OH . V . . . I
. . . CTISS
Nous lisons celte inscription ainsi qu'il suit : Diîs Manibiis. — Caio Maximio , Caii filio , Voltinid (tribû), Paterno (cognominato) , dccurioni ^ negotïatori vinario Viennœ , Maximia Seciindilla patri optimo , et Caiiis Maximius (miles, vel centurio ) coîiortis qiiintœ legionis frai ri sanctissirno.
Traduclion. — « Aux dieux Maries , et à Caïiis Maximius , a fils de Caïiis , inscrit dans la Iribii VoUinia , surnomme « Paternus , dëcurion , négociant en vins de Vienne.
« Maximia Secundilla, et Gaïiîs Maximius , soldat ou cen-
ïc turion de la cinquième cohorte de la légion
cf ont e'ievë ce tombeau , la première à un père très-bon , (( le second à un frère très-respectable. »
Chorier (Rech. sur les Antiq. de Fienjte ^ 1. 3 ^ ch. 15 ) et Gruter (DCXLV, 10) ont publié la même inscription, mais d'une manière très-fautive. Ainsi , par exemple , au lieu des mots G. MAXIMÎO . C . FIL . VOLT . PATERNO . DECVRÎONI , qui sont gravés sur la pierre , on lit dans Chorier : C . MAXIMIO C/E . . . COLLIBERTO . D . T . GN .... PONI . , ce qui change beaucoup la condition de Gains Maximius , puisque , au lieu d'un homme qui faisait le négoce des vins , et qui devait à sa fortune et à sa qualité d'ingénu et de citoyen d'être membre de la curie ^ ou corps municipal de Vienne, Il n'aurait été qu'un affranchi et un cabaretier.
Nous avons admis dans noire traduction le prénom et le nom de G . MAXIMIVS , que Ghorier place à la neuvième ligne 5 pensant que dn temps de cet écrivain ils existaient encore. — Ge cippe . pendant plusieurs siècles , a servi de support à Fun des trois lions fabuleux que l'on voyait à l'entrée de Féglise de St-Pierre. 11 a été transporté de ce lieu au musée en 1823. — L'inscription fait souvenir des vins de Vienne , renommés dans l'antiquité , et du grand commerce qu'il devait s'en faire dans cette viile. Voyez dans la Revue de Fienne , t. 1, pp. 194 et suivantes. — Voy. une dissertation que nous avons publiée sur la restitution de la même inscription , et sur les vins poissés de Vienne.
i95. Deux amphores à large ventre ^ en terre cuite.
Elles ont de hauteur 75 centimètres.
Dans la partie la plus large elles présentent une circon-* fërence de 1 mètre 69 centimètres.
L*une des deux porte sur Tune des anses la marque du fabricant . ainsi qu'il suit :
Voici d'autres noms que nous avons recueillis sur d'autres amphores :
GEMELl
AClRGï ^ C . SEAPOLl . . . VRTI . FV Q . CATRIG
Ces deux amphores ont ëte' découvertes près du même en^ tlroit que celles du n« 1 92. Il y en avait un grand nombre ^ et en magasin. Nous eussions pense' qu'elles se trouvaient dans un cellier , car Ton sait que ces sortes de vases étaient destine's à recevoir du vin , si beaucoup d'autres découvertes du même genre , jointes à celle-ci , n'indiquaient pas qu'il a existé dans le quartier de Romestang des poteries et des fal>riques de tuiles et de briques.
196. Tèlc d'une statue colossale en marbre^ avec une barbe touffue.
11 y manque tout le front , ainsi que le nez , et une grande portion de la partie occipitale. La liauteur du fragment , a partir du bas de la barbe , est de 70 centimètres. On mesure 35 centimètres entre les deux angles extérieurs des yeux , et , de la bouche à la hauteur des yeux , 30 cenlimètres.
Selon la remarque de M. Vietty, c'est un ouvrage qui n'a jamais ëtë bien fini. Le cou n'est qu'ëpannelëj les cheveux et la barbe , où l'on voit encore les points , ne sont pas fouilles. Depuis la découverte de ce fragment un ciseau barbare les a maîadroilemenl ciselés , à l'exception d'une petite partie de la chevelure , sur le côtë droit.
Est-ce la tête d'un Jupiter, selon l'opinion depuis longtemps admise , ou bien celle d'un Hercule , comme quelques personnes l'ont pensë? L'ëtat de mutilation de ce morceau nous prive en grande partie des moyens de reconnaître le caractère qui lui avait ëtë donnë , et de juger s'il prësentait l'idëal ordinaire de l'un ou de l'autre des deux personnages mythologiques que nous venons de nommer. Cependant il en reste peut-être assez pour asseoir une opinion avec quelque solidité. Si l'on considère la chevelure , l'on voit facilement qu'elle ne ressemble point à celle qu'offrent les têtes de Jupiter. Celle de ce dieu , plus touffue devant que derrière, descend de chaque cotë de la face en grandes boucles ondoyantes jusque sur le cou , tandis que celle d'Hercule est à-peu-près également courte tout autour de la tête , et comme crëpue, ainsi que la barbe. On reconnaîtrait plus facilement ces derniers caractères dans la chevelure de noire tète colossale que les premiers.
Mais , au lieu de représenter un Jupiter ou un Hercule , on tout autre dieu de l'anliquilé . la statue à laquelle appar-
tenait celle iêie n'offrait-elle point l'image iFun empereur ? Plusieurs de ces princes ont porlë la barbe de celte manière.
Quoi qu'il en soit , celle slalue devait être d'un aspect fort imposanl. Le fragment qui nous en reste , ainsi que beaucoup d'autres , également de proportion colossale , e'pars dans le musée , ne laissent point douter que Vienne, à l'exemple des plus puissantes cite's , ne se soit empresse'e d'orner ses murs de tout ce que les arts peuvent produire de grand et de noble pour embellir une ville, et donner une haute idée du goût^ de la richesse et des sentiments de ses habitants.
Celle tèle mutilée est restée long-temps placée au-dessus d'une porle des cloîtres du chapitre métropolitain de St- Maurice , s'ouvrant dans la rue des Serruriers. Elle y avait reçu du peuple le nom de Bohe^ parce qu'elle lui paraissait fnirc la moue , grimace qui , dans le patois du pays, se nomme bobe. Et ^ par suile , on nommait porte de la Bobe celle audessus de laquelle se voyait ce fragment. Les historiens de nos aniiquilés , qui parlent de la même tête, ne désignent pas le lieu on elle a été découverte. Cependant l'on pourrait penser, par induction, que Charvet , l'auteur de V Histoire de l'église de Vienne , croyait qu'on l'avait trouvée non loin du lieu oii elle était placée -, car dans ses Fastes de la ville ^ de Vienne , pp. 57 et 58 , il annonce que le temple de Jupiter était situé entre le palais des Canaux et la cathédrale , et que Ton en avait trouvé des débris dans la rue neuve de rHôpilaî.
1!)7« Beau cliapileau corintliieii en marbre WaDC. :
Hauteur : 95 cenllmètres.
2ir
La partie sur le devant est la mieux conserve'e. L'une des pointes du tailloir se présenterait en avant si elle n'avait ^ point ëlë rompue. Les volutes manquent aussi. Un buste en bas-relief remplaçait la rose et les hélices sur chacune des quatre faces. Deux de ces bustes subsistent encore. L'un , qui est celui d'une femme représentée la tête couronnée de tours , et avec des fruits au-dessous de la poitrine , paraît être celui de Cybèle. L'autre est vraisemblablement celui de Saturne , quoiqu'il n'ait point d'attribut. Il offre une tête de vieillard avec une longue barbe , et un manteau sur l'épaule gauche. Le caractère de sévérité et de dureté exprimé sur sa figure nous semble l'idéal du dieu que nous avons nommé. D'autres dieux étaient peut-être ainsi représentés sur les autres faces du chapiteau. La sculpture des deux ligures conservées non seulement est peu terminée , mais est loin d'indiquer, par le style, la belle époque de l'art. On n'y observe ni pureté de trait, ni beauté , ni noblesse d'expression. Les feuilles sont cependant parfaitement fouillées.
Ce chapiteau a été découvert en 1823, avec beaucoup d'autres moins bien conservés encore , dans les terres qui formaient la terrasse du palais archiépiscopal. Dans les mêmes terres on découvrit aussi, à la même époque , un grand nombre de tronçons de colonnes en marbre mêlé de bianc et de violet , tels que le n^ 238 , et beaucoup de fragments de bases en marbre blanc , tels que le n° 239 ( voyez ces deiix n""*). Ces bases, ces chapiteaux et ces tronçons paraissaient, à en juger par le rapport des proportions j avoir fait partie ) des mêmes colonnes.
Nous remarquerons que l'état de mutilation extrême ok étaient tous les autres chapiteaux découverts dans le me. lieu ne pouvait être le résultat de leur chute seule. 11 a fallu, pour les y réduire , se servir du riiarleau avec fureur, et dans le dessein de détruire. Vraisemblablement les figures de dieux , dont ils étaient ornés , leur ont été fatales.