DIVISIONS NATURELLES
La plus grande et la plus saillante division naturelle du Maroc est déterminée par la chaîne du grand Atlas, qui va de Test à Touest, en inclinant vers le sud à mesure qu'elle se rapproche de l'Océan. Il en résulte que le Maroc est partagé en deux versants principaux : l'un méridional , qui envoie ses eaux vers le sud, où elles se perdent en partie dans le désert ; l'autre septentrional , qui se subdivise en deux petits versants, dont l'un porte ses eaux à la Méditerranée et l'autre à l'Océan. Cette subdivision est effectuée par un chaînon qui se détache du grand Atlas aux sources de l'Oumer-Bia et de la Moulouïa, et qui se dirige vers le nord, puis au nord-ouest.
Or, le grand versant méridional offre deux intérêts capitaux : il établit la communication avec le Soudan par le Touat et le Tafilet ; et c'est et loi que partent les insurrections les plus importantes , provoquées par les avantages naturels du sol et du climat ^ê l'autre versant, et facilitées par la faiblesse du pouvoir central , dont le siège est sinon trop éloigné, du moins sam action au delà de barrières difficiles à franchir. Lapositkni centrale et dominante est le Tafilet, qui rend mattre des routes entre le Maroc et le désert.
Les intérêts du grand versant septentrional sont beaucoup plus considérables, non-seulement à raison de ses produits, mais à cause des mers qui baignent ses rivages, à cause de l'importance du détroit et du voisinige des nations européennes.
C'est d'après cette division en versants que l'on donnera, dans la suite, une description plus détaillée de Teiil^ire.
§ 3. — ZONIS GLINATÉRIQUBS.
Le climat du Maroc est en général sain , et la température moins élevée sur le versant septentrional de l'Atlas qu'on ne le supposerait d'après sa latitude. On peut distinguer cinq zones climatériques, où se rencontrent, d'ailleurs, des modifications locales et accidentelles. La zone du littoral n'éprouve point de froids rigoureux, et les chaleurs de l'été y sont tempérées par la brise de mer et par la barrière des montagnes qui s'oppose au vent du désert. La première zone montagneuse , moins élevée que les massifs du grand Atlas, doit à son altitude et au voisinage de la mer plus de fraîcheur en été, mais du froid et de la neige en hiver. La zone des plaines intérieures qui sont encaissées entre les cordillères se trouve exposée aux chaleurs étouffantes de
rété, sans le tempérftmeût des brises et de Taltitude, et aux pluies torrentielles de Thiver. La zone composée de la grande chaîne atlantique subit toutes les rigueurs de rhiver et garde la neige sur aes hauts sommets, durant la majeure partie de Tannée; à mesure que ses déclivités s'étendent vers le sud, elles ressentent, en été, les chaudes bouffées du Sahara. Enfin la zone saharienne, qui comprend une partie de la région parcourue par TOued-Drèa, le Tafilet et rOued-Rir : pays en général sablonneux, pauvre en
eaux et en bois, mais semé d'oasis, inondé en hiver par des
pluies que dessèchent bientôt des chaleurs torrides.
La température moyenne du littoral au nord de Tempire est de 18®, ccèbAnà Oran; mais on sait que les pluies com» mencent à VSÊS^ abondantes vers la fin d'octobre et que les chaleurs se font déjà sentir en mars. Puis vient la sécheresse. Maut se rappeler aussi que la température s'abaisse d'environ 0^,4 par degré de latitude et de 1** par 180 mètres de hauteur, dans les circonstances normales. Elle subit, la nuit, un refroidissement d'autant plus sensible qu'il est trèsrapide ; et le même phénomène se remarque souvent au moment des orages.