Émaux champlevés limousins
C2 — Coflfret de forme oblongue, en émail fond bleu.= médaillon, dont le contour est tracé par une bande d'él vert, occupe le milieu du couvercle. Dieu le Fils y est r^senté sous la figure d un agneau nimbé du nimbe cruci- ; sa patte droite de devant porte une hampe au haut de iclle brille une croix pattée. Les symboles des évangélistes bés et ailés sont figurés aux angles, dans des quarts de •J e indiqués par de légers filets d'or. Des rinceaux à feuil- * d'or, enveloppant un fond d'émail blanc, remplissent ^«u^ entre le médaillon du centre et les angles. L'agneau, ^e et le bœuf sont en émail blanc moucheté de bleu, l'aii^n émail jaune, le lion en émail vert.
deux faces longitudinales contiennent chacune six arplein cintre, soutenues par des colonnes à fûts courts ^^licats, surmontés de lourds chapiteaux coniques. Les t^i^es en pied des apôtres occupent ces arcades et se déta- 'Ut sur un fond d'émail ; les carnations sont exprimées sur fond du métal doré par une gravure dont les intailles sont allées d'émail; les vêtements et accessoires, par des émaux. Sur la face latérale de droite est représentée la crucifixion. ms est attaché sur une croix à quatre branches égales ; ses as sont dans une horizontalité parfaite ; ses pieds ne sont
pas superposés, mais au contraire attachés séparément; une sorte de jupon ceint sa taille ; à ses côtés Mario et saint Jean, au-dessus des branches de la croix, le soleil et la lune; audessous, un soldat présente l'éponge vinaigrée au Christ . un autre lui perce le côté de sa lance.
Sur la face latérale opposée, Jésus, dans une auréole elliptique, est assis sur un trône recouvert d'un couaain eylindnque, semblable à ceux que l'on trouve dans quelques manuscrits des ix^, K® et xi® siècles ; il bénit de la main droite et tient de la main gauche un cercle d'or. Deux anges ailés» vêtus de longues tuniques et portant sur l'épaule la chiamyde grecque, sont en adoration devant lui.
Le couvercle et chacune des faces de ce coffret sont encadrés dans une bordure de métal doré, garnie de tètes de clous sphériques.
Le style des ornements, les vêtements des personnages, la forme de la croix et celle du trône, tout enfin se ressent dans ce monument de l'influence byzantine, et dénote l'époque dn xf siècle.
Ce coffret servait de reliquaire. — h. 9 crat., LoDg. ss, l. is.
663 — Plaque émaillée provenant d'un reliquaire. =Qny a représenté l'un des apôtres, reconnaissable au livre qu'il tient, et à ses pieds nus. Il est sans barbe, sa tête est décorée d*un nimbe à cannelures de couleurs variées.
Cette figure, exécutée entièrement en émail, se détache sur un fond de fleurons ciselés sur le métal doré. I^es traits do visage, les détails des cheveux et les plis des vêtements soiit indiqués par de légères lignes pointillées de métal. Le fond est bordé d'un encadrement d'émail d'azur décoré d'entrelacs de bon goût.
Ouvrage du xn*' siècle. — h. 21 ccm.. l. io.
664 — Plaque de forme oblongue provenant du même reliquaire. = Deux anges vêtus et ailés y sont représentés; b partie inférieure de leur corps est perdue dans une fhmge de nuages ; ils portent un encensoir à la main.
Les figures, comme dans la pièce dont la description pré-
ÈMAILLERIE. ÉMAUX INCRUSTÉS. XP S. 57;i cède, Bont traitées entièrement en émail, et se détachent sur un fond de fleurons d'or. Le sujet est également encadré dans une bordure d'émail à entrelacs. — h. h cent., l. ».
665 — Custode à couvercle conique. = Le fond, d'émail bleu, est décoré de quatre médaillons sur le pourtour de la botte, et de trois médaillons sur le couvercle ; ces médaillons renferment des dragons ailés qui se détachent sur un fond doré. Des rinceaux à feuillage d'or remplissent les intervalles.
Cette petite boîte servait à conserveries hosties consacrées, à porter le viatique, en un mot à tous les usages auxquels sont employés les vases sacrés que l'on nomme aujourd'hui ciboires. — h. s cem., d. 7.
666 — Châsse, en forme de tombe, à couvercle prismatique. = La face principale est enrichie de six figures en relief et de pierreries qui se détachent sur un fond doré, semé de petites étoiles estampées. Sur le couvercle, l'agneau, emblème du Christ, est placé dans une auréole circulaire, entre deux anges vêtus et ailés, vus à mi-corps. Dans la partie inférieure, le Christ, couronné d'une couronne à trois fleurons perpendiculsdres, est placé entre deux apôtres. Jésus bénit de la main droite et porte de l'autre le livre des Évangiles.
Les têtes en métal sont ciselées en haut relief; le corps de l'agneau, les ailes des anges, les vêtements et les nimbes sont en émaux de diverses couleurs ; les détails intérieurs et les draperies sont indiqués par de minces filets de métal doré.
Sur chacune des faces latérafes, une figure d'apôtre, placée sous une arcade plein cintre, est rendue par une fine gra- Ture et se détache sur un fond d'émail.
Le fond d'émail bleu de la face postérieure est décoré de médaillons dorés qui renferment un quatre-feuilles émaillé et d'un semis de petites croix d'or.
Un faîtage à jour, surmonté de trois boules, règne sur le sommet de la toiture. ^ u. » cent.. Long, m, l. 9.
667 — Plaque en émail fond bleu. = La scène de la cru^ cifixion y est représentée. Le Christ, vêtu d'une sorte de jupon, est attaché à la croix par quatre clous ; la Vierge et saint Jean
se tiennent sous les branches de l'arbre de la rédemption ; au-dessus, deux anges ailés, dont le buste, couvert d'une tonique, est seul visible, adorent le Seigneur. La main de Dieu le père sort d'un nimbe et bénit son fils expirant.
La figure du Christ, en demi-relief, est exécutée en bronze doré et ciselé ; les autres sont gravées en creux sar le cuivre doré; les têtes seules font saillie sur le fond d'axor de rémail, qui est semé de rosaces d'émail de couleurs variées et de pia^ reries.
La bordure du tableau, qui est en surélévation au-dessus de la plaque principale, est en émail fond bleu, décoré de rinceaux à feuillage d'or et à fleurs émaillées , et de figures d'anges gravées sur un fond doré.
Cette belle plaque a dû servir à l'ornementation de la couverture d'un livre de prières, —h dciapiaqaesocent., l. io, l. iol is.
668 — Plaque en émail fond bleu. = Cette plaque a dû servir également à l'ornementation d'un livre religieux. La crucifixion s'y trouve aussi représentée, avec les mêmes caractères que dans celle ci-dessus décrite — H.siceDc.L. fOceot.5iBiE
669 — Fermail de chape. = 11 est formé de la réunion de cinq plaques d'émail, qui présentent l'aspect d'un quatrefeuilles. La plaque du milieu, de forme rectangulaire, sert de point d'appui aux quatre autres, qui ont la forme d'une demicirconférence. Elles sont jointes par un encadrement intérieur et par des rosaces en bronze ciselé et doré.
Dans la plaque du milieu, un saint personnage, suivi de trois disciples, marque du tav symbolique le dessus de la porte d'un édifice que la colère de Dieu doit épargner.
Les sujets qui remplissent les quatre plaques semi-circulaires sont tirés de la vie de saint Jean l'évangéUste, telle qu'elle est racontée par le faux Isidore, et transcrite dans U Légende dorée*. Nous allons en fournir l'explication, en corn-
(1) La Légende dorée, d'où les artistes des xiii*, xiv* et xv« sièdes ool puisé une si grande quantité de sujets, est Tœuvre de Jacques de Voragine, qui naquit vers 1230 à Voraggio, bourg situé sur le golfe de Gènes; en 1!?4I, il prit Thabitde dominicain, fut nommé archevêque de Gêiie> en 1292, et mourut en 129H.
ËIIÂILLËRIE. ËMAUX INCRUSTES. Xll> S. 575
mençant par la plaque de gauche, pour suivre l'ordre des faits racontés par l'Iiagiographe.
- L'empereur Domitien, ayant entendu parler du saint apô-
- tre. 8e le fit amener, et il le fit mettre devant la porte la- •* tine, dans un tonneau d'huile bouillante, d'où il sortit sans •« avoir éprouvé aucun mal. *•
C'est ce frît que le pocte limousin a traduit par cette incription :
ImPIUS ad PENAS frustra DAT MORT18 HABENA8.
Descendons à la plaque inférieure :
- Quand saint Jean entra à Ëphèse, une femme, nommée
- Drusienne, qui avait beaucoup désiré sa venue, était morte, •* et on la portait au cimetière. . . Jean ordonna de poser le
- corps par terre et do le délier, et il dit : « Que Notre-Sei-
- gneur Jésus-Christ te ressuscite, Drusienne; lève-toi, re-
- tourne chez toi, et appréte-moi de la nourriture. » Elle se
- leva et s'en retourna à sa maison. •*
Ce vers, gravé au-dessus de l'émail, n'est que la transcription des paroles de lapôtre :
Te vis dfvina revocet de morte Drusina. Le sujet placé à droite est ainsi raconté dans la légende : «« Si tu veux que je croie en ton Dieu, dit à Tapôtrc Aristo-
- dème, évéque des idoles, je te donnerai du poison à boire, u et s'il ne te fait pas de mal, tu auras montré que ton Dieu •« est véritable. ^ Et Tap/^tre lui dit : ** Fais ce que tu voudras . »
- Âristodème dit : «« Je veux que tu voies mourir d'autres avant M toi. ** Et il alla trouver le gouverneur, et lui demanda deux ** hommes condamnés à mort, qui lui furent accordés. Il leur *• donna le poison en présence de tout le peuple, et aussitôt •« qu'ils l'eurent bu, ils tombèrent morts. Alors l'apôtre prit la
- coupe, il fit le signe de la croix, il but tout le poison, et il
- n'eut aucun mal. **
L'inscription placée au-dessus du sujet explique ce grand miracle :
Que viDET HOC clarum pus non contristat amarum.
Dans la placjue supérieure, l'émailleur a représenté le Christ dans le ciel , il bénit de la main droite et tient de la
gauche la couronne des élus qu'il destine à son fils bien-aî^'
Le poëte a traduit par cette inscription : Care veni qua-^^^ cuM DisciPULis EPULARË, les dcmierà mots de la légende : - L ^ ** 56 après la passion, sous le règne de Trajan, lorsque sa^^ « Jean avait atteint sa quatre-vingt- dix --neuTième ann ^ Notre-Scigneur lui apparut, et lui dit : •* Viens à moi, à »' bien-aimé, car il est temps que tu t'asseyes à mH table at^ " tes frères; tu viendras dimanche me rejoindre. «»
Dans les plaques semi-circulaires, les sujets gravés si métal doré se détachent sur un fond d'émail bleu d'azur, 1 intailles de la gravure sont niellées d'émail. Ils sont bord< dans la partie circulaire par les inscriptions que nous rapportées et dans la partie inférieure par une bande d'énuL ■ blanc sur laquelle se détachent de petits fleurons d' rouge, dont les contours, en métal doré, sont disposés non le procédé du champlevé, mais par le procédé du cloisoniuii^ mobile, qui est propre aux émaux orientaux.
Dans la plaque du milieu, les carnations seules sont biunrnées en creux sur le métal doré, qui forme le fond; le surplus des figures est exécuté en émail de couleurs nuancées.
M. Du Sonmierard a publié cette belle pièce dans son Album, 9® série, planche xvi. Elle appartient à la fin du
XII^ siècle. —H. delaplaqueceiitnle65mill.,L.0cenu, D.deftauiret.
670 — Plaque carrée. = Elle représente la descenie du Saint-Esprit sur les apôtres. Ils sont assis sous une arcade trilobée. La main de Dieu, auréolée du nimbe crucifère, répand sur eux les rayons de l'Esprit divin. Au-dessus est gravée cette inscription en capitales romaines : do. PAii. va, Dominus Pater meu^, et au milieu des rayons : sps.dni. Sfintus Domini; dans la bordure inférieure du tableau : APoetrou. Les carnations sont burinées en creux sur le métal dcnré et niellées d'émail ; tout le surplus de la composition est exécuté
en émail . — carré de 10 cent.
67 1 — Bassin. = Ce bassin rond et de peu de profondeur est pourvu d'une petite gargouille par laquelle le liquide du vase peut être épanché L'intérieur est divisé en cinq compfftiments priui'ipaux : un médaillon circulaire au milieu, et
ËMAILLERiE. ËMAUX INCRUSTES. XU" S. 577 ' , quatre autres médaillons échancrés dans la partie infépar la circonférence du médaillon central. Des compo-
Suitas tiques, qui se détachent sur un fond démail remplissent ces médaillons. Dans celui du milieu, un er, qui se couvre d'un bouclier chargé d'une croix
parait terrasser deux monstres, dont Tun est à figure De. Lm quatre compartiments du pourtour présentent ijets encore plus bizarres : une reine, TÔtue d'un manoublé de fourrures, fait boire un paon dans une coupe 9 tient à la main; un cubisteter danse sur les mains, ) en bas, tandis qu'un centaure l'accompagne ayeo un iment ; une chimère ailée fait danser une femme au son nstnunent à cordes ; enfin un autre animal fantastique le la harpe devant une femme. Des rinceaux à fleurs )ées courent au milieu des personnages, space compris entre chacun des médaillons du pourmt occupé par un ch&teau crénelé, qui s'enlève sur un Témail vert.
rebord très étroit du vase est décoré d'une dentelure iiai, noyée dans une bande d'émail bleu et vert. ; objet, de la fin du xii® siècle ou du commencement du provient du cabinet de M. de Mon ville; il a été gravé [. Willemin dans son ouvrage Les Monuments frcmçais
s, planche ex. — D. S4 cent., U. 35 mltt.
2 — Autre bassin émaillé de môme forme. =La décorautérieure présente également cinq médaillons : dans du centre, un roi à cheval porte un faucon sur le poing ; chacun des autres compartiments, deux personnages nnés tenant à la main, soit un sceptre, soit une épée. gures, autour desqueUes circulent d'élégants fleurons, tachent sur un fond d'azur. Dans les espaces compris les médaillons du pourtour se trouvent quatre écussons ries : deux sont burelés d'argent et d'azur, une tour à la porte et aux quatre fenêtres de gueules brochant sur it; le troisième, fascé d'argent et d'azur do huit pièces, cf de gueules chargé de neuf vergettes d'or ; le dernier,
trayersé de sable et de gueules de dix pièces, au chef de vair.
Il existe des bassins semblables au musée du Louvre, ^ àla
Bibliothèque royale et dans plusieurs collections. On a ^^^^ souvent discuté sur leur usage : M . Pottier, dans le texte de M ^ M' l'ouvrage de M. Willemin, et M. Adrien de Longpérier * s'en iiuej» - «ont occupés sans arriver à une solution de la questkm. Quelcjgg^^^"^ archéologues ont supposé qu'on s'en servait pour hdsser ti4^'^^ ^^' ber de leau sur les mains avant et après le repas ; d'auto:^ ^^ .^ qu'ils étaient employés dans les cérémonies de l'Eglise, ^ 'm. pour présenter la communion sous les deux espèces, soit Y^^^jL taVr^ administrer le baptême. Il est certain que, dans l'inventa.*^^'^ |ouse des ornements épiscopaux de Foulques, évoque de Toulon^^ ^ssius qui mourut en 1231, on trouve la description de bassii-^ ^ ^^èsor émaillés semblables à ceux-ci ; on en conservait dans le tarésr^ ^,
de la cathédrale de Beauvais et dans celui de l'ancienne col^^^ y^^ légiale de Saint-Etienne. Il faut dire cependant qu'on ne reiS^^^^ #> contre presque toujours sur ces bassins que des sujets profit'' ^ nés. Un point sur lequel les archéologues sont d'accord, c'ej^^ ,
qu'ils datent de la fin du xii® siècle et du commencement d' f^ xin* siècle. — d. sscent., h. 35 mUl.
678 — Custode à couvercle conique. = Le fond, d'éma.^ g:mJBm\ bleu clair, est décoré de médaiUons fond d'or à étoiles bleucE>-«^^"^' et de rinceaux. ~ h. 9 cent., d. 7.
674 — Navette à encens. =Lc fond bleu foncé du couvercl^^"'^'^'^ est parsemé de fleurons à tige dorée et décorée de deux m^^^^"*^™^
daillons. — h. 6 cent., Long. so.
675 — Navette à encens. = Le fond émaillé, bleu foncé, em ^^^ ^^ décoré de fleurons dorés, de médaillons émaillés et de deut^^^"^ boutons formés par des salamandres en bronze doré et cisela l'^ie. Le pied manque, —h.k cent., Long. io.
Ce vase a été placé sur le socle en cuivre doré, catalogiK-^ '^^ n«954.
676 — Châsse, en forme de tombe, à couvercle prismatS que.=Deux sujets intéressants sont représentés sur la
(I) Cabinet de l'antiquaire, tome 1, p. 157.
ËMAILLERIE. ÉMAUX INCRUSTES. XII' S. 579 principale; ils s'enlèvent sur un fond d'émail bleu lapis semé de rosaces, et coupé horizontalement de bandes d'émail vert et d'émail bleu clair. Sur le couvercle, Joseph d'Arimathie, Nicodème et un autre disciple déposent Jésus dans le tombeau ; Marie Madeleine et Marie, mère de Jacques, sont là, debout, ailprès du sépulcre. Le fond du tableau est décoré de trois arcades plein cintre surbaissé.
Dans la partie inférieure, les trois Marie se dirigent vers le lieu de la sépulture du Christ. Un ange ailé, vêtu d'une longue tunique, est assis sur la pierre qui recouvrait le tombeau ; deux gardes sont couchés endormis aux pieds do l'ange.
Les figures sont finement ciselées sur le fond du métal doré, les têtes seules font saiUie sur l'émail.
Chacune des faces latérales reproduit la figure d'un apôtre, qui en occupe toute la hauteur. Ces figures, burinées en creux sur le métal doré, se détachent sur un fond d'émail bleu, enrichi de fleurons élégants.
La face postérieure, en émail fond bleu, est décorée de six rangées d'étoiles émaillées sur rosaces de métal et d'un semis de petites croix dorées. — h. it cent., l. 9, Long. m.
677 — ChÂsse en forme de tombe, à couvercle prismatique. =Snr le fond d'émail bleu foncé du couvercle, du côté de la face principale, les trois rois mages sont représentés à cheval, se dirigeant vers Bethléem ; ils montrent du doigt l'étoile qui les conduit. Dans la partie inférieure, les trois mages, dont la tète est ornée d'un nimbe carré, présentent l'or, l'encens et la myrrhe à Jésus dans les bras de sa mère. Les figures se détachent sur un fond d'émail bleu de ciel, coupé horizontalement de deux bandes vertes et semé de rosaces ; elles sont ciselées sur le métal doré, au niveau du glacis de l'émail ; les têtes seules sont en saillie.
Sur chacune des faces latérales, une figure d'apôtre, dans une auréole elliptique, se détache sur un fond d'émail bleu orné de bandes et de rosaces.
La face postérieure, dans laquelle est ménagée l'ouverture du reliquaire, est divisée par des filets d'or, en compartiments
carrés, alternativement bleu foncé et bleu clair, ornes d'ui fleuron crucifère, —h. 13 cem., Long, i», l. s.
678 — Quatre petites plaques provenant d'un reliquai^-^^o. s: Elles sont bordées d'une bande d'émail bleu et blanc. Les sujets sont en émail de diverses couleurs nuancées, sauL^ les carnations, qui sont intaillées en creux sur le métal doir<3 du fond.
La première, qui a la forme d'une auréole elliptique, tcûferme la Vierge avec l'enfant Jésus sur ses genoux-. La muère du Sauveur est diadémée et revêtue d'un riche costuma à la manière byzantine. Elle tient à la main un sceptre fleurdelisé et foule sous ses pieds le serpent. — h. 110 mui., l. ss.
La seconde, de forme oblongue, représente saint Paul ^urmé d'un glaive et tenant un livre, —h. iio mui., l. 45.
La troisième, de forme elliptique, représente le prophète
Elie. ^H. 85 mill., L. 60.
La quatrième, de forme contournée, représente le propiéte Ëlie et la veuve de Sarepta qui tient les deux morceaux de bois , symbole prophétique de l'instrument de la passion du
Christ. — H. 45 mill., L. 80.
679 — Pied de reliquaire en bronze doré et émaillé.^IIa la forme d'un cône, surmonté d'une boule à godrons, année d'une pointe sur laquelle tournait l'ossuaire. Trois pattes de lion, qui sortent de la gueule des monstres dont les corps s'étendent sur le cône, l'élèvent au-dessus du sol. Le fond d'émail bleu dont il est décoré est parsemé de fleurons ciselés sur le métal doré. Des inscriptions en lettres capitales romAines, mêlées de quelques caractères onciaux, se détachent en émail bleu sur des bandes d'or. Nous les reproduisons en entier en rétablissant les mots exprimés par des abréviations :
f DE LIGNO DOMINI.
f DE SANCTO BLASIO.
f DE VESTIMENTO VIRGINIS MARIE.
f DE SANCrO LAURENCIO.
Ces inscriptions semblent annoncer que le reliquaire renfermait un morceau de la vraie croix, une particule des vél«-
ÉMAILLERIE. ÉMAUX INCRUSTES. Xill" S. 581 lents de la Vierge et des reli(iucs de saint Biaise et de saint
aurent. —h lOcent.D.àlabascO.
680 — Coffret à bijoux de forme oblongue. = Le centre du >uvercle, qui s*élève au-dessus de quatre plans inclinés, est écoré d*élégants entrelacs en émail, se détachant sur le fond u cuivre doré ; les plans inclinés sont en émail d*azur chargé e fleurs à tiges dorées. Le corps du coffret, aussi en émail *azur, est enrichi de médaillons fond vert, qui renferment des
nimaUX. — h. 45 mlll., Long. Il cent., !.. 7.
681 — Plaque terminée en angle aigu, provenant de la artie latérale d'une châsse. = Dans la partie inférieure, deux su'cophages ouverts laissent voir les ossements humains qu'ils informent. Au-dessus cette inscription : exultabunt domino RSA HtîMiLiATA, sc trouvc gravéc sur une bande de métal doré, ai sépare le tableau en deux parties. Dans la partie supéieure, deux saints sont assis tenant à la main la palme de la ictoire. Leurs têtes diadémées sont auréolées de nimbes à annelures rayonnantes. Les figures, burinées en creux sur le létal doré, se détachent sur un fond d'émail d*azur, enrichi le rinceaux élégants, à feuillage d'or et à fleurs multicolores.
Ouvrage du xiii® siècle. — h. a* cem., l. à la base is.
682 — Grosso d'évêque. = La douille, en émail fond bleu, ist ornée de fleurons émaillés à tiges dorées, he pommeau, dé- ;oapé à jour et composé d'un enroulement de salamandres, iSt surmonté d'une demi-flgure d'ange, dont les ailes vont reoindre la courbure de la volute, qui est formée par les replis Tun serpent à la peau d'azur réticulée d'or. Le monstre mord b la queue un lion doré, placé au centre. — h. 3i cent.
683 — Crosse d'évôque. = Un serpent, à écailles bleues )ordées d'or, forme la volute, dont la courbure est terminée )ar la tête de l'animal ; l'archange saint Michel , placé au 5entre, le perce de sa lance ; le pommeau, en bronze doré, est (ormé par un double enroulement de salamandres et divisé en leux parties par un anneau orné de turquoises.
Trois lézards rampent sur la douille, qui déploie d'élégants fleurons sur un fond d'azur. — h. si œm.
684 — Custode, à couvercle de forme hémisphéroîdalt Le cylindre, élevé sur un soubassement de bronze doré , ^st divisé en douze arcades plein cintre subtrilobées, dont;, k fond est alternativement rouge et bleu. Sous chacune des SLrcades est représenté un personnage nimbé.
Le couvercle qui s'élève au-dessus du couronnement: cfu cylindre présente, sur un fond rouge, cinq médaillons ém&illés en bleu, renfermant chacun un griffon ailé, à tête humaine.
A rintérieur du couvercle, sur un fond d'émail bleu semé de fleurons , est représentée une scène tirée de la vi<3 de saint Eustache, et ainsi rapportée dans la Légende dc^fi^' ** Étant arrivé au bord d'une rivière, il n'osa pas, à caue^^de ^ l'élévation des eaux, la traverser avec ses deux enfs^.:iit8; ^ mais en ayant laissé un sur la rive, il se mit à transpci^rter •• l'autre, et lorsqu'il l'eut déposé sur le bord opposé, i"ï re- «• vint chercher le second. Et lorsqu'il fut arrivé au mili& 'vdn «« fleuve, un loup accourut tout à coup, saisit dans sa gm^^ule ** l'enfant qu'il venait de quitter, et l'emporta dans un Ii^ois. «« Eustache, désespéré, se hâta de se diriger vers son a.«iti^ •• enfant ; mais un lion survint et emporta de son côté le p&uvre •• petit. -
Au fond de la botte, on voit le Christ assis dans une aurëo/e en quatre-feuilles, dont les lobes sont surmontés de pinacles, n élève la main droite pour bénir ; sa main gauche repose sur le globe crucigère. Les symboles des évangélistes sont placés autour du Christ, dans les angles formés par les pinacles.
Toutes les figures sont finement burinées en creux sur le métal doré, et niellées d'un émail rouge ou bleu. Ouvrage du xrv* siècle. — h. io cent., d. 9.
Si II. ÉMAUX TRANSLUCIDES SUR RELIEF.
685 — Plaque d'argent sur laquelle est légèrement cisdée en relief la figure de sainte Catherine d'Alexandrie, coloriée par des émaux translucides.
Travail français du xv* siècle. — h. 4o mui., l. u.
ËMÂlLLERIff. tMAUX SUR RELIEF. XV> S. 583
686 — Plaques d'or émaillées des deux côtés. = Ces deux plaques, de forme oblongue, arrondies par en haut, sont 'éanies par une nervure; cette jonction est moderne, et il y . lieu de penser qu'elles formaient les deux volets d'un petit piptyque.
D*un côté : Charlemagne et saint Louis. L empereur porte ne armure de fer ; sa tétc est ceinte de la couronne impériale ;
tient Tépée de la main droite ; de la gauche, le globe surlonté de la croix ; ses épaules sont couvertes d'un manteau roche de fleurs de lis et d'aigles à doux tôtes. Saint Louis Drte une longue robe rouge, et par-dessus un manteau bleu nné de fleurs de lis d'or ; sa tête est couronnée de la couronne >yale, non fermée; il tient le sceptre et la main de justice.
De l'antre côté : Pierre II de Bourbon, sire de Beaujeu, lie de Bourbon et d'Auvergne, mort en 1503, et Jeanne de rance, sa femme, fille de Louis XI, morte en 1 622. Le prince :; la princesse sont à genoux sur un prie-dieu, ayant debout erriére eux leurs saints patrons, saint Pierre et sainte Anne. .e prince est vôtu d'une longue robe violette, recouverte d'un lanteau rouge, dont le haut est décoré d'une fourrure 'hermine. Il porte la couronne ducale. La princesse a éga* «ment une robe violette, et par-dessus, le surcot découpé ous les bras et réduit par -devant à une bande étroite, parsemée de pierreries ; un large manteau rouge descend de les épaules. Sa tête est ceinte d'une couronne semblable à îelle que porte son mari.
Cet émail est exécuté d'après le procédé indiqué par Benrenuto Cellini, dans son Traité de F orfèvrerie, chapitre iv. ^ous l'avons fait connaître dans l'Introduction, p. Iô6.
Travail italien de la fin du xv*^ siècle. — h. 45 mm., l. 37.