Petite frise en pierre tendre^ ornée d'un
bas-relief offrant Œdipe et le Sphinx.
L'archilrave , composée de deux bandes, est taillée dans la même pierre. La frise n'a que 31 centimèlres de hauteur. On y voit OEdipe représenté dans le moment oii il explique l'énigme que vient de lui proposer le Sphinx. La petite proportion des figures 5 commandée par le peu de hauteur de la frise , jointe à la nature de la pierre , qui est un calcaire tendre , à gros grains , devait ôter au ciseau la liberté de produire une œuvre plus parfaite en exécutant cette sculpture , d'ailleurs dégradée aujourd'hui par le temps. Mais si le dessin n'offre pas une grande correction , l'expression fran-
che et énergique de l'action repre'sentëe mërile d'être remarque'e.
Le Sphinx , monstre qui rënnit à un corps de chien des pieds et une queue de Uon ^ des ailes d'aigle , une tête , un buste et des mains de femme, est descendu rapidement du mont Phyce'e , et tient encore ses pieds de derrière sur îes rochers qui en forment le premier escarpement. La main droile levée à la hauteur du front, il paraît parier h OEdipe avec le ton et le geste de la menace. On voit devant lui le squelette d'un malheureux voyageur qui n'a pas su de'couvnr le sens de l'ënigme fatale, et a ëtë dëvorë. A droite est le crâne d'un autre. Quant à OEdipe , il est reprësentë dans l'attitude d'un hëros. Nu , un petit manteau jetë sur l'ëpaule gauche , tenant une grande haste , et la main droite ëlevëe à la hauteur du visage comme un orateur qui dëclame , il paraît donner avec assurance l'explication de l'ënigme proposée par le Sphinx , explication qui doit être suivie , comme on le sait , de la mort de celui-ci , et avoir pour récompense un hymen plein d'horreur.
Ce fragment a ëtë trouvé en 1 823 , avec ceux qui sont placés sous les n°s 7, 1 1 , 36 , 219, 220 , dans les fondations du palais archiépiscopal. D'autres parties de la même frise , offrant d'autres sujets en bas-reliefs, furent aussi découverts dans le même lieu , et n'ont malheureusement pas ëtë conservés. — Donné par M. Romain Bonnard.