‹ Description des vases peints et de bronzes antiquesChapitre 13 sur 39 · SUJETS ILIAQUES · texte numérisé non relu

SUJETS ILIAQUES

pieds antérieurs du Centaure sont de forme humaine ; à ce personnage drapé, semblable en tout aux pédotribes qu'on rencontre si souvent sur les vases peints , se rattache le train de derrière d’un cheval. À côté du Centaure, mais lui tournant le dos, est Vérée, ou plutôt Posidon (1). Le dieu marin est de forme purement humaine (2). Il est barbu, couronné de myrte etenveloppé dans un ample manteau. Dans sa main gauche est un sceptre; il lève la droite en signe de surprise. Posidon fait partie d’un groupe de quatre figures. La première qui vient à sa suite est une femme vue de face, placée derrière un autel élevé sur deux degrés (3). Cette femme est #mphitrite (4) où Doris, épouse de Vérée (5). Un diadème entoure sa tête. Son costume consiste en une longue tunique plissée et un péplus. Elle lève la main droite et semble de la gauche toucher l’épaule de Posidon ; ses regards sont abaissés vers l'autel. À côté d’4mplhitrite, à gauche , sont deux Véréides vêtues de longues tuniques ; l'une accourt vers sa mere, en relevant un bout de son vêtement; la seconde se dirige vers le groupe de l'enlèvement, et se retourne vers 4nphitrite où Doris. Une partie du corps de cette seconde Véréide est cachée par l’anse du vase. Haut., 14 pouces 9 lignes.

(x) Selon la tradition la plus connue , Thétis est fille de Mérée. Mais Catulle (LXIV, 28 ) nomme à la place de Nérée, Neptune. Nous pouvons donc sans inconvénient reconnaitre ici ce dieu. Cette remarque a déjà été faite dans ma Monographie sur l’enlèvement de Thétis. Ann. de l’Inst. arch., IV, p. 127; cf. p. 92.

(2) Il n’est pas très-rare de voir Vérée sous une forme purement humaine. Dans mon Cat. Durand, n° 378 j'ai décrit une coupe sur laquelle Mérée est figuré sous la forme d’un personnage mâle enveloppé dans un manteau; son nom (Nepeuc) se lit près de lui.

(3) Cet autel pourrait faire allusion au Thétidion (Eurip., Andromach. 20). Voy. Raoul Rocheite, Mon. tnéd., p. 16. Il peut aussi se rapporter à la métamorphose de Thétis en feu, (Apollod. JF,

13, 5; Sophocl. ap. Schol. ad Pindar., Nem. III, 60). On retrouve, dans cette réunion de symboles marins et ignés, le dauphin et l'autel allumé, la même idée que représente l’arc-en-ciel sur un vase montrant l’enlèvement de Thétis (Passeri, Péct. ‘in vase. tab. 1x3 Millingen, Ancient uned. monum., pl. x). C’est un symbole qui indique l’union des deux éléments, le feu et l'eau. Cf: Lenormant, Vouvelles Ann. I, p. 263, et l'Élite des mon. céramograph., p. 34. Quelques autres vases peints offrent aussi lautel dans la scène de l'enlèvement de Thétis. Voyez le Cat. Durand, n° 370, et le Cat. étrusque, n° 135. )

(4) Le nom d’Amphitrite convient mieux à cette déesse que celui de Doris, à cause de l'autel près duquel.elle.est placée; cêt autel rappelle Hestia ou Gæa ; Amphitrite est la déesse de l’élément humide qui environne la terre. D'ailleurs 4mphttrite a la même généalogie que Doris ; c’est une Océanide ou bien une Néréide.

(5) Voyez ma Monographie sur l'enlèvement de Thétis dans les Ann. de l’Inst. arch., UV, p. 92. Ce pourrait être aussi Thalassa. Cf. la même Monographie, p. 112.

bo — F.17:(4mph.bachique). Peint. n. Vulci.-— Le combat d'Achille et de Memnon, en présence de léurs mères. Les combattants sont armés de toutes pièces. AXIAEVS, (rétrograde), Achille à un bouclier béotien sans emblème; le bouclier.de MEMNON, Memnon, est argien. Des flots de sang jailissent de la: cuisse gauche du fils de l'Auroreé, qu’ Achille vient de percer de sa, lance. Aux pieds. des combattants gît ANTIAOXOZ, Antiloque; sa tête est tout ensanglantée. Le héros est couvert de son armure et tient encore son épée; près de lui est sa lance. Les deux déesses OETIZ, (rétrograde); Thétis, et AQZ (x), l’Aurore, se tiennent chacune près des combattants. Lenr costume est absolument identique : une étroite tunique talaire, et un péplus brodé sous léquel sont cachées leurs mains:

R. Un jeune hoplite, monté sur un cheval blanc, mène en laisse un cheval noir. Sur'son bouclier argien est peinte la partie antérieure d’un sanglier.

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Devant les chevaux est une grande fleur de l'espece des liliacées (xpivov). Un éphèbe debout et nu se tient devant le cavalier, et lève la main gauche. En arrière des chevaux vole un oiseau de proie qui porte dans son bec un serpent: Dans le champ deux fleurs de l’éspèce de Paster.

Ici on doit voir peut-être l'écuyer d'Achille, comme dans les représéntations d'Achille et d'Hémethéa(2); où d'Achille poursuivant Télèphe (3). L'aigle qui porte un serpent dans son bec ferait allusion à la victoire d'Achille sur le fils de lAurore(4).

Haut. ; 12 pouces 4 lignes.

(a) Il est très-rare de trouver sur les vases à peint. noires des noms écrits avec l'6 et sans l'aspiration H; preuve que ce vase appaïtient à une epoque comparativement récente.

(2) Cat. Durand,/n°* 65, 382; Cat. étrusque, n° 5b, 132, et lusieürs dessins inédits que j'ai vus dans le portefeuille de M. Ge- ( HAE rhard, pendant mou séjour à Berlin.

3) Cat. Durand, n° 385; ef. Panofka, Ann. de L'Inst. arch. 1 2 2 VIE, p. 119.

| 4) Cf. l'Elite des mon. céramographiques, pl. var, p. 13.

60 — F,. 16. ( 4mph. tyrrh.). Peint. n. Vulci. — Combat d'Achille et de Memnon, en présence dé Thétis et de l’Aurore. Les deux guerriers sont armés de toutes pièces. Sur le grand bouclier argien d’4chille est un trépied peint en blanc. Mermnon est tombé à genoux et se défend encore avec sa lance. Le bouclier qu'il porte est béotien. Entre les jambes d'Achille on voit un oiseau de proie. C’est probablement l’âme de Memnon, symbolisée sous cette forme (1). Ovide (2) dit que du bûcher de Memnon s'envola un oiseau. Les deux déesses encouragent par leurs gestes les combattants. Elles sont toutes deux vêtues de tuniques richement brodées, recouvertes de péplus.

R. Un hoplite barbu prend congé d’un vieillard

ét d’un enfant. La cuirasse de l’'hoplite est blanche. Dans sa main droite il tient une phiale, et dans sa gauche une lance et un grand bouclier argien.-Le petit éphebe est vêtu d'une chlamyde; il semble faire ses adieux au guerrier, en tendant les deux mains vers Jui. Le vieillard est vêtu d’une tunique de pourpre et d’un manteau brodé; ses cheveux et sa barbe sont blancs. Il lève la main droite et'semble adresser un discours au guerrier qui va Ss éloigner. Derrière le vieillard sont placés deux hoplites; leurs grands bouchers argiens n'ont aucun. emblème., On pourrait voir 1ci Hector qui prend congé de Priam ; dans cé cas le petit éphèbe serait 45- [YAnNAX . Fr Re

Un second groupe. à gauche de celui que nous venons de décrire; montre un guerrier qui s'arme en présence d’une femme et d'un vieillard. Nous sommes portés à considérer ce groupe comme ‘entièrement indépendant et séparé de celui que nous venons de. décrire, En effet, la femme debout tourne le dos à l’hoplite, dans lequel nous croyons reconnaître /ector, et celui-ci à son tour est adossé à cette femme. Si on admettait l’explication que nous avons proposée pour le premier groupe; on pourrait voir jet l’armement d'Achille (3).T.afémme serait Thétis. Une épée est dans la main droite dé la déesse, qui est revêtue d’une tunique richenient brodée et ornée de bandes de pourpre. Achille, est nu et barbu. Une cnémide couvre déjà. sa jambe gauche. Il s'apprête à ‘attacher la seconde, tandis qu'entre ses jambes on voit un casque posé sur un large bouclier argien. Dans le vieillard placé en arrière d'Achille, nous reconnaîtrons sans peine Phœnir.Celui-ci est revêtu d’une tunique de pourpre et d’un manteau; les cheveux et la barbe du vieillard sont blancs. Dans sa main gauche est mé lance. Plusiéurs inscriptions illisibles.” Es

SUJERS ILIAQUES. 5

Sous le pied un monogramme formé d'une M et d'un Ë entrelacés , à côté un A.

Haut. , 14 pouces 4 lignes.

{1} Cf. mon Cat. étrusque, n° 139, note 1.

(a) Metamorph. XIIT, 604 sqq. Selon d’autres, les Mémnonidés étaient des oiseaux qui tous les ans venaient MAIRE le tombeau de: Memnon (Serv. ad Virg. Æn. I, 951). Dans la Lesché de Delphes, Memnon était représenté vêtu d’une chlamyde sur laquelle étaieut tracés des oiseaux Memnonides. Paus. X,31, 2

(3) J'avais un instant cru pouvoir rattacher à un seul événement les peintures qui décorent les deux faces de cette amphore. Dans cétte hypothèse, les deux groupes peints au revers du combat d’4clille contre, Memnon auraient eu trait à la seène qui précède ce combat. Dans le premier groupe j'étais porté à yeic Memnon . preuant congé de Priam, et dans le second, Achille s'armant en présence de tre. Si cette dernière partie de mon explication peut être acceptée, l’autre n'offre en sa faveur aucune probabilité. En effet le sie éphèbe, qui, suivant un passage de Pausanias CX, 31, 2), devrait être un jeune Éthiopien, ne présente aucun trait propre à la race noire. On connaît des représentations d'Éthiopiens sur les vases; voyez celui publié par l'Znst. arch. Mon. inéd, I, pl. xxxv, où un Éthiopien est peint sur le bouclier d’Ajax. Cf. un autre vase avec deux É thiopiens. Bull. de ladnst. arch. 1835, p. 166. Du reste ces sortes de scènes de congé! sont toujours sujettes à une explication arbitraire, quand alles ne sont pas accompagnées d’ inscriptions , aussi bien que les réprésentations de combats entre deux guerriers. Cf. le vase publié pur M: Milingen (4{rc. uned. mon, Ée iv), sur lequel on lit les moins d'Ayueus, Meuvoy et Hexrop près des combattants, et celui que j'ai déérit dans mon Cat. Durand, n° 385, où Diomede combat Æector; ce vase appartient aujourd’hui à M. Raoul Rochette. On voit par ces variantes que des peintures parfaitement identiques pour la forme extérieure et la disposition des combattants peuvent se rüppoôrter à plusieurs héros des poëmes d'Homère. Toutefois la première face de ce vase, où les combattants sont accompagnés de deux déesses , uous semble devoir être interprétée par le combat d’4chille contre Memnon.

61 — F. 8. ( OEnochoëé). Pemt. n. Vulci. — De chaque côté de Minerve, placée devant une base sur Jaquelle sont posés ae dés, sont accroupis les deux Joueurs 7Thersite et er ou

Achille et Ajax (1);ils sont armés de toutes pièces. Lun porte un bouclier béotien, l’autre est armé d’un bouclier argien ayant pour emblème la partie antérieure d'un lion. Minerve est vêtue d’une double tunique et d’un péplus parsemé d'étoiles ; elle est armée d’un casque et d’une lance. La déesse lève la main gauche, et se retourne vers le

guerrier placé à gauche. NEOTAKVO, KÂLE, AENOIEK, OSNIAS (2).

Haut., 10 pouces 6 lignes.

(1) M. Gerhard (4rchäologisches Intelligenzblatt der allgemeinen Literatur Zeitung, Julius 1836, S. 331) préfére les noms d'Achille et d Ajax à cause du vase du Vatican sur lequel on, voit les deux guerriers jouant aux dés, désignés par ces inscriptions. Mon. inéd. de l'Inst. arch. XX, pl. xx11.

(2) Décrit dans mon Caf. Durand, n° 400.

62 — F. 24. (Cratère). Peint. r. Vulei — ÂE- ORA (sic), Éthra, ramenée de sa captivité à Troielpar ses deux petits-fils, AKAMAZ, Zcamnus et AEMODON, Démophon (1). La mère de Thésée est représentée comme une femme agée , avec une figure ridée et avec des cheveux à moitié blanchis ; elle s'appuie sur un bâton ; sa longue tunique parsemée de pois noirs est recouverte d'un péplusz; une bandelette entoure sa tête. Démophon tient Éthra par la main gauche et retourne la tête vers elle. Le héros est barbu et armé de toutes pièces ; les géniasteres de son casque (xsdvos) sont relevées. Un Centaure, armé d’une branche d'arbre et peint en noir sur fond rouge, décore son grand bouclier argien. Une chlamyde recouvre sa cuirasse à écailles. En arrière d’Æthra marche Æcamas qui détourne la tête à gauche en dehors de la composition, comme pour sassurer que les ennemis ne viennent pas inquiéter sa retraite. Son armure est

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