C. Fabrique. [ G. Parterres
D. Commerce. \7. Vignes.
E. Éducation.
F. Sciences.
G. Beaux-arts.
H. Culte.
Cerisiers.
Pruniers.
Poiriers.
Pommiers
Si l’espace le permettait nous indiquerions la composition de toutes les Séries A, B, C, D,.... 1 , 2, 3.,.. comme nous faisons pour la Série agricole de classe cotée A, et pour la Série de genre numérotée \ . Le lecteur comblera facilement les lacunes et complétera le tableau en poursuivant, par la pensée, la division de tous les termes jusqu’à leurs derniers éléments. La Série des Cerisiers , par exemple, se subdiviserait évidemment en autant de groupes que l’on cultiverait d 'espèces, ou mieux encore de variétés de cerises sur les terres de la Phalange. Toutes les autres branches aboutissent également à des Séries de groupes , comme les subdivisions de l’armée et du régiment arrivent définitivement à des
réunions ou Séries d 'escouades formant les Compagnies, comme les bifurcations d’un grand arbre, parvenues aux rameaux et aux ramilles, s’épanouissent finalement en bouquets ou Séries de feuilles , organes de travail et de vie de l’être végétal. '
L’industrie organisée en méthode naturelle, en système logique, comme le demande le pur bon sens, est loin, — on le voit, — de reproduire l’anarchie de l’industrialisme civilisé , la mêlée nommée libre concurrence, et l’extrême incohérence de tous les travaux exécutés par nos ménages morcelés. Dans le Régime sociétaire, la convergence industrielle est parfaite, le travail est organisé. La Phalange est une armée compacte, manœuvrant librement comme les corps les mieux disciplinés. Depuis les innombrables escouades adonnées aux fonctions minimes, aux variétés les plus ténues, on remonte par les Séries d’espèces , de genre, d’ordre et de classe , jusqu’à la Régence centrale , réunion des sommités des différentes hiérarchies, qui imprime à l’ensemble des Séries et des travaux le mouvement harmonique convergent .
Il est donc entendu que l’industrie sociétaire opère par réunions nombreuses , intriguées , joyeuses, en séances suffisamment courtes et variées , et que ces réunions nommées groupes, se combinent et se hiérarchisent dans les SÉRIES des différents degrés .
I/amalgamc judicieux des trois Ordres d’agriculture est le moyen d’allier le bon et le beau. Ces Ordres ne sont pas même connus des agronomes civilisés , qui n’en peuvent employer que les trois caricatures.
Ch. Fourier.
Venons maintenant à la distribution matérielle des cultures qui doivent, ainsi qu’on le pense bien, être mises en harmonie avec le principe de classement que nous
DIPOSITIF DES CULTURES.
venons d’esquisser, et se prêter en tout point aux opérations des Groupes et des Séries.
Cette distribution s’exécutera suivant trois méthodes ou Ordres agricoles , déterminés par la nature même des choses, et dont nous allons emprunter la description à l’auteur du Traité de l’Association ; il s’exprime ainsi sur ce sujet, tome 2, page 50 :
4° LJ ordre simple ou massif, est celui qui exclut les entrelacements ; il règne en plein dans nos pays de grande culture, où tout est champ d’un côté, tout est bois de l’autre. On voit dans la masse des terres à blé, beaucoup de points qui pourraient convenir à d’autres cultures, et surtout aux légumineuses ; de même que dans la masse des bois on trouve beaucoup de pentes douces qui pourraient convenir à une vigne, beaucoup de plaines intérieures qui pourraient convenir à une clairière cultivée, et améliorer la forêt où il faut ménager des espaces vides pour le jeu des rayons solaires, la circulation de 1 air et la maturité du bois.
2° L'ordre ambigu ou vague et mixte, c’est celui des jardins confus qu’on nomme anglais, et qu’on devrait nommer chinois, puisque l’Angleterre a emprunté des Chinois cette méthode , fort agréable quand elle est employée à propos , mais non pas avec la mesquinerie civilisée, qui rassemble des montagnes et des lacs dans un carré de la dimension d’une cour.
L’Harmonie étant ennemie de l’uniformité, emploiera sur divers points d’un canton et notamment dans les pays coupés, comme le pays de Vaud, cette méthode chinoise, ou vague et ambiguë, qui rassemble comme par hasard toutes sortes de cultures et de fonctions : elle formera un contraste piquant avec les massifs (méthode 4), et les lignes engrenées (méthode 3).
3° L'ordre composé et engrené est l’opposé du système civilisé, selon lequel chacun tend à se clorre et s’entourerait volontiers de bastions et batteries de gros calibre. Chacun en Civilisation veut se retrancher et faire une citadelle de sa propriété. On a raison en Civilisation, parce que cette société n’est qu’un ramas de voleurs gros ou petits, dont les gros font pendre les petits ; mais en Harmonie, où l’on ne peut pas essuyer le moindre vol, et où un enfant ne volerait pas même
98 DESCRIPTION DU PHÀLÀNSTTÈRE.
une grappe de groseilles, on emploie autant qu’il se peut, dans les distributions de culture, l’ordre matériel composé ou méthode engrenée, selon laquelle chaque série s’efforce de jeter des rameaux sur tous les points, engage des lignes avancées et des carreaux détachés dans tous les postes des Séries dont le centre d’opération se trouve éloigné du sien.
L’ordre massif est le seul qui ait quelque rapport avec les méthodes grossières des Civilisés ; ils réunissent toutes les fleurs d’un côté, tous les fruits de l’autre, ici toutes les prairies, là toutes les céréales : enfin ils forment partout des masses dépourvues de lien. Leur culture est en état d’incohérence universelle et d’excès méthodique.
D’autre part, chacun d’eux, sur son terrain, fait abus de la méthode engrenée ; car chacun voulant recueillir, sur le sol qu’il possède, les objets nécessaires à sa consommation, accumule vingt sortes de cultures sur tel terrain qui n’en devrait pas compter moitié. Un paysan cultivera pêle-mêle blé et vin, choux et raves, chanvre et pommes de terre, sur tel sol où le blé seul aurait convenu : puis le village entier mettra en blé exclusivement quelque terrain éloigné qu’on ne peut pas surveiller contre le vol, et qu’il aurait convenu de mélanger de diverses plantations. Une Phalange exploitant son canton en système combiné, commence par déterminer deux ou trois empiois convenables à chaque portion : l’on peut toujours faire avec succès des mélanges, hors le cas de vignobles trèsprécieux, qui encore peut compter fruits et légumes en accessoires de la culture pivotale. Ces alliages ont pour but d’amener divers groupes sur un même terrain, de leur ménager des rencontres qui les intéressent aux travaux engrenés avec les leurs, et de laisser le moins que possible un groupe isolé dans ses fonctions.
A cet effet, chaque branche de culture cherche à pousser des divisions parmi les autres : le parterre et le potager, qui chez nous sont confinés autour de l’habitation, jettent des rameaux dans tout le canton. Leur centre est bien au voisinage du Phalanstère, mais ils poussent dans la campagne de fortes lignes, des masses détachées qui diminuent par degrés, s’engagent dans les champs et prairies dont le sol peut leur convenir ; et de même les vergers, quoique moins rapprochés du Phalanstère, ont à sa proximité quelques postes de rallie-
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ment, quelques lignes ou blocs d’arbustes et espaliers engagés dans le potager et le parterre.
Continuant les applications des principes fixes et invariables d’après lesquelles se règlent toutes les harmonies sociétaires, Fourier poursuit le calcul des résultats, entre dans les détails du milieu phalanstérien, et nous les décrit comme un voyageur racontant les mœurs des contrées qu’il a parcourues.
Cet engrenage agréable sous le rapport du coup-d’œil, tient encore plus à l’utile, à l’amalgame des passions et des intrigues. On doit s’attacher surtout à ménager des mariages de groupes , des rencontres de ceux d’hommes avec ceux de femmes, par suite de l’engrenage des cultures ; l’idée de mariage des groupes est plaisante et prête à l’équivoque. Mais ce sont des rencontres industrieuses fort décentes, et aussi utiles que nos réunions de salon et de café sont stériles ; par exemple :
Si la Série des cerisistes est en nombreuse réunion à son grand verger, à un quart de lieue du Phalanstère, il convient que, dans la séance de quatre à six heures du soir, elle voie se réunir avec elle et à son voisinage :
Une cohorte de la Phalange voisine, et des deux sexes, venue pour aider aux cerisistes ; un groupe de dames fleuristes du canton, venant cultiver une ligne de cent toises de mauves et dahlias, qui forment perspective pour la route voisine, et bordure en équerre pour un champ de légumes contigu au verger ;
Un groupe de la Série des légumistes venu pour cultiver les légumes de ce champ;
Un groupe de la Série des mille fleurs venu pour la culture d’un autel de secte placé entre le champ de légume et le verger de cerisiers ;
Un groupe de jouvencelles fraisistes, arrivant à la fin de la séance, et sortant de cultiver une clairière garnie de fraisiers dans la forêt voisine.
A cinq heures trois quarts, des fourgons suspendus, partis du Phalanstère, amènent le goûter pour tous ces groupes : il est servi dans le castel des cerisistes, de cinq heures trois uarts à six un quart ; ensuite les groupes se dispersent après
avoir formé des liens amicaux et négocié des réunions industr elles ou autres pour les jours suivants.
Plus d’un civilisé va dire qu’il ne voudrait envoyer ni sa femme, ni sa fille à ces réunions; c’est juger des effets de l’état sociétaire par les effets de la Civilisation : les pères seront les plus empressés de voir leurs femmes et filles dans les Séries industrielles, parce qu’ils sauront que rien de ce qui s’y passe ne peut rester inconnu. Or, les femmes sont bien circonspectes en lieu où elles sont certaines que toutes leurs actions seront connues de père, de mère, de rivales; c’est ce qui n’a pas lieu dans une maison civilisée où le père , s’il veut surveiller femmes et filles, est trompé par tout ce qui l’entoure. Les mariages étant très-faciles en Harmonie , même sans dot , les filles sont toujours placées de 16 à 20 ans. Jusque-là, on peut leur laisser pleine liberté, parce qu’elles se surveillent entre elles , ainsi qu’on le verra aux chapitres spéciaux ; or, il n’est pas de garde plus sûre auprès d’une femme que l’œil de ses rivales.
Il est certain que plus d’un niais trouvera à gloser sur la facilité, l’aisance, avec lesquelles Fourier décrit les habitudes d’Harmonie; plus d’un croira motiver gravement ses facéties en disant que, quelle que soit la valeur des principes , on ne peut pas aller aussi sûrement des principes aux conséquences ; que la pratique fait toujours mentir la théorie; que la liberté humaine est un élément qui ne s’arrangerait pas de données aussi précises et pour ainsi dire mécaniques. — Mais les hommes d’intelligence comprendront, eux, que la pratique ne ment qu’aux mauvaises théories, qu’elle redresse les théories fausses et confirme les théories vraies; que la précision des déductions n’est qu’une preuve de plus de la validité des principes; que Fourier, qui a réalisé dans sa tête et préconstruit, par puissance de génie, le monde harmonien dans lequel il vit depuis trente ans, est trèsadmissible à nous en raconter les habitudes et les mœurs : enfin, ils comprendront que c’est tout justement de la précision mécanique et delà parfaite régularité des choses que peut seulement résulter la parfaite liberté des
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individus ! Pour mettre ce dernier principe dans tout son jour au moyen d’un seul exemple pris dans nos mœurs de Civilisation, n’est- il pas évident que si les heures des spectacles n’étaient pas précises et déterminées, si ces heures étaient variables et irrégulières, l’individu n’aurait pas , pour disposer ses affaires et son temps de manière à y assister, la facilité , la liberté qu’il trouve quand les heures sont fixes, régulières, connues? D’où il résulte bien nettement, en élargissant cet exemple , qu’à la plus grande précision des mouvements , à la plus exacte ponctualité des affaires , à la plus parfaite mécanisation des choses , correspondra la plus complète liberté des personnes.
Encore une citation :
En terminant cet aperçu du matériel, insistons sur le point principal, sur la nécessité de combiner les trois ordres.
On en fait dans l’état actuel un emploi si mal entendu, que chacun des trois devient une caricature. Jugeons-en par l’ordre mixte ou ambigu, dont nous voyons une ombre dans les jardins anglais, tels que Petit-Trianon, Navarre, Schwetzingen, etc.
Ces jardins pittoresques sont, comme les bergers et les scènes de théâtres, des rêves de beau agricole , des gimblettes harmoniques, des miniatures d’une campagne sociétairement distribuée. Mais ce sont des corps sans âme, puisqu’on n’y voit pas les travailleurs en activité. Il vaut mieux encore n’en point trouver, que d’y apercevoir les tristes et sales paysans de la Civilisation.
De tels jardins auraient besoin d’être animés par la présence d’une vingtaine de groupes industriels, étalant un luxe champêtre. L’état sociétaire saura, jusque dans les fonctions les plus malpropres, établir le luxe d 'espèce. Les sarraux gris d’un groupe de laboureurs, les sarraux bleutés d’un groupe de faucheurs, seront rehaussés par des bordures, ceintures et panaches d’uniforme ; par des chariots vernissés, des attelages à parure peu coûteuse, le tout disposé de manière que les ornements soient à l’abri des souillures du travail.
Si nous voyons, dans un beau vallon distribué en mode am-
bi 4U, ait anglais, tous ces groupes en activité, bien abrités par des tentes colorées, travaillant par masses disséminées , circulant avec drapeaux et instruments, chantant dans leur marche des hymnes en chœur ; puis le canton parsemé de castels et de belvédères à colonnades et flèches, au lieu de cabanes en chaume, nous croirions que le paysage est enchanté, que c’est une féerie, un séjour olympique; et pourtant ce local ne serait encore qu’une monotonie, parce qu’il ne contiendrait qu’un des trois ordres agricoles, que l’ambigu ou 2e, dit anglais. On n’y verrait pas le mode engrené , 3e, qui est bien autrement brillant, et qui donne à l’ensemble des végétaux d’un canton l’aspect d’une grande armée exécutant différentes évolutions , chacune représentée par quelque Série végétale.
Au lieu de ce charme unitaire , on ne trouve dans les cam pagnes civilisées qu’une dégoûtante et ruineuse confusion. Trois cents familles villageoises cultivent trois cents carreaux de pois ou d’oignons , confusément assemblés et enchevêtrés c’est un travestissement complet de l’ordre engrené, qui dis tribuerait dans le canton trois compartiments d’un même vé gétal, distingués en carreaux de genre, d’espèce, de variété de ténuité, minimité, selon les convenances de terrain, et lié? par des divisions d’ailes , centre et transitions adaptées aux divers sols.
Fourier continue : il met en scène les opérations de deux Séries sur les coteaux d’une Phalange, et il fait in tervenir très-plaisamment un philosophe comme spec tateur des manœuvres. Sans nous engager pour le mo ment dans les descriptions des travaux d’Harmonie , nous nous résumerons en ces mots sur le mode distributif et les trois Ordres agricoles des cultures socié taires :
On emploiera dans les campagnes phaîanstériennes les trois Ordres agricoles, combinés suivant la nature du sol et les convenances des expositions ; — l’alliage de ces trois Ordres, leurs mélanges enchanteurs, leurs harmonieux contrastes, donneront à ces campagnes plantureuses un aspect si pittoresque , si vivant, si riche, qu’une vive imagination d’artiste peut à peine aujourd’hui s’en
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faire une idée approximative. Et la magnificence des aspects accusera l’excellence intrinsèque des dispositions; car en toutes choses le Beau est la forme, la splendeur du Bon.
Plus loin , quand nous examinerons le roulement de la Phalange, nous traiterons de la haute importance et de Y effet utile et productif de l’introduction du luxe dans les ateliers et dans les cultures sociétaires. Les massifs et les corbeilles de fleurs, les végétaux de parure jetés dans les champs et les prairies en bouquets et en longues ceintures, feront aux travailleurs des campagnes plus belles que les jardins d’Armide. « On formera, » dit Fourier, « des Séries d'apparat champêtre , » cultivant les autels et bordures de fleurs et arbustes , » autour des pièces affectées à chaque espèce de végé- » taux. Ce luxe est une branche d’attraction et d’intrigue » très-précieuse. »
Il dit encore, et c’est par là que nous terminerons ce paragraphe :
Une Phalange régulière, telle qu’elles seront au bout de quarante ans, aura trois ou quatre châteaux placés sur les points fréquentés de son territoire ; on y portera le déjeuner et le goûter, dans le cas o ù des cohortes du voisinage se seront réunies sur ce point pour quelque travail : elles perdraient du temps en revenant prendre un repas au Phalanstère, qui peut ne pas se trouver dans la direction de leur chemin de retour.
Chaque Série aura aussi son castel sur un point situé à portée de ses cultures : chaque groupe aura son belvédère ou petit pavillon d’entrepôt; mais on n’aura pas tout ce luxe dans la Phalange d’essai ; quelques hangars et abris modestes suffiront. Il faudra seulement s’attacher à bien disposer le Phalanstère , et les moyens de séduction comme les communications.
Après avoir donné l’idée générale du dispositif des cultures harmoniennes, disons un mot des ateliers.
Salles!; très important de prévenir l’arbitraire en construction. Il faut une méthode adaptée en tout point au jeu des Séries.
Ch. Foumeb.
Je ne puis m’engager ici dans le détail de la distribution des ateliers et Séristères (salles de travail de Séries). On conçoit , en effet, qu’il faudrait un volume pour en donner des descriptions suffisantes, caria disposition de chacun .d’eux varie avec les exigences et les convenances particulières de l’industrie à laquelle il est destiné. Cette description ne serait donc autre chose qu’un véritable projet, un travail d’ingénieur, qui ne peut trouver place ici, et que nous publierons à part, avec plans, coupes, détails et devis estimatif, lorsque le moment sera venu (1). — Bien entendu encore que les formes, les dimensions, les arrangements de ces ateliers de toutes sortes ne seront soumis à régularisation et positivement déterminés que par tâtonnements successifs, et à la suite des modifications pratiques indiquées par le roulement des premiers Phalanstères. On ne peut raisonnablement , en effet , attendre du début la perfection ni en matériel ni en passionnel. — Les premiers Phalanstères ne seront que des essais d’ Harmonie.
Donc nous nous contenterons d’énoncer ici d’une manière générale que les ateliers et Séristères des Phalanges seront sains, vastes, commodes, bien pourvus, dis-
(1) Ce travail est aujourd’hui exécuté dans ses éléments les plus importants, et le moment est venu d’en commencer la publication. C'est aussi ce que nous allons faire. La librairie phalanstérienne vient de mettre en vente la première page d’un grand Album du Phalanstère , représentant la vue à vol d’oiseau d’une campagne harmonienne, sur le second plan de laquelle sedéveloppe un phalanstère de grande échelle. La publication progressive des principales constructions, etc., suivra bientôt. {Note de la 2e Edition. Septembre 1847.)
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tfibués suivant les exigences des industries spéciales et les convenances particulières du Régime sériaire. — Ajoutons que, pour satisfaire à la première des conditions d’attrait industriel, ils offriront des aspects de propreté, d’élégance et même de luxe, chacun suivant son caractère et sa nature. — La Civilisation a élevé déjà quelques établissements capables de donner une idée du genre de beauté, du luxe d’espèce , dont sont susceptibles des ateliers de travail , des fabriques , des usines aux mécanismes ingénieux et variés. Les instruments luisants comme des armes de prix , les roues et leurs engrenages scintillants , les mouvements cadencés , l’agencement de tous les organes de la vie industrielle dans un ensemble bien tenu , bien ordonné , constituent les décorations naturelles des Séristères d’Harmonie.
Pour donner au moins un exemple du mode général de distribution des Séristères , je vais rapporter ici la disposition des salles de banquet, décrite par Fourier :
Le Phalanstère ou manoir de la Phalange doit contenir, outre les appartements individuels, beaucoup de salles de relations publiques : on les nommera Séristères ou lieux de réunion et de développement des Séries passionnelles.
Ces salles ne ressemblent en rien à nos salles publiques, où les relations s’opèrent confusément. Une série n’admet point cette confusion : elle a toujours, de fondation, ses 3, ou 4, ou 5 divisions qui occupent vicinalement 3 localités, ou 4, ou 5 ; ce qui exige des distributions analogues aux fonctions des officiers et des sociétaires. Aussi chaque Séristère est-il, pour l’ordinaire, composé de trois salles principales ; une pour le centre, deux pour les ailes.
En outre, les trois salles du Séristère doivent avoir des cabinets adhérents pour les groupes et comités de Série : par exemple, dans le Séristère " de banquet ou salle à manger, il faut d’abord six salles fort inégales;
4 d’Aîle ascendante pour la lre classe, environ. . 2 de Centre pour la 2e. . .
2 d’Aile descendante pour la 3e
Ces six salles fort inégales devront avoir à proximité une foule de petits cabinets pour les divers groupes qui voudront s’isoler de la table de genre. Il arrive chaque jour que certaines réunions veulent manger séparément ; elles doivent trouver des salles à portée du Séristère où l’on sert le buffet principal qui alimente les tables d’un même genre.
En toutes relations, l’on est obligé de ménager à côté du Séristère ces cabinets adhérents qui favorisent les petites réunions. En conséquence, un Séristère ou lieu d’assemblée d’une Série est distribué en système composé, en salles de relations collectives et salles de relations cabalistiques, subdivisées par menus groupes. Ce régime est fort différent de celui de nos grandes assemblées, où l’on voit, comme chez les Rois, toute la compagnie réunie pêle-mêle, selon la sainte égalité philosophique, dont l’Harmonie ne peuts’accommoder en aucun cas.
Traité de V Association, tome 2, page 34.
Dans la description de l’édifice sociétaire , je n’ai pas insisté sur la distribution des grands ateliers, des étables, des greniers, des magasins, de tous les bâtiments industriels ou ruraux, qui doivent être placés, autant que possible, vis-à-vis du Phalanstère, au-delà de la grande Cour-d’ honneur où s’exécutent les manœuvres industrielles d’arrivée, de départ, de parade, etc.
On comprend que le soin des ateliers et magasins, exigeant un travail journalier, ces bâtiments spéciaux devront avoir, avec le Phalanstère, des communications faciles et abritées, — soit souterraines, soit sur colonnes, et suspendues comme les embranchements de la ruegalerie : — de cette manière, le service journalier est toutà-fait assuré, même pendant le mauvais temps, lorsque le travail agricole est en fériation, et que toute la population, abritée dans son édifice, se livre exclusivement à des occupations d’intérieur.
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