‹ Description du parc égyptienChapitre 73 sur 75 · ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

ÉGYPTIENS

C'est encore à Figari-bey qu'on doit la collection des ro-

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ehes qui ont servi aax anciens Égyptiens, tant pour leurs temples, leurs ponts et leurs chaussées, que pour leurs sarcophages, leurs stèles^ leurs colonnes, et, en général, leurs œuvres d'arU C'est ainsi que nous avons, dans cette catégorie, les porphyres, les granits, les brèches, les serpentins, les basaltes, le bel albâtre oriental des carrières de Siout et de Béni Souef. Figari-bey y a aussi compris tous les calcaires employés pour la maçonnerie, ainsi que des échantillons des différents limons et des sables de la vallée nilotique choisis sur plusieurs points. La collection 6st complétée par une eX" position des natrons^ des terres alumineuses, des bitumes liquides et des eaux minérales de l'Egypte.

B* Cartes hydrographiques de l'Égyptb.

Elles comprennent la Basse-Egypte, l'Isthme de Suez» la Moyenne-Êgypte, et la zone septentrionale de la Haute-Ëgypt«. Ces cartes ont été gravées au dépôt de la guerre, à Parisi et sont dues à M. Linant de Belle fonds, qui futiongtemps direoteur général d^s ponts et-chaussées, en Egypte* On peut y étudier tout le système d*irrigation du pays, conçu et exécuté en partie par Tauteur.

6® Carte de l'Etbàyé.

C'est encore à M. Linant de Bellefonds que la science est redevable de la carte de TEibaye, pays très-peu fréquenté et habité par les Arabes Bicharis.

*!" Projet de palais arabe.

Gabari est le nom d'un palais moderne situé à Alexandrie^ où S. A. Saïd-Pacha fixait quelquefois sa résidence. Comme ce palais manque de salons assez spacieux pour être ouverts les jours de fêles à de nombreux invités et que d'<nl leurs la façade en est triste et insignifiante, Saïd-Paclia voulut remédier À cet inconvénient en établissant sur la cour d honneur la galerie dont le visiteur a le projet SOus les yeux.

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Ce projet (que le jury d'Architecture de TEipositlon de 1867 vient de récompenser par une mention honorable) est dû à M. £. Schmitz, le même qui a fourni les données générales du Salamlik.

8« Dessins^ Cartes, Plans , etc., exécutés par les klèves

DES écoles militaires d'Égypte.

Ces écoles sont placées sous la direction générale du colonel d'état-major Mircher, chef de la mission militaire française en Egypte. Elles sont représentées à l'Exposition par diverses études de Dessin, de Topographie, de Géométrie, etc., conserTées dans une armoire spéciale. En voici la nomenclature :

École d'Ëtat-major. Directeur : Chehata-^ Issa,

Tracés de Fortifications.

— Géographiques.

-— Topographiques.

— de Géométrie descriptive.

Éeôld d'Infanterie. Directeur : DebèfnardU'biy.

Exercices d'Écriture arabe.

Dessins d'Ornement.

— de paysage.

— de tète.

Exercices de tracés topographiques.

-^ de géométrie descriptive.

École de Cavalerie. Directeur : M. Pollard.

Tracés de mécanique.

^ de topographie.

— d'architecture.

École d'artillerie et du génie. Dhrecteur : M. Lormée,

Tracés tnécâniques.

— de topographie*

— d'architecture et de géométrie deieriptive.

^^^ PALAIS

École Polytechnique. Directeur : Ismael-bcy Moustaplut.

Dessin d'ornement.

Tracés d'arcliiteclure.

— de géographie.

École préparatoire d'Alexandrie. Directeur ; Ac/tmed-bey Toçif .

Exercices d'écriture française.

— d'écriture arabe.

Dessins d'ornement.

— de tête.

— d'architecture.

École préparatoire du Caire. Directeur : Aly-bey Ibrahim^

Dessins d'ornement.

— de tête.

— d'architecture.

Études diverses.

^ 9" Collection de livres en langues auabe et torque.

L'imprimerie du gouvernement a publié, depuis quelques années , un grand nombre d'ouvrages en langues arabe et turque. Ces ouvrages sont, ou des compositions originales, ou des traductions du français. Nous en exposons ici deux cent cinquante- quaJtre y ainsi divisés :

Livres classiques 27 ouvrages.

Théologie.. 33 —

Philosophie et morale 9 —

Lettres et poésies Si —

Mathématiques â5 . —

Législation — . i3 —

Sciences médicales 39 —

Histoire et voyages 39 —

Industrie 4 —

Art militaire et marine. ... 38 —

Administration 5 —

Mœurs et coutumes 1 —

PA/I.AIS t^.'J

10** YOBS PHOTHOGRÂPBIQUES.

La saile du Selamlik conserve, en outre ^ diverses vues photographiques d'Egypte, exécutées par M. Désiré, artiste photographe^ établi au Caire.

Nota. Divers objets, que nous n'avons pas encore reçus ou qui ne sont pas encore déballés, figureront plus tard dans la salle du Selamlik. Nous citerons parmi eux les photographies représentant la pièce de campagne de Jacquiet-bey, directeur des ateliers militaires du Caire. Cette pièce, affût et canon, est portée facilement par deux dromadaires.

OKEL

On rencontre dans U Lrrant des maisons qui l'api^lleot des ^ravcméraiiê en Turquie et en Perse, des oftefsen Egypte^ et qui servent à la fois d'auberge, de magasin^ de bazar et d'alelier.

La grande maison qui occupe le côté méridional du Parc Égyptien est un okel.

Si l'on retranche de Pokel du Parc l^ayptien, au sud le café et la salle d'anthropologie située au-dessus, au nord le portique que la nécessité de posséder au premier étage un lieu de réunion (1) a forcé d'ajouter à la construciion, on aura le modèle, exact dans ses lignes essentielles, d'un okel de la Haute-Egypte.

Comme l'okel du Parc a la prétention d'offrir au visiteur l'occasion d étudier pour ainsi dire sur nature une construction de la Haute-Egypte, nous devons indiquer les chan^^ement^ que Ihs circonstances nous ont forcés d*apporier aux modèles qui ont servi de type général. Ce sont: 1<^ les grandes fenêtres grillées, nommées moticharabiehs. Les admirables mouclurabiehs qui sont installées ici proviennent du Caire»

(1) Pour la Commission Vice-Royale et pour les personnes qui y sont attachées.

et non de la Haute-Egypte. Dans la Haute-Egypte^ les moucharabiehs sont moins compliquées. Les dessins à jour^ qui donnent aux moucharabiebs du Caire la légèreté de la dentelle, sont imités dans la Haute-Egypte par Tentrecroisement ^ en losanges de simples baguettes de bois. 2"* La cour couverte qui sert d'atelier aux ouvriers indigènes offre, dans son plafond^ une autre altération du type primitif. En Egypte, on ne trouvera jamais dans une même salle qu^une seule de ces larges prises d'air (malhaf) ouvertes au plafond. Ici nous avons dû en pratiquer deux, h cause de Téclat relativement moindre du jour. 3° Les portes des maisons de la Haute- Egypte sont unies et *sans moulures (comme la porte du Temple). Deux ou trois bandes de fer, qu'on laisse apparentes^ les traversent horizontalement. Sur les battants, est peint en couleurs vives (blanc sur fond rouge ou bleu) le salve dont voici la traduction : toi qui ouvres la porte, que la porte que tu ouvres soit la porte du bonheur! i" Tous les bois, plafonds^ portes, colonnes, moucharabiebs, sont, dans la Haute- Egypte (et d'ailleurs aussi le plus souvent au Caire), laissés nus et sans couleur, usage qu'expliquent en l'autorisant l'absence de pluies et la sécheresse ab&olue du climat. Nous n'avons pas cru devoir suivre ici cette règle, dont l'application eût d'ailleurs présenté l'inconvénient de mettre sous les yeux du visiteur des bois de tout âge, de toute nature et de toute provenance, c'est-à-dire de tous les tons.

Les plans de l'okel ont été envoyés d'Egypte. Les lignes générales en sont empruntées aux okels d'Âsouan nommés Okel Cheikh Abd-el-Mansour et Okel Sidi^^Abd^Allah. Quelques détails (arrangement de briques, disposition de fenêtres, etc.), sont pris çà et là à Asouan, à Girgeh et à Qéneh(i).

Nous allons maintenant décrire l'okel dans toutes ses par-

(1) La monture et les parties modernes ou arrangées des moucharabiebs, les dessins des portes intérieures, les plafonds ornés d'arabesques, Tescalier, le bain et autres menus détails, sont dus ^ M. Drevet, qui, du reste, a présidé, avec son sèle accoutumé, à Vexécutioii générale de la conBtrnction.

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lies, en supposant que le visiteur arrive du t^emple et y pénètre par le portique du nord.

Rez-de-chaussée.

Une porte, à couvert sous un portique précédé de quatre piliers, donné accès, après un corridor assez large, à la cour principale où sont installés les ateliers des ouvriers. La porte qui nous a servi de modèle existe à Âsouan.

Il n'est pas un voyageur en Egypte qui n'ait remarqué combien y est fréquent Tusage des piliers carrés, avec chanfrein. Ceux qui soutiennent le portique de l'okel se trouvent un peu partout, d' Asouan au Caire. La mosquée du sultan Barkouk, dans cette dernière ville, en ofhre plusieurs exemples excellents.

L'okel est, pour ainsi dire, tout entier dans la cour couverte où nous pénétrons après avoir franchi le portique. Là rarchitécture, la couleur, le» hommes, le langage, les ustensiles, tout transporte le visiteur en Egypte. C'est l'Egypte moderne prise sur le fait qu'il a 80us les yeux. Des boutiques bordent la cour sur deux de ses côtés. La porte de ces boutiques est formée de deux volets qui se rejoignent horizontalement. L'un se relève, s'accroche au mur et sert d'enseigne. L*autre s^abaisse sur le sol et forme un plancher sur lequel l'ouvrier travaille, à l'abri de l'humidité. Dans l'intérieur de la boutique sont emmagasinés les produits; ils son( fabriqués à l'extérieur, et en quelque sorte sur la voie publique. Si un client se présente, c'est encore sur la voie publique que les affaires se traitent. Un tapis est disposé sur le rebord de l'atelier, le client s'y assied. On cause ; une tasse de café est servie, puis les pourparlers s'engagent. Quand le marchand s'absente dans la journée, il étend devant sa porte un simple filet que tout le monde respecte. Telles sont les boutiques des fameux bazars de l'Orient, et il n*y en a point d'autres. Nos fastueux magasins, où Tacbeteur paye sans compensation un luxe qui ne devrait pas le préoccuper, puisqu'il n'en reste rien sur la marchandise qu'il emporte chez lui, sont absolument inconnus en Orient.

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A gauche de la cour est une porte qui donne sur un perron extérieur. Cette porte est la reproduction de Tune de celles de la nîaison dite de Fadil-Pacha, à Qéneh.

A droite^ une cuve de marbre^ à Tusage des indigènes Musulmans, est destinée anx ablutions qui précèdent la prière.

Au plafond de la salle est accroché un curieux lustre de bronze qui provient de la mosquée de Kaid-bey, au Caire. Quand le lustre est en état de fonctionner^ Tillumination est obtenue au moyen de légers bras de fer superposés sur trois ou quatre étages, et se projetant au dehors. Au bout de chaque bras, un godet de verre, dans lequel brûle Thuile d'une mèche, est disposé.

La maison dite à^Osman-bey, au Caire, a fourni le modèle des jolies fenêtres grillées qui ferment les deux malhaf.

Les ouvriers qui travaillent devant les boutiques que nous venons de décrire et sous les yeux du public, sont :

Des) Bijoutiers du Caire.

Des Bijoutiers du Soudan. ^

Des Fabricants de nattes.

Des Passementiers.

Des Brodeurs,

Des Selliers.

Des Fabricants de tuyaux pour chibouques.

Un Barbier leur est adjoint. -

Vis-à-vis la porte par laquelle le visiteur vient d'entrer dans la cour, est une autre porte qui mène au café.

Le café, le chibouque, le narguileh y sont distribués gratuitement aux visiteurs; mais rentrée n'est ouverte .que sur la présentation de cartes qu'on se procure en s'adressant à M. Charles Edmond, Commissaire général de l'Exposition Vice- Royale égyptienne.

La façade extérieure du café est curieuse à étudier. Le vitrage est copié sur celui de la boutique d'un barbier, au Caire. Les deux portes latérales reproduisent celle d'une mosquée qui existe dans la rue Franque, à Alexandrie.

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Premier étage.

L*okel du Cheikh Abd-el^Mansonr, à Asouan^ a fourni les lignes générales de cette galerie placée au premier étage qui donne à l'intérieur de notre cour un cachet si marqué d'originalité. Du même okel Tiennent encore les motifs de décorations obtenus par des systèmes divers d'agencement de briques.

Le premier étage des okeis est toujours consacré à des logements. Il en serait de même ici, si nous n'avions ajouté à h construction la salle de réunion et la salle d'anthropologie, dont nous allons parler.

La salle de réunion est située au nord^ au-dessus du portique.

La salle d'anthropologie est située au-dessus du café. On y a exposé une collection, unique jusqu'ici^ d'environ 500 têtes de momies. Ces têtes sont classées par dynasties et en même temps par localités. Il n'est personne qui ne voie les services qu'une réunion aussi considérable de matériaux peut rendre à la sciepce de l'anthropologie.

• Avec les têtes de momies, sont une demi-douzaine de momies entières, encore enfermées dans leurs sarcophages, et destinées^ comme le reste^ à servir d'études aux anthropologistes.

La salle d'anthropologie n'est pas publique. On s'en procure l'entrée en demandant des cartes soit i^ M. )e commissaire-général de TÉgyple, soit à M. le secrétaire-général de la Société d'anthropologie (1).

A gauche en entrant dans la salle de Tanthropologie, est une moucharabieh exceptionnellement belle, qui se recommande par la grâce et la légèreté presque incroyable de son dessin. Elle provient de la maison dite Gamaliehy au Caire.

(1) Le Secrétaire général de la Société d'Anthropologie est M. le docteor Broca, 1, rue des Saints-Pères (tous les Jours, de midi à 3 heures).

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La maison dite d'Hussein-Bey, également située au Gaire^ & fourni toutes les autres moucharabiehs de l'okel.

Entre Tokel et le temple est le modèle en pl&tre d*UQe statue; c'est celle de GhampoUion. L'illustre fondateur de régyptologie est dans la pose de la méditation. Le sphinx égyptien, si longtemps et si obstinément muet^ va ouvrir la bouche. Encore quelques efforts de cette pensée profonde^ et le voile qui couvre quarante siècles d'histoire sera déchiré.

La statue de GhampoUion est exposée dans le Parc Égyptien par M. Bartholdi, son auteur. Elle est destinée à la place publique de Figeac, qui se glorifie d*avoir donné le jour au grand homme. Une souscription publique en a généreusement fait les frais.

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