‹ Description du Musʹee de Vienne (Isère) prʹecʹedʹee de recherches historiques sur le Temple dÁuguste et de LivieChapitre 124 sur 128 · C . I . V . Proue de vaisseau · texte numérisé non relu

C . I . V . Proue de vaisseau

Les médailles de ce genre se trouvent rarement complètes. Le dessin qui la repre'sente ici , à côte de la mosaïque de rOce'an, a ête' fait d'après celle du Musée et d'après celle que nous possédons.

La face offre les têtes adossées de Jules César à gauche , et celle d'Auguste à droite.

Les mots et sigles qui composent la légende n'y sont point disposés dans l'ordre continu et successif que l'on remarque ordinairement sur les médailles-, mais on lit, au-dessus des deux têtes : IMP, et au-dessous : Cy^F^SAR ; à droile : DlVt . F . et à gauche : DIVI . IVLI .

Nous expliquons ainsi qu'il suit cette légende :

honori mVeratorîs Cm^SkKis DIVI Vilii et DIVÏ . IVLI .

c( A l'honneur de l'empereur Cësar , fils du Dieu , et à a celui du Dieu Jules. »

Au revers est représenté l'avant d'un navire surmonte d'un mât et d'une espèce de château ou d'ëchaffaudage. La grande éleVation de ce dernier au-dessus du navire rend peu vraisemblable l'opinion de ceux qui le considèrent comme figurant des bancs de rameurs. Au-dessus on lit : C . I . V . , mis pour Colonîa Jiilia Yiennensis , « la Colonie Juhenne cf de Vienne. >j

Le sigle V . pouvait s'appliquer à toute autre ville dont le nom avait cette lettre pour initiale. Aussi Hardoin et Le Vaillant ont-ils attribue notre médaille à la ville de Valence en Espagne. Mais Panel, et ensuite Pellerin dans ses Mélanges , le catalogue de Dennei'y et Mionnet l'ont rendue à Vienne.

Plusieurs raisons appuient leur opinion.

1° Cette me'daille a le plus grand rapport avec une autre qui appartient incontestablement à la colonie romaine de Lyon. Toutes deux montrent à la face les têtes adosse'es de Ce'sar et d'Auguste ^ on y lit la même légende , avec quelque différence seulement dans la disposition des mots. Au revers on y voit également l'avant d'un navire , sans autre différence que celle de quelques accessoires , du nom de la colonie , et de la place qu'occupe ce dernier. L'art y porte les mêmes caractères , et , ainsi que la légende , témoigne que l'une et l'autre sont un ouvrage du même temps et de la même contrée.

2° La particularité de deux têtes adossées sur la face pa raît être propre aux médailles de la Gaule romaine ; car on la remarque sur les médailles de Nîmes et de Lyon , et sur. celle de Vienne.

3" La même médaille n'a encore été découverte que dans

l'aiioieiiiie Gaule j à Viciiue piincipaiemeiit 5 et dans les lieux environnants,

4^ Le titre de Colonie Julienne , que l'on lit dans les sigles C . I . V . du revers de la même médaille, concourt aussi à la faire attribuer à Vienne car il paraît incontestable que Jules Cësar a fondé la colonie romaine de cette ville. Le fait est atteste par un historien du IX^ siècle , qui a écrit à Vienne , et qui a été ainsi à portée de recueillir les traditions alors existantes dans le pays 5 et qui a connu des ouvrages aujourd'hui perdus. Nous voulons parler de l'archevêque Adon , auteur d'une chronique en réputation.

La ressemblance des médailles de Lyon et de Vienne ne saurait être sans importance. Elle nous semble confirmer ce que raconte l'histoire sur la rivalité qui a existé autrefois entre ces deux anciennes et célèbres colonies romaines ^ et cette rivalité, qui a pu produire la ressemblance dont il s'agit, fournit un nouvel argument en faveur de l'opinion que notre médaille a été frappée à Vienne. — A l'égard de cette opinion , nous regrettons que le savant Eckehl ait cru devoir rester dans le doute parce qu'il ne voyait pas dans les raisons précédentes une certitude mathématiqr/e. ( Voyez Doctrina niimor. veter. , t. ï, p. 71 ).

Nous ajouterons que Henri Florez , auteur espagnol d'un ouvrage sur les médailles des colonies et des mnnicipes antiques de la Péninsule , doute lui-même beaucoup que la nôtre appartienne à la ville de Valence , attendu qu'elle ne se trouve point en Espagne.

Quant à l'époque à laquelle la médaille de Vienne fui frappée, on doit la placer entre le temps où Octave lit consacrer Jules César par l'autorité du Sénat, et celui oii il reçut lui-même de la flatterie de ce dernier le titre d'Auguste. C'est ce qu'indiquent , dans la légende , le nom de DÏVVS , donné à Jules César, et l'absence de celui d'AVfîVSTVS pour désigner Octave. ( Voyez ce que nous avons dit préce'demmenl ; pj^gps 43 el /i4).

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