‹ Description des objets les plus remarquables de la collection de sculpture antique de Mr. A. de MontferrandChapitre 7 sur 77 · PL VI · texte numérisé non relu

PL VI

Vénus est représentée vêtue d un chiton poderes< qui laisse à nu la partie supérieure du corps; les cheveux sont ornés du korymbos et deux tresses retombent sur les épaules.

Au coté droit de la déesse, on voit un vase, recouvert par un vêtement, dont le bord est enrichi de franges. Ce vase sert en même temps de support à la statue.

La tête est rapportée , les bras manquent. Quelques parties des hanches et des draperies sont restaurées.

H. 2 a. 13. w. = 6 pieds 6| pouces angl.

Nous voyons dans ce monument gracieux, acquis à Rome par l’entremise du sculpteur français Mr. Le Moyne, la répétition antique d’une statue célèbre, le chef-d’œuvre d’un des plus grands artistes de la Grèce. Cet original est très-souvent répété, tantôt en Vénus, comme dans notre statue, tantôt en Nymphe figurée debout devant un bassin.

» Clarac, pl. 421 N° 742.

Parmi les statues de Venus , celles qui ont le plus de ressemblance avec la notre se trouvent à Rome, au Musée Chiaramonti; (la Venus de Gabii, Clarac. pl. 600, IN0 1324), dans la Villa Albani (ibid. pl. 602, 1N° 1332 A.), une figure moins belle aussi dans la collection Giustiniani (Clarac, 1. c. pl. 606, N° 1338), au Musée de Dresde (ibid. N° 1337) etc.

Mais ces statues, la plupart beaucoup plus restaurées que la nôtre, sont rarement accompagnées du vase , destiné aux onguents, comme on le voit au côté de la statue dont nous parlons. On trouve cet accessoire près des statues qui offrent la déesse nue, p. e. avec la Vénus du Capitole, une des plus belles des statues de ce genre, qui existent, (v. Clarac, p. 626 B, ]N° 1383 D).

Comme l’excellent original de notre statue était fortconsidéré, on l’a employé, pour reproduire d’après lui des nymphes , destinées à l’ornement de fontaines et d’autres monuments. Ces statues étaient représentées ou placées devant un bassin , comme on en voit une de forme gracieuse, chez S. E. Mr. le Chancelier de 1 Empire Comte Nesselrode, ou bien tenant un bassin, ordinairement en forme de coquille, comme les statues conservées au Musée Pio Clementino, ainsi que dans les collections Vescovali à Rome, et Anson, en Angleterre (v. Clarac, pl. 754, N0 1838 A, 1839, 1840; pl. 760, IN° 1856.) On désigne aussi ces statues par le nom de Danaïdes 1 , mais celte appellation manque de justesse , selon nous , car 1 expression du repentir et de la punition n y paraît point.

Visconti a pensé, d’après deux passages de l’art d’aimer d Ovide, que de telles figures, placées sur le forum de César, portaient le nom d’Appiades 2, mais ces passages

1 p. e. Clarac, IV, p. 331, N° 1856 etc.

2 Ibid. p. 325.

sont trop obscurs, et d ailleurs aucun auteur ancien nous donne b explication de ce mot.

L’application de statues pareilles à lornement de fontaines, est prouvée par un grand nombre de reliefs, où elles sont gravées seules ou accompagnées d’autres divinités et dont les inscriptions les désignent comme nymphes de fontaines 1 .

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