GRAVURE. XVI» S
seconde suite, gravée par le fils de CoUaert, est intitu- Bullarumy inaurium, etc., arcfietypi artificiosi, et porte te de 1582. Elle contient dix planches, et donne les mode onze pendants richement travaillés et de bon goût; >nt des animaux chimériques surmontés de figures bibliou mythologiques.
» bijoux gravés dans ces deux œuvres étaient destinés, que les titres l'indiquent, à être placés à l'extrémité des )rs et à pendre sur la poitrine, k collection possède plusieurs bijoux de ce genre.
7 — Un volume in-8° renfermant une suite d'estampes, de DeLeu (Thomas),
Hisinateur et graveur au burin, né à Paris vers 1570. s planètes, recueil de huit estampes, compris le titre, es par l'auteur à Sully, ministre de Henri IV. Les [anètes alors connues et la lune sont représentées sous me des dieux de la fable dont elles portent le nom ; elles rsentle ciel sur un char; au-dessous de chacune, Tar- % représenté des sujets.
8 — Un volume in- 18 renfermant trente-sept planches, osées et gravées par
ÂNDBOUET DU CeRCEAU,
chitecte et graveur à l'eau forte, mort en 1585. abesques.
g — Un volume oblong renfermant une suite de graide
Callot (Jacques).
îssinateor et graveur, né à Nancy, en 1593, mort S35.
» misères et les mal-hevrs de la gverre, représentez par )es Callot noble lorrain y et mis en lumière par Israël son suite de dix-huit gravures, ouvrage publié à Paris ;3S.
0 — Un album in-f* renfermant deux suites de gravures : smière, de
MO MONUMENTS EUROPËRNS.
Sai.y (Jacques).
Sculpteur du roi, né à Valcncionnes en 1717, mortàPita en 1776.
Trente vases et quatre tomlwaux dessinéR et gravés par à l'eau forte. Œuvre datée de 1746.
La seconde, de PBrrroT.
Onze vases, compris le titre, gravés par Bossi, iPai — en 1764. Œuvre dédiée à M. le marquis de Felina.
La vignette et le cul-dc-lampe de ce chapitre sont V d'uneplanchcdc cuivre gravée en creux, de]afiDdnxii*si« qui est cataloguée a? 9ô2.
JècV
Compilationei hisloriarvm VeterùTetUwietUi que in tinentur ab Adam uique ad CAmfum et ejiu apotloloâ . X de Télin ayant 5 mètres de longueur snr 4 5 centi-
largeur; desBins à la plume; initiales rehaussées t renfermé dans un étui de mouton maroquiné. UBcrit, entièrement écnt en latin et daté de 1341, I par une dédicace adressée au révérend père en
Beltrando, par l'auteur, frère Jean de Utino, de B frères mineurs. La compilation du frère ne com-
seulement l'histoire sainte, comme son titre pua!-
trait l'indiquer : rédigée en forme de tableau chronologiqu*
elle embrasse aussi Thistoirc des principales nations du mond
En tête du manuscrit» un arbre vigoureux étale ses bnu ches d'or chargées d'oiseaux, au milieu desquels se tient pélican, symbole de l'Eglise. Deux losanges, qui renfermei les noms d'Adam et d'Eve, couvrent le pied de l'arbre. I ces losanges sort un nouveau tronc qui, divisant le Télin € deux colonnes, projette de chaque côté des rameaux sur les quels se déroule la chronologie des peuples. En regard de succession des patriarches et de la généalogie de Moïse, • Aaron, de David, et des rois d'Israël et de Jada, jusqui Marie, mère du Christ, le frère Jean de Utino a mis en tableac suivant l'ordre des temps, les rois de Syrie et d'Assyrie, 1» souverains de Ninive et deBabylone, les rois desMèdesetdi Perses jusqu'à Alexandre ; puis les successeurs du vunquei de Darius , jusqu'à l'époque où les Romains devinrent h maîtres de l'Asie et de l'Afrique. Abordant alors l'histoire c l'empire romain, il donne la liste des empereurs et des roi des Romains, depuis Jules César jusqu'à Henri VII de Luxen bourg, élu roi des Romains en 1308.
Dans le tronc principal, saint Pierre suit le Christ, et à suite du prince des apôtres, tous les papes, jusqu'à Benoit XI qui monta sur le trône pontifical à la mort de Jean XXI en 1334.
Le frère Jean aborde aussi dans ses compilations le dÉ maine des sciences ; il a tracé sur son manuscrit une rep^ sentation du système du monde. La terre, divisée verdc: lement en deux hémisphères, est placée au centre. L'A^ comprend l'hémisphère oriental, l'Europe occupe le nord à l'hémisphère occidental, l'Afrique le sud. L'eau, l'air et k feu forment trois zones autour de la terre; les orbites deb lune, du soleil et des planètes se déroulent ensuite dans IV dre suivant : la lune. Mercure, Vénus, le soleil. Mars, Jnpîte et Saturne ; enfin le firmament, où l'on voit briller l'étoile d* nord, désignée sous le nom italien de Tramoniana.
Parmi les dessins à la plume, légèrement rehaussés de couleur, qui se trouvent au milieu du texte, on remarque la toa'
de Babel, Tarche sainte, le chandelier d'or, l'autel des holocaustes, la table des pains et les villes de Ninive, Jérusalem et Rome figurées par de petits châteaux forts.
Ce manuscrit provient de la bibliothèque de M. James Bignon. (Cat. de M. Leblant. Paris, 1837, n° 1407.)
642 — Antiphonarium.
Volume in- 12, exécuté au xiv® siècle; vélin, vignettes et initiales. Reliure en veau.
Ce manuscrit est parfaitement écrit et noté. La première page est encadrée dans une bordure de rinceaux bleus à feuillages d'or et de couleur; l'initiale de cette page renferme une petite miniature très fine qui représente la nativité du Christ. Au bas, un écu écartelé au V^ et 4, échiqueté d'argent «t de gueules de cinq rangs, au 2 et 3 d'hermines, à deux bars fossés de gueules. D'élégantes initiales sur fond d'or comj>lètent l'ornementation de ce livre. ~ u. le cen4 l. h.
643 — Liber precum.
Volume in-8®, exécuté dans la seconde moitié du xiv^ siècle; vélin, texte à deux colonnes, miniatures, vignettes et initiales. Reliure en velours rose.
Ce volume, comme tous les psautiers et autres livres de ^3etie époque, commence par un calendrier. Les noms des ^^nts y sont alternativement écrits en rouge et en bleu, et les les fêtes en lettres d'or. Il contient dix-huit miniatures finement peintes.
Ce n'est que vers }^ moitié du xrv® siècle que les miniatu- 'Knstes commencèrent à s'essayer dans la perspective et à produire des détails d'intérieur comme fond des sujets qu'ils trai- ^^aîent ; aussi, sauf trois, toutes les miniatures de ce manuscrit se ressentent encore de l'époque antérieure, et se font remarquer par l'éclat des fonds, tantôt finement carrelés en échiquier ou en losanges à or et à couleurs, de manière à présenter l'aspect d'une mosaïque chatoyante, tantôt damassés de dessins d'or.
Chaque miniature, au bas de laquelle se trouvent trois ou quatre lignes de texte, est complètement embordurée d'une
espèce de rameau d'or qui répand sur les marges son capi cieux feuillage d'or et de couleur, chargé d'oiseaux et papillons.
Nous avons donné en tête de ce chapitre la gravure d'i page de ce manuscrit, exécutée aux deux tiers de l'origii Cette copie ne peut en donner qu'une idée bien imparfaii^^ t privée qu'elle est de l'éclat des couleurs et de l'or. On rema^^^^su que au-dessous du texte deux petits anges qui chantent ^C le louanges de Dieu en s'accompagnant d'instruments : celui j^
droite tient une guùeme, l'autre un psaltérion, instnimej^^^^Hita qui existaient déjà au xif siècle, et qu'on trouve reprodi^H^^uts dans les sculptures de la cathédrale de Chartres, dans les
vitraux de l'abbaye de Bomport du xiv® siècle* et dans i — ine
foule de manuscrits des xii^, xiii*^ et xrv® siècles.
Les grands personnages qui faisaient exécuter des
scrits historiés^ à cette époque de leur splendeur, manquaL rarement de s y faire représenter. Dans la treizième
ture du manuscrit que nous décrivons, on voit le
pour lequel il a été fait ; il est revêtu d'une longue robe à:
ches démesurément grandes et ouvertes, doublées d'hermi^c^B-®*
c'est le costume que portaient les grands seigneurs soo^^^ '^
règne de Charles V et Charles VI. Les manches ne sont
cependant encore déchiquetées de mille façons, comme :
verrons des exemples dans le manuscrit suivant.
Notre personnage est à genoux aux pieds de la Vi^:^T^ assise, qui tient l'enfant Jésus dans ses bras.
Les initiales sont en couleur sur fond d*or ou en or sur fSo-^^^ de couleur. Toutes les pages qui ne contiennent pas de niatures sont bordées d'une espèce de branchage d*or, du^i^' sortent des rameaux à légers feuillages d'or et de oouI^>^^^ qui couvrent presque entièrement les marges. Ce manuserf^ est terminé par une oraison à sainte Geneviève en v( français. — h. so cent., l. h.
644 — Liber precum .
Volume in-4° parvo, exécuté sous le règne de Charles VI
(l)Afon. franc, inédils, lome I, p. 18, 64, 8'i, pi. Lxxvi,cvi, cxLix,
la fin du XIV® siècle ; vclin, miniatures, vignettes et initiales. «liore en velours rouge.
Ce volume commence, comme le précédent, par un calenrier. Chaque mois est accompagné de deux miniatures, dont une reproduit le signe zodiacal sous lequel il est placé, antre, un sujet qui retrace les occupations habituelles de la ^8on.
Le manuscrit est enrichi de quarante-sept miniatures et i'one grande quantité de belles initiales, parmi lesquelles îiig;t-huit servent de cadre à de petites miniatures d'une "Biide finesse.
Les pages qui renferment des miniatures sont compléte- »iit embordurées de légers ornements ; celles qui ne con- EUnent que du texte sont seulement décorées sur la marge ;érieure.
Sien que dans un grand nombre des miniatures les fonds Qxit encore marquetés ou damassés, le miniateur cependant onvent placé ses sujets dans Tintérieur des édifices et des Murtements ; quelquefois il a abordé le paysage. Ces progrès tm la perspective linéaire et aérienne annoncent un art plus kncé que dans le manuscrit dont la description précède. » costumes montrent aussi une époque plus rapprochée de ts ; ils dénotent évidemment l'avènement d'Isabeau de nére, dont le faste entraîna toutes les classes de la société mprima à toutes les parties des costumes et des ajustements
luxe effiréné, aussi somptueux que bizarre. Dans la vi- ^^te qui représente l'adoration des mages, l'un des rois est '^^ de cet ample surcot à manches fendues, déchiquetées» ^^Uement longues qu'elles traînaient à terre. Ces manches
^^mmaient manches perdues ou manches à Vange, parce ^» Yoltigeanten lair, elles ressemblaient à des ailes. Le ca- ^er représenté au mois de mai dans le calendrier nous filtre le môme vêtement, mais il est fendu en avant et en ^"îère, pour que celui qui le portait à cheval n'en éprouvât ^ de gène dans ses mouvements.
Beaucoup d'autres vignettes fournissent de précieux ren- ^ignements. Saint Georges nous fait conns^trc l'armure d'un
chovaiier do la liu du xrv*^ siècle, au casque près, la téUitf^^ saint n'ayant d*autre défense que le nimbe dont elle est réolée; le coq)s est protégé par le liaubergeon, qui n'é autre chose que le haubert de mailles du siècle p: dent, raccourci et ne descendant qu'au milieu des cui Ce haubergeon est recouvert de la cotte d'armes déco^ du blason du chevalier. La ceinture militaire, composée plaques d*or articulées et incrustées de pierreries, ceint cotte sur les hanches. Les membres supérieurs sont proté par des brassards, les membres inférieurs par des cuissar^^ des genouillères, des grevières et des sollerets. La cotte d* porte des manches à lange .
Les costumes religieux reproduits dans les vignettes» présentent pas moins d'intérêt. On y voit notamment la I> et noble dalmatique des diacres, bien difiTérente de celle, écourtée, dont on les habille aujourd'hui, et qui resAena. plutôt au tabard des hérauts d'armes qu'à un vêtement dotal. Les miniatures où sont figurés les évangélistes Mathieu et saint Marc apprennent quels étaient les meal^' adoptés par les gens de lettres de cette époque, pour soit sur des feuilles destinées à former des livres, soit sur pièces de vélin d'une longueurdémesurée, qui devaient être lées, comme le manuscrit n® G41 nous en fournit un exeoMf^
La dernière des miniatures, exécutée sur le verso d. feuillet, donne le portrait de la dame qui a fait exécuter le nuscrit; elle est à genoux dans son oratoire, les yeux él^'*' vers une image de la Vierge, qui se trouve en face d'elle r ^ le recto du feuillet suivant, encadrée dans la lettre init*^* d'une antienne •« moult dévote à dire devant l'ymage de la S^ « rieuse Virge Marie. « Cette noble dame est revêtue d'^ longue robe rouge, aux manches à Vange doublées d'herU^***" serrée étroitement à la taille par une ceinture couverte ^ *^ * févrerie d'or, qui descend jusqu'aux pieds. Elle porte »u^ tête une variété de Yescoffion, espèce de bonnet cornu en t*^ d'or, enrichi de pierreries , fort à la mode pendant toi*^ (!onrs du xiv** siècle, et auquel allait succéder le haut bon'' pyramidal non moins ridicule.
CALLIGRAPHIE. XIV^ S. 5i7
On lit, à la fin du volume, une oraison en français, que nous allons transcrire, pour montrer combien la foi prétait de verve et d'harmonieuse poésie aux prières des chrétiens de ces vieux temps : u 0 très certaine espérance, deffenseresse
- et vraye amie à tous ceulx qui s'y attendent, glorieuse Virgo
- Marie, en l'eure que my œil seront sy aggravé de la très
- noire obscurté de la mort que je ne pourra langue mouvoir « pour toy prier, ne pour toy appeler, et mon chétif cuer sy « fraille tremblera angoisseusement pour la paour des anemis « d'enfer, et sera sy esbahis que tuit ly membre de mon corps « déffaudront en la sueur de l'angoisseuse mort, lors tepryie, M dame très douce et très piteuse, que tu me daignes regarder M en pitié et me bien aidier avecque la compaignie des angels et •* de la chevalerie de paradis, et me donne grâce de sy amender « ma vie avant celle heure que my accuseur ly anemy ne puis- •• sent avoir nulle vraye accusation contre moy, ne espérance « de moy mener en leur compaignie. Et sy te prie, débonnaire •« Yirge et dame de paradis, que lors et tousiours ie souv- •• yiengne de la prière que ie te fais orendroit, et reçois m'ame •« en ta benoite garde et en ta deffense et en ta foy, et la pré- •• sente devant ton chier filx, où elle puisse estre veuestue de « sa robe de gloire, et accompaignié à la ioye et à la feste des
- angels et de tous les saints et sainttes de la benoite court •• de paradis. >* — h. 22 cent., l. i6.
645 — Breviarium.
Volume in-folio parvo, daté de 1404; vélin, texte à deux colonnes, miniatures, vignettes et initiales. Reliure du temps en veau gauf&é.
Les dix vers suivants, inscrits sur le recto de la feuille de garde, nous font connaître tout d'abord le nom du calligraphe qui a exécuté le livre, la date de sa confection et le grand personnage à qui il a primitivement appartenu :
Anno miUeno bis cerUum bis nurnerato Et quarto juncto quo Çhristus Virgine nato, Menaeque septembris duodene de indictionis Tempore quo noni regnabat pontificatus In Christo patris de nutu divinitatis
Almificique satis domini pape Bonifati, Herricus Thoma dois cellus Napolitanus, Abbas sacra domo qvuim rexit san Benedicius, Hune librum ascribi manus egit cumpatriote Francisci dompni Guantari fama renota.
En voici la traduction littérale :
•' En Tan mille deux fois cent deux fois comptés et qua- >• tre ajoutés à partir du jour où le Christ naquit de la »' Vierge, au mois de septembre de la douzième indiction, dans •• le temps que régnait pontificalement, au nom du Christ et ** par la volonté de Dieu, Boniface IX®, seigneur plein de « bonté, Henri Tomacelli, citoyen de Naples, abbé de la sainte «« maison que régit saint Benoît, fit écrire ce livre par la main » de son compatriote, mattre François Guantari, dont la ré- •« putation est bien connue. •*
Henri Tomacelli, issu d'une noble famille de Naples» fut élu abbé de Mont-Cassin en 1396, par Boniface IX (Pierre Tomacelli), son parent, qui était bénédictin. Sous le gouTernement de Tomacelli, Tordre de saint Benott acquit de grandes richesses, et obtint de plusieurs souverains d'importaats privilèges. Ladislas, soutenu par Boniface IX, s'étant emparé deNaples en 1399, après en avoir chassé Charles d'Anjou, et s'étant fait reconnaître comme roi, vint visiter Tomacelli à labbaye du Mont-Cassin, et confirma tous les priyiléges accordés par ses prédécesseurs à Tordre de Saint-Benott. Cependant lorsque Ladislas, par suite de ses démêlés arec Jean XXIII, eut envahi les Etats de l'Eglise, Henri Tomacelli ayant blâmé la conduite de son souverain et soutenu le pape de tout son pouvoir, le roi chassa les moines de Tabbaye du Mont-Cassin, s'empara de leurs biens et fit renfermer Tomacelli dans la citadelle de Spolette, où il moumt enUU^
La première page du manuscrit qui suit le calendrier offire l'un des plus curieux modèles de l'ornementation des livres. Les premiers mots du psaume Beaius vir Bont écrits en grosses
(1) Italia sacra, RomaD, 1701, t 1, p. 911.
lettres d'or, soutenues par des anges. L'initiale B, formée de feuillages ociloriés sur fdnd d'or, renferme deux miniatures où sont représentés Jésus-Christ, la tête ceinte de la triple couronne, et David jouant du psaltérion. La bordure de cette pi^ est composée de rinceaux à larges feuilles roses et bleues se détachant sur un fond d'or, et renfermant dans leurs replis, qui forment autant d'encadrements, une foule de miniatures d'une grande délicatesse de travail. Entre les deux colonnes du texte l'artiste a placé Henri Tomacelli lui-même, en habit de bénédictin et tenant sa crosse d'or.
Cette inscription : Enricus Toînacellus, abbascasinensis, est inscrite au-dessus de la tête du révérend personnage. Il est encore représenté aux pieds de la Vierge , dans l'intérieur d'une lettre initiale, à la page lxxxi. L'écu de ses armes, tranché denché d'asur et d'or, se voit dans l'un des encadrements de la bordure de la première page et dans plusieurs autres.
Le livre est en outre décoré de quatorze miniatures, de 9 à 15 centimètres de haut sur 8 à 13 centimètres de large, encadrées dans de grandes lettres initiales, et de soixante lettres iouruure$ qui renferment des figures de saints ou de petits sujets. Les autres initiales sont en couleur sur fond d'or, ou en or sur fond de couleur.
Bien que ce manuscrit ait été exécuté soixante-huit ans Bfnrin 1» mort de Giotto, ses peintures ont cela de particulier qn elles ont conservé un reflet très prononcé de l'art byzantin. Les efforts de Giotto pour opérer la rénovation de l'art, entreprise par Cimabuë, avaient été couronnés d'un plein succès, si l'on en juge par les éloges sans restriction du Dante, de Pétrarque et de Boccace. L'engouement pour ses travaux fiit td que le public crut qu'il n'était pas possible d'aller plus loin, et qu'un grand nombre d'artistes ne trouvèrent rien de mieux que de se fSaire ses imitateurs serviles et de s'immobiliser. Mais cet engouement même provoqua une résistance énergique de la part de certains esprits fermes et sévères. Ugolino de Sienne, Buffalmacco et le Romain Cavallini, tout en améliorant les procédés des Byzantins et on marchant en
avant, avaient refusé de suivre la voie nouvelle dan^ laquelle était entré Giotto. Le grand Orcagna lui-même (f 1 389) retînt volontairement beaucoup des traditions byzantines. Il n'est donc pas étonnant de rencontrer encore de ces traditions dans un manuscrit peint pour un moine, et très probablement dans Tenceinte du cloître. En dehors de sa belle exécution, U présente donc cet intérêt, de faire connaître l'époque de transition entre le style byzantin et celui de l'école qui s'était donné pour mission la rénovation de l'art. ~ h. 30 ceot., l. si.
646 — Missale.
Volume in-folio magno, exécuté au milieu du xv^ siècle; vélin, miniatures, vignettes et initiales. Reliure en maroqam rouge.
Ce livre est incontestablement l'un des produits les phu riches et les plus exquis de la calligraphie et de la peinture du XV® siècle, véritable monument propre à révéler l'histoire intime d'une époque tout entière. On y voit figurer, sous Vèclat des plus vives couleurs, les hommes de toutes les oon£tions, avec leurs costumes et leurs armes ; les monuments» l'intérieur des habitations, les meubles, les ustensiles de la vie privée y sont reproduits ; Jes usages, les cérémonies de l'Église, les combats, les supplices mêmes y sont exprimés dans leur vivante réalité. Ce manuscrit peut donc passer pour une encyclopédie complète des monuments , des costumes , des meubles , des armes et des instruments de toute espèoe de son époque. Les contours des figures sont ravissants de souplesse et de gr&ce, les têtes pleines d'intention et de sentiment ; il est rare que le dessin mérite de graves reproches. Les fonds présentent une ordonnance profonde, remarquable surtout par les bonnes intentions de la perspectiTe ; les détails et les ornements d'architecture sont traités avec une délicatesse infinie. Les larges bordures du livre sont couTertes de rinceaux dont les ramifications figurent un joli feuillage broché de fleurs, de fruits, de personnages, et quelquefois d'animaux bizarres, de figures capricieuses et de grotesques piquants. Les devises, les attributs, les armoiries, les chifiBras se mêlent à cet ensemble, et forment de délicieuses eompo-
siiions, resplendissantes d'or, de carmin et d outremer, qui rÔTèlent tout le luxe du gothique fleuri.
Ce livre renferme deux cent vingt-sept feuillets. Il est décoré de deux grandes miniatures à pleine page de 33 centimètres de haut sur 1 7 centimètres de large, non compris une large bordure historiée, et de cent trente-huit autres miniatures toutes encadrées dans de grandes lettres initiales richement enjolivées, savoir : vingtrsix de 16 à 18 centimètres carrés, soixante et onze de 10 à M centimètres, et quarante et une de 6 à 8 centimètres. Les lettres tournures, toutes en couleur, sur un fond d*or enrichi de rinceaux, de fleurs, de fruits et d*armoiries, sont au nombre de trois mille deux cent vingttrois, dont cent vingt-deux grandes de 8 à 10 centimètres carrés; deux cent cinquante trois moyennes de 5 à 7 centimètres, et deox mille huit cent quarante-huit plus petites de diverse» proportions. Deux cent trente-huit pages sont enrichies de bordures ; vingt-huit sont complètement embordurées, quatrevingt-six le sont aux troix quarts ; les cent vingt-quatre autres sont décorées sur la marge extérieure seulement. Cette immense quantité de miniatures, de vignettes, de lettres ornées présente une variété infinie dans les compositions , et bien que quatre siècles se soient écoulés depuis la confection de ce beau livre, les peintures sont dans le plus bel état de conservation et presque aussi fraîches que si elles sortaient des mains de Tartiste. L'écriture, en gros caractère jusqu'au cent quatre-vingt-quatrième feuillet, et ensuite en caractère moyen, est toujours belle et nette. Un grand nombre d'antiennes, de préfaces, et ce que le célébrant chante à la messe, est noté.
II faudrait au surplus presque un livre pour décrire ce manuscrit, et les limites d'un article de catalogue ne nous permettent que d'ajouter quelques mots pour faire connaître le personnage qui Ta fait exécuter, et ce qu'il présente de plus remarquable.
Le premier des deux feuillets de garde qui précèdent le texte porte l'annotation suivante, d'une mauvaise écriture, évidemment fort ancienne :
•• Ce livre appartenoit à Jaque luuenal des Vrains frère ** chancelier de France, euesq" de Poitiers depuis aroheui « de Reims qu'il fit faire exprès , et la eu Raoul du Fou euesi *• qui a faict peindre ses armes sur celles du dict acheuesqi •• lequel Raoul du Fou la donné à cette église. »
Et plus bas : en l'année 1480.
Deux notes rectificatives, émanées des possesseurs sm sifs du livre, se trouvent à la suite de celle-ci ; il est inutili les rapporter, nous allons nous-méme rectifier ces notes compléter.
Le texte du missel prouve tout d'abord qu'il a été fiût ["^ ^im un prélat revêtu des plus hautes dignités ecclésiastiques.
Le volume commence en effet par la rubrique suivante ^
Incipit or do quomodo pontifex débet se preparare ad brandum. Primo dicii ierciam, poaiea dwn calcitUur dicimtur psaJhni versictUi et oroHones que secuntur; et "pliis loin : dvm induit caHgas, etc. ; quando ùnmitHi sibi a^twMk^ Ivm, etc.; au folio 2S : Incipiunt benedictiones pontificales per anni circulum ; au folio 1 07 : Benedictio in dedicatione ectrMene: au folio suivant : Benedictio in episcopi consécrations ; aia. fcw> 109 : Benedictio in ordinationibus; et plus bas : Benedictio m consecraiione virginvm.
On trouve aussi la preuve de la destination du miss^ P^"'' un évoque de Poitiers dans la rubrique, au folio 176 ^V^ voici : Ordo qualiter bis in anno^ id est die Jotis unie asc^^^i^^^ nem Domini et die Jotis in septimana in quafestum sanct£' -^^ evenerit, sinodus pictavensis agcUur.
Le missel a été en effet exécuté pour Jacques Juvén^ * ^ Ursins, pair de France, alors qu'il était, non évoque, msSk^^ ministrateur perpétuel de l'évôché de Poitiers, après ^^^ démis de l'archevêché de Reims.
Jacques Juvénal des Ursins était fils de Jean Juvéna-^V^ de simple avocat au parlement de Paris, s'éleva par son aux offices les plus importants. La fermeté de son sa grande loyauté, cet amour de la patrie qui remplisaa^ ^ cœur, ne se démentirentjamais au milieu des guerres $^^ gères, des discordes civiles et des désordres de toute fr^/
CALLIGRAPHIK. XV« S. 553
qui signalèrent le malheureux règne de Charles VI. Garde de la prévôté des marchands en 1388, avocat général au parlement en 1400, chancelier de Louis dauphin, duc d'Aquitaine, en 1 4 1 3 , il mourut en 1431, laissant une réputation sans tache, et regretté de tous. 11 avait pris le nom des Ursins, de Thôtel qufavait appartenu à cette grande famille éteinte, et que la ville de Paris lui avait donné en récompense de ses services.
Jean Juvénal eut seize enfants de son mariage avec Michelle de Vitry ; quelques-uns moururent en bas âge ; tous ceux qui survécurent furent dignes de leur père et se recommandèrent par leurs vertus ; plusieurs se distinguèrent par leurs talents et par le mérite qu'ils déployèrent dans les hautes dignités de l'État dont ils furent revêtus. Nous citerons Jean, né en 1 388, qui fut avocat général au parlement de Paris, ensuite évéque de Beauvais,évéquedeLaon, et enfin archevêque de Reims après la résignation de son frère Jacques ; Guillaume, né en 1400, qui, à l'exemple des anciens Romains, se signala dans presque tous les emplois de la robe et de l'épée, et devint chancelier deFranceen 1445; enfin Jacques, celui pour lequel fut exécuté le manuscrit que nous décrivons.
Né en 1410, il embrassa l'état ecclésiastique, et devint arcbidiacre de Paris; en 1443 il fut nommé président des comptes, et Charles VU, qui devait tant à son père et qui l'aimait beaucoup , voulant le faire arriver à l'archevêché de Reims, le nomma chanoine et archidiacre de Reims le 19 mars 1444; le 25 juin suivant, le chapitre, investi du droit que lui donnait la pragmatique sanction qui venait d'être rétablie, l'élut archevêque. Peu après, le roi le chargea de missions diplomatiques en Angleterre et auprès de la république de Gênes. En 1447 il fut député auprès du duc Amédée de Savoie, qui avait été élu pape par le concile de Bàle, pour l'engager à abdiquer et à reconnaître Nicolas Y pour pape, ce qui devait rendre la paix à l'Église. Il réussit dans ses négociations, et revint en France avec le titre de patriarche d'Antioche, que le pape lui avait donné. C'est alors (1449) qu'il se démit de son archevêché de Reims, par résignation en cour
554 MONUMENTS KUROPÉENS.
de Rome, en faveur de son frère aîné Jean Javénal. Le 6 ni vembre 1449, il fut pourvu de radministration de révAclr do Poitiers et du prieuré de Saint-Martin-des-Ohamps à Parie M Il mourut le % mars 1 4 56 , à Poitiers, et fut inhumé dans la c: thédrale de cette ville.
C'est donc, comme on le voit, par erreur que le rédacteur a la note qui se trouve sur la feuille de garde du livre a dit qr Jacques Juvénal avait été évéque de Poitiers et ensuite arc vêque de Reims.
Le surplus de la note est exact ; il est constant que le nrmÊT-^^mÊo^f^^ nuscrit passa dans les mains de Raoul du Fou. qui monta f 'lu sur
le siège épiscopal d'Êvreux en 1478.
Cet évéque, suivant un usage d'alors fort ridicule, fît e vrir de ses armes, qui sont d'azur à la fleur de lis d'arg^ accostée de deux colombes de même, les armoiries des U qui étaient répandues à profusion dans les vignettes de ce b volume; mais les armoiries de Raoul du Fou ont été près efTacées en quelques endroits où Ton voit reparaître au-de l'écu des Ursins, qui est bandé d'argent et de gueules d pièces, au chef d'ai*gent chargé d'une rose de gueules sou d'or. Ainsi, dans la bordure de la grande miniature à pi pagedu folio 1 36, on voit Jacques Juvénal lui-même àgen élevant les yeux vers le Rédempteur, dont le crucifiementff M'aie sujet de la miniature ; un ange , qui se tient devant lui , soufc-i ^^t l'écusson de ses armes. L'écu se voit encore en entier dan» MMUe lettre iofumuredM folio 114, et s'aperçoit sous les arm^s^ ^^ Raoul du Fou aux folios 44. 76, 1 17 et 1 30. Notre préla-t> «t encore représenté aux folios 23 et 3 f .
On rencontre souvent dans les ornements des bordure^ ^^^ devises : A vous entier. — J'en suis contente, inscrite^ ^^"^ une bandelette aux trois couleurs, rouge, blanc, bleu, d^ 7 trouve encore, aux folios 44 et 96. le chiffre de notre pi^^*^» YA, premières lettres de lacobus
Du moment qu'il est établi que le manuscrit a été /^'^ * Vusage du diocèse de Poitiers et pour Jacques Juvén»! ™ Ursins, nous pouvons donner la date de sa confection. ^^^ en 1449 que ce prélat a été nommé administrateur perp^^**^'
de TéTéché de Poitiers, et il est mort en 1456; c'est donc dans l'intervalle de ces sept années que le manuscrit a été exécuté.
Passons aux miniatures. Il serait impossible, comme nous layons dit, de les décrire toutes, ni même de faire ressortir tout ce qu'elles présentent d'intéressant ; nous devons nous borner à en signaler quelques-unes des plus remarquables sous différents rapports.
Un manuscrit, exécuté pour un des membres de la famillle toute parisienne des Ursins, devait nécessairement reproduire quelques-uns des monuments de la grande cité. Nous voyons entre autres, au folio ô5, \2l Maison aux piliers sur la place de Grève, qui fut achetée, en 1 357, par le fameux Etienne Marcel, prévôt des marchands de Paris, et par les échevins, et qai servit de maison de ville ou àe parloir aux bourgeois, comme on disait alors, jusqu'au milieu du x\i'^ siècle. On aperçoit l'église Notre-Dame de l'autre côté de la Seine ; une procession passe sur la place, et le peuple se prosterne devant le saint sacrement. Les prêtres et les riches bourgeois qui portent le poêle sont couronnés de fleurs, vieil usage qui depuis longtemps a disparue La miniature du folio 65 nous fait connaître Tintérieur de la Sainte-Chapelle avec tous ses reliquaires exposés à la vue du peuple. Au folio 96 on a représenté le charnier des Innocents.
Une foule de miniatures ont pour sujet les cérémonies du culte: nous citerons notamment, au f' 23, la bénédiction donnée par un évêque ; au f* 65, la consécration d'une église; au f' 108, le sacre d'un évêque, et au f* 30, le baptême conféré par saint Silvestre à Constantin. L'empereur est nu et debout dans la piscine où son corps est plongé jusqu'aux hanches ; le saint pontife lui verse de l'eau sur la tête : c'est le baptême par immersion pour les parties basses du corps, et par infusion pour les parties hautes, baptême qui fut en usage jusqu'au xvi* siècle, suivant M. de Caumont*. Cette
(1) M. Caillât, dans son ouvrage, VEôUl-de- Ville de Paris, a gravé cette miniature, qui sert de frontispice au texte fort intéressant de M. Leroux de Lincy. -
(2) Cours (Tanliquités monumentales, tome VI, p. 7.
550 iMONLMKNTS liUROPfcENS.
miniature, qui reproduisait bien certainement un usage existant au moment de Texécution du manuscrit, viendrait donc à l'appui de l'opinion du savant archéologue. Dans les miniatures qui reproduisent des intérieurs d'églises ou do chapelles, on peut voir que les autels n*ont pas encore de tahcrnacles pour recevoir les hosties, qui sont conservées dans un vase, le plus souvent en forme de petite tour, suspendu •au-dessus de l'autel à une crosse dorée. Le retable placé sur l'autel est fort bas ; il devait s'enlever après la messe. ainsi que les deux seuls flambeaux portatifs qui raccompagnent. L'autel est toujours environné, pendant le saint sacrifice, de riches tentures brochées d'or, qu'on appelait courtines d'autel. L'inventaire des meubles de Charles V, fait en 1379*, mentionne en effet une grande quantité de riches étofTes ayant cette destination. Dans la miniature du f^ 23, on retrouve, à gauche de l'autel, la crédence, espèce de niche, dans laquelle est déposé un bassin pour les ablutions du célébrant, surmonté d'un vase, sorte de cauquemard, qui contient l'eau.
Des miniatures fournissent aussi une foule de détails intéressants sur l'architecture civile et militaire de Tépoque. Nous citerons le joli paysage du f* 26, au fond duquel on aperçoit une ville enceinte de murailles, dont la porte est défendue par deux grosses tours fortifiées d'un système continu de mâchicoulis et couvertes de toits coniques disposés en arrière d'un parapet crénelé ; au f* 82, un pont qui donne accès à une ville murée, assise sur le bord d'un fleuve ; il est défendu par une grosse tour carrée flanquée de tourelles, élerce ao milieu des eaux, à quelque distance de la rive ; enfin au f* 62, le château fort d'un riche seigneur qui distribue des aumônes; on retrouve là le mur d'enceinte couronné de créneaux avec des échauguettes aux angles saillants, et le donjon formé d'une tour carrée flanquée de fortes tourelles rondes.
Les détails d'intérieur répandus dans les nombreuses compositions de notre volume ne sont pas moins dignes d'intcrât.
(I) Ms. Bibl. royale, n0 8356, f« 121.
CALLIGRAPlllK. XV» S. :>57
On voit dans les retraits figurés aux f* 28, 76, 92 et 9i, où saint Jean, saint Grégoire, saint Jérôme et saint Luc se livrent à l'étude, des exemples curieux des cabinets do travail du xv*^ siècle, avec les meubles de ces sortes d'appartements et tous les objets à l'usage des personnes qui se livraient à l'étude, notamment la haute chayère on faldistoire àdosscret élevé, garnie d'une tenture et surmontée d'un dais ; le pupitre tournant nommé roue, à l'aide duquel on pouvait amener tour à tour sous sa main les volumes dont le pupitre était chargé, et les consulter ainsi sans se déranger ; la table à vis, la bibliothèque, récritoire et une foule de petits ustensiles. On remarque dans le cabinet de saint Jean la grande cheminée de plus de 6 pieds de hauteur, autour de laquelle une famille tout entière pouvait se rassembler, et l'escalier en spirale à balustrades fenestrées que la porte ouverte laisse apercevoir.
La miniature du f^ 90, qui représente la naissance de la sainte Vierge, fait connaître l'intérieur des chambres à coucher avec tous leurs meubles. Le lit encourtiné dont le ciel est attaché au plafond, et la tête protégée par une pente d'étoife de soie fleuronnée ; son riche couvertoer; la chayère auprès du lit avec sa couette ou coussin mollet ; la table couverte d'une blanche touaille sur laquelle une coupe, une buire et divers objets de ménage; le petit bers ou berceau pour le nouveau-né; le grand bassin de cuivre pour les ablutions, placé dans une niche et au-dessus duquel pend, attaché à une espèce de crémaillère, le cauquemard rempli d'eau, et à côté l'essuie-mains suspendu à une tringle; au-dessus, sur deux tablettes, un flambeau, une lanterne, une écritoire et des livres. La fenêtre garnie d'un vitrail armorié et le plafond à solives apparentes, richement peintes en bleu et décorées d'un semé de fleurs do lis d'or, font voir le système de décoration de ces parties de l'habitation.
Ce beau manuscrit, après avoir fait partie de la bibliothèque de M. Masson de Saint-Âmand, maître des requêtes aux conseils du roi avant 1790 et préfet de l'Eure en l'an VIII, a été acquis par M. Debruge Duménil par l'entremise do M. Du Sommcrard. — ii. 5o cent., l. 3*.
647 — Preces pie.
Volume iii-8**, exécuté vers le milieu du xv* siècle; vélin. miniatures, vignettes et initiales. Reliure en veau à compartiments, de Tépoque de Henri II.
Ce livre renferme le calendrier, le commencement des quatre évangiles, un grand nombre de psaumes et d'oraisons en latin; il est terminé par quelques prières en français. Son ornementation consiste en neuf miniatures embordurées et en vignettes qui décorent la marge extérieure de chacune des pages. Le fond de ces bordures, composé de minces rameaux à feuillages d*or, est chargé de rinceaux, de vases de fleurs et de quelques animaux, parmi lesquels on remarque un monstre à buste d'homme avec un corps de lion. — h. I9 cent, s mai., l. u cent.
618 — Liber precum.
Volume in-8** magno, de l'époque de Louis XI; vélin, miniatures, vignettes et initiales. Reliure du temps en veau gauffré.
Ce livre renferme les heures de la sainte croix, la messe, Toffice de la sainte Vierge suivant l'usage de Rome, les sept psaumes de la pénitence, les litanies et Tofiice des morts. D est terminé par un recueil de prières. Son ornementation consiste en six grandes miiiiatures à pleines pages, dont les bordures sont composées de rinceaux entremêlés de fleurs et de fruits où se jouent des oiseaux et de petits animaux ; six belles bordures de pages traitées dans le même style ; dixhuit petites miniatures renfermées dans de grandes lettres tournures et une quantité de petites initiales en or sur fond de couleur.
Les reliefs très curieux de la reliure représentent des enroulements qui renferment des animaux dans leurs replis ; ils sont bordés par des inscriptions latines. Cette reliure est enrichie de fermoirs en vermeil, formés de fleurons découpés à jour, au centre desquels se trouve une petite miniature.
Treize médaillons en argent, dont six sont dorés, représentant des sujets pieux, ont été fixés, postérieurement à b confection du manuscrit, sur le plat intérieur de la reliure. Celui du milieu, qui paraît être le moins ancien, représente
saint Pierre et saint Paul .soutenant un voile empreint de la sainte face, et au-dessous les armes du pape Alexandre VI. — H. 21 cent., L. 15.
649 — Psalterium.
Volume de format in-4", exécute dans le stylo italien Ters la fin du xv*" siècle; vélin miniatures; vignettes et initiales. Cartonné.
Ce manuscrit renferme le calendrier, les psaumes, les cantiques de saint Âmbroise, de saint Augustin et de saint Athanase, qui sont un résumé de la doctrine chrétienne, les litanies des saints, la passion de Jésus -Christ d'après les quatre évangélistes, et diverses prières et oraisons.
Ce livre, bien complet, n'est pas moins recommandable par son exécution calligraphique que par ses peintures. Ces dernières consistent en encadrements fleuronnés, chargés do figures d'animaux, qui déploient leurs vives couleurs dans la marge de plusieurs pages, et en douze petites miniatures renfermées dans des lettres initiales. Au bas de la première feuille des psaumes se trouve Técusson armorié du propriétaire primitif : d azur à la plante de lis fichée, accostée de deux lions grimpants d'or. Parmi les oraisons que contient ce manuscrit, il en est une dont la rédaction, attribuée à saint Augustin, serait, si on pouvait en croire la note qui la précède, un véritable spécifique contre tous les maux et tous les accidents de la vie, contre la mort elle-même.
Voici au surplus le texte de cette note, écrite en langue romane, et sa traduction littérale :
^ La sequent oratio feu lo glorios doctor ebisbe moss. •« sant Agosti e de mana gratia ad nostroSeynor que tota per- - sona che la digues a quell du non pogues esser sobrat per « negun homo en cami ne en comut, ne morir en agua, ne en *« foch, ne en mort sobitana, ne en casa, ne fora casa, ne en ** ven, ne subrat de fais testimoni, ne dorment, ne veglant. »
*« La suivante oraison fit le glorieux docteur évéque monseigneur saint Augustin ; elle donne grande grâce auprès de Notre-Seigneur que toute personne qui la dit aujourd'hui ne puisse être tué par aucun homme en chemin, ni en assemblée,
ni mourir dans leau, ni dans le feu, ni de mort subite, ni la maison, ni hors de la maison, ni parle poison, ni y'u de faux témoignage, ni dormant, ni veillant. »
L'état du feuillet de vélin sur lequel se trouve cette prier ^z^a«E=5r( constate que le propriétaire du livre y avait foi pleine e
entière, et qu'il a dû la réciter l>ien souvent, —h. ss cent., l.'ia^ ■■■■ m.
650 — Preces pie.
Volume in -8° parvo, exécuté à la fin du xv* siècle ou
dans les premières années du xvi^ siècle ; vélin, miniatur^»^ vignettes et initiales. Reliure en basane.
Ce livre renferme le calendrier, le commencement évangiles, différents offices, les sept psaumes de la péniten» les litanies et un grand nombre de prières, tant en latin qu vers français.
Il est enrichi de quinze grandes miniatures et de ving quatre petites qui sont renfermées dans les bordures du cal* drier. Ces miniatures manquent de finesse, mais non d'ori( lité. Les costumes de plusieurs des personnages qui y sont présentés rappellent Tépoque do Louis XIL La dernière nt montre la dame qui a fait faire le manuscrit, agenouillée dev la sainte Vierge ; son costume reproduit exactement, à la ronne près, celui du portrait d'Anne de Bretagne, tenant fille sur ses genoux, qui se trouve dans le superbe manus< de la Bibliothèque royale n** 6877, ayant pour titre Les mèdes de lune et Vautre fortune ; c*est la petite coiffe pi à la mode de Bretagne, les manches dites à la granit gorre ^ robe échancrée carrément sur la poitrine et fixée à la taille une légère ceinture chargée d'orfèvrerie d'or. — h. so t^i.. l -
651 — Preces pie.
Volume de format in-24 , exécuté à la fin du xv* siècle o
dans les premières années du xvi^ ; miniatures, vignettes e\ initiales. Reliure en vieux velours rose, avec fermoirs du temps en argent niellé.
Ce livre, bien complet, est exécuté dans le goût italien, sur peau vélin d'une finesse et d'une blancheur parfaites. Il renferme quinze grandes miniatures à pleine page et douze petites
CALLIGRAPHIE. XVl»^ S. 561
ians le calendrier. Un grand nombre de pages sont eu outre 'Ucadrées de bordures à fond d'or parsemées de fleurs, d'infectes, d'oiseaux et d'animaux fantastiques. — u. los miii., l. 75.
662 — Preces pie.
Volume in-12, des premières années du xvi*' siècle; vélin, ziiniatures, vignettes et initiales. Reliure du temps en ve- ^urs bleu.
Ce manuscrit est orné de vingt grandes miniatures et de ^i ze petites, exécutées avec beaucoupde soin II est surtout ■'narquable par les bordures dont toutes les pages sont <3orées. Celles qui renferment des miniatures sont em- Vilarées de trois côtés, les autres sur la marge extérieure ^^ement. Toutes ces bordures sont aussi riches que variées :
^ont de légers rinceaux et des ornements chargés de fleurs, fruits, d'oiseaux, d'insectes et de ces figures d'animaux ^4irreB et grotesques.
liSs bordures du calendrier sur fond d'or sont enrichies en •^Cre de vingt-quatre miniatures allégoriques. > h. i6 ceut., l. 11.
653 — Preces pie.
"Volume in-12, des premières années du xvi*^ siècle; vélin, ignettes et initiales. Reliure en maroquin rouge à petits fers.
Ce livre comprend le calendrier, le commencement des évangiles, la passion d'après saint Jean, une suite de psaumes à dire à certains jours de la semaine, plusieurs ofiices, les psaumes de la pénitence et un grand nombre de prières. Il a lu appartenir à une religieuse, ainsi que le témoigne la souscription qui se trouve à la dernière feuille. L'omementaion de ce manuscrit consiste en douze petites miniatures, cordées de vignettes sur fond d'or, et en une grande quanité de lettres initiales en or sur fond coloré, ou en couleur ur fond d'or. — h. 47 cent,, l. 12.
654 — Preces pie.
Volume in-8** parvo, des premières années du xvi*^ siècle ; ^élin, miniature et initiales. Reliure en veau brun.
Ce livre contient le calendrier, les premiers évangiles, différents offices et un grand nombre de prières. Il est enrichi
de quatorze grandes miniatures et de quinze petites. Les
ges qui les renferment sont encadrées dans une bordi
rinceaux élégants où se mêlent diverses fleurs et de y
fraises bien coloriées. Presque toutes les pages qui ne <
tiennent que du texte sont décorées dans le même style ^sur
la marge extérieure, —h. is cent., l. u.
655 — Procès pie.
Volume in-8**, exécuté au xvi* siècle ; vélin» miniatur^a^^ *t initiales. Reliure moderne en velours rouge ; fermoirs en meil dans le style de l'époque.
Ce livre contient plusieurs offices, les heures de la Vi et de la sainte croix, la passion de Notre-Seigneur e des quatre évangélistes/ et un grand nombre de prières ^ est enrichi de douze grandes miniatures à pleine page et cent cinq petites encadrées dans le texte. Ces peintures in> quent tout à fait l'époque de la renaissance et Tinfluenoe artistes italiens que Louis XII et François l^ avaient a] en France. Quelques-unes ofïrent des ligures de grandes portions. Parmi celles-ci, on remarque le portrait du nage qui a fait exécuter le manuscrit. Il est placé au recto cent trente-troisième feuillet, en regard d'une image d^ Vierge tenant l'enfant Jésus sur ses genoux, qui ooutt^ verso du feuillet précédent. Ce personnage est à genoux, ^ mains jointes ; saint Pierre, son patron sans doute, deb près de lui, le présente à la Vierge et à son divin fils. écusson armorié est peint au-dessous de son portrait ; pièces héraldiques en ont été enlevées par le grattagetrouve encore ce portrait dans les petites miniatures , »^* feuillets 127 et 140. — h. aocent., l. u.
656 — Trois messes pour orgue, alternant avec le pl^*"' chant, in minoribus, diiplidbus, in solemnitaiibus beaieJiA- '^'' in dominicis diebus.
Volume in-4° magno; papier, vignettes et initiales * plume.
Ce manuscrit contient trois messes pour orgue; la troî^'^^ n'est pas terminée, elle s'arrête à \ AgnusDei.
Une circonstance particulière sert à fixer l'âge de ce manuscrit, ou du moins à bien déterminer le point au delà duquel ne saurait descendre le travail du dessinateur et du copiste. La seconde messe, /w solempnùatibus (sic) becUe M, V., contient un Gloria m excehis qui se distingue du Gloria ordinaire par rintercalation de certaines paroles. Ainsi, après les mots Fili uni genile Jesu Chrisie, on lit : Spiritus et aime orplianoram paraclite ; après Agnus Dei filius patris, on trouve : Primogenitus Marie Virginis mairis, etc.
Avant l'époque du concile de Trente, il n'était pas rare que Ion ajoutât ainsi des paroles dans les pièces destinées à TEglise ; celles qui s'étaient introduites dans le Gloria des fdtes de la Vierge remontaient peut-être au xiii* siècle, et furent longtemps d'un usage à peu près général. Pie V, par une bulle du 14 juillet 1670, confirmative des décrets du concile de Trente et relative à la réforme du missel romain, en abolit l'emploi dans l'Église catholique, et depuis cette époque les compositeurs cessèrent absolument de mettre en musique ces paroles additionnelles Pierluigi da Palestrina paraît être le dernier qui en ait fait usage dans la messe De Beata, insérée dans la première édition du troisième livre de ses messes, qui venait de paraître en 1670, au moment même où Pie V lançait sa bulle. Il n'est donc pas douteux que le manuscrit que nous décrivons ne soit antérieur à cette époque, et on peut en reporter l'exécution au commencement du xvi^ siècle.
Quant au système de notation dont l'auteur ou le copiste a fait usage, il est spécial et complet, mais il est possible que l'on n'en rencontre pas d'exemples ailleurs. Voici en quoi il consiste et comment il doit être entendu.
Chaque portée est de huit Ugnes, et fournit une étendue de deux octaves et une tierce majeure. En tête se trouvent, sur les lignes deux, quatre et six (en comptant comme d'ordinaire de bas en haut), les lettres c, g, d, c'est-à-dire ut, soU Té. Ces trois signes, constamment placés au commencement des portées et toujours dans la même position, représentent par conséquent une clef unique.
Le bémol permanent se place, lorsqu'il y a lieu, au com-
mcncemcnt de la portée ; le dièse et le bémol accidentels se rencontrent devant les notes, toutes les fois qu'il en est besoin.
Une particularité assez singulière , c'est que Ton rencontre quelquefois un changement do clef indiqué, non par des lettres comme la clef permanente, mais par le signe habituel de la clef iïut, qui apparaît tantôt sur une ligne, tantôt sur une autre, déplaçant ainsi tout le système. La cessation de cet état de choses est indiquée, non par une réapparition de l'espèce de monogramme initial, mais par une barre verticale qui coupe à angle droit les lignes de la portée, semblable à celle dont nous fiedsons usage aujourd'hui pour séparer chaque baisée ou mesure, et dont on ne se servait pas alors.
Les signes de durée sont ceux que l'on employait dans le xvi^ siècle. On ne fait à peu près aucun usage des silences.
La portée de huit lignes, avec les particularités que nous venons d'indiquer, sert pour la main droite.
La partie de main gauche est notée au moyen des lettres K, G, A, B, H, c, D, E, f, g, a, b, h, c, d, e, f, g, h, correspondant aux notes fa, sol, la, si bhnol, si, etc., en partant au fa au-dessous de la portée de clef de^a quatrième ligne. Quand il y a lieu de diéser une de ces lettres, on place à sa droite, et de manière à l'unir à la lettre, un signe de cette forme 1.
Ces lettres sont placées au-dessous de la portée ; lorsque plusieurs notes doivent parler à la fois, les lettres sont ôisfosées verticalement les unes au-dessous des autres, en raison des durées, et, comme disent les graveurs, en aplomb.
Cet aplomb est pris non-seulement par rapport aux lettres entre elles, mais encore dans leur relation avec les valeurs de la main droite. Une indication bien exacte à cet égard devenait d'autant plus difficile qu'il se rencontre parfois des passages d'une certaine complication. On a cherché à rendre la chose plus claire en plaçant au-dessus des lettres qui ofiriraient quelque ambiguïté les signes de silences correpondants. oo bien l'extrémité des adiaches que nous employons aujourd'hui pour réunir ensemble plusieurs croches ou doubles croches.
Si jamais cette notation, sur laquelle il n'existe de rensei-
CALLIGRAPHIE. XVÏ« S. 565
gnements dans aucun écrivain musical, a été quelque peu répandue, il faut croire que la plupart des livres où elle se rencontrait se sont perdus : l'explication de celui-ci pourra mettre sur la voie pour faire à cet égard des recherches dans les bibliothèques publiques et particulières.
Il reste à dire un mot sur les compositions mêmes que contient ce manuscrit. De longs détails seraient déplacés ici; nous nous bornons à faire remarquer que M. J. Adrien de LaFage, à qui nous devons les explications que nous venons de donner*, après avoir traduit en caractères modernes une partie du recueil et avoir examiné ces pièces avec soin et impartialité, ne leur a trouvé d'intérêt qu'au point de vue historique. Elles montrent comment on comprenait alors la musique d'orgue, et font voir que la pureté, l'élégance et le bon goût, introduits dans la musique vocale et portés au plus haut degré par l'immortel Pierluigi daPalestrina, étaient étrangers à beaucoup de ses contemporains et appartenaient moins encore aux compositions instrumentales alors en usage.
Ce manuscrit, exécuté en Italie, est enrichi d'une grande quantité de dessins à la plume d'un style très pur et d'une exécution si délicate qu'on les prendrait pour de fines gravures au burin. L'un des dessins est signé D. N. C. » et plus loin L. K.
On y voit répété deux fois un écu armorié, qui doit être celui du propriétaire qui fit écrire le manuscrit; il est à une bande bordée, chargée de huit écussons mis on bande, accompagnée de deux étoiles à huit raiz.
Les initiales des premiers mots du chant sont richement enjolivées. — h. m c«nt., l. 21.
657 — Recueil d'armoiries.
Album in-4** magno, cartonné.
Cet album renferme soixante-treize écus armoriés de différentes familles d'Allemagne, peints à la gouache.
C'était un usage assez constant en Allemagne, aux xvi^ et
(1) Elles ne sont que rextrait d'an travail plus étendu qu'il se propose de publier sur Tintérét que présente le manuscrit sous le rapport musical.
xvii^ siècles , de se donner en se quittant, à titre de souvei
ses armoiries, auxquelles on ajoutait parfois un mot d*en
Cet usage existait surtout parmi les étudiants des unÎTersil qui, parfois aussi, les donnaient à leurs professeurs.
Le donataire réunissait tous ses souvenirs pour en c( poser un album.
Notre recueil provient de plusieurs volumes de cette pèce, ainsi qu'on peut s'en convaincre par les inscript: qui se trouvent au bas de plusieurs des dessins. Eln voici qjques-unes : " Clarissimo viro Dno Christophoro Walwitzio ^ . *• doctori scribebat Joannes Franciscus Reichwem, memoA^&é^ •* amicitisB ergo, 167 1 . "
« Clarissimo et doctissimo viro I> Christophoro WalwitT/ « 1 1 j. d. amoris ac memorisB ergo, Johannes Marcus Soltwe-
- delensis scripsit, 2 octob., anno Jesu hominls 1682. >*
- HsBc jucund» recordationis ergo , scripsit Wilhelmiu « Rottmanstorff, L. B. 16 january, A® 1616. »
«• Onoratissimo et prsestantissimo juveni Dno Christiano •< Becker illustrissimi et serenissimi electoris Palatini qu»-
- stori in Wingarten, af&ni suo carissimo hoc in perpetaum ** affinitatis et amicitisB vinculum adpingere curavit, A® 1617 « 8 may, Albertus Zum Boxbergensis. «
M Dièses hab ich meinem insonders vertrauten undt werth « freundt undt Brudere Herrn Christiano Beckero Churf. u Pfaltz Kellern zu Weingarten, zu freundt undt bruderlicher « Gedàchtnisgeschrieben, zu Heidelberg, 13 July, A® 1617. •
Voici la traduction :
«< J'écris ces lignes pour mon très intime et très honoré ami M. Christian Becker, receveur du comte palatin à Wingarten, en souvenir amical et fraternel de Heidelberg, 13 juillet 1617. Célestin Zelf . . . ( illisible) . »» — h. 30 cent. , l. 21 .
658 — " Kurtzer einfaJtiger dochgriindlicher und wahrhaf- « tiger Bericht wie unnd welcher gestalt aile Farben aosx nach* ^ gesetzten Hauptfarben konnen gezogen, und zu der MaUe- •• rey niitzlich angewendt werden. »•
•« Exposé succinct, simple mais exact, de la manière dont toutes les couleurs peuvent être tirées des couleurs princîpalet
-si,;près mentionnées, et employées dans la peinture à l'eau. » IVfanuscrit allemand in-folio parvo, de dix feuilles; yélin. ^Kft. mâtures. Couvert en parchemin.
ouvrage est divisé en sept chapitres, où Ton traite de la d'obtenir les différentes nuances que peuvent proie noir, le blanc, le jaune, le rouge, le bleu, le vert et " V>Tnin. L'auteur, appuyant ses préceptes d'exemples nom- ^"^^ux, a intercalé dans le texte de jolis dessins, traités à la ^'^Xiache avec une grande délicatesse.
Xi'exécution du manuscrit paratt remonter aux premières ^^nées du xvn* siècle — h. 33 c«ni., l. 20.
659 — Médailles en l'honneur de Louis XIV.
Volume de format in-folio parvo; vélin. Cartonné.
Ce volume est composé de seize feuillets, sur chacun des- ()aels est figurée une médaille d'or rappelant certains faits glorieux du règne de Louis le Grand. Chaque médaille est placée au milieu de trophées et d'attributs peints à la gouache avec rehauts d'or, traités avec cette richesse et cette abondance qui caractérisent le règne de ce monarque.
Au bas des sujets se trouvent des pièces de vers de Charpentier et de Perrault, qui étaient, comme on sait, chargés, en titre d'office, de composer les inscriptions commémoratives des grandes actions de Louis XIV. — h. so cent., l. tr.
6S0 — <* Collectuarium ad usum regalis ecclesise beati Mariœ - Hami ordinis canonicorum regularium sancti Augustini. «. Hami scribebat Johannes Douchet. Anno R. S. M. DCC. ••
Volume in-folio parvo ; vélin, à deux colonnes ; miniatures, vignettes et initiales; exécuté en t700, par Jean Douchet. Cartonné.
Ce collectuaire, à l'usage de l'église de la bienheureuse Marie de Ham, desservie par les chanoines réguliers de Saint- Augustin de la congrégation de France, contient les chapitres, oraisons et les autres prières qui doivent être récitées par le célébrant à matines, à laudes et à vêpres, aux différentes fêtes de l'année.
La première page est ornée d'un encadrement fond bleu.
4'ot.
tMAILLEBIE SUR MÉTAUX.
^ I. EMAUX INCRUSTES.