VERRES
A Toulouse , le cimetière de Feretra a fourni autrefois de très- beaux vases en verre à M. de Montégut L’un d’entr’eiix, publié par cet antiquaire ' , a été vendu avec tout le cabinet du savant Toulousain. M. le Lieutenant-Colonel Dubarry, membre de la Société Archéologique , en possède un antre qui a été découvert dans le cimetière de Terre Cavade ; mais le Musée n’a , en ce genre , rien qui ait été découvert «lans le Midi de la France. C’est de l’Italie , c’est de Pompéi , que l’on a retiré les objets de cette espèce qui font partie de nos collections.
'328. Il faudrait ici toute l’érudition de M. Panofka , aidée par les conseils de ses doctes critiques du Journal tics Savons , pour examiner tous les verres que nous possé<lons , pour assigner à chacun un nom et pour faire connaître ses usages divers. L’ancien propriétaire s’est contenté, dans son Catalogue , de donner le nom commun de bouteille aux •quatre vases placés sous ce numéro , et de rapporter leurs dimensions. La plus haute a 0 , 21 'centimètres de hauteur, et la plus petite , o,i3'
329. Cette coupe ou verre , à grandes cannelures , est un A'errc à boire. M. de Clarac en décrit de pareik trouvés, comme celui-ci , à Pompéi. « Ils sont, dit ce savant ’, extrêmement minces, hauts de 6 pouces, larges de deux et demi sur le haut et d’un peu moins sur le bas Ce qu’il y a de particulier, c’est qu’à un pouce au-dessous du bord, ces verres ne sont plus ronds , et que les côtés ont six renfoncemens très-profonds , comme on en voit à certains vases de terre rouge ; ils continuent jusqu’au bas, et leur coupe horizontale serait une étoile à six pointes arrondies. »
Malgré quelques légères différences , on peut s’assurer que notre verre a les plus grands rapports avec ceux que
I Histoire et il/êmoires de V Académie des Sciences, Inscriptions et BcHeslettres de Toulouse, i.»’* série, 1. pi. VU.
^ Fouille faite à Pompéi , i8i3, in-8.®, ii,
3 I.o verre du Musée a cinq pouces huit lignes de haut^ et de diamètre, à sa luiriie supérieure, deux pouces neufiignes.
M. de Clarac a décrits. I.«s proportions sont à peu près les mêmes et le verre est aussi extrêmement mince.
330. Ce bocal en verre blanc est plein de fruits , dattes , £f^es, fèves , etc. M. de Clarac ‘ dit , en parlant de la fouille d’une maison située à Pompéi , près des murs de la ville : « Le propriétaire ne s'attendait guère à exciter la curiosité de la postérité en renfermant , dans un grand coffre de bois de sapin , sa provision de petites fèves ; et cependant ces fèves , réduites en charbon et parfaitement conservées , ont causé une surprise très-agréable lorsw’on a découvert ce petit magasin ; elles étaient , pour la plus grande partie , sans adhérence les unes aux autres , mais il y en avait qui s’étaient réunies et qui formaient des masses assez grosses ; d'autres étaient attachées aux planches de la caisse. An reste , ce n’est pas la première fois que l’on a trouvé des grains et des fruits à Pompéi , et l’on en conserve de toute espèce dans le Musée de Portici. »
331. Les premières cendres ardentes qui tombèrent sur Herculanum et Pompéi rendirent tout noirs les blés et les fruits qui étaient dans les nuisons. L’agrégation de grains qui est dans cette coupe en verre blanc et cannelée, a pris cette couleur, ainsi que les fruits qui sont dans le même vase.
332. Parmi les flacons en verre blanc , placés sous ce numéro , deux ont des anses. Le plus élevé a o,i i°, et le plus petit, moins de o,o6‘
333. Depuis les doctes écrits de Schæfflin * et de Paciandi ^ ; depuis sur-tout les développemens dans lesquels M. Mongez ^ est entré à ce sujet , on ne donne plus le nom de lacrymatoire à ces vases ou petites bouteilles , de verre ou de terre , à long col , que l’on retrouve si souvent dans les tombeaux. On sait que ce n’étaient que des vases destinés à contenir des parfums. Ainsi les dix prétendues lacrymatoircs que nous possédons , n’auront pas tout le mérite que leur auraient
1 Ibid., 49.
3 Mémoire sur la huitième légion, parmi ceux de l’Acedcmie des Ins* criptions* X. 163.
3 Monumenta Peloponesia. ni. part. i$o«
4 Diclionn, d'Antiq, 111. ^oketteqq.
trouvé , après Chifflet * , Gonthier, Kirchman , Kippin , Baruffaldi et beaucoup d’autres. Ils sont en verre Lune , et leur conservation est parfaite.
334. La chaleur des cendres embrasées qui couvrirent Pompéi a fondu en partie le verre de ces deux coupes plates et les a collées ensemble.
335. La matière de ces deux petits vases, en verre blanc, a été aussi ramollie par l’action de jla chaleur ; ils ont été unis, comme les précédons , et ne peuvent plus être détachés.