Description d’espèces nouvelles d’Histérides
Un insecte des plus singuliers, qui se trouvait, sans patrie connue, dans la collection du Musée de Genève que M. Pictet m’avait donnée à déterminer, se rencontre également dans celle de M. le comte de Castelnau comme provenant de Cayenne; je ne puis donc différer plus longtemps à en enrichir cette intéressante famille des Histérides, qui s’accroît chaque jour et dont le catalogue de Harold et Gemminger compte 1,150 espèces.
Extrêmement aplati comme un insecte destiné à vivre sous les écorces, il ressemble assez au Phylloma corticale . Ses fortes mandibules, formant une espèce d’engrenage, lui servent sans doute à déchirer sa proie et annoncent des habitudes carnassières. Cette structure étrange, qui n’a rien d’analogue dans toute la famille, m’a engagé à lui donner le nom de Dimalus deux fois, qç mâchoire). Quoique bien voisin des Phylloma , il ne peut rentrer dans ce genre, dont il n’a pas le caractère fondamental, c’est-à-dire l’insertion des mâchoires en dehors (lu menton et dont il s’éloigne par d 'autres points nombreux de son organisation, tels que la structure des jambes, le devant du front largement tronqué et coupé droit sans épistome,etc t
Il formera une coupe à part clans les Hololeptiens, en tête de toute la famille, immédiatement avant le Phylloma corticale . Je ne sais rien des mœurs et des métamorphoses de ce genre dont voici la description :
Ovalaire, très-déprimé et aminci, noir luisant comme les autres espèces de la tribu.
Tête transverse, très-déprimée et plane, arrondie par derrière et s’enfonçant jusqu’aux yeux qui sont petits, bruns, en croissant, sinueusement tronquée droit en devant, marquée de chaque côté d’une petite strie tout à fait au bord, s’arrêtant à une petite dent anté-oculaire. Labre assez saillant, bilobé. Mandibules très-robustes, d’abord droites, puis formant au milieu un coude arrondi et terminées en pointe très-acérée, cannelée, étroitement rebordée, la droite croisant sur la gauche ; armées en dedans d’une épaisse dent bifide au bout, s’engrenant avec celle du côté opposé. La partie progéniale plane, large, marquée d’un point profond au devant duquel se trouve un sillon en demi-cercle; de chaque côté, en dedans des yeux, se voit une coulisse pour loger le scape des antennes. Menton placé dans une profonde échancrure, concave, bilobé et incisé très-avant. Mâchoires insérées sur le dos du menton, à 2 lobes frangés en dedans, l’externe dépassant de beaucoup l’extrémité du menton logée dans une coulisse de la mandibule. Palpes maxillaires de 4 articles ; 1 er petit, 2-3 obconiques plus longs égaux, dernier ovalaire ; palpes labiaux de 3 articles courts, filiformes.
Antennes insérées en dedans de la dent préoculaire, longues, grêles. Scape long, à peine épaissi au bout, un peu arqué ; funicule de 7 articles, 1 er obconique coudé, court, 2 e trois fois plus long, grêle, 4-7 devenant successivement plus courts et plus gros ; massue pubescente, compacte, comprimée, ovoïde.
Pronotum transverse, largement échancré en devant, arrondi sur les côtés, bisinué à sa base avec les angles non marqués. Ecusson petit, triangulaire. Élytres courtes, obliques au bout, dilatées à l’épaule; sillon marginal large. Propygidiiun obcordiforme ; pygidium court.
Prosternum en carré long, un peu rétréci en devant. Mésosternum large tronqué droit en devant. Abdomen de 5 segments coupés droit, V un peu plus court que les autres, dernier très-étroit.
Pattes allongées, très-distantes à leur insertion ; cuisses creusées d’un demi-canal pour loger les jambes; celles-ci un peu arquées, inermes, terminées par une épine, qui est en crochet épais et court aux antérieures, celles-ci creusées dans toute leur longueur d’une coulisse tarsale. Tarses grêles de 5 articles, obeoniques, 1 er court, 2 e plus long, 3-4 allant en décroissant, dernier allongé, armé de deux crochets filiformes.