Thèbes. — Karnak. Albâtre
Hauteur 1 67
Ce magnifique monument représente une reine qui a joué un rôle important dans les affaires de l'Egypte au temps de Toccupation éthiopienne (XXV"* dynastie); elle s'appelait Améniritis.
Le premier roi de cette dynastie, qui régna à la fois sur rElhiopie et sur rEgyj)te, fut Sabacon. Sabatoka et Tahraka le remplacèrent sur le trône. Puis parut la dodécarchie qui enleva à un quatrième roi, nommé Piankhi, les provinces septentrionales de l'Egypte, le laissant maître de la Thébaide et de l'Ethiopie. Enfin à ce prince et aux douze rois confédérés succéda Psammétichus, sous lequel l'Egypte reprit se^ frontières naturelles.
Àm^niritis fut mêlée à ces grands événements. Fille du roi Kaschta, et selon un bas-relief de Karnak, sœur de Sabacon, elle fut, du vivant de ce princeprevêtue du 4Jtre de régente, et, en cette qualité, prit le doiible cartouche. Plus tard elle apporta les droits à la double couronne de FËgypte et de l'Ethiopie à l'usurpateur Pismkhi, qu'elle épousa et dont elle eut la princesse Schap-en-ap, qui fiit la femme de Psammétichus I. On ignore ce qu'Aménîritîs devint quand Piankhi fut refoulé en EKhiopie^ et <|iiaBd sa fille» bédtièf e de ses
SALLE INTÉBIEURE . W
{tfoinres dmU à decix trônes, passa sesttoesà pBamiiiMchBs.
La statue de KariMik i été érigée à l'époqvie eu Améniritis était régente. L'inscrif tion gravée sur le sœle de granit l'appelle en effet la Bectrice du nord et au sud» A ses pieds sont placés ses deux cartouches. Bile s'y dit en même temps royale sœur du roi (nom martelé) vivixnt à toujours^ et royale fUle du roi (nom martelé) k justifé, c'est-à-dire mort. Le premier de ces cartOQchea est celui de Sabacon, le second est celui de Kasehta. Le nom de la reine senl a été conservé intact. Psammétichus, qui venait de se substituer à la dynastie éthiopienne, devait» en effets poursuivre la méinoire des rois étrangers^ mais en même temps respecter le nom de la mère de Se]iapNen>4ip.
GoiXKœe noua l'avons dit, la statue est d*albÀtre; nuiis son socle^ qui est encore adhérent, est àt granit gris. C'est sur ce socle que figurent les titres de la reine, ^a longue inscription gravée sur le pilier auqael la statne est adossée est une invo^ cation aux dieux. On y voit que notre statue, quand elle était complète, devait être surmontée de deux longues plumes, peut-être en or, qu'elle a perdues aujourd'huit.
RiaBr n*égale rélégance de ce joli moreeau. Les formes en sont chastes, pures, et en même temps aussi justes qu*ôn peut Tattcndre d'une statue égyptienne. La reine est coiffée de la grande perruque des déesses. Elle tient le fouet de la main gauche, et de la droite une sorte de bourse. On remarquera le travail fini de ses bracelets.