‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 16 sur 77 · ANCIENNE CHAPELLE DU MONASTÈRE DES CHARTREUX · texte numérisé non relu

ANCIENNE CHAPELLE DU MONASTÈRE DES CHARTREUX

Vers le commencement du xvu* siècle, au-delà des murs de ville qui clôturaient au sud -ouest la cathédrale Saint- André, s'étendaient de vastes marais, des terres incultes inondées par les eaux descendant' des landes et par les débordements fréquents du Peugue et de La Devèze. Sur un petit tertre entouré de ces marécages, et distant de la cathédrale de quelques centaines de mètres, les pieuses libéralités d'un moine et les largesses d'un éminent prélat fondèrent l'établissement d'une nouvelle Chartreuse (*).

Le siège archiépiscopal de la ville de Bordeaux était alors occupé par François d'Escoubleau de Sourdis, d'une ancienne et illustre famille, élevé à la dignité de cardinal par le pape Clément VIII, le 3 mars 1598, et nommé à l'archevêché de Bordeaux l'année suivante. Sous l'administration de M^ de Sourdis s'établirent ou se réédifièrent, dans le diocèse, plusieurs églises et chapelles; de ce nombre, le couvent des Chartreux et l'église de ce couvent. Mais en intervertissant les termes des lettres -patentes, concernant l'établissement des Chartreux, octroyées par Louis XIII, en 1020, nous de

(') Sur le plan de Bordeaux, levé en 1755 par ordre de l'intendant de Tourny, l'ancien monastère des Chartreux était placé près du quai, à peu de distance et dans la direction nord de l'an^^le du pavé des Chartruns. [linpporf de la Commission des Monuments historifiupfi: «'omninnir.it ion de M. dt; Liniinlhe, 1853, p. 13 )

vons dire : si le principal bienfaiteur du monastère fut M»' de Sourdis, Blaize de Gascq, sieur de Saint- Sulpice, ou plutôt frère Ambroise de Gascq, en est le vrai fondateur (').

Les preuves de ce fait sont clairement expliquées par l'extrait suivant des lettres d'attache délivrées en Parlement le 4 septembre 1608 : € Blaize de Gascq ayant fait son testament » dans le monastère des Chartreux, situé en la province de » Galabre, au royaume de Naples, par lequel il avait institué ï son héritier universel, en tous et chacuns ses biens, meu- > blés et immeubles, droits, noms, raisons et actions qiieiï) conques. Tordre des Chartreux, aux fins de la fondation » d'un couvent et église dudit ordre en notre ville de Bor- ^ deaux, en un lieu non beaucoup distant d'icolle, soubs le is> titre de Saint Bruno (*). »

Le cardinal de Sourdis voulut seconder cette pieuse fondation, et joignit à l'établissement du monastère un hôpital de pauvres incurables, dont la charge et l'administration incombèrent aux Chartreux (^). Mais c'est surtout à l'assainissement des vastes marais qui occupaient les terrains voisins de la nouvelle Chartreuse, que M*' de Sourdis employa des sommes immenses. La reine Marie de Médicis se trouvant alors à Bordeaux, représenta au cardinal les difficultés de son entreprise et lui témoigna des doutes sur sa réussite, a Ty dépen- » serai cent mille livres, répondit le prélat; et si le succès y> ne répond pas à tnes espérances, f aurai la consolation (fa-

' (*) M. Jouannet, dans V Éloge du cardinal de Sourdis, nnmiue exclusivement ce prélat comme le fondateur de la Chartreuse.

(*) Extrait des Archit^es départementales. Rapport de la Commission des Monuments historiques, 1853, p. 48.

(^) Sur la porte de la pharmacie se trouvent les vers suivants :

Quod propè Branonis Boromoiqoe (;emellas .Fdcs, stat medio pœonis ara loro, ^ Sourdisii est pielas, ut promptior aAsU udi-^tiuc

Onobii .F^jroiis plofhojloiliiiqii»- >alnïi.

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