‹ Description du musée de Vienne (1sère): précédée de recherches historiquesChapitre 66 sur 102 · Buste en bas-relief très-saiUant, sur pierre tendre · texte numérisé non relu

Buste en bas-relief très-saiUant, sur pierre tendre

On volt dans cette scnlpture de décors un jeune hraime coiffé du bonnet phrygien , avec les chevenx tombant de cbaqne cdté en boucles ondoyantes. Il est vêtu de la tunique à longues manches. Sa chiamyde , attachée par une fibule sur l'épaule droite , et relevée sur Tépaule gauche , tombe par derrière. Il est dans Tattitude qui exprime l'attention , et cette réflexion qui précède le jugement. La têle légèrement inclinée à droite , la main du même côté , rapprochée du menton , llndex relevé et courbé sur le pouce ^ et les ^éls autres doigts plies, il paraît sur le point de décider qui^ dans un débat ouvert devant lui , l'emporte par la beauté , par la force , par l'adresse , ou par leut autre mérite. Estce un Paris, est-ce un juge des jeux?

La partie inférieure de la figure était sculptée sur une autre pierre formant une assise inférieure. — Ce morceau , trouvé en 18^ dans les terres qui formaient la terrasse du palais archiépiscopal^ a été donné par M. Romain Bonnard.

220. Partie supérieure d'une colonne corinthienne engagée^ taillée sur pierre tendre.

Elle est composée du chapiteau et d'une portion du fût. Deux bouts de guirlandes , accompagnés de rubans flottants, le tout sculpté en bas-relief , pendent , l'un d'un cftté, l'autre de l'autre , et paraissent attaches au tailloir du chapiteau.

Cette pierre a été trouvée dans les fondations du palais archiépiscopal , et avait fait probablement partie d'une assise du même édifice que le n<» précédent et les n«» 7 , 1 1 , 36 , 170. Parmi l'immense quantité' de pierres sculptées qui fut retirée du même endroit il y avait un grand nombre de

BiovceainL seosblable»' à celui-cf. Noin y observâmes aussi des pierres qui offraient la partie inférieure des colonnes. Les bases étaient surmontées de grandes, feuilles d'acanthe qui enveloppaient le pied du fût. On aurait dû alors recueillir tous les morceaux qui pouvaient donner une idée com«> plète de l'ordonnance de l'édifice dont les fondations du palais archiépiscopal recelaient tant de débris. Donné par M. Qemaron.

221 » Partie d'une grande corniche en marbre blanc.

222* Table de pierre de choin, avec l'inscription incomplète qui suit :

TRIB . MIL . LEG . H ADIVTRiCIS . CENSORi ClVlTATlS . REMOR . FOEDER PROC • IMP . NERV.4E . TRAIAN C^S . AVG . GERM • DAClCl OPTIMl . PROVINC . ASTVR

ET CALLAEC CONVENTVS . ASTVRVM L D D D

* r c Trtbuno milUum legionis secundœ adjufricisj censort cwitatis Remorum fœderatœ^ , procuratori imperaioris Nervœ Trajanif Cœsaris ^ jiugnsiij Gemianicif daciei ,

optimi fprovincitB jésturiœ et Càllœciœ , conventus Asturum*

Locus datus décréta decuHonum,

« A tribun des soldats de la légion deuxième ,

ce surnommée adjutrice^ censeur de la cité fédérée des « Rémois , procurateur de l'empereur Nerva Trajan , César, « Auguste , Germanique y dacique et très-bon , dans la pro- « vince d'Asturie et de Callœcie. Le district des Astures a c< érigé ce monument. L'emplacement a été donné par décret <i des décurions. »

Le personnage dont le nom a disparu avec la partie supérieure de cette pierre était vraisemblablement Viennois , puisqu'un pays éloigné avait choisi cette ville pour lui élever un monument honorifique. Il avait obtenu , aussi par honneur, dans la cité fédérée des Rémois , la fonction municipale de censeur.

On sait que la politique des Romains , dans les innombrables guerres qu'ils soutinrent contre tous les peuples de la terre , fut de récompenser par le vain titre de fédérés ceux qui, séparant leurs intérêts de ceux de leurs alliés, ou de la nation à laquelle ils appartenaient, donnaient l'exemple de la soumission. L'avantage qu'il leur offrait après la conquête, celui de s'administrer eux-mêmes par leurs propres lois, couvrait mal un véritable asservissement.

Les Rémois en furent redevables à Jules César , et le méritèrent dans les guerres de la conquête des Gaules. Tant qu'elles durèrent les Romains n'eurent point d'amis si fidèles. Quand tous les peuples de ce pays se soulevèrent, mettant Vercingintorix à leur tête , les Éduens même , les plus anciens alliés de Rome en-deçà des Alpes, désertèrent sa cause , et se réunirent à la généreuse nation Gauloise qui, pour reconquérir son indépendance, fit alors les plus énergiques efforts et les plus douloureux sacrifices. Les

Remois restèrent seuls, entre tous, Mêles àVennenË commun.

Après la soumission de la plus grande partie de l'Espagne 9 les Romains y formèrent d'abord deux provinces qulls nommèrent, Tune, Ultérieiue, et l'autre , Cite'rleure ou Tarraconnaise. Auguste , ayant adievé de pacifier ce pays par ia soumission des Cantabres et des Astures , divisa la première en deux provinces nommées Lusitame et Bétique, en sorte que dès-lors on en compta trois (1% Elles comprenaient chacune un certain nombre de districts ou juridictions que Ton nommait conventus. Les noms de ces conventus, que nous fait connaître Pline le naturaliste (2) , sont r Ga-^ ditanus y Coràvthensis , Astigitanus et Hispolensis dans la Bëtique ; Emeritensts , Pacensis , Scalahitanus dans la Lusitanien enfin , Carthaginthsis , Tarraeonerms , Cœsar Augustanus , Cluniensis , Asturum , Lucensis et Braearum dans la Tarraconnaise. Dans cette liste on remarque le nom du conventus Asturum qui est écrit dans notre inscription. Mais Pline ne fait aucune mention de la province de Gal-^ lœcie , Callœcia , qui y est aussi nommée , parce qu'elle n'avait point encore été établie de son temps. U nomme seu* lement les Gsdlœques, Callœci , parmi les peuples dépendant du conventus des Bracares , Braearum^

Plus tard l'Espagne fut divisée en six provinces , ou plut&i en cinq , car la sixième , nommée Tingitania , était en Afrique , et ne se trouvait jointe à celles-ci que parce qu'elle dépendait du département du Vicaire d'E:^agne; Ces cinq provinces se nommaient Tarraconensls y Cartkaginensis , Lusitama , Galiicia , Betica , comme nous l'apprend Sextus Rttfus (d). On retrouve la même division et les mêmes n^Mna

(1) Strab. , Geu^. , li|>. UL — Pomp. , Meta de situ orb , 1. II > c» 6r

(2)Plin. hist., 111,3; lY, 21.

^ Sexti Rufi tûst. rom. epitome.

dans la Notice de Vempire d'occident , arec cette seule différence que Gallicia , d'od Tient le nom de la Gallicc actuelle 9 y est écrit Gallecia , et que la province de ce nom est rangée parmi les consulaires , tandis que Rufus la compte au nombre des présidiales.

11 n*est sans doute pas nécessaire de démontrer que Gai-lecia et Gallicia dérivent de Callœtia^ qu'on lit dans notre inscription et dans plusieurs autres ; ces deux noms désignent évidemment la même province. Mais Tinscription du musée de Vienne peut servir à fixer l'époque de la formaiion de cette province 5 elle démontre que celle-ci existait déjà du temps de Trajan. Elle porte à croire que Onuphre Panvinion ne s'est pas trompé de beaucoup en attribuant à l'empereur Hadrien la division de l'Espagne en cinq provinces 9 rapportée par Sextus Rufus et par la Notice de 1^ empire d'occident (1).

Il parait en résulter aussi que , dans la formation de la province de Gallœtie , le conventns des Astures fut réuni à celui dont les Callœques faisaient partie, et peut-être à d'autres , compris sous ce nom de Calloecie. C'est ce qui résulte également d'une inscription de Rome 9 oh on lit: PROC fflSPANIiffi CITERIORIS PER ASTVRICAM ET CALLiffi- CIAM(2), et d'une autre citée par Paul Merula (3), qui offre les mots suivants : IVRÏDICO ASTYRL^l ET GVLiffiCIiffi:. Dans la suite , le nom de Callœtia ou Gallicia , qui avait déjà effacé le nom du conventus auquel les Callœques appartenaient , fit disparaître aussi le nom des Astures dans l'appellation de la province.

Quoi qu'il en soit , le personnage dont il est question dans la dernière inscription présidait au recouvrement des impôts

(1) Onoplir. Panr. , Imper. ^ Rom. , pp. 233 et soi?.

(2)Gruter,CCCCXXVl,».

(3) P. Herul., cosmograph. , part. Il, lib. Il, de Hispaa. , cap. 17.

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<l*iine province de l'Espagne , nommée des Astores et de Callœcie. U était un de ces fonctionnaires de qui Vespasien disait qu'il s'en servait comme d'épongés , et qu'Alexandre Sévère appelait un mal nécessaire. Leur administration, naturellement peu susceptible de concilier l'amour des peuples , avait besoin d'être exercée avec une exacte justice et un grand désintéressement pour ne point soulever la haine des provinces. Le conventus des Astures , habité par une population qui, avec les Canfabres, leurs voisins , avait été la dernière de l'Espagne à se soumettre aux Romains , eut sans doute à se louer de l'administration du Viennois dont il s'agit ici, et voulut lui donner un témoignage éclatant de sa satisfaction. U fît les frais d'un monument qui fut élevé à Vienne en son honneur. C'était une statue placée sur un piédestal , dans un lieu apparent , probablement un coin du forum. L'autorisation nécessaire f^t donnée par un décret du corps municipal des décurions. — Cette inscription a déjà été publiée dans les AédUions à Chorier.

223* Inscription fruste, relative à une donation d'eaux nouvelles à la colonie de Vienne.

Voyez le n® 149 , où cette inscription est expliquée.

224 • Buste de Jupiter^ en bas-relief, et en marbre.

Le nez est muillé« Le bas>relief offrait sans doute Jupiter

assis, avec ses attributs ordinaires. Le travail n'en est pas da meilleur temps. Ce marbre provient de la démolition du palais archiépiscopal , et a été donné par M. Batteau.

225* Fragment d'une frise en marbre blanc , qui était ornée d'animaux marins.

On y observe un boeof marin. Ce morceaa a été donné par M. Bonnevay, architecte.

226* Deux fragments du chambranle d'une grande porte ^ en marbre blanc.

227. Plinthe d'une belle statue en marbre , dont elle oflre les deux pieds mutilés.

228* Fragment de bas-relief d'un tombeau chrétien du Bas-Ëmpire.

Deux figures , vêtues de longues tuniques , se voient sur le premier plan. L'une est assise , l'autre paraît marcher. Derri^e elles , sous des arcades formées par des colonnes composites, que surmontent des arceaux avec des archivoltes richement ornées , l'on remarque deux autres personnages. A gauche est un pilastre conq)Osite cannelé , .p{u»

rand et place plus bas que les arcades, et qui paraît avoir lit partie de rencadrement de ce bas-relief.

Nous l'avons recueilli près de la rue Paradis.

~^229* Ûppe funéraire en pierre de choin.

P . IVLI . CARA . .

AKI . DEFV ....

ANNOR

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