INSCRIPTIONS
MONDMENS QDI n'aPPARTIF.NNENT PAS A DES CHRÉTIENS.
Il est peu de provinces tjui offrent autant de monu,mens sépulcraux de l’époque romaine , que cette vaste contrée qui s'étend de rcmboucliure de la Garonne jusqu’aux Alpes. Des mausolées admirables ont été retirés de Saint-Médard d’Eyran, près de Bordeaux, de Nîmes et d’Arles. Des ateliers, , des manufactures de tombeaux ont été retrouvés dans nos montagnes, et je reproduis, dans Y Archéologie Pyrénéenne, les dessins d’un gra’nd nombre de ces objets. Le Musée de Toulouse est peu riche en ce genre, et la deseription de ce qu’il possède ne remplira pas un grand nombre de pages...
39 T». Ce marbre grec fut envové de Constantinople à M. de Puymaurin , syndic de la province de Languedoc. M. le Baron de Puymaurin , fils de ce magistrat , a donné ce marbre au Musée. C'est un de ces petits monumens funéraires si communs en Grèce. Il est ojjné de trois figures en ba.s-reliof qui Ont environ 24 centimètres <Ie haut. Celle qui paraît être la principale, représente un vieillard assis et donnant la main à un autre personnage qui est placé devant lui : l'artiste a, sans doute, voulu indiquer le dernrer adieu. Derrière le vieillard, est une femme élégamment drapée, cl qui porte l’index de la main droite sur sa houchc. On lit au-dessus la figure assise le mot ïillNWAPOi , nom de ce personnage", au-des.sus du second on voit celui-ci, EVBorAOS : derrière la tête de la femme est le nom BOYAHTH. Ainsi ces figures représentent Spintharus , Eubulus et Bulété- Dans une dissertation lue à l’Académie de Toulouse, en 1774 1 M- du Mas cherchant à expliquer ce marhre, passe en revue tous les Spintharus et tous les Eubulus dont il est fait mention dans les anciens auteurs. Mais pour distinguer précisément ceux que notre marbre représente, il fallait les trouver contemporains,
quoique d’un Âgo di&crent, et , de plus , ayant ensemble des relations particulières , afln de répondre à leur attitude.
« Il y avait un Spintharus de Tarente, homme distingué, dont Plutarque fait mention trois fois *, et ce Spinthai'us se plaisait beaucoup à raconter qu’il avait eu occasion de connaître particulièrement Epaminondas à Tbèbes : il ajoutait même qu’il n’avait jamais vu de jeune homme qui , sachant plus, parlât moins. Tel est le Spintharus adopté par M. du Mas, et qui doit avoir vécu environ 3oo ans avant J. C. II s'agissait de trouver un Euhulus, plus jeime , qui eût des relations avec Spintharus , et notre antiquaire le rencontre dans cet Eubulus, qu’Athénéc dit ’ être aussi de Tarente, et qui périt dans l’expédition des Athéniens contre Philippe de Macédoine , lorsqu’ils forcèrent celui-ci à lever le siège de Byzance et celui de Perinthe. Cæt événement date de l’an 339 avant J. C. Or cet Eubulus était, selon Pausanias*, fils de Spintharus. Rien de plus formel que ces derniers mots. » On pourrait donc reconnaître dans la principale figure sculptée sur «e monument , Spintharus de Tarente , qui touche la main à son fils Eubulus pour lui faire ses derniers adieux. La femme nommée Bulété était peut-être la femme ou la sœur ài' Eubulus. Si ces conjectures étaient adoptées , et que l’on crût que ce marbre fut placé sur la sépulture de cet Eubulus, dans le voisinage de Byzance , oû l’on en a fait la découverte , il aurait plus de vingt-un siècles d’antiqmté.
397. Les champs voisins de F’ieille-Toulouse , et les quatre cimetières romains , dont on retrouve des traces près des murs de la ville actuelle , ont fourni un grand nombre d’amphores en terre cuite , pareilles à celles qui sont placées sous ce numéro. Ces amphores ont généralement été employées comme urnes par les anciens habitans de nos contrées. Ors les trouve toujours pleines de cendres et d’ossemens calcinés.
398. Les Romains n'ont pas constamment placé les cadavres sur le bûcher , et les tombeaux que l’on trouve souvent avec
■ De Audit, De Gen* me, Vita Pelop.
•X frtb. IV,
^ Atùv, c. aot
des marques de pulytliéisme , et qui ont toute la ion^eur d'un personnage de grande taille, indiquent sufGsamment que la coutume de brûler les corps a souffert quelques exceptions. Le monument placé ici fournit à cet égani une nouvelle preuve.' Il provient de Valcabrère , village qui, ainsi que nous l’avons annonce , est bâti sur le sol de Lugdunum Convenarum. De petites colgnnes décorent les angles du monument ; au centre de la face principale est un cadre circulaire , dans lequel on a représenté un personnage tenant d’une main le couteau des sacrifices , et de l’autre renversant une patère ronde sur un autel , on sur un vase. Le travail est grossier et annonce que l’ouvrier ne connaissait pas le dessin.
399. Urne ou petit tombeau en marbre , sur lequel on a représenté deux époux. Cette sculpture grossière doit être attribuée, ainsi que celle du monument précédent , aux sculpteurs ignorans qui avaient établi , comme je l’ai dit * , près du lieu où l’on voit maintenant la petite ville de Saint-Béat , sur le flâne de la montagne de Rie ( qui est formé nresqu’en entier de marbre blanc ), un atelier où l’on taillait des autels et des tombeaux. Une partie de cet atelier subsiste encore , et l’on remarque sur le rocher , nommé à cause de cela Mail dé las higuros , des figures faites sans art , et pareilles à celles que l’on voit sur ce monument. On doit à M. Chaton , de Saint-Gaudens ^ la conservation de cette urne , trouvée près de Valentine.
400. Fragment d’un monument semblable , découvert à "Valcabrère.
401. Urne en marbre. L'inscription, en mauvais latin, est ainsi conçue :
DIBVS
MAXE
BVS
TAVBIV PATRI. V. F
402. Cippe sépulcral sur lequel on a représenté en buste deux époux. — Ce cippe vient du village ae Burgalai's.
I Supra,
• Oin i' " Giiiiglt
403. Autre cippe provenant de Boutx , .-l donné par M. le Maire «le cette commune.
404. Gppe sépulcral de yindus , (ils de Bilaisis. Voici l'inscription de ce monument :
ANnvs
BILÀISIS
P. H. s. K ( Hîc sepultus est ).
405. Marbre sur lequel on lit une inscription qui nous apprend qu’on arait élevé à un particulier nommé Severus , bis de Berhaxis, un monument funéraire pour lui, pour Exsorata son épouse, pour Secimdus son fils, pour Andercsenis sa mère , Çour Silvinus son fils, et pour Silvina sa fille. Cle marbre a été extrait des murs de l’égliSe de Bereugnas, en i8i5 , par ordre de M. le comte de Remuzat, alors préfet.