HELIX LACTEA. Mull
On rencontre l Helix lactea depuis le 40° degré à-peuprès, jusqu'aux limites méridionales de l’Alsarve, en suivant le littoral. Elle disparait à mesure qu’on s’enfonce dans les terres, et ne se montre plus dans le Nord. La France en nourrit cependant à une latitude supérieure; mais le climat de Bayonne est plus tempéré que celui du Douro, du Tras-os-Montes, et d'une partie de la province de Beira.
On remarque dans les régions où l’Helix lactea multiplie, deux variétés que l’on a mal-à-propos séparées : l'une, dont le péristome est d’un noir profond et nettement tranché; tandis qu’il offre dans la seconde une nuance plus claire, qui se fond sur la columelle avec le
PNEUMOPBRANCHES, Fr
ton général du test. Ce caractère, füt-il constant, me parait trop insignifiant pour séparer deux coquilles dont les formes sont identiques. Je sais qu’une influence particuliére semble avoir mis, dans le nord de l’Afrique, un intervalle plus large entre ces variétés, en distribuant leurs couleurs respectives selon des lois différentes. Mais les indices qui résultent de la couleur perdent toute leur valeur lorsqu'ils sont isolés; et d’ailleurs, ce sont toujours les cinq fascies du type, plus ou moins nettes, plus ou moins interrompues, sur un fond analogue. En Portugal et en Espagne, ce caractère fragile s'évanouit tout-à-fait en nous montrant les nuances intermédiaires qui lient par une transition insensible l Helix lactea à la variété Hispanica. On voit effectivement le péristome de cette coquille passer graduellement du brun roussâtre au noir le plus intense, tantôt en laissant un filet blanc au bord interne des lèvres, tantôt en les imprégnant complétement; tandis que la surface opposée montre indifféremment les accidens de forme et de cou
leur qui sont propres à l’Helix lactea (1).
Si de tels caractères suffisent pour constituer une espèce, nous en aurons une de plus dans la variété bien - autrement curieuse que M. Durrieu a recueillie dans la province d'Oran : variété scrupuleusement blanche, sans fascie, sans nuance au péristome, constante dans son anomalie, et appartenant jusqu'ici à l’Helix lactea, de l’aveu de tous les naturalistes qui l’ont examinée.
{1) J'ai remarqué qu'en approchant de l'Afrique , notamment à Gibraltar, les fascies spécifiques de VA. Hispanica (qui mériterait mieux le rom d”’.4fricana ) deviennent plus caractérisées.
70 MOLLUSQUES CÉPHALÉS.
Je mentionnerai en terminant la variété d’Alméria,
remarquable par la réflexion de son péristome, qui rappelle celui d’uné Hélice bien connue dont le nom est emprunté à Madagascar.