‹ Description des mollusques terrestres et fluviatiles du PortugalChapitre 66 sur 66 · UNICO LITTORALIS. Drap · texte numérisé non relu

UNICO LITTORALIS. Drap

Pl. XIII, fo..3 , ét PI. XIV, fig, 1.

Les modifications nombreuses que ce mollusque subit en Portugal dans la forme, les proportions et la couleur de sa coquille, prouvent qu'il ne faut admettre qu'avec une grande réserve toute détermination basée sur un caractère isolé. Extrémement multiplié dans les eaux de cette région, l'Unio littoralis atteint dans les grands fleuves jusqu'à 9 décimètres de longueur; le Tage produit une jolie variété subtétragone, subtrigone ou subarrondie, rayonnée de brun ou de vert sur un fond jaune rembruni aux deux extrémités. La nacre est imprégnée de la même couleur (1). Dans le ruisseau d'Otta, non loin d’Alemquer, les crochets très rugueux conservent leur épiderme et l'extrémité postérieure s'allonge et se recourbe vers la base. Dans les marais d'Alkédon, où elle habite une vase noire et profonde, elle est remarquable par son épaisseur; à Silves au contraire, elle devient mince, fragile et d’une forme elliptique bien différente de celle qui la distingue habituel lement.

La charniere subit à son tour des modifications corré-

(r) C’est une de ces variétés que M, Lea a reçue de Gibraltar, et qu'il a décrite comme espèce nouvelle en 1832 sous le nom d’Unio incurvus, reconnaissant plus tard que cette forme n’était pas spécifique, mais accidentelle, et qu'elle se ratta= chait au type de Draparnaud (Voyez Transact, philos. Philadel. A. 1834, p. 97, pl. x, f, 29 et 1835, p. 89). Je possède un individu recueilli dans le Tage dont la forme est identique avec la figure de M. Lea, La couleur elle-même offre

une parfaite similitude : Fellowisek brown; rays oblique and green.

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latives ; en général, la dent cardinale est moins saillante, moins relevée et moins crénelée que dans l'Europe boréale. Très épaisse chez les individus qui naissent dans les grands fleuves, comme le Tage et le Douro, elle s’émousse et s’affaisse chez ceux qui vivent dans les faibles cours d’eau de l’Algarve.

En terminant la description des mollusques que j'ai recueillis en Portugal, je crois devoir fixer l'attention du naturaliste que les mêmes études dirigeraient vers la même contrée, sur les points qui ont échappé à mon exploration et qui peuvent lui offrir quelque chance de succes. Je signalerai particulièrement la Serra d’Estrella avec le rameau qui se prolonge jusqu’à la forteresse d’Alméida; les montagnes calcaires de Louzaa ; les marécages d’Aveiro et le canal d'Ovar; enfin la lisière occidentale de l'Alemtéjo, depuis Sétubal jusqu’au cap Saint-Vincent. L’intervalle que j'ai parcouru recele probablement encore des moliusques ignorés qui ont échappé à mes investigations; les efforts du voyageur isolé sont effectivement bornés dans lear résultat etil ne peut embrasser qu’à l’aide de I: pensée les horizons nouveaux qu'il découvre chaque jour. Cest à l’expérience à diriger sa marche; c’est l'examen du sol, de la végétation, des eaux, qui doit lui servir de boussole ; mais quelle que soit son activité, il ne trace qu’une ligne au milieu de vastes espaces qui lui demeurent inconnus. Néanmoins, les considérations générales que

j'ai développées sur le caractère d’uniformité et sur la

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constilution particulière du territoire portugais, font présumer que des recherches ultérieures n’ajouteront pas beaucoup à la Faune malacologique de cette région; je crois avoir réuni dans cet ouvrage la grande majorité des mollusques terrestres et fluviatiles qui y sont répandus et si l'avenir en signale de nouveaux, leur nombre sera trop limité sans doute pour modifier les conclusions que le lecteur a tirées de mon travail.

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