Partie d'une belle corniclie en marbre
ayant appartenu à un ordre corinthien ou composite.
Ce fragment d'un grand édifice , aussi remarquable par la beauté de la matière que par la richesse des ornements , peut fournir le sujet de plusieurs observations.
Malgré la vigueur de l'exécution , on n'y saurait reconnaître un ouvrage des meilleurs temps de l'art. Les modilîons y ont pris la forme peu gracieuse de consoles, et le larmier y a perdu une partie de sa saillie. Tous les membres, couverts d'ornements, n'y laissent aucun repos à l'œil. Aucun vide n'y fait valoir le plein. On y voit ce luxe qui veut plaire par l'excès de la parure , et pour qui la simplicité ne diffère point de la pauvreté. A ces signes certains de la décadence se joignent ici d'autres particularités qui peuvent paraître un raffinement de l'art, et qui , quoi qu'il en soit , méritent d'être remarquées. Ainsi, les ornements de la cimaise sont droits par rapport à l'axe de la pierre ; mais tous les autres
inclinent à droite , k l'exception des oves places au-dessous des modillons , qui penchent à gauche. Ainsi , les caissons des rosaces , et Tune de celles-ci , présentent dans leur dessin une irre'gularite' frappante, irrégularité' qui, dans un ouvrage exécute avec tant d'habiletë, ne peut êlre que l'effet d'une combinaison fondée sur des motifs de goût. Nous laissons à de plus habiles que nous le soin de les découvrir.
Cetle corniclie a 79 centimèîres de hauteur. L'inclinaison d'une partie des ornements a fait penser à quelques personnes qu'elle était placée à la rampe d'un fronlon. Elle a élé recueillie dans l'enceinte de Famphithéâtre par M. Schneyder, qui croyait qu'elle avait appartenu à la décoration extérieure de ce vaste édifice.