‹ Description du Musʹee de Vienne (Isère) prʹecʹedʹee de recherches historiques sur le Temple dÁuguste et de LivieChapitre 12 sur 128 · DES OBJETS ANTIQUES · texte numérisé non relu

DES OBJETS ANTIQUES

Cette collection ne se compose point , comme beaucoup d'autres , d'objets apportes de loin , et acquis h grands frais j mais seulement de débris de la cite' romaine dont Vienne moderne occupe la place. Echappes aux ravages du temps et à la main destructive des hommes, les travaux de l'agriculture ou de la bâtisse les ont fait surgir de temps à auire de dessous le sol oii ils étaient enfouis depuis un grand nombre de siècles. Ces fragments , dont la matière est la pierre, le marbre et le bronze , sont muets , froids et sans viepour l'homme de'pourvu d'imagination j mais aux yeux de celui qui sent vivement, qui pense et se rappelle, ils s'animent par le souvenir du peuple célèbre auquel ils appartinrent 5 ils se réchauffent par l'admiration de l'art qui les exécuta , ils parient enfin des mœurs, des usages, du luxe, des prospérités et des malheurs de gène'rations qui depuis long-temps n'existent plus. Comme étude arlislique . celle des

monuments de ce miise'e ne peut qu'être utile -, comme élude historique 5 elle justifie le témoignage de l'histoire sur l'importance 5 la richesse et la beauté de Vienne romaine.

On n'y voit cependant qu'un petit nombre d'échantillons des splendides monuments accumules sur le sol de cette ville. Combien de ces débris ont eSë entièrement détruits l Combien, transportes au loin , enrichissent les collections particulières et publiques ! Combien , enfin , gisent encore sous la terre , attendant que des fouilles, ou le hasard, leur fassent revoir la lumière!

Quant à ceux qui sont ici réunis , nous les avons disposes par groupes afin de ménager l'espace qui leur était consacré. Que l'on n'y cherche pas l'arrangement donne dans les dessins publiés jusqu'ici sur ce musée, car il n'a jamais existé, et le plus souvent il eût été impossible de le réaliser ailleurs que sur le papier.

En décrivant ces objets nous n'avons point perdu de vue leur importance historique pour notre ville-, c'est pourquoi nous avons eu soin d'indiquer, toutes les fois que nous l'avons pu, le lieu et l'époque où ils ont été découverts. Nous avons rappelé aussi les noms des personnes qui en ont fait hommage au musée, quand nous les avons connues. C'est une dette que nous devions acquitter. Le patriotisme qui se déclare en contribuant, par ses dons, à la gloire du pays, mérite d'être signalé.

Nous eussions volontiers donné plus de développement à nos explications en faveur des personnes étrangères à l'étude de l'archéologie-, mais nous eussions dépassé les limites qui, pour des raisons faciles à deviner, devaient être fixées à cette notice. Nous nous sommes donc borné à traduire les inscriptions. Quelquefois , pour faciliter la lecture des abréviations ou des parties frustes , et pour faire comprendre nos interprétations , nous les avons reproduites en petites lettres italiques avec les mots entiers.

Levrette couchée.

La partie inférieure de la patte droite de derrière manque, ainsi que les oreilles. 11 reste sur le ventre des traces d'un objet qui était vraiseml)lal:)lenient un petit chien. La tête ayant ëtë séparée du corps , les parties du cou qui se sont perdues n'ont pas permis de la rajuster parfaitement. Elle était tourne'e vers l'objet place sur le ventre.

Ce beau marbre a ëte découvert en 1817 , à une lieue et demie au midi de Vienne , dans le lieu nomme la Grange- Marat, et concourt, avec divers fragments d'architecture trouves dans le même lieu , à faire croire qu'il y existait , sous les Romains , une riche maison de campagne.

Il a ëtë donnë par M. Denantes.

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