‹ Description et histoire du MarocChapitre 32 sur 50 · I. Peuples de la haute antiquité · texte numérisé non relu

I. Peuples de la haute antiquité

Les Chelloks et Amazirgs.

n. Peuples établis postérieurqmetlt :

ittfiord,

les Seuhadja.

les Masmouda.

les Romera^ ou Ghomara.

les Zenata

les Haouara.

Au sud,

les Zenega.

les Guanseris (Ouanséris).

les Touaregs, les Lemta.

les Berdoa.

les Leouâta.

m. Catégorie exceptionnelle ':

les Azuagues ou Zouaouas

Le tableau historique qui va se dérouler marquera la part relative de plusieurs de ces grandes familles dans les révolutions du Magreb. Ainsi : — les Senhadja jouent un rôle important sous la dynastie arabe des Fatimites ou Obéidites; ils forment la dynastie des Senhadjites ou Zirites, qui se rattachent les Hammadites de Bougie et les Zegris de Grenade. — Les Lemtouna nous apparaissent dans les Almoravides, dont Tempire s'étendit en Afrique et en Espagne. -> Les Masmouda leur succèdent avec les'Almohades. Les Hasites de Tunis sont de la tribu masmoudienne des Henteta. Les Djezoula, autre tribu masmoudienne, donne aux Almoravides leur chef Abd-Allah-ben-Yaeim. Les masmoudiens Ketama contribuèrent avec les Senhadja à Télévation des Fatimites. — Les Ghomara, fixés dans le Rif, se mêlent peu aux grands mouvements politiques. — Les Zenata, unis aux Haouara et devenus les Chaouia de notre temps, revendiquent les diverses dynasties fondées par les Miknaça, les Maghraoua, les Beni-Merin et les Beni-Ouatas, seconde l)ranche des Beni-Merin, les Beni-Zîan ou Abd-el-Ouadites de Tlemcen. Au xvi*" siècle, les Chérifs mettront fin dans le Magreb extrême au règne des d>Tiasties berbères.

Les invasions arabes ont ajouté un élément nouveau à la population autochthone. Elles se produisent par flots considérables à deux époques : dans le premier siècle de Tislamisme, époque de conquête politique , puis au milieu du

XI* siècle. Vers 1048, Témir berbère El-Moêz, qui gouvernait le royaume des Zirites dans le Magreb-el -Abusai et Tlfrikia, rompit les liens qui l'unissaient au khalife fatimite d'Egypte. Ce dernier, El-Mestamer, appela les Arabes de la Haute Egypte à passer dans l'Afrique de l'ouest. Trois grandes tribus d'un million de personnes et qui comptaient plus de cinquante mille combattants se mirent en marche dans cette direction, refoulèrent El-Moêz et arrivèrent lentement jusqu'au Hagreb-el-Acsa. Au temps de l'ahnohade Yacoub-el- Mansour, elles avaient pénétré dans la région de Tlemcen et y occasionnaient du désordre. L'émir renvoya les unes dans l'est et transporta les autres sur les deux rives de l'Oûm-er- Bla 'H84-H99). On les retrouve ayant plus ou moins conservé la pureté de race arabe ou mélangés aux Berbères, surtout dans les tribus pastorales des Ghaoïda.

§t.-. LES iURS IRABBS; LES MIDRARITES; LUTTE DES DEUX RACES

ARABE ET BEBBfiEE.

Quelques indications chronologiques empêcheront la confusion qui pourrait naître de l'enchevêtrement des deux éléments arabe et berbère, dont le règne est simultané en différentes parties du Magreb.

tmirs gouvernant au nom des khaliCes d*Orient et siégeant en

Ifrikia depuis Sidi-Okba jusqu'à j^.-c. Hégire.

Ibrahim ebn-el-Aghlcb 682-801 = 63-<84.

c^irs aghlebites, régnant sous la suzeraineté des khalifes d'Orient. . . 801-908 = 185-296.

- Midrarites à Sidjelmessa 757-976=140-366.

— Commencement des Édrisides. . . 788=172.

Les Arabes avaient commencé, en 643, à envahir l'Afrique du côté de la Tripolitaine. Les années suivantes ils poussèrent leur entreprise plus avant ; car ils savaient le

pays dans un état de faiblesse bien propre à soutaur! espérance. L'empire grec avait épuisé l'Afrique d't et d'impôts ; il en avait diminué les forces militaires soutenir des guerres en Orient ; la Tingitane, restée sans défenseurs, était tombée dans les mains des^îoths; tout la race berbère, impatiente du joug impérial, s'i pour le briser; le patrice Grégoire, préfet d'i s'était déclaré indépendant, et il se trouvait baroelé i côté par les montagnards indigènes, menacé de l'autre les Arabes. En 647, Abd-Allab-Ebn-Sàd remporta la victoire d'Yacouba oh Grégoire perdit la vie; mais il se tenta de frapper les Grecs d'une énorme contribution et retira.

On peut douter que le conlre-coup de ces premières tentatives des musulmans ait retenti jusqu'au fond du Migreb, bien que les auteurs arabes étendent jusqu'à Tangei la puissance de Djoredjir ou Grégoire. Mais bientôt l'invasion arabe ne se borna pas à la razzia sur une grande échelle , elle prit le caractère plus sérieux d'une conquête et d'un établissement permanent. Les Berbères comprir^t que les Abesar étaient pour eux de nouveaux maîtres et non pas des libérateurs. Us ne purent en douter lorsqu'ils les virent jeter, vers l'an 667, les fondements de Cairouan, à si peu de distance de Carlhage. La nouvelle place, destinée à devenir le centre de loccupation, fut entourée d'une ceinture de murailles peu après sa fondation.

Les Arabes avaient alors à leur tète Okba-ebn-Nafé en qualité d'émir, commandant au nom du khalife d'Orient. Okba , supplanté quelques années par Abou-el-Mohadjer, reparut en 681 comme émir de Yezid l" ; il se précipita comme la foudre vers le Magreb-el-Acsa. Par une marche qu'il est difficile de suivre, il arriva jusqu'à Tanger, renvcr-

Bîsr -"'-

D écarlanl les forces qui s'opposaient & son passage. . jtait de rranchîr le détroit, ■ quand un noble roumi, é Yulian, vint au-devant de lui, offrit des présents et p ;oumîsston. Okba le questionna relativement à la mer igiR\ Et ayant appris qu'elle était bien gardée, il lui Indique-moi où je pourrai trouver les chefs des Roums s Berbères ? > — ■ Quant aux Roums, tu les a laissés ère loi; mais devant toi sont les Berbèreset leur cava- ; Dieu seul en sait le nombre. » — ^ " Où se tiennent- — " Dans le Sous-el-Adna, C'est un peuple sans reliils mangent des cadavres, ils boivent le sang de leurs \u\ et ils vivent comme des brutes; cariisnecroient

• pu en Dieu et ils ne le connaissent même pas. - Sur cela l'émir dit à ses compagnons : ■ Kfarchons avec la bénédic-

• tton de Dieu. ■ Et il se dirigea vers le sud, jusque cbez les Berbères Lemtouna. H livra de sanglantes batailles et s'empara de femmes d'une si grande beauté que sur les marchés d'Orient on les vendait jusqu'à mille mithcals ou pièces <l'or. Arrivé enCn au bord de l'Océan, il y fait entrer son cheval jusqu'au poitrail, lève la main au ciel et s'écrie *

• Seigneur, si cette mer ne m'arrêtait, j'irais dans les con- - trées éloignées et dans les royaumes de Dou-l'Carnein en

■ combattant pour ta religion et en tuant ceux qui ne croient 'pas à ton existence ou qui adorent d'autres dieux que toi.» Puis il dit à ses compagnons : « Retournons sur nos pas

■ avec la bénédiction de Dieu (1). »

Parcelle expédition qui a exalté, comme on voit, l'imaginalion des Arabes, Okba pénètre jusque dans le Sous-el- Acsa ; il s'empare de NaQs, ville de l'Oued-Drâa, défendue pv les Roums et les Rerbéres, et désormais il n'y a pas

(1) Eu-NowSLiri.

un écho de TAtlas qui ne retentisse du nom et des menae des nouveaux conquérants. Aussi Okba, en reyenant n Cairouan, trouve les Berbères en armes sous la conduite i leur chef Koceîla, qu'il avait eu l'imprudence d'hamîKer, qui l'attendait dans TAurès. Il fut tué à Tehouda, non ki de l'oasis qui porté son nom et où l'on vénère son tap beau (1). Koceila s'empara de Cairouan et régna cinq m sur les Berbères, sur les Arabes et sur les Roums, qui acoq tèrent son autorité, d autant mieux que sa foi càtholiqu un instant ébranlée, reparut dans sa lutte contre les musa raans (682-687—63-67). La situation du Magrelieel-Acsa i dut pas être sensiblement modifiée par le rapide passif d'Okba ni par le règne du chef berbère, son vainquea Mais les Arabes avaient foulé des régions qu'ils devaiei souhaiter de revoir quaàd la fortune.de l'islam le leur po mettrait.

Koceila fut tué, en 687, par l'émir Zohéir ebn-Cals, ém du khalife ommiade d'Orient, Abd-el-Melek; mais lolfk évacuait l'Afrique. dont il trouvait le gouvernement impoîs sible, lorsqu'il rencontra, sur le littoral, des troupes grec ques envoyées par Justinien II; il livra une bataille où perdit la victoire et la vie. Le khalife reconnut les droits i l'empereur ; mais une collision imprévue entre les deu armées, au moment de Tévacuation des Arabes, rompit I traité. L'émir Hassan ebn-Nôman reçut Fordre de recot quérir le Magreb, à la tôte de 40,000 hommes. Il s'empai de Cartilage et la détruisit par l'incendie (688^69).- Les Bei hère . et les impériaux qui restaient encore en Afrique s'a!

(4) Sidi'Okba est à 26 kilom. S.-E. de Biskara. On lit siir le koni beau du conquérant cette inscription en lettres coufiques : « Ha^ cabr Okba ebn-Nafé. Ce tombeau est celui d*Okba, fils de Nafé. »

lièrent contre Tennemi commun, sous la conduite d'une rane berbère, Damia la K^ena, ou l'enchanteresse, qui dominait dans le Djebel Aurès et qui rallia toutes les peuplades indigènes à sa cause. Elle refoula Fémir pour pluneurs années dansle désert de Barca et se montra généreuse envers les prisonniers arabes, envers des conquérants dont la conduite re3pire au contraire, durant cette liltte^ unebasçe cupidité et une férocité mal déguisée sous le voile de. l'enthousiasme religieux*. Cette reine, saisissant le mobile qui poussait les brigands, disciples du prophète, résolut de les dégoûter de la conquête en ruinant le pays. Tous les témoignages attestent que de Tripoli à Tanger, c'était une chaîne non interrompue de villes, de forteresses et de villages. La Rahena fit détruire le9 constructions et les plantations pour ne plus garder qu'un royaume dévasté, sans intérêt pour Vennemi : remède héroïque destiné à sauver la patrie et la liberté. Mais les Roums et une partie des Berbères ne le comprirent point ou ne l'acceptèrent pas; et quand HassUn recommença la lutte où 4a Kahena périt les armes à la main, ils courbèrent sans résistance le front sous le cimeterre (1). Le territoire d'Ifrikia, Constantine, une partie du Magrebel-Aousat reconnurent la domination de Témir, qui organisa

(4) Ebn-Khaldoun dit que la Rahena était de la tribu juive de Djeraouadaos T Aurès, et Mohammed el-Cairouani qu'elle appartenait à TuDe des plus nobles familles qui eussent commandé en Afrique : « Les Bomains et les Berbères^ ajoute-t-il, reconnaissaient et respectaient son autorité. » Il y a beaucoup d'apparence que Damia était chrétienne; la coDfusion où Ebn-Khaldoun est peut-être tombé sur d'anciens témoignages semble facile. Xe surnom de Kahena s'explique aisément par le caractère, étrange et mystérieux de cette héroïne. Pour compriejidre le rôle de Damia, il est bon de se rappeler que la femme n'est pas humiliée chex les Kabyles comme parmi les Arabes.

ïa conquête en y établissant TimpAt fonder dn U cette opération eut lien vers l'Ipi 096--79; elle ne pofi tner qne plos tard dans le ifiigreb-el-Âcsa, qm n*él encore sous te joug (i)«

Le centre de la résistance berbère s'étant réfél TAurès, Haàsan envoya dans l'ouest 24,000 indigén la conduite des deux fils de la Kahena, qui s'étaient cô à rislamisme. Cedéplacement'préparait d'aillrars 1 grebins à recevoir la riouvdle religion qu'ils voyaien fessée par des gens de leur race. Une autre conséque de tiansplanter dans l'intérieur du Maroc actuel de plades' originaires du Magreb <»ntral.

Sous le gouvernement d'Hassan, un grand danger i l'Espagne du côté de l'Afrique. Lès juifs étaient ncn des deux côtés du détroit. En Espagne, où l'on avait des lois tr&Hsévërçs pour punir et prévenir les crimei reprochait i beaucoup* d'entré eux, ils ourdirent un o qui avait pour but de livret* le royaume aux Sa d'Afrique. Mais la conjuration fut découverte, et Égica sollicita du xvii* des conciles de Tolède, qui él la fois conciles ecclésiastiques et assemblées natic des mesures énergiques pour le salut de la religion i

(4) Pour les musolmansy l'impôt du kharadj est le sceau de quête. Ils partagent entre eux le pays conquis et ces nouvelles té^ payent la dlm» ou Tachonr. Ils peuvent laisser aux vaii convertis une partie du sol; mais ces. infidèles ne sont pas prop du fonds; ils deviennent simples fermiers de TÉtat et les ten cultivent sont frappées du kharadj^ proportionné au rendemei division des bien^-fonds en deux classes reste immuable, quan la terre laissée au chrétien passe entre les mains d*un musulma le kharadj, Tinfidèle paye la djezia ou capitation ; et le croyâi le sekkaê ou offrande religieuse, proportionnée à ses biens appa

patrie (1). Si cas rigueurs dépassèrent les bornes, si elles préludent & celles qui accompagneront et suivront un jour l'expulsion des Maures de la péninsule, il faut convenir qu'elles étaient provoquées par des motifs graves. Nul doute qu'elles n'aient antérieurement déjà fait pa^r nombre .de juiË en Afrique ; nul doute que Tarek et HouSsa o'aimt trouvé parmi eux en Espagne des guides et des conseillers lussi dangereux que perfides.

L'émir Moussa ebn-Noceir, successeur de Hassan ebn- Néman, fit, en l'an 707-88, une expédition vers Tanger, afin de soumettra les Berbères de cette contrée. Il les poursuivit jusque dans le Sous-el-Acsa sans rencontrer de résislance sérieuse et il obtint leur soumission^ Alors il pré^ posa au gouvernement de Tanger et de la province son iSrancbi berbère Tarek ebn-Ziad, et lui laissa quelques arabes pour instruire les nouveaux convertis. C'est le récit deNoweiri. Suivant Ehn-Khaldoun, Moussa soumit le Dr&a, issiégea Tafilet et fit passer ses fils dans le Sous. Les' tribus masmoudiennes soumises donnèrent des otages, auxquels Ttnger fut assigné comme lieu de résidence (2).

Les auteurs chrélions de leur côté ont conservé le souvenir d'un grand massacre de fidèles martyrisés à Tanger par Uousssi, l'an 707. Ccï confesseurs de la foi de Jésus-Christ étaient sans doute do^ liàbilanîs de la ville. Mais il pouvait y avoir parmi eux des captifs amenés de l'intérieur IJi).

Les Wisigoths venaient de perdre Tanger, mais il leur restait encore Ceuta, défendue par le gouverneur Julien,

11) Per alia sua scelera non tolûm slalum Ecclesiœ perturbare ma. twrunl, verum etiam ausu fjraDDico iaferre coaati gunt niinam pairie M populo unmrso. (LAbbe, tome VI, p. 4369.)

(i; Tnd. deSlane.J, 3ii.

13) AnoD^me aodslou, tf. Horcelli, I, 326.

qoe les Arabes nomment Toulianl De même qa'autrefob Boniface lirra TAfrique aux Yandales, Jalien livra le passage da détroit et l'entrée de l'Espagne aux Arabes. Soit qa'H eût â venger mie injure que le roi goth Rodrigue lui aurait faite en outrageant Cava, sa fille (1), soit qu'il voulût soutenir contre lui le parti des fils de Witiza, réfugiés en Afrique, il fit des ouvertures aux Arabes pour les engager i le seconder dans le dessein de renverser Rodrigue. L'émir, autorisé par le khalife, accéda aux propositions de Julien et il Soigna toute défiance en ne demandant pour prix de ses services qu'une part du butin dans l'expédition.

En 710-91 , Tarek reçut l'ordre de reconnaître la me opposée au détroit ; il débarqua au rocher de Calpe, qui i depuis porté son nom : Gibraltar, Djebel-Tarek, c'est-à-dire montagne de Tarek, et il visita la pointe d'Algésiras, £1- Djezirat-el-Radra^ ou l'Ile verdoyante. Puis il revint i Tanger et put donner à Moussa l'assurance que les llounâ étaient disposés à marcher contre le roi Rodrigue.

Au mois d'avril de l'année suivante, Tarek débarquait pour la seconde fois à Gibraltar à la tète de 5,000 hommes, renforcés bientôt par 12,000 Africains et par les méoMAcllb du parti de Julien, qui s'unirent aux musufiiMms. B remporta une victoire près de Xérès et marcha sur Tolède, tandis que ses lieutenants prenaient Cordoue et Grenade* La monarchie wisigothe succombait après une durée d( trois siècles. En 712, Moussa, jaloux des succès de Tarek passa lui-même en Espagne avec 10,000 Arabes et 8,0()(

(4) Los nombres de la Caba. de su doncella Alifa y toda la série è este cuento descubre que fue ficcion morisca^ fuudada en las hâblillt y canciones vulgares que corrian entre Moros y christianos. (Coode Hist. de la dominacion de los Arabes en Espagna, ch. 'T, p. iî. Paris 4840. — Mariana, liv. VI, n» 92.) .

Africains. Après avoir franchi les Pyrénées, il retourna sur ses pas, et fit avec les vaincus une convention qui, en leur assurant une certaine liberté dans Texercice de la religion et dans la vie privée, les disposait à renoncer plus facilement au gouvernement faible et toujours agité de rois électifs. Toutefois, les Goths, refoulés dans les Âsturîes, s'organisèrent en royaume, sous la conduite de Pelage, prince de sang royal, et sous la protection de la Vierge et des saints, dont ils avaient pieusement emporté les reliques. Moussa, discrédité en Orient par les amis de Tarek, fu^ rappelé par le khalife SoUman, qui l'envoya mourir à la Hekke. Plusieurs historiens de notre temps ont laissé croire que les Maures trouvèrent une Espagne barbare. Us la ttou^ vècent affaiblie et désunie par les troubles que favorisé le caractère électif d'une monarchie, par la différendÇdes races anciennes non encore fondues avec la race gothique ; mais elle était riche des traditions'que la civilisation romaine lui avait léguées et des lumières qu'y avait ajoutées l-Égiise, surtout depuis la conversion de ses rois ariens au catholicisme. Les conquérants berbères et arabes, une fois accqlés ou définitivement subis, gardèrent les éléments de cette civilisation en tant qu'ils purent la concilier avec l'islam; ils firent venir dans la suite des Grecs d'Orient et des Juifs instruits, mirent à profit toutes ces ressources étrangères au Coran comme aux Arabes ; et l'on a fait hommage en conséquence à Mahomet de ce qui revient à Carthage, à Rome, à la synagogue, aux conciles de Tolède, aux (^lumelle, aux Reccarède, aux Sisebut, aux Isidore de Sêville, aux Julien de Tolède, aux Paul de Merida, qui, dans 'a législation, l'administration, les sciences, les lettres, l'agriculture, l'industrie et les arts, n'avaient rien à apprendre des Berbères ni des Arabes. Par des progrès réaUsés avant

cette €on([uète, mais que des intérêts politiques empêchèrent les conquérants d'étouffer, le christianisme a été le levain qui fit fermenter la civilisation trop vantée des Maures d'Espagne.

L'immigration africaine dont s'est formée leur nationalité se composa en grande partie de Berbères. C'est un préjugé de confondre les Maures d'Espagne avec les Arabes, qui n'entrent que pour une part dans la formation de ce peuple, et qui n'en ont même pais eu en ginéral le gouvernement.

La destinée du comte Julien , après sa trahison , est fort obs<pre. On prétend qu'il fut tué par les Maures à Gordoue. Suivant une opinion rapportée par don Diego de Torrès, il se serait retiré à Fez avec sa suite, au quartier dit, à cause de cela, des Ândalous. Mais cette petite colonie chrétienne de Fez est d'une origine postérieure, comme la ville elle-même. Mariana recueille une tradition d'après laquelle la femme de Julien fut lapidée par les Maures, et son fils précipité du haut d'une tour à Ceuta. Pour le traître, il serait mort en prison de désespoir; et Ton voyait à Loharri, près de Huesca , un tombeau de pierre où son corps aurait été déposé (1). Il ne parait pas avoir embrassé l'islamisme; il en fut autrement de ses petits-fils, qui obtinrent un rang distingué parmi les musulmans orientaux, pendant les siècles suivants (2). ^

Plusieurs émirs avaient succédé à Moussa ebn-Noceir,

(1) Diego de Torrès, Hist. des Chérifs, p. 430. — Mariana, liv. VI, n* 123.

(2) Makkari, Irad. Gayangos : The history of the M ohammedan dynasties of Spain, et additico à Ebo^Khaldoun dans VHist.des Berbères, trad.de Slane.

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dans le gouveroement difficile àja Magreb, et sans que leur action eût de l'éclat vers l'Atlantique , lorsque Obeid-AUah ebn-el-Habhab voulut compléter la soumission des Berbères dans le Sous et dans la province de Tanger (739-122). De Cairouan, séjour ordinaire des émirs, il envoya dans le Sous le fils d'Okba ebn-Nafé, qui opéra des razzias et reçut des marques d'une obéissance faeile à violer, et il fit marcher vers le détroit qn général nommé Omer ebn-Obéid-Allah. Les Berbères se soulevèrent contre lui à Tanger, mirent successivement à leur tète; comme khalifes^ Meicera^ chef du mouvement, puis le zénatien Khaled ebn-Hàmld, et ils battirent les Arabes. Suivant Ehn^-Khaldoun, l'émir luimême vint les combattre. Ils lièrent à sa rencontre, sur les bords du Chélif , où ils le tuèrent dans la Journée des Nobles^ qui propagea l'insurrection (740-122-23).

Un nouvel émir, Kolthoum ebn-Elad, vint l'année suivante se faife tailler en pièceis par Khaled sur les rives du Seboa. Les restes de son armée retournent à Cairouan, ou s'embarquent à Çeuta pour l'Espagne, tandis que les vainqueurs se dispersent dans le Magreb en convulsion. Abd-er- Rhaman ebn-Habib, ayant réussi à s'emparer du titre d'émir eu Ifirikia, le khalifç ommiade Merouan ebn- Mohammed ratifia son usurpation (743-4-126). Il fut confirmé dans sa charge par le khalife abbasside Aboul-Abbas, qui fonda peu après sa dynastie sur les ruinés des Oméiades. Mais il ne tarda pas à se brouiller avec le khalife et à se déclarer indépendant. Les conflits qui en résultèrent du côté de Cairouan jetèrent l'Afrique dans l'anarchie, et les Berbères de 1 ouest, placés en dehors de ces luttes intestines, se trouvèvérent abandonnés à eux-mêmes.

On a vu que les dernières insurrections berbères avaient à leur tète les chefs iprodamés khalifes. Cependant ce titre,

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s émirs, grands vassaux des Âbbassides, ne

iière leur suzeraineté que par un tribut afiiO dinars (environ 400,000 francs), et ils ne :'/ forts pour empêcher l'élément berbère de i IV dans l'ouest même avec la dynastie des ché- En même temps, l'Espagne repousse le pou- Vtibassides, en proclamant khalife Abd-er-Rhaman, tii;s Oméiades, échappé au massacre de sa famille en et réfugié ensuite chez les Zenata, en Afrique, à journées à l'est de Tlemcen. Les Oméiades d'Esappuyés principalement sur les Berbères, contri-

956 — 345 El MonUcer Billah.

963 — 352 Âbou-Mohammed el-Motes Billah.

Les Miknaça qui habitaient la région du Tafllet avaient en brassé le khareidjisme et s'éUpent placés sous les ordres i rémir Elça. Ils fondèrent la ville de Sidjelmessa, vers Ta 757-8 — 140. Mécontents d'Elça, ils le mirent à mort et non nièrent à sa place Aboul-Kacem Semgou, qui eut pour sw cesseor son fils El-Yas. Ce dernier, ayant été déposé, se frère Abou-Mansour Eliça xeçut le commandement. Il con pléta Tœuvre de ses devanciers en fortifiant Sidjelmessa en y construisant des édifices publics. Il soumit les oasis c sud et rendit leDràa tributaire. Enfin, il maria son fils M) drar à Eroua, fille du fondateur des Roustemites à Téhea SoA règne dura de 790à823 (174-208). Medrar, qui adom son nom à la dynastie, eut à soufirir des révoltes de ses « fants. Sous un de ses descendants, Eliça ebn-el-Montacc le fatémiteObéid-ÂUah, dont nous parlerons en son lieu, rendit àSidjelmessa, sans dévoilersesprétentions au khalife Eliça, ayant été prévenu du caractère de son hôte, le jeta i prison. Mais Abou-abd- Allah, partisan d'Obéid et qui avî renversé dans Test les émirs aghlébites, emporta d'assa Sidjelmessa et délivra le prisonnier. Obéid-Allah laissa \ gouverneur dans la ville et alla suivre ses destinées en Ifi kia (908-9—296).

Deux ans après, les Miknaça rétablirent la dynastie d Medrar, qui ne disparut qu'au déclin du x* siècle de not ère. En 976-365, Khazrounebn-Felfoul, prince de la tri] des Maghraoua, se rendit maître de Sidjelmessa et envo la tête de Abou-Mohammed el -Motez -Billah, au khal oméiade d'Espagne, El-Hescham II. Khazroun couver

Sidjelmessa au nom des Oméiades, reconnus dans toutes les villes du Magreb-el-Acsa. Revenons à la puissance arabe représentée par les émirs à Cairouan.

Depuis un siècle et demi, la puissance des khalifes d'Orient était représentée dans TAfrique septentrionale par les émirs siégeant à Cairouan. Mais on a vu que le titre d'étnir n'étant pas héréditaire, avait donné lieu à l'usurpation ou à des luttes d'ambition compromettantes pour l'autorité même des khalifes. Aussi laissèrent wls la famille d'Ibrahim ebn-'d- Aghleb, qu'Aaroun-er-Rechià avait préposé au gouvernement de rifrilda et du Magreb (8^1-185), en possession paisible de cette charge importante. Les Aghlébites la conservèrent plus d'un siècle, jusqu'au jour où Ziadet-AUah t s'enfuit en Orient, laissant la place aux Fatémites victorieux ( (988-296). Que se passa- t-il de plus saillant au Magreb-el- Acsa durant cette période, et en dehors des Médrarites dont nous venons de retracer l'histoire ?

Diminuée par l'établissement • des dynasties berbères, roustémite et médrarite, établies à Tehert et à Sidjelmessa, la puissance arabe ne se relève pas sensiblemjent dans le Magreb^I-Acsa, sous les Aghlébites, dontraction se concentre plutôt à l'est. Ces émûrs, grands vassaux des Abbassides, ne reconnaissent guère leur suzeraineté que par un tribut annuel de 40,000 dinars (environ 400,000 francs), et ils ne sont pas assez forts pour empêcher l'élément berbère de grandir encore dans l'ouest même avec la dynastie des chérifs édricides. En même temps, l'Espagne repousse le pouvoir des Abbassides, en proclamant khalife Abd-er-Rhaman, rejeton des Oméiades, échappé au massacre de sa famille en Orient, et réfugié ensuite chez les Zenata, en Afrique, à quatre journées à Test de Tlemcen. Les Oméiades d'Espagne^ appuyés principalement sur les Berbères, contri-

956 — 345 El Montacer Billah.

963 — 352 Abou-Mohammed el-Motes Billah.

Les Miknaça qui habitaient la région du Tafilet avaient embrassé le khareidjisme et s'éUMent placés sous les ordres de l'émir Elça. Ils fondèrent la ville de Sidjelmessa, vers Tan 757-8 — 140. Mécontents d'Eîça, ils le mirent à mort et nommèrent à sa place Aboul-Kacem Semgou, qui eut pour successeur son fils El-Yas. Ce dernier, ayant été déposé, son frère Abou-Mansour Eliça xeçut le commandement. Il compléta Fœuvre de ses devanciers en fortifiant Sidjelmessa et en y construisant des édifices publics. 11 soumit les oasis du sud et rendit leDràa tributaire. Enfin, il maria son fils Medrar à Eroua, fille du fondateur des Roustemites à Téhert. SoA règne dura de 790 à 823 (174-208). Medrar, qui a donné son nom à la dynastie, eut à souffrir des révoltes de ses enfants. Sous un de ses descendants, Eliça ebn-el -Montacer, le fatémiteObéid-Âllah, dont nous parlerons en son lieu, se rendit àSidjelmessa, sans dévoilersesprétentionsaukhalifat. Eliça, ayant été prévenu du caractère de son hôte, le jeta eh prison. Mais Abou-abd-Allah, partisan d'Obéid et qui avait renversé dans Test les émirs aghlébites, emporta d'assaut Sidjelmessa et délivra le prisonnier. Obéid-AUah laissa un gouverneur dans la ville et alla suivre ses destinées en Ifrikia (908-9—296).

Deux ans après, les Miknaça rétablirent la djTiastie des Medrar, qui ne disparut qu'au déclin du x® siècle de notre ère. En 976—365, Khazrounebn-Felfoul, prince de la tribu des Maghraoua , se rendit maître de Sidjelmessa et envoya la tête de Abou-Mohammed el-Motez-Billah, au khalife oméiade d'Espagne, El-Hescham II. Khazroun gouverna

idjelmessa au nom des Oméiades, reconnus dans toutes les iUes du Magreb-el-Acsa. Revenons à la puissance arabe représentée par les émirs à Cairouan.

Depuis un siècle et demi, la puissance des khalifes d'Orient était représentée dans TAfrique septentrionale par les émirs siégeant à Cairouan. Mais on a vu que le titre d'éfnir n*étant pas héréditaire, avait donné lieu à l'usurpation ou à des luttes d'ambition compromettantes pour l'autorité même des khalifes. Aussi laissèrent^-ils la famille d'Ibrahim ebn-'el- \ghleb, qu'Aaroun-er-Rechià avait préposé au gouvernement de rifrikia et du Magreb (8^1-185), en possession paisible de cette charge importante. Les Aghlébites la conservèrent plus d'un siècle, jusqu'au jour où Ziadet-Allah s'eniuit en Orient, laissant la place aux Fatémites victorieux (988-296). Que se passa-t-il de plus saillant au Magreb-el- Acsa durant cette période, et en dehors des Médrarites dont nous venons de retracer l'histoire ?

Diminuée par l'établissement' des dynasties berbères, roustémite et médrarite, établies à Tehert et àSidjelmessa, la puissance arabe ne se relève pas sensiblenuent dans le Magreb^l-Acsa, sous les Aghlébites, dont l'action se concentre plutôt à l'est. Ces émhps, grands vassaux des Abbassîdes, ne reconnaissent guère leur suzeraineté que par un tribut annuel de 40,000 dinars (environ 400,000 francs), et ils ne sont pas assez forts pour empêcher l'élément berbère de grandir encore dans l'ouest même avec la dynastie des chérifs édricides. En même temps, l'Espagne repousse le pouvoir des Abbassides, en pf-oclamant khalife Abd-er-Rhaman, rejeton des Oméiades, échappé au massacre de sa famille en Orient, et réfugié ensuite chez les Zenata, en Afrique, à quatre journées à Test de Tlemcen. Les Oméiades d'Espagne, appuyés principalement sur les Berbères, contri-

956 — 345 El Montacer Billah.

963 — 352 Abou-Mohammed el-Motes Billah.

Les Miknaçaqui habitaient la région du Tafilet avaientembrassé le khareidjisme et s'étaient placés sous les ordres de rémir Elça. Ils fondèrent la ville de Sidjelmessa, vers Tan 757-8 — 140. Mécontents d'Eîça, ils le mirent à mort et nommèrent à sa place Aboul-Kacem Semgou, qui eut pour successeur son fils El-Yas. Ce dernier, ayant été déposé, son frère Abou-Mansour Eliça jreçUt le commandement. Il compléta Tœuvre de ses devanciers en fortifiant Sidjelmessa et en y construisant des édifices publics. 11 soumit les oasis du sud et rendit le Drâa tributaire. Enfin, il maria son fils Médrar à Eroua, fille du fondateur des Roustemites à Téhert. Son règne dura de 790 a 823(1 74-208). Medrar, qui adonné son nom à la dynastie, eut à souffrir des révoltes de ses enfants. Sous un de ses descendants, Bliça ebn-el-Montacer, le fatémiteObéid- Allah, dont nous parlerons en son lieu, se rendit àSidjelmessa, sans dévoilersesprétentionsaukhalifat. Eliça, ayant été prévenu du caractère de son hôte, le jeta eh prison. Mais Abou-abd -Allah, partisan d'Obéid et qui avait renversé dans Test les émirs aghlébites, emporta d'assaut Sidjelmessa et délivra le prisonnier. Obéid-AUah laissa un gouverneur dans la ville et alla suivre ses destinées en Ifrikia (908-9—296).

Deux ans après, les Miknaça rétablirent la dynastie des Medrar, qui ne disparut qu'au déclin du x® siècle de notre ère. En 976-365, Khazrounebn-Felfoul, prince de la tribu des Maghraoua, se tendit maître de Sidjelmessa et envoya la tête de Abou-Mohammed el-Motez-Billah, au khalife oméiade d'Espagne, El-Hescham II. Khazroun gouverna

Sidjelmessa au nom des Oméiades, reconnus dans toutes les villes du Magreb-el-Acsal Revenons à la puissance arabe représentée par les' émirs à Cairouan.

Depuis un siècle et demi, la puissance des khalifes d'Orient était représentée dans TAfrique septentrionale par les émirs siégeant à Cairouan. Mais on a vu que le titre d'éfnir n'étant pas héréditaire, avait donné lieu à l'usurpation ou à des luttes d'ambition compromettantes pour l'autorité même des khalifes. Aussi laissèrent'-ils la famille d'Ibrahim ebn-el- Aghleb, qu'Aaroun-er-Rechià avait préposé au gouvernement de rifrilda et du Magreb (8^1-185), en possession paisible de cette charge importante. Les Aghlébites la con- ' servërent plus d'un siècle, jusqu'au jour où Ziadet-AUah ^ s'eniuit en Orient, lailssant la place aux Fatémites victorieux I (988-296). Que se passa-t-il de plus saillant au Magreb-el- Acsa durant cette période, et en dehors des Médrarites dont nous venons de retracer l'histoire ?

Diminuée par l'établissement' des dynasties berbères, roustémite et médrarite, établies à Tehert et à Sidjelmessa, la puissance arabe ne se relève pas sensiblemjent dans le Magreb^l-Acsa, sous les Aghlébites, dontraction se concentre plutôt à l'est. Ces émûrs, grands vassaux des Abbassides, ne reconnaissent guère leur suzeraineté que par un tribut annuel de 40,000 dinars (environ 400,000 francs), et ils ne sont pas assez forts pour empêcher l'élément berbère de grandir encore dans Touest même avec la dynastie des chérifs édricides. En même temps, l'Espagne repousse le pouvoir des Abbassides, en pf-oclamant khalife Abd-er-Rhaman, rejeton des Oméiades, échappé au massacre de sa famille en Orient, et réfugié ensuite chez les Zenata, en Afrique, à quatre journées à Test de Tlemcen. Les Oméiades d'Espagne, appuyés principalement sur les Berbères, contri-

Ml. H. ^

956 — 345 El Montacer Billah.

963 — 352 AlH)u-Mohammed el-Mot« .BDlah.

Lés MQmaçaqoi habitaient la r^on du Tafilet avii biassé le kharei^isme et s'étaient placés sous les « réinir.E!ça..ns fondèrent la ville de SidjeUnessa, y 7S7-JB— 140. Méooutents d'Elça, ils le mirent à mort mèrenti sa place Âboul-Kacem Semgou, qui eutp eessenr son fils El-Yas. Ce dernier, ayant été dépc frère Abou-Mansour Eliça xeçht le commandement, pléta l'œuvre de ses. devanciers en fortifiant Sidjdi en y construisant des édifices publics. Il soumit les < siid et rendît leDrâa tributaire. Enfin, il maria sort, drar i Eroua, fille du fondateur des Roustemites i Son rè^edurade 790 à 833(1 74-208). Medrar, qui tton nom à la dynastie, eut à souffrir des révoltes de fants. Sous un de ses descçQdants, Eliça ebn-el*lli le fatémiteObéid-Allah, dont nous parlerons en son rendit iSidjelmessa, sans dévoilersesprétentions aul Eliça, ayant été prévenu du caractère de son hôte, k prison. Mais Abou-abd- Allah, partisan d'Obéid et <] renversé dans l'est les émirs aghlëbites, emporta ( Sidjelmessa et délivra le prisonnier. Obéid-AIlah 1 gouverneur dans la ville et alla suivre ses destinées Ida (908-9—296).

Deux ans après, les Miknaça rétablirent la dyna Medrar, qui ne disparut qu'au déclin du !• siècle c ère. En 976—365, Khazrounebn-Felfoul, prince de des Mâgbraoua , se ï^endit maître de Sidjelmessa et la tète de Abou^ Mohammed el-Motez-Billah, ai oméiade d'Espagne, El-Hescham II. Khazroun {^

Mdjelmessa au nom des Oméiades, reconnus dans toutes les rilles du Magreb-el-Acsa. Revenons à la puissance arabe représentée par les émirs à Gairouan.

Depuis un siècle et demi, la puissance des khalifes d'Orient était représentée dans l'Afrique septentrionale par les émirs siégeant à Gairouan. Mais on a vu que le titre d'étnir n*étant pas héréditaire, avait donné lieu à l'usurpation ou à des luttes d'ambition compromettantes pour l'autorité même des khalifes. Aussi laissèrent-ils la famille d'Ibrahim ebn-'el- Aghleb, qu'Aaroun-er-Rechià avait préposé au gouvernement de rifrikia et du Magreb (8^1-185), en possession piisible de cette charge importante. Les Aghlébites la conservèrent plus d'un siècle, jusqu'au jour où Ziadet-Allah s'enfuit en Orient, laissant la place aux Paternités victorieux (968-296). Que se passa-t-il de plus saillant au Magreb-el- Àcsa durant cette période, et en dehors des Médrarites dont Qoos venons de retracer l'histoire ?

Diminuée par l'établissement • des dynasties berbères, ronstémite et médrarite, établies à Tehert et à Sidjelmessa, la puissance arabe ne se relève pas sensiblem^ent dans le Magreb-el-Acsa, sous les Aghlébites, dont l'action se concentre plutôt à l'est. Ges émirs, grands vassaux des Abbassides, ne

reconnaissent guère leur suzeraineté que par un tribut annuel de 40,000 dinars (environ 400,000 francs), et ils ne sont pas assez forts pour empêcher l'élément berbère de grandir encore dans l'ouest même avec la dynastie des chérifs édricides. En môme temps, l'Espagne repousse le pouvoir des Abbassides, en pi*oclamant khalife Abd-er-Rhaman, rejeton des Oméiades, échappé au massacre de sa famille en Orient, et réfugié ensuite chez les Zenata, en Afrique, à quatre journées à Test de Tlemcen. Les Oméiades d'Es- P^e, appuyés principalement sur les Berbères, contri-

956 — 345 El Montacer Billah.

963 — 352 Abou-Mohammed el-Motet Billah.

Les Miknaçaqui habitaient la région du Tafilet avaient embrassé le khareidjisme et s'ét^ent placés sous les ordres è rémir Eiça. Ils fondèrent la ville de Sidjelaiessa, vers Tai 757-8 — 140. Mécontents d'Elça, ils le mirent à mort et nom mèrentà sa place Âboul-Kacem Semgou, qui eut pour suc cesseor son fils El-Yas. Ce dernier, ayant été déposé, soi frère Abou-Mansour Eliça xeçut le commandement. Il corn pléta l'œuvre de ses devanciers en fortifiant Sidjelmessa€ en y construisant des édifices publics. Il soumit les oasis d sud et rendit leDrâa tributaire. Enfin, il maria son fils Me drar a Eroua, fille du fondateur des Roustemites à Téherf Son règne dura de 790 à 823 (1 74-208) . Medrar, qui a donn son nom à la dynastie, eut à souflrir des révoltes de ses en fants. Sous un de ses descendants, Eliça ebn-el-Montacei le fatémiteObéid- Allah, dont nous parlerons en son lieu, s rendit àSidjelmessa, sans dévoiler sesprétentions au khalifal Eliça, ayant été prévenu du caractère de son hôte, le jeta e prison. Mais Abou-abd -Allah, partisan d'Obéid et qui avai renversé dans l'est les émirs aghlébites, emporta d'assau Sidjelmessa et délivra le prisonnier. Obéid-AIIah laissa u gouverneur dans la ville et alla suivre ses destinées en Ifri kia (908-9—296).

Deux ans après, les Miknaça rétablirent la dynastie de Medrar, qui ne disparut qu'au déclin du x* siècle de notr ère. En 976-365, Khazroun ebn-Felfoul, prince de la trib des Maghraoua , se rendit maître de Sidjelmessa et envoy la tête de Abou- Mohammed el-Motez-Billah, au khalil oméiade d'Espagne, EI-Hescham II. Khazroun gouvcm

Sidjelmessa au nom des Oméiades, reconnus dans toutes les villes du Magreb-el-Acsal Revenons à la puissance arabe représentée par les émirs à Gairouan.

Depuis un siècle et demi, la puissance des khalifes d'Orient était représentée dans l'Afrique septentrionale par les émirs siégeant à Gairouan. Mais on a vu que le titre d'étnir n'étant pas héréditaire, avait donné lieu à l'usurpation ou à des luttes d'ambition compromettantes pour l'autorité même des khalifes. Aussi laissèrent-ils la famille d'Ibrahim ebn-el- Aghleb, qu'Aaroun-er-Rechiâ avait préposé au gouvernement de rifrikia et du Magreb (881-185), en possession paisible de cette charge importante. Les Aghlébites la conservèrent plus d'un siècle, jusqu'au jour où Ziadet-Allah s'enfuit en Orient, laissant la place aux Fatémites victorieux (968-296). Que se passa-t-il de plus saillant au Magreb-el- Acsa durant cette période, et en dehors des Médrarites dont nous venons de retracer l'histoire ?

Diminuée par l'établissement • des dynasties berbères, roustémite et médrarite, établies à Tehert et à Sidjelmessa, la puissance arabe ne se relève pas sensiblenuent dans le Magreb<I-Acsa, sous les Aghlébites, dont l'action se concentre plutôt à l'est. Ges émirs, grands vassaux des Abbassides, ne reconnaissent guère leur suzeraineté que par un tribut annuel de 40,000 dinars (environ 400,000 francs), et ils ne sont pas assez forts pour empêcher l'élément berbère de grandir encore dans l'ouest même avec la dynastie des chérifs édricides. En môme temps, l'Espagne repousse le pouvoir des Abbassides, en pi*oclamant khalife Abd-er-Rhaman, rejeton des Oméiades, échappé au massacre de sa famille en Orient, et réfugié ensuite chez les Zenata, en Afrique, à quatre journées à l'est de Tlemcen. Les Oméiades d'Espagne, appuyés principalement sur les Berbères, contri-

956 — 345 El Montacer Billah.

963 — 352 Abou-Mohammed el-Motet Billah.

Les Miknaçaqui habitaient la région du Tafilet ava brassé le khareidjisme et s'étaient placés sous les o rémir Eiça. Ils fondèrent la ville de Sidjelaiessa, ^ 767-8 — 140. Mécontents d'Elça, ils le mirent à mort mèrentà sa place Aboul-Kacem Semgou, qui eutp cesseor son fils El-Yas. Ce dernier, ayant été dép frère Abou-Mansour Eliça reçut le commandement, pléta l'œuvre de ses devanciers en fortifiant Sidjeb en y construisant des édifices publics. Il soumit les sud et rendit leDrâa tributaire. Enfin, il maria son drar à Eroua, fille du fondateur des Itoustemites à Son règne dura de 790 à 823 (1 74-208) . Medrar, qui son nom à la dynastie, eut à souflrir des révoltes de fants. Sous un de ses descendants, Eliça ebn-el-M le fatémiteObéid-ÂlIah, dont nous parlerons en soi rendit àSidjelmessa, sans dévoilersesprétentions au' Eliça, ayant été prévenu du caractère de son hôte,l< prison. MaisAbou-abd-AIlah, partisan d'Obéid et< renversé dans Test les émirs aglilébites, emporta Sidjelmessa et délivra le prisonnier. Obéid-Allah 1 gouverneur dans la ville et alla suivre ses destinées kia (908-9—296).

Deux ans après, les Miknaça rétablirent la dyn« Medrar, qui ne disparut qu'au déclin du x* siècle i ^TP Fn 07fi^îUiK. Kbazronnebn-PVlfoul. nrincede

Sidjelmessa au nom des Oméiades, reconnus dans toutes les villes du Magreb-el-Acsa. Revenons à la puissance arabe représentée par les émirs à Cairouan.

Depuis un siècle et demi, la puissance des khalifes d'Orient était représentée dans l'Afrique septentrionale par les émirs siégeant i Cairouan. Mais on a vu que le titre d'émir n étant pas héréditaire, avait donné lieu à l'usurpation ou à des luttes d'ambition compromettantes pour l'autorité même des khalifes. Aussi laissèrent'-ils la famille d'Ibrahim ebn-'et- Aghleb, qu'Aaroun-er-Rechid avait préposé au gouvernement de l'Ifrikia et du Magreb (8^1-185), en possession paisible de cette charge importante. Les Aghiébites la conservèrent plus d'un siècle, jusqu'au jour où Ziadet-Allah s'enfuit en Orient, laissant la place aux Fatémites victorieux (968-296). Que se passa-t-il de plus saillant au Magreb-et- Acsa durant cette période, et en dehors des Médrarites dont nous venons de retracer l'histoire ?

Diminuée par l'établissement • des dynasties berbères, roQstémite et médrarite, établies à Tehert et à Sidjelmessa, la puissance arabe ne se relève pas sensiblem^ent dans le Magreb^l-Acsa, sous les Aghiébites, dont l'action se concentre plutôt à l'est. Ces émirs, grands vassaux des Abbassides, ne reconnaissent guère leur suzeraineté que par un tribut annuel de 40,000 dinars (environ 400,000 francs), et ils ne sont pas assez forts pour empêcher l'élément berbère de grandir encore dans l'ouest même avec la dynastie des chérifs édricides. En môme temps, l'Espagne repousse le pouvoir des Abbassides, en pi*oclamant khalife Abd-er-Rhaman, rejeton des Oméiades, échappé au massacre de sa famille en Orient, et réfugié ensuite chez les Zenata, en Afrique, à inalre journées à l'est de Tlemcen. Les Oméiades d'Es- P^e, appuyés principalement sur les Berbères, contri-

bumt, avec les dynasties purement berbères que nous ivqq nommée, à soustraire à toute influence d'Orient, le Ma greb-d-Âcsa, où plusieurs tribus reconnaissent leur sutt raineté. Nousf rattachons les détails de cette histcHre a règne des Édrisides, qui est le fait dominant, durant deu siècles, dans l'ouest de l'Afrique.

Rien de grand jusqu'à ce moment n'a été fait en ce paj par )es khalifes oméiades de Damas et abbassides. Et si l'o y découvre quelque trac^ d'efforts pour sortir de la baiiM rie, c'est au Tafilet, où les Médrarites berbères s'attacha i la création et i l'ornement de Sidjelmessa, leur capitak Les khalifes n'ont pas d'autre préoccupation que d'obteni de leurs émirs la. plus grande somme possible d'esclaves c d'argeùt. Toutefois le dogme de l'unité de Dieu, que 1 christianisme répandait peu i peu avec un cortège d'autn vérités civilisatrices, se propage rapidemmt, mais dans 1 sang.et les ruines, et avec les erreurs et les principes ditlé tères dont le Coran l'environne. La conquête arabe, aiUeiir mieux affermie et organisée, y avait produit de plus gntfiA résultats.

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