‹ Description des œuvres d'art qui décorent les édifices publics de la ville de BordeauxChapitre 40 sur 77 · CÔTE DROIT · texte numérisé non relu

CÔTE DROIT

I"" Saint Mathieu, évangéliste;

^ Sainte Jeanne de Valois. (Ces deux panneaux ont été donnés par M"' Jeanne Lasserre , sœur d'un ancien curé de cette église.)

3" Saint Nicolas, patron de la paroisse; don de Son Ém. M'' le Cardinal Donnet.

CÔTÉ GAOCHE.

1° Sainte-Cécile, don de la psallelte de Sainl-Nicolas ;

S"" Saint Joseph, don de Vauteur qui habite la paroisse;

3° La Vierge au Rosaire, don de la Confrérie du Rosaire.

Toutes ces figures ont environ 2 mètres de hauteur; elles sont entourées d'une riche bordure où figurent des anges, rappelant par leurs accessoires et les légendes qu'ils tiennent dans leurs mains le sujet principal de ces verrières.

TABLEAUX

Saint Nicolas, archevêque de Mj're.

Saint Nicolas, vêtu de ses habits sacerdotaux, debout, une main sur la poitrine, indique de l'autre de jeunes enfants groupés à ses pieds, et lève les yeux au ciel avec un sentiment d'invocation. (H' 3"*40, L' 1~95, T.)

Ce tableau, placé au fond du sanctuaire, fut donné à l'église, en 1838, par le roi Louis-Philippe; il est signé : Mauzaisse, 1837,

Le Musée du Luxembourg possède trois tableaux de cet artiste, dont le nom se trouve également dans le Catalogue du Musée de Bordeaux, p. 162, comme auteur du Baptême de Clorinde.

Les trois jeunes enfants, placés dans un baquet aux pieds du saint, se rapportent à plusieurs légendes. L'abbé Pascal explique ainsi les diverses manières de représenter saint Nicolas : « Selon la légende vulgaire, une femme avait tué trois enfants, dont elle avait mis les corps à saler dans un vase de bois. Saint Nicolas, instruit de ce meurtre, par inspiration divine, les rendit à la vie. »

Selon une autre version, trois jeunes gens auraient été

sauvés d'un naufrage par le même saint. (C'est ici le sujet représenté par M. Mauzaisse.) Paquot, cité par M. Tabbé Pascal, signale, en Italie, une autre manière de représenter saint Nicolas : <r D'une main, le saint archevêque tient la crosse; de Fautre, un livre sur lequel sont trois lingots d'or. C'est une allusion à trois jeunes filles que leur père voulait perdre pour un vil lucre, et dont Nicolas sauva la pudeur en donnant cet or à leur indigne père. . . i> {Insi, de l'art chrétien, 2* vol., p. 138.)

Saint Jérôme, et saint Paul, ermite.

Il est difficile d'analyser le sujet représenté sur cette toile, en raison de son état de délabrement.

Au premier plan apparaissent deux vieillards : Tun chauve et le corps demi-nu, amaigri par le jeûne : saint Jérôme; Fautre, enveloppé d'une draperie, portant une longue barbe et appuyé sur un bâton : saint Paul. (H^ 1"80, L' I^OS, T.)

Ce tableau était dans l'ancienne église Saint -Nicolas, et primitivement dans la chapelle de l'ancien couvent des Grands-Carmes (*).

Saint Ëlie.

Le saint, agenouillé, transporté de ravissement, est entouré d'anges. (H' 2»30, L' 1»90, T.)

Comme le précédent, ce tableau appartient à l'école française du xviii* siècle, et provient du couvent des Grands- Carmes.

(^) Ce couvent était situé entre rancienne rue Bouhaut, aujourd'hui Sainte- Catherine, et la rue de Lalande, sur le cdté méridional des fossés de ville (cours Napoléon de nos jours). La rue aiguière a été tracée sur l'emplacement de l'ancien monastère, et quelques fragments de l'église se voient encore dans cette rue.

*Si^2 ÉGLISE

La sainte Famille.

Au centre de la composition, la Vierge, assise, tient suspendue au-dessus de la tête du petit Jésus la croix d'un rosaire. Jésus, debout devant sa sainte Hère, élève ses petits bras pour saisir la croix. Saint Jean-Baptiste, assis, caressant un agneau, regarde la scène qui vient d'être décrite.

Dans le fond du paysage apparaissent saint Joseph et sainte Elisabeth. (H' 1-80, L' 1-25.) Signé : Oscar Gué, 1852.

Ce tableau, peint par M. Oscar Gué, directeur de TÉcole de Peinture de la ville de Bordeaux et conservateur du Musée, fit partie de TExposition des Amis des Arts en 1851, et fut acheté par le Ministre de Tlntérieur qui l'offrit à l'église Saint Nicolas.

La Magdeleine versant des parfums sur la Icte du Clirisl.

a Or, comme Jésus était en Béthanie, chez Simon le lépreux, une femme vint à lui avec un vase d'albâtre plein d'un parfum de grand prix qu'elle répandit sur sa tête lorsqu'il était à table. Les disciples, témoins de cette action, en furent indignés, et dirent : Pourquoi cette profusion? on aurait pu vendre ce parfum bien cher, et en donner le prix aux pauvres. Mais Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit : Pourquoi faites-vous de la peine à cette fernmef Ce qu'elle vient de faire à mon égard est une bonne œuvre, car vous aurez toujours des pauvres parmi vous, mais vous ne m'aurez pas toujours. Or, cette femme, en répandant ce parfum sur mon corps, Ta fait en vue dejna sépulture. » (Évang. selon Saint-Mathieu, chap. XXYI.) Jésus, assis, s'adresse à ces apôtres qui ne figurent pas

dans le tableau; Magdeleine, debout, répand sur la tète du Christ un vase de parfum. Un enfant et quelques personnages apparaissent dans le fond de la scène. (Fig. de grandeur naturelle, à mi-corps; H' l^R*, L' 1»15, T.)

Ce tableau, comme le précédent, a été peint par M. Gué; il était au salon de Paris en 1846, et à Texposition de Bor^ deaux en 1851, où il fut acheté par la fabrique de Téglise Saint-Nicolas.

Nous citerons encore deux toiles peu précieuses en ellesmêmes, mais qui rappellent des compositions de grands maîtres rarement exposées dans les églises : Tune a pour sujet YÉducation de la Vierge, copie de même grandeur que Foriginal, d'un des plus gracieux tableaux de Pierre Paul Rubens, exposé au Musée d'Anvers, et qui a été gravé par Bolswert et Dossier, sous la direction d'Audran. La deuxième toile représente Éliézer et Rébecca, copie du tableau de Nicolas Poussiu, peint en 1648 pour le sieur Pointel, comme le rapporte Félibien, et qui se trouve actuellement au Louvre.

Cette copie, dont Foriginal donna lieu à Tintéressante conférence de Ph. de Champagne et de Charles Le Brun, publiée par M. de Chennevières dans les Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l'Académie royale de peinture, t. I, p. 245, a tout autant d'intérêt que les reproductions de tableaux du Poussin exposés au Musée de Bordeaux.

Tous les biographes reconnaissent dans Nicolas Poussin le caractère le plus modeste, allié au plus grand génie de Técole française. Depuis Félibien, qui écrivit ses Entretiens sur les vies des plus excellents peintres, jusqu'au livre de M. Bouchitté (couronné par l'Académie française), la vie et les tableaux de notre premier peintre ont été le sujet de

nombreuses études biographiques. Il n'est point d'existence d'artiste dont le récit soit plus attachant. Délaissant la cour de Louis XIII, la protection de son puissant ministre. Le Poussin se retire dans un des faubourgs de Rome pour y vivre dans le calme et le recueillement, promenant ses rêveries au milieu des vallées qui bordent le Tibre (^) ou sous les saules des rives de TAnio. Puis un jour cette belle existence s'éteignit, et les restes de ce grand homme furent déposés dans une modeste tombe (*), alors que ses ouvrages

(*) A peu de distance de Rome, en remontant la rive droite du Tibre, est une petite vallée encaissée de rochers, au fond de laquelle s'élève une construction rustique reproduite dans plusieurs paysages du Poussin. C'est probablement en raison de ce fait ou d'une tradition que cette petite Tallée est regardée comme ayant été la promenade favorite du grand peintre^ et qu'on l'appelle encore de nos jours la vallée du Poussin.

(*) Tout le monde sait que N. Poussin naquit dans une petite ville de Normandie, et qu'il mourut à Rome; mais il est peu d'artistes ou d'étrangers qui visitent la petite église de San Lorenzo-in-Lucina, près du Corso, soit qu'ils aient oublié ou qu'ils ignorent que là fut enseveli notre grand peintre, le 20 novembre 1665.

En 1829, M. de Chateaubriand, alors ambassadeur de France dans les états Romains, fit élever à San Lorenzo, en souvenir de notre illustre compatriote, le petit monument qui se trouve à droite de la nef. Ce monument se compose d'une stèle de 2 mètres environ d'élévation, adossée à l'un des piliers de l'église. Dans une niche est placé le buste du peintre, en marbre blanc, et signé: P. Lemoyne; au-dessous, est un bas-relief représentant : Les Bergers ttArcadie, tableau du Poussin, et plus bas, l'inscription suivante :

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