‹ Description du Berry et diocèse de Bourges au XVIe siècle. Publiée pour la première fois d'après le manuscrit autographe de la Bibliothèque impériale de Paris avec une notice sur l'auteurChapitre 33 sur 58 · DE DVN LE ROY, VILLE ROYALLE DE BERRY · texte numérisé non relu

DE DVN LE ROY, VILLE ROYALLE DE BERRY

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Dun LE RoY, des latins Nouiodunum , est ville Royalle de Berry close et enceinte de bonnes murailles, quantités de tours et beaux fossez, estant située en plat pays, sur le bord du fleuue Auron ou Orron, joignant lequel, le long des murailles, y a vnne grosse tour ronde , qui, auUrefois , a seruy de forteresse, de laquelle dépendent plusieurs beaux fiefz ; et dedans la ville y a vn beau temple et paroisse dédiée à St Vincent , et vnne haulte tour et édifice sur lequel est posé l'horloge commun. Puis hors ladicte ville, du cousté d'Orient, sur le grand chemin de Lyon à Bourges, y a vn grand et beau faulbourgs, peuplé de bons marchans, artisans et hostelliers, au milieu duquel au front d'une grande place et cimetière , est l'Eglise canonicale et parochiale de St Estienne, laquelle a douze chanoines et vn prieur. Le long

(le la riuière d'Orron , qui est nauigable et fertille en bons brochets, anguilles, et aultres poissons, sont les belles grandes prairies, et entre aultres celle qu'ils appellent Prez maraiz, qui s'estend au moins vue lieue en long, et laquelle est commune aux liabitans, pour y faire paistre leurs brebis et moutons. Quant au terroir, celuy qui est limitrophe du Bourbonnois est gras, et fertil en bledz , et au pascaige de gros bestail; mais celuy qui s'estend vers le Berry est beaucoup plus maigre et legier, et par ce plus commode au pasturage des horaailles et moulons, qui est le plus grand commerce et marchandise qu'ils font auec leurs voisins. Pour la commodité de laquelle trafique ils ont marchez toutles les sepmaines, et cinq foires franches touts les ans , dont la première se tient le jour St Vincent. La deuxiesme, le cinquiesme samedy de Caresme. La troisiesme , le lundy après la Trinité. La quatriesme, le lundy après St Michel. Et la cinquiesme , le jour St Thomas l'Apostre.

Au regard des Priuilèges de ladicte ville de Dun-le-Roy, elle est vnie et annexée perpétuellement à la Couronne de France , ne pouuant aucunement estre aliénée d'icelle. Tellement que sur la remonstrance faicte par les habitans de la ladicte ville au Roy Charles IVS il annulla et reuoqua l'eschangé faict du viuant de Philippe le Bel son père, de ladicte ville de Dun le Roy, à la ville de Chasteau Regnard , auec le s'" de Seuilly, nommé Henry. Ordonna aussy, iceluy Roy Charles, le siège du Bailly dudict Dun-le-Roy, et que les habitans de la ville et ressort ne pourroyent estre distraicts, pour plaider ailleurs en manière que ce soit.

: Le Roy Charles VII* réuoqua aussy pour les causes susdictes et sur les remonstrances à luy faicte par les habitans , la donation qu'il auoil faicte d'icelle ville au Comte de Victry, venu d'Escosse à son secours , et la réunit^erechef à la couronne de France, par ses lettres données au moys de Mars l'an 1430, ce qui après fut ratifié par le Roy Loys XP, délibération de ce, lue en son grand conseil, confirma tout ce que dessus, auec le siège dudict Bailly. Les Roys Francoys I" et Henry IP ont approuué et ratifié lesdicts priuilèges.

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