Groupe en haut-relief. — Pascht et Pht/ias
(PL XVe N3 5.)
Pascht , représentée à gauche, porte sur sa tète de lion un polos , orné du basilic { uréus ). Elle tient la croix ansée 2 (considérée ordinairement comme la clé du ciel) dans la main droite et un bâton dans la gauche.
Phthas (Pt ali) a les cheveux couverts d un bonnet étroit; il porte une fausse barbe et tient dans les mains
1 Clarac, V pl. 996 N° 2558, B.
2 V. la savante dissertation de Mr. Raoul-Rochette, rnéiu.
de l'Institut, 1847.
un bâton, terminé en haut par un nilomètre et en bas par un croissant.
Belle pièce en diorite.
H. 1 2| w. = 1 pied 9^ pouces angl.
Une statue semblable de Pascht, en granit, se trouve au musée du Vatican l, où Ion conserve aussi une statue assise de la meme divinité, mais sans le bâton 2 . Dans ces deux monuments, 1 uréus devant le polos , n est pas bien visible, il paraît mal conservé et notre monument démontre que la figure large et pointue en haut, qu’on voit au-dessus de la tète des deux monuments de Rome, n’était que l’uréus, X agathodairnon, le serpent sacré des Egyptiens. Un fragment de statue en granit noir, faisant partie du musée du Louvre, offre Pascht avec les mêmes emblèmes qu elle porte dans notre haut-relief, mais le bâton est surmonté d une espèce de calice en forme de fleur de lotus 3.
La figure à côté de Pascht paraît être désignée par le nilomètre comme Ptah , Phthas (assimilé par les Grecs à Hephæstos4 ), dont un des symboles ordinaires était l’échelle connue sous le nom de Nilomètre. La barbe artificielle se trouve quelquefois sur les figures d’Ammon et d’Üsiris et ne désigne pas absolument un homme mortel.
Les groupes égyptiens en haut-relief sont rares. Le musée du Louvre en possède un qui appartient à la XVIIe dynastie; il représente un jeune homme et une jeune femme, assis et s’embrassant; entre eux est accrou-
1 Clarac, Y pi. 984 B, N° 2540.
2 Ibid. N° 2539.
3 Ibid pl. 997 A N° 2544 A.
4 C’est ce Phthas (cf>^aç) à qui le roi Sesoosis Consacra à Memphis des statues qui le représentaient, lui et toute sa famille, v. Diod. Liv. I, Ch. LV1I.
pie une troisième figure, avec une tète mutilée; c’est peut-être l’enfant de ces deux personnages 1 . Un groupe semblable, et en pierre calcaire comme le précédent, se trouve aussi au Louvre 2; mais ici on voit entre les deux figures assises, un petit Harpocrate debout. Tous ces groupes représentent un homme et une femme et le nôtre en est le plus curieux, puisqu au lieu d’hommes, il offre deux divinités.