DESCRIPTION DE LA CAPITALE
Bangkok (village des oliviers sauvages), est devenu le siège du gouvernement depuis la ruine de Juihia. Cette ville n'a pas encore quatre-vingtdix ans d'existence, et compte déjà plus de 400,000 habitants. Voici l'état de sa population actuelle, d'après les ambassadeurs anglais et américains qui l'ont visitée plusieurs fois :
Chinois payant la taxe. 200,000
Siamois 120,000
Cochinchinois ou Anam 12,000
Canibogiens 10,000
A reporter. 342,000
Grande pyrainltle en l'honneur di
nnrlillia. fi BiingtiDk, :iOO pieds iie. lad
Report. 342,000
Pégouans ' 15,000
Lao 25,000
Barmas 3,000
Malais 45,000
Chrétiens de diverses nations. ..... 4,000
Total 404,000 -
Bangkok a hérité du nom de Juthia, aussi Tappeile-t-on Krung- thèpha-mahor-mkhon-' d^ajut-thaja^mahar-dilok-raxathani y etc., c'est-à-dire grande ville. .royale des anges, belle, inexpugnable, etc. Elle est située sur les deux bords du fleuve Më-Nam, à huit lieues de la mer. La ville proprement dite forme une île de deux lieues.de ^ur; elle est entourée de murailles crénelées et lée de tours ou bastions de distance en dis- !• Située au milieu d'immenses jardins ornés |liiiie verdure luxuriante et perpétuelle, elle offre itai aspect très-pittoresque; des navires et une multitude de jonques pavoisées sont à la file sur les deux bords; on voit s'élever dans les airs des flèches dorées, des dômes, de hautes pyramides d'une structure admirable, garnies de dessins en porcelaine de toutes couleurs; les toits étages des pagodes, ornés de belles dorures et couverts en telles vernissées/ qui réfléchissent les ra^ow^ di^x
soleil ; deux rangées de plusieurs milliers de boutiques flottantes sur des radeaux, qyi se déroulen devant vous, en suivant les sinuosités d'un fleuve majestueux, sillonné en tous sens par des millien de barques, dont la plupart sont très-élégantes ; h forteresse blanche comme neige, la ville avec seî tours et ses nombreuses porlies; les canaux alignés qui traversent la cité, la flèche dorée du palaiJ étage à quadruple façade, la variété des édifices î rîndienne, à la chinoise, à Tettropéenne ; les costumes singuliers 'des diverses nations, le son dès in* truments de musique, les chants des comédies, h mouvement et la vie qui animent cette grande ville, tout cela est pour les étrangers un spectacle qui leur cause une agréable surprise.
Il n'y a pas une seule voiture dans la capitale tout le monde va en barque ; le fleuve et les canaux sont presque les seuls chemins fréquentés Ce n'est guère que dans l'intérieur de la cité e aux bazars ou marchés qu'on trouve des ruei pavées en larges briques.
Ce qu'il y a de plus remarquable à Bangkok c'est le palais et les pagodes royales. Le palais e? une enceiAte de hautes murailles, qui a plus d'ur quart âe lieue de tour. Tout l'intérieur de cette en-
ceinte est pavé en belles dalles de marbre ou de granit ; il y a des postes militaires et des canons braqués de distance en distance; on voit de tous côtés une multitude de petits édifices élégants, ornés de peintures et de dorures. Au milieu de la grande cour s'élève majestueusement le Mahapra^ sat à quatre façades, couvert en tuiles vernissées, décoré de sculptures magnifiqueset surmonté d'une haute flèche dorée. C'est là que le roi reçoit les ambassadeurs; c'est là qu'on place le roi défunt dans une urne d'or, pendant près d'un an, avant qu'il soit brûlé ; 1^ aussi viennent prêcher les talapoins ; la reine et les concubines entendent la
dicafiop, cachées derrière des rideaux. Â quel-
ince de là, s'élève la grande salle où le
ine ses audiences journalières, en présence
de cent mandarins, prosternés face contre
)e ; aux portes, sont des statues gigantesques de granit, apportées de Chine ; les murailles et les colonnes de, la salle sont ornées de peintures et de dorures magnifiques ; le trône, qui a la forme d'un autel, est surmonté d'un dais à sept étages. Les . appartements du roi sont attenants à la salle d'audience; puis viennent le palais de la reine, les liaisons des coi^cubines et des dames d'honneurj
avec un \aste jardin, qu'on dît être magnifique. II y a, en outre, de vastes bâtiments qui renferment les trésors du roi, à savoir : l'or, l'argent, les pierreries, les meubles et les étoffes précieuses,
Dans cette vaste enceinte du palais, il y a ur tribunal, un théâtre pour les comédies, la bibliothèque royale, d'immenses arsenaux, des écurie! pour les éléphants blancs, des écuries pour les chevaux de prix et des magasins de toute sorte de choses on y voit aussi une superbe pagode, dont le pavé es recouvert de nattes d'argent, et dans laquelle son deux idoles ou statues de Buddha, l'une en o massif de quatre pieds de haut, l'autre faite d'un seule émeraude d'une coudée de haut, évaluée pa les Anglais 200,000 piastres (plus d'un million).
Les pagodes royales sont d'une magnificenc dont on ne se fait pas une idée en Europe ; il y e a qui ont coûté jusqu'à 200 quintaux d'argeni (plus de quatre millions de francs). On en corapt onze dans l'enceinte des murs de la ville, et un vingtaine en dehors des murs. La pagode Xett ' phon renferme une statue de Buddha dorman longue de cinquante mètres, et parfaitement de rée ; dans celle de Bovoranivet^ on a employé, e feuilles d'or (pour les dorures seulement), plus é
»te
oen de
Eulrée d'une pagode; duu
quatre cent cinquaate onôes d'or. Une pagode royale est un grand monastère où logent quatre ou cinq cents talapoins avec un millier d'enfants pour les servir. C'est un vaste terrain, ou plutôt un grand jardin, au milieu duquel s'élèvent quantité de beaux édifices, à savoir : une vingtaine de belvédères à la chinoise, plusieurs grandes salles rangées sur bords du fleuve ; une grande salle de prédicar. deux temples magnifiques, dont Tun pour de BuddhUy l'autre pour les prières des ; deux ou trois cents jolies petites maisons, jartie en briques, partie en planches, qui sont la demeure des talapoins ; des étangs, des jardins ; e douzaine de pyramides dorées ou revêtues de laine, dont quelques unes ont de deux à trois (Dts pieds de haut; un clocher, des mâts de pallôn, surmontés de cygnes dorés, avec un éten- ^.fed découpé en forme de crocodile ; des lions et des statues de granit ou de marbre, apportées de I Chine, et, aux deux extrémités du terrain, des ca- I naux revêtus de maçonnerie, des hangars pour T les barques, un bûcher pour brûler les morts, des ponts, des murs d'enceinte, etc. Ajoutez à cela que datis les temples tout est resplendissant de peintures et de dorures ; l'idole colossale y apparaît
comme une masse d'pr ornée de ^fU.e pierreries - Après cela on concevra peut-être ce que c'es-] qu'une pagode royale.
Les habitations à Bangkok sont de trois sortes : les unes sont en briques et fort élégantes^ d'autret en planches, et celles du pauvre peuple en baip— bous. Aussi arrive-t-il que les incendies sont fréquents et désastreux ; il n'est pas rare de Yoir l€ feu consumer quatre ou cinq cents maisons ; mais dans sept ou huit jours tout est rebâti à tieuf^ grâce aux parents et amis qui Tiennent en aide aux incendiés.
JENtîMERATION DES PROVINCES.
Le royaume de Siam proprement dit est divisé en quarante et une provinces qui portent le nom de leurs chefs-Ueux, à savoir :