‹ Description des objets les plus remarquables de la collection de sculpture antique de Mr. A. de MontferrandChapitre 30 sur 77 · Sarcophage. — Chasse · texte numérisé non relu

Sarcophage. — Chasse

(PL XIIIe.)

Ce relief intéressant, du temps de Constantin le Grand à peu près, offre une scène des chasses, qui étaient en usage à l’époque de cet empereur. Au milieu, on voit un chasseur à cheval, tourné à droite et lançant le javelot contre un lion qui s’avance. Ce chasseur est probablement le personnage, dont les restes étaient conservés dans ce monument funéraire. Il est vêtu d’un chiton et d’une chlamyde , qui flotte au vent. Derrière lui, accourt une femme casquée, vêtue d’un chlamyde et d’un chiton court, qui laisse à nu le côté droit de la poitrine; elle a des bottines, comme les portaient alors les chasseurs (xap^aTivai, èvàpopiSsç) et. qui étaient faites de peau de taureau; ses armes consistent en un javelot et un bouclier rond. Elle vient au secours du chasseur, qui assisté d’un camarade, également à cheval, vêtu d’une chlamyde et armé d’une épée, combat un grand lion. Cet animal, la gueule ouverte, court droit à son adversaire. Entre les jambes du cheval du premier chasseur, on voit un de ses compagnons, vêtu d’un chiton et armé d un poignard; il est renversé et paraît être blessé. Son chien est debout à côté de lui et recule devant le formidable lion. A droite, derrière le lion, on voit encore deux chasseurs, en chitons et chlarnydes ; l’un, dont la partie supérieure est restaurée, semble lancer sur le lion

une grande pierre, qu il tient avec les deux mains. Plusieurs autres monuments anciens, tels que des vases peints 1 , des sarcophages, etc., offrent aussi des chasseurs armes de pierres et combattant des animaux differents; des guerriers armes de pierres 2, etc. L’autre chasseur se retire devant le lion; il porte des bottines et tient une lance de la main gauche. Un cerf perce' d’une lance et un taureau tué désignent les premiers succès de la chasse que l’artiste a voulu rendre sur ce monument.

A gauche sont sculptés trois autres chasseurs, vêtus comme les premiers, mais à pied. Lun, armé d’une épée et dun bouclier ovale, est assailli par un jeune ours, debout sur les pattes de derrière et ouvrant la gueule. Les deux autres, assistés de deux lévriers de chasse, ornés de colliers, attaquent un sanglier; le premier des chasseurs est muni d’un lance et d un bouclier ovale, le second d une massue. A droite, et près du chasseur à cheval, un ours s’éloigne.

Dans le fond, on remarque quelques arbustes de laurier, indiquant que la scène représente vraisemblablement une de ces grandes chasses en Grèce.

Outre la partie décrite à droite, une autre, à gauche, comprenant la tête de la femme et celle du chasseur armé de la massue, est également restaurée.

Quelques musées de Rome 3 et le Louvre 4 renferment des bas-reliefs semblables, où la figure principale est

1 P. e. sur un beau vase du Musée de Berlin , offrant la chasse au sanglier de Calydon.

'l P. e. le célèbre vase peint, publié par Mil! in (peintures des vases, I, 61 et gai. myth. CXXXV, N° 498) qu'on prend pour une réplique du bouclier de Minerve, travail de Phidias.

3 Santo-Bartoli, Admiranda Romæ.

4 Clarac, III, pl. 151 N° 423, Vol. II, 2, p. 476.

aussi accompagnée d une femme casquée. On a pris souvent cette femme pour une Dea Rorna et la personne qu elle protège pour l’empereur : mais à notre avis, ce chasseur porte un costume trop simple pour admettre cette supposition : comme tous les monuments, offrant cette scène, sont funéraires, il est beaucoup plus probable, que le personnage éminent soit celui, en l’honneur duquel la pierre était sculptée. La femme qui l’accompagne, n’est pas une amazone, une seconde Atalante : elle semble avoir plutôt une signification allégorique, d’après l’usage de cette époque. C’est, selon nous, une Minerve, faisant allusion à la bravoure et au courage du chasseur principal, qui donne l’exemple de l’intrépidité aux personnes de sa suite.

Celui, dont les dépouilles étaient conservées autrefois dans ce sarcophage de marbre penthélique, paraît donc avoir été un général on préfet romain en Grèce, grand amateur de la chasse, et l’artiste a choisi cette occupation favorite du personnage, pour la célébrer sur le dernier monument, érigé à sa mémoire.

Les beaux groupes du bas relief que nous venons de décrire font supposer, que l’artiste les a composés d’après d’autres monuments semblables, mieux sculptés que le nôtre et appartenant à une époque antérieure, car l’exécution trop peu soignée de ce sarcophage, n’est pas en rapport avec sa composition.

H. 1 w. = 2 pieds 2 pouces angl.

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