‹ Description du musée de Vienne (1sère): précédée de recherches historiquesChapitre 80 sur 102 · FAISANT PARTIE · texte numérisé non relu

FAISANT PARTIE

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BS objets compris dans celte section ne consistent pres- ■qae qu'en épitaphes et en obits provenant principalement des doîtres dëmoib de St-Maurice et de l'église de St-Pierre. Gomme les autres monuments de Vienne , décrits ci-dessus j ceux-ci peuvent être utiles à la connaissance de diverses époques historiques de cette ville , et seraient encore dignes d'intérêt par tcela seul qu'ils nous présentent les débris laissés par des générations qui nous ont précédés sur cette scène changeante où nous figurons aujourd'hui, et dont nous disparaîtrons bientôt à noire tour. On s'étonnera peut-être , et avec raison , de n'en pas voir ici davantage , et de genres

plus variés 9 surtout en considérant Fimportance que Vienne n*a jamais cessé d'avoir , et la quantité d'édifices et d'établissements religieux qui , dans la même ville , ont été détruits en totalité ou en partie. Leur petit nombre s'explique par l'injuste dédain que trop de personnes ont conservé longtemps pour tout ce qui appartient à des siècles appelés barbares , par l'admiration et l'estime qui étaient exclusivement réservées aux antiquités grecques et romaines , comme si celles-ci avaient seules le droit de nous intéresser , comme si la perfection artistique qui les distingue devait être 9 dans les monuments , le seul objet de notre étude et de notre attention 9 et comme si tout ce qui peut éclairer notre histoire nationale, de quelque époque que ce soit, ne méritait pas d*âtre conservé. C'est ainsi qu'à Vienne , comme ailleurs , beaucoup de choses qui pouvaient être recueillies ont été négligées , et abandonnées à la destruction.

Plusieurs des inscriptions qui suivent ont déjà été publiées, soit par Charvet , soit par Chorier , mais de la part de ce dernier avec plus ou moins d'inexactitude. Nous les donnons avec plus de correction , et , pour plus de fidélité , avec les abréviations qu'elles présentent, ce que n'avait pas fait Charvet. Nous regrettons que la typographie ne nous fournisse point les moyens de reproduire tous les traits qui caractérisent les abréviations du moyen-âge , et d'apporter ainsi encore plus de fidélité dans les copies que nous donnons des inscriptions de cette époque. Les amateurs d'une rigoureuse exactitude voudront bien avoir égard à l'impossibilité où nous avons été de faire mieux. Selon la méthode adoptée pour les inscriptions romaines , nous y joignons une traduction en a veur des personnes peu famiRères avec le Latin, ou avec les abréviations du moyen-âge.

273 • Pierre tiimulaîre ^ avec cette inscription :

I POEDVLA QVAE MVNI>VM DOMIIVO MISERANTE

BELIQYIT . HOC lÂGET IN TVMYLO QVEM DEDIT ALUA

FIDES . MARTINI QVONDAU PROGERIS SVB DEXTERA

TINTA . GRIMINA DEPOSVIT FONTE RE

NATA DEI • AD NYNG MARTVRIBYS SEDfiH

TRIBVBNTIBVS APTAM . GERBASIVM

PROCEREM PROTASIYII Q COLIT . EMERI

TAM REQVIEM TITVLO SORTITA FIDELE .

CONFESSA EST SANGTIS QVAE SOGIATA UGET •

ce Fœdula , qai ^ par la miséricorde de Dieu , a quitté ce « monde , repose dans ce tombeau qu'elle doit à une foi c< ëclatante. Anciennement baptisée de la main de St-Mar(in , « elle fut lavée de ses péchés , et puisa une. nouvelle vie c( dans les eaux divines. Maintenant , grâce aux martyrs « St^Qervais et St-Protais , près desquels elle est placée y a elle possède une honorable sépulture. Celle qui jouit dans €c ce tombeau de la compagnie des saints 9 et du repos qui If est dû à ses longs services , s'était consacrée à la vie re- « ligieuse. »

dette inscription a déjà été [publiée par Chorier (Rech. Sf4r les Jntiq. de Vienne^ liv. III, ch. 16), et par Maffei (^GalL antiq. , p. 91 ) , mais incomplète. Nous la donnons litière €t plus correcte.

Au-dessus est gravé le monogramme du Christ entre deux colombes et deux palmes. Elle est endettres du V« siècle. Les points que Ton y remarque indiquent seulement la séparation des vers dont elle se compose , et qui sont alternativement hexamètres et pentamètres. Nous ne savons si le irait vertical que Ton remarque en tête de la première ligne

est. une lettre, et s'il de'sîgnele prénom de Foedala. Celuici, dans tous les cas, ne saurait entrer dans le premier vers, dont il romprait la mesure , ce qui nous porte à croire qu'il n'exprime rien.

Cette épitaphe est entière, quoique Chorier affirme le contraire , et pre'sentc beaucoup d'inte'rêt. Elle tend à confirmer une ciiose de'jà connue, savoir: que St-Martin de Tours était venu à Vienne ; car , selon la vraisemblance , Fœdula fut baptisée dans cette dernière ville. C'est en 389 que l'on fixe le voyage qu'y fit ce saint avec St-Viclrice , évêque de Rouen , et quelques autres prélats (1). La même inscription nous apprend aussi que , dans le V« siècle, existait déjà, à Vienne, l'église dédiée à St-Gervais et St-Protaîs, dans laquelle étaient conservées des reliques de ces saints , et près de laquelle était peut-être déjà établi le monastère du même nom , qui , dans le Vll« siècle , renfermait cinquante moines , selon l'auteur de la vie de St-Clair. Nous croyons en effet que la date de l'épitaphe et de la mort de Fœdula doit être fixée à la dernière moitié du V« siècle, peut-être près de la fin, en supposant, comme il est vrai-^ semblable , que cette femme était fort âgée quand elle mourut. Grégoire de Tours {De glor. martyr, j 1. I, ç. 4) nous apprend que St--Martin apporta d'Italie en France, plusieurs reliques de St-Gervais et de St-Protais ; d'où il est à présumer que ce fut vers l'époque de son séjour à Vienne que l'on entreprit de construire l'église dédiée à ces .deux-martyrs, et que ce fut lui qui la dota de leurs reliques.

Cette pierre fut avec raison jugée assez curieuse et importante, après la destruction du monastère et de l'église de St-Gervais , pour être transportée dans l'églbe de Tab-

(1) St-Paulin , érêque de Noie, dans une lettre écrite à St-Victrice, s'exprime ainsi : Meminisse enim credo dignaris , qma sanctUcUem tuam olim Viennes apud beatum patrem nostrum Martinum viderim , cu% te Dominus in œtaie impari parem fecit.

baye de Si-Pierre y et placée dan» le porche oh elle est restée jusqu'en 1823.

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