pied est large et obtus.
Cette espèce que j'ai nommée Ponentina parce qu’elle semble emprunter ses caractères à l’extrème Occident et se rattacher à certaines formes des îles Canaries, se rencontre d’une.extrémité du Portugal à l'autre; néanmoins, ce n’est qu'à Cintra où je l’ai vue en grande abondance. Elle se plait dans les lieux secs et pierreux, et on l'aperçoit souvent, fixée sur la paroi des murs, malgré lardeur du soleil. I’Algarve produit une variété plus grosse, plus globuleuse, plus transparente, marginée régulièrement et sans empâtement ; du reste, parfaitement semblable.