‹ Description du Musée des Antiques de ToulouseChapitre 58 sur 102 · CHAPITEAUX · texte numérisé non relu

CHAPITEAUX

Pour ceux qui étudient avec soin les monumens du moyen âge, il y a peu d’objets plus importans que ces chapiteaux à formes si variées , dont les dessins sont quelquefois si bien entendus, souvent si bizarres, mais toujours pittoresques. C’est sur-tout dans les plus anciennes basiliques , dans les cloîtres , dont la constniction remonte aux époques les plus reculées , que l’on retrouve les plus importans. L’histoire sainte et les légendaires , l’allégorie et fa personnification des vices et des vertus , les proauctions de la nature et les créations d’une imagination vive et poétique, apparaissent sur ces chapiteaux, où l’on retrouve, peut-être mieux qu’ailleurs, les pensées des artistes, leur manière, et les élémens des annales ae la sculpture française à cette époque , sur laquelle on a si peu de documens authentiques. J’ai recherché, il y a plus de vingt ans, l’avantage de former à Toulouse une collection de chapiteaux, et , il faut le dire, j’ai été malheureusement trop secqndé

]iar l'esprit de dévastation, par le vandalisme qui a renversé et qui renverse encore nos vieux monumens. Ceux-ci ont été arrachés, du milieu des ruines, à une destruction qui paraissait assurée. Puissent-ils conserver lonjT-icinps dans Toulouse le souvenir de l’ancienne magnificence artistique du Midi de la France !

500. Chapiteau placé au-dessus de l’une des niches qui proviennent du cloître de la Daurade, et qui renferment des fispires. On remarque, sur celui-ci, dans des enroulemens de feuillages, un centaure décochant une flèche contre une harpie , un coq dévorant un serpent, et un homme armé d’une lance attaquant des oiseaux.

501 . Autre, .sur lequel on voit aussi, dans des enroulemens, un chasseur décoahant une flèche contre un oiseau d’une taille démesurée ; plus loin paraissent un homme et un cerf.

502. Autre , du même style : on y aï représenté une harpie , un satyre armé d’uue hache, et un homme armé perçant avec un poignard un dragon sur lequel il est monté.

503. Ces deux autres chapiteaux de niches sont décorés avec goût et dans un système particulier. On ne peut se lasser «l’admirer la fécondité des auteurs de ces objets, souventagréa- Lles, quelquefois bizarres, mais toujours variés.

504. Chapiteaux accouplés, sur lesquels on a représenté, en plusieurs panneaux, toute l’histoire de Job. D’abord, riche et

{ missant, une foule empressée vient implorer sa bonté : mais e démon peut exercer contre lui son pouvoir , et les habitations du patrianïhe roulent en débris ; ses enfans et ses serviteurs sont écrasés sous les décombres ; scs troupeaux périssent avec leurs pasteurs. Loin de le secourir, ses amis semblent par leurs discours insulter à ses douleurs. Resté seul, un ange vient le visiter; il lui présente un vase qui renferme sans doute un précieux remède , il le touche et le console. Rien de plus délicat «pic ces sculptures qui, ainsi «pie la plus grande partie de celles «jue nous allons décrire , proviennent du cloître si peu connu du monastère de la Daurade.

505. Sur ces chapiteaux accouplés et qui ont les mêmes proportions «pie les preeédens, on voit un homme essayant «le soustraire une femme à un ours qui va la dévorer ; dans les enrou-

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lemens, en arrière, un jeune chasseur lève contre cct ours le large épieu dont il est armé. Sur la face opposée, un homme nu tenant aussi un épieu, s’avance contre une sirène et un animal fantastique, qui porte une tète de femme sur le corps d’un quadrupède.

506. Chapiteau sur lequel on voit quatre personnages qui supportent chacun un vase en forme de corne, et d’où s’échappe un torrent. Au-dessus de leurs têtes on lit: phiso:», geon, tigbis, evfeates. Ce sont les quatre fleuves qui arrosaient le Paradis terrestre.

507. Chapiteau double, orné d’cnroulemcns travaillés avec la plus grande délicatesse. Des hommes armés s’élancent; d’autres sc jouent dans les enroulemens. Deux masques dans le genre antique sont sculptés aux angles du tailloir.

508. Chapiteau double , décoré d’enroulemens de feuillages , de figures d’hommes et d’animaux. 11 est placé comme le précédent, auquel il sert de pendant, sur des colonnes accouplées.

509. Chapiteau sur lequel on a représenté une histoire sainte.

510. Chapiteau dont le bas-relief ofiVe Daniel dans la fosse aux lions.

51 1 . Autre , où l’on voit d’un côté saint REchel terrassant l’esprit des ténèbres , tandis que les élus, guidés par un ange , marchent vers le palais du Père céleste. On voit de l’autre côté les démons précipitant les réprouvés dans une vaste chaudière environnée par des flammes.

512. Autre , sur lequel on voit des anges sonnant du cor. A ce signal , les morts sortent de leurs tombeaux , le Christ paraît dans sa gloire, et ime croix triomphante brille dans les cieux.

513. Chapiteau double sur lequel parait le Christ parlant à une femme à genoux; la tète de cette femme est environnée d’une auréole. On aperçoit ensuite les saintes femmes qui vont au tombeau du Seigneur, et qui témoignent leur étonnement en trouvant le sépulcre vide.

514. Autre chapiteau dont les bas-reliefs rappellent différentes circonstances de la vie de Jésus-Christ.

515. Cliapiteau double sur lequel on voit le Qirist prêchant; le

Clirist lié et emporté par des soldats , puis attaché à une colonne ét flagellé.

516. Chapiteau dont le bas-relief représente le Chnst porté au tombeau, un saint pleurant, et d’autres figures dans diverses attitudes.

517. Chapiteau double. On y a représenté plusieurs vaisseaux à rames. Dans l'un on remarque un Roi J dans un autre, un Comité qui frappe de verges les rameurs. Dans la partie inférieure, on voit deux dragons.

"ÎIS. Chapiteau double dont les bas-reliefs retraeent plusieurs sujets tirés de la vie de Jésus-Christ.

519. Fragment d’un autre chapiteau sur lequel on a représenté l’entrée de Jésus-Clirist dans Jérusalem, et ensuite le Sauveur arrêté dans le jardin des Oliviers.

520. Chapiteau dont le bas-relief représente saint Michel pesant dans une balance les bonnes et les mauvaises actions d’une âme. On remarque qu’elle est réprouvée; déjà ses pieds sont devenus crochus, et derrière elle un démon étend un rouleau sur lequel on lit : in ignem æternüm. On retrouve le même sujet au-dessus des portes de plusieurs églises, et notamment à Notre-Dame de Paris , à Arles et à Grisolles.

521. Chapiteau formé par des oiseaux fantastiques, qui s’enroulent entr’eux.

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