‹ Description générale des médaillons contorniatesChapitre 39 sur 68 · Hercule ramenant les bœufs qui lui avaient été volés par · texte numérisé non relu

Hercule ramenant les bœufs qui lui avaient été volés par

Cacus.

(Avec Néron. — Cabinet impérial de France.)

4. Hercule nu, domptant le taureau de Crète, qui est représenté

debout sur ses pieds de derrière et sur le point d'être renversé par le héros qui, de la main droite, le tient par une de ses cornes.

(Avec Trajan. — Cabinet impérial de France.)

Nous trouvons ce môme sujet sur le revers de plusieurs monnaies autonomes ou impériales, frappées pour les villes d'Alexandrie (Egypte); Anchialus et Hadrianopolis (Thrace); Héraclée et Nicée (Bithynie); Sélinus (Sicile); Tarse (Cilicie) et Tomi (Mœsie Inférieure).

5. Buste casqué de Minerve à droite, avec le bouclier et Tégide, le

cou orné d'un collier, et tenant la haste pure dans sa main droite élevée.

RI Hercule nu, la main droite sur la massue et la peau de lion sur sa cuisse ; il est assis sur le mont Aventin, à côté de sa femme Rome, fille d'Évandre, qui le regarde, et de son bras droit entoure le cou du demi-dieu. A leurs pieds, un petit cochon, et de chaque côté, deux bœufs accroupis.

(Cabinet impérial de France.)

Exemplaire à fleur de coin, couvert d'une belle patine noirâtre et qui nous paraît avoir été dans l'origine revêtu d'une feuille d'argent; le travail est bien mieux soigné que celui des médaillons contorniates en général.

Un médaillon semblable, mais d'une conservation médiocre

et sur lequel nous n'avions pas vu les bœufs, a dans le temps fait partie de notre collection; nous l'avons dessiné et décrit dans notre Iconographie^ Rom. imp., pi. LVII, 16, en expliquant le sujet du revers par Hercule et Omphale. La vue du bel exemplaire du Cabinet impérial de France ayant éveillé en nous quelques doutes sur l'explication que nous avions donnée, nous avons consulté à ce sujet notre ami, M. de Witte, à qui nous devons l'interprétation nouvelle que nous adoptons aujoiœd'hui. En effet, la fille d'Évandre est appelée Rome par Servius, Ad Virgil. jEneid.^ I, 273, et Dyna par Denys d'Halicamasse, Ànt. rotn., I, 32. Or, fiw« pour ^vafAiç signifie /brce aussi bien que P(0{i.7), et Denys d'Halicarnasse dit expressément que Dyna était femme d'Hercule.

Les bœufs représentés sur ce médaillon sont ceux que Cacus, dont la caverne était au pied du mont Aventin, vola à Hercule pendant son sommeil, et le cochon, comme on sait, était la victime qu'on immolait à ce héros dans les sacrifices qui lui étaient offerts. Sur un grand bronze de Caracalla, du Cabinet impérial de France, on voit l'empereur sacrifiant sur un autel allumé, devant lequel sont Bacchus nu tenant le thyrse, Hercule nu debout et un victimaire amenant un cochon. A gauche, la Terre assise, et sur le second plan, un joueur de flûte.

6. Hercule nu debout à droite, combattant un centaure; devant

et derrière, deux arbustes grossièrement dessinés.

(Avec Alexandre-Hercule ou Néron. — Musée impérial de Vienne.)

7. Hercule à gauche, nu, la massue dans sa main droite élevée et

combattant un centaure. Derrière, deux épis de blé.

(Avec Alexandre-Hercule ou Néron. — Musée impérial de Vienne.)

8. Hercule à droite, nu, tenant la massue dans sa main droite

élevée, prêt à frapper un centaure. Derrière, un épi de blé.

(Avec Alexandre le Grande tête nue. — Cabinet impérial de France.)

Parmi les nombreux exploits d'Hercule, nous voyons que ce héros, allant détruire le sanglier d'Érymanthe, s'arrêta chez le centaure Pholos, qui, pour traiter son hôte, ouvrit un tonneau de vin qu'il avait reçu de Bacchus. Les centaures, attirés* par l'odeur du vin, se rassemblèrent devant la caverne en demandant à boire ; Hercule les repoussa et en tua plusieurs. Jusqu'à l'époque de Pindare, les centaures furent dépeints sous des formes gigantesques mais humaines; mais plus tard, les poètes et les artistes, les confondant avec les hippocentaures, en firent des monstres moitié hommes et moitié chevaux. C'est ainsi que Phidias et Alcamène les ont figurés en relief sur le fronton des temples qu'ils ont ornés de sculptures.

Nous ferons remarquer, à ce propos, que plusieurs peintres du moyen âge ont introduit des centaures même dans des compositions chrétiennes, par exemple dans une miniature d'un manuscrit grec du onzième ou du douzième sibde. (D'Aginœurt^ Peinture, pi. XLIX, f. 6). — Giotto a eu l'idée bizarre de placer un centaure au milieu d'un groupe d'anges qui assistent à l'apothéose de saint François d'Assises. (D'Agincourt^ Peinture, pi. CXVI, 7). — Il est aussi question de centaures dans la Divine Comédie^ du Dante, chants IX et XII de son Enfer. — Sur une grande fresque du Campo Santo, figurent plusieurs centaures. (D'Àgimourty Peinture, pi. CXIX.) — Enfin, un centaure, tenant une harpe entre ses pieds, est placé en manière de console scyis la statue d'un roi qu'on voit à la porte latérale de l'église Saint-Denis, dans l'ancienne cour de Valois. Ce roi porte le nom de Hugo écrit sur une banderole.

9. Les trois Furies, groupées en un seul corps sur deux jambes et terminé par trois têtes surmontées du modius. Des quatre bras qu'on aperçoit, deux sont armés de fouets et les deux autres tiennent une torche renversée. Dans le champ, qui est parsemé d'étoiles, se dressent deux serpents.

(Avec Néron. — Cabinet impérial de France.)

Les deux faces de ce médaillon unique sont gravées en creux.

Ce type des trois Furies a une grande analogie avec celui d'Hécate triformis, mais les Furies ont généralement pour attributs distinctifs des fouets ou des serpents, M. le baron de Stackelberg (Graber der Hellenen, Berlin, 1837, in-f% pi. LXXII) a dessiné une figurine de bronze représentant les Furies; elles sont groupées à peu près de la tnême manière que sur notre médaillon, mais elles tiennent des serpents, et leurs têtes sont surmontées de croissants. Au reste, les Furies, ainsi que la triple Hécate, figurent sur le revers d'un grand nombre de monnaies grecques, autonomes ou impériales (1). En 1833, M. le duc de Luynes a publié un ouvrage in-4° ayant pour titre : Études numisraatiques swr quelques types relatifs au culte d'Hécate.

10. Trois Sirènes debout, à droite, sur des rochers: l'une joue de la double flûte et la seconde tient la lyre antique. Quant à la dernière, la mauvaise conservation de l'exemplaire permet à peine de distinguer le tour extérieur de la tête.

(Avec Trajan. — Musée impérial de Vienne.)

Les Sirènes étaient célèbres par la douceur de leur chant, et c'est comme nymphes à forme humaine qu'elles sont figurées sur ce médaillon. De nombreuses représentations de Sirènes nous ont été conservées sur des marbres antiques, des terres cuites et des vases, où on les trouve assez fréquemment groupées par trois, et par deux seulement sur les monuments les plus anciens. Homère aussi n'en mentionne que deux. Elles

(i) Furies avec fouets, ou serpents et torches, sur des bronzes impériaux grecs : Julia Domna, Laodicée (Phrygie) —^ Crispine, Mastaurea (Lydie) — Gordien III, Âspendus (Phrygie) et Lyrbé (Pisidie). Hécate triformis, avec torches et poignards, et quelquefois avec un autel, ou accompagnée d'un chien, sur des bronzes autonomes d'Apamée, d'Aezanis et de Tbémisonium (Phrygie) — Sur des impériales grecques : Otacille, Ancyre (Galatie) et Laodicée (Phrygie) — Èlagabale, Hiérapolis (Phrygie)— Diaduménien,Tavium (Galatie) — Philippe fils, Antioche (Carie) — et Sabine, Argos.

sont représentées sous les traits complets d'une femme, ou bien elles n'en ont que le buste, et alors la partie inférieure du corps est garnie de plumes et terminée comme celle d'un oiseau ; quelquefois elles ont des ailes, qu'elles perdirent, d'après la Fable, pour avoir osé disputer le prix du chant aux Muses. L'arl plastique, pour les représenter, s'est conformé aux descriptions des poètes et des mythologues ; lorsqu'elles sont groupées par trois, elles tiennent ordinairement la syrinx, la double flûte et la lyre, mais quelquefois une d'entre elles, celle du milieu, tient un rouleau de musique et a l'air de chanter.

H. Scylla entourée de chiens, et dans un bige traîné par des dauphins à longue queue relevée, tient un gouvernail de la main gauche, et de la droite saisit par les cheveux le pilote d'un navire, qu'un guerrier casqué, armé de la lance et du bouclier, vient défendre ; sur le derrière du navire, on voit un troisième personnage, et dans les flots plusieurs nageurs ; dans le lointain, un arbre.

(Avec Alexandre-Hercule, Néron ou Trajan. — Cabinet impérial de France, Musée britannique et Musée impérial de Vienne.)

12. Revers à peu près semblable à celui de l'exemplaire précédent;

coin et module différents; les nageurs sont disposés autrement.

(Avec la tête casquée de Rome. —Cabinet impérial de France.)

13. Revers semblable; module plus grand; on n'aperçoit que deux

nageurs.

(Avec Trajan. — Cabinet impérial de France.)

Un contomiate, à l'effigie de Vespasien et au revers de Scylla, est mentionné dans le catalogue d'Ennery, Paris, 1788, in^**.

Le monstre Scylla est représenté de plusieurs 'manières : les poètes les plus anciens lui donnent douze griffes, six cous d'une longueur démesurée, terminés par des têtes horribles

avec la gueule béante ; ses rugissements épouvantaient les navigateurs, qu'il dévorait au passage. Scylla est une personnification des brisants de la mer de Sicile.

14. nAPe€Non€. La ville de Parthénope, sous les traits d'une femme

tourelée, assise au bord de la mer, qu'on voit à ses pieds; sur les flots , une femme à mi-corps nageant les bras étendus.

(Avec Alexandre-Hercule. — Musée impérial de Vienne.)

La ville de Parthénope dut son origine à la Sirène de ce nom qui, vaincue avec ses sœurs par Ulysse, se j.eta à la mer, et dont la vague porta le cadavre sur la côte de Campanie ; on lui érigea un tombeau, autour duquel se forma peu à peu la ville de Naples, qui fut d'abord appelée Parthénope.

15. Serpent d'Esculape, dressé à droite et mangeant des fruits posés

sur un autel; derrière, un arbre.

(Avec Néron on Trajan.— Gabfnet impérial de France et Musée impérial de Vienne.)

Un sujet à peu près semblable est dessiné dans Panofka, pi. Il, fig. 2, où nous trouvons encore une Hygiée entourée d'un serpent mangeant des fruits placés dans une phiale que la divinité tient de la main gauche {A^ldq^s ani Asklepiaden^ pi. YI, fig. 2). Sur un fragment de vase, avec bas-relîefde pâte blanche à fond bleu, N"" S402, du Cabinet impérial de France, on voit aussi un serpent devant un autel. Ce reptile, chez les anciens, était l'emblème delà guérison des malades (1).

(1) Nous rappelons à nos lecteurs que deux contomiates, pi. X, fig. 15 et 16, dont les revers représentent B^érophon ski* FégMe€tcond>atkait la Chimère, oui éiéy^hr une erreur du graveur, classés parmis les types qui se rapportent à rampbiihéâtre. Ces exemplaires, comme nous l'avons fait observer dans une note de la page 67, auraient dû figurer dans la partie mythologique. Ce type de Bellérophon occupe le revers d'un denier d'argent de la famille Cossutia, et nous le trouvons aussi sur plusieurs autres monnaies impériales grecques de bronze.

Page 1