‹ Description générale des médaillons contorniatesChapitre 41 sur 68 · PLANCHE XIV · texte numérisé non relu

PLANCHE XIV

4. Buste de Marc-Aurèle, tête nue et tournée à droite; derrière, le monogramme incus formé des lettres p. e; devant, deux petits cercles ou annelets avec un point au centre.

RI xaTPRED. Cyprès pyramidal, gravé en creux, (Fabrique barbare.)

Chez les anciens peuples de TOrient, dans la Grèce et ses colonies, le cyprès pyramidal était considéré comme un symbole de vie et un emblème des divinités génératrices. En Asie, dans l'Arabie, en Egypte, sur tout le littoral de Carthage, dans la Grèce, en Étrurie, à Rome, dans les provinces de Tempire et plus tard aussi dans l'Europe chrétienne, cet arbre fut également regardé comme un symbole funéraire et devint l'attribut des divinités infernales. Félix Lajard a écrit sur ce sujet deux mémoires fort intéressants ornés de dessins représentant divers monuments qui démontrent combien ce culte était ancien et répandu. Ces deux mémoires, réunis en un seul livre, ont été publiés par l'auteur, avant sa mort, sous le titre de Recherches sur le culte du cyprès pyramidal chez les peuples de Vamr tiquité, um vol. in-4'* avec planches, dont la plupart ont été dessinées par H. Muret père.

De notre côté, nous avons trouvé chez M. H. Hoffmann sept

ou huit plombs romains antiques ayant appartenu à la Collection

Fontana, de Trieste , dont une face offre la représentation du

cyprès pyramidal. Cet arbre sacré figure aussi sur le revers de

deux bronzes frappés, l'un par Élagabale, à Aradus, dans la

Phénicie, l'autre par Trébonien-Galle, à Damascus, en Cœlé-

Syrie.

2. Chef des augures, debout à gauche, tête nue, tenant dans sa main droite élevée un oiseau prêt à s'envoler, et dans l'autre main un coq. De chaque côté de l'augure, un jeune homme (pullarius) occupé à nourrir les oiseaux sacrés.

(Avec Trajan. — Musée britannique.)

Chez les Romains , les fonctions des augures consistaient à prédire l' avenir, principalement d'après le vol, le chant el l'appétit des oiseaux ; on ne délibérait sur aucune affaire importante sans avoir consulté préalablement les augures.

Les auspices ou augures étant, d'après l'espèce des oiseaux, divisés en grands et petits, le grand prévalait toujours. Ainsi, par exemple, si une corneille ou un pivert donnait un auspice, et que pour la même chose un aigle fournît un présage contraire, l'auspice de l'aigle était préféré. Le cri du hibou et de la chouette était toujours considéré comme un mauvais présage, ainsi que le silence de tous les oiseaux.

Les oiseaux consultés pour leur vol étaient nommés alites, et parmi eux, ceux qui volaient très-haut et droit devant eux étaient qualifiés de prœpetes et donnaient des présages heureux; ceux qui volaient bas et près de terre étaient désignés par l'épithète d'inferes et fournissaient des auspices funestes. On observait généralement le vol de l'aigle, de l'aiglon, du vautour, de la buse et de l'orfraie.

Pour le chant on consultait le corbeau, la corneille, le coq, le pivert, la chouette, le hibou, et l'on donnait te nom d'oscines à cette catégorie d'oiseaux. Du reste, quels que fussent les auspices, favorables ou malheureux, ils étaient annulés par le cri d'une souris. Enfin on tirait aussi des présages de l'appétit plus ou moins grand des poulets (1).

({] Il est question d'augures ou d'auspices dans presque tous les auteurs latins; on peut consulter A ce sujet : Ciceron, De divimt, I, 39; 48, II, 36. De natur. deor., II, 64. — Sénèque, Nat. quœst., II, 32. — Suétone, VitelL, 9. — Festus, Oscines, Brœpetes, Re-

Le peuple surtout croyait à ces superstitions ; mais quelques esprits forts de la classe éclairée n'y avaient pas une foi bien robuste. On connaît le mot de Cicéron sur les augures, et celui de P. Claudius, commandant de la flotte, lors de la première guerre punique; comme on vint l'avertir que les oiseaux sacrés ne voulaient pas manger : « Eh bien, dit-il, qu'on les jette à la mer, ils boiron.t ! » L'histoire ajoute qu'en punition de ce propos sacrilège, Claudius ayant attaqué l'ennemi fut défait et perdit sa flotte. On appelait pullarii ceux qui étaient chargés du soin des oiseaux sacrés. — Les commandants d'armée avaient du reste fini par renoncer à consulter les auspices : M. Marcellus, cinq fois consul, général et augure, disait que lorsqu'il méditait une expédition ou une attaque il avait soin de n'aller qu'en litière fermée, afin de ne pas être détourné de ses projets par quelque auspice. (Cicéron, De divinat., II, 36. — De natur. deor., II, 3.) — Et l'augure Fabius Maximus, le vainqueur d'Annibal, prétendait qu'on faisait toujours sous de bons auspices tout ce qui tendait au salut de la république, et sous de mauvais, tout ce qui était dirigé contre elle. (Cicéron, De senectute, 4.)

3. Thésée à gauche, domptant le taureau de Marathon, qu'il tient

de la main droite par une corne et de l'autre parle mufle; le héros est placé devant l'animal.

(Avec Trajan. — Musée britannique.)

4. Thésée à droite, placé derrière le taureau de Marathon, qu'il

tient par une corne et par le mufle.

(Avec Caracalla. — Cabinet impérial de France. — Musée impérial de Vienne.)

mores. — Plutarque, Romu!., 9; Marius, 17. — Pline, X, 18. — Servius, in Mneidy III, V. 241,246, 361, 374, Vï, v. 15.— Vairon, L. L., VI, § 76.— Acron, in Eorat., III, Od. 27, V. 11. — Aulu-Gelle, VI, 6; Ohscenœ, XIII, 13. — ^Elien, De animal, X, 37. — Plaute, ABin.y H, 1, V. 111.— Horace, III, Od. 27, v. 10.— Virgile, Egïog., 9, v, 15.— Lucain, V, V. 396. — Appien, DeheU. eiv.y IV, p. 1067.

Après avoir pris vivant ce taureau, qui ravageait la Tétrapole attique, Thésée Tamena à Marathon et le sacrifia à Apollon. L'art plastique des anciens a représenté Thésée à peu près sous les mêmes traits qu'Hercule, mais avec une chevelure moins crépue et des formes un peu moins massives.

5. Enlèvement d'Antiope ou d'Hippolyte, sa sœur, par Thésée, qui

de sa main droite tient la bride du cheval monté par l'Amazone et galopant à gauche. '

(Avec Trajan. — Cabinet impérial de France.)

6. ANTONiNvs. AVG. pivs. PP. TR. P. cos. Hi. Tête laurée d'Antonin

le Pieux, à droite; devant, en contre-marque incuse, un cheval galopant.

Bl Achille nu et casqué , debout à droite , tenant le bouclier et la lance, relève de la main droite le corps de Penthésilée, encore coiflTée de son casque, et dont le bras droit pendant repose sur le bouclier des Amazones (pelta IwruUa). Derrière Achille, le cheval de l'Amazone.

(Avec Trajan ou Antonin le Pieux. — Cabinet impérial de France. — Musée britannique. — Musée impérial de Vienne.)

7. AC. LL.. Achille, debout à gauche, relève le corps inerte de

Penthésilée. Devant Achille, un bouclier ovale, et derrière, un cheval. A l'exergue, pkntesil. (Mauvaise conservation.)

(Avec Trajan. — Cabinet impérial de France •— Musée impérial de Vienne.)

Après avoir, dans la mêlée, tué la reine des Amazones, Achille ouvre le casque de Penthésilée, voit sa beauté et déplore amèrement sa mort; Thersite survient, insulte à la douleur du héros et enfonce sa lance dans l'œil de Penthésilée; Achille le tue d'un coup de poing

8. Amphion et Zéthus, fils d'Antiope, se préparent à attacher aux

cornes d'un taureau furieux Dircé, qu'on voit à terre et à genoux, implorant la pitié des deux frères.

(Avec Homère. — Musée britannique.)

9. Même sujet, représenté d'une autre manière : sur un rocher, Amphion, tourné à droite, fait ses efforts pour contenir un taureau furieux que Zéthus menace d'un bâton ou d'un pedum; le chapeau de paille de Zéthus est rejeté en arrière par le vent; Dircé à genoux est aux pieds des deux frères.

(Avec Trajan. — Cabinet impérial de France.)

Le supplice de Dircé fait le sujet d'un marbre antique connu sous le nom du Taureau de Famèse^ œuvre de Tauriscus, de Rhodes, retrouvé vers le milieu du seizième siècle, et faisant aujourd'hui partie de la collection du musée royal de Naples. Ce même sujet figure également sur deux bas-reliefs étrusques des musées de Cortone et de Volterre, décrits et dessinés par M. Edouard Gerhardt (Denkmaler Forschungen, etc. Berlin, 1849, in-4% pi. XLVII et XLVIII). Nous trouvons encore Amphion, Zéthus et Dircé sur le revers de deux monnaies d'Acrasus et de Thiatyre, villes de Lydie.

10. AENEAS. Énée portant son père Anchise et tenant le jeune Ascagne par la main.

(Avec Néron ou Trajan. — Cabinet impérial de France. — Musée impérial de Vienne. — Musée royal de Berlin.)

Le type d'Énée, représenté de la même manière, se trouve aussi sur un denier consulaire, sur un aureus et un médaillon de bronze d'Antonin le Pieux, sur des bronzes autonomes de Ségeste (Sicile) et d'IUum (Troade), ainsi que sur les monnaies impériales grecques en bronze frappées dans les villes ci-après :

Dardanus (Troade), par Trajan ou par Géta.

Corinthe (Achaïe), par Marc-Aurèle.

Otrus (Phrygie), par Caracalla (grand médaillon).

Apamée (Bithynie), par Macrin ou par Alexandre-Sévère. Coela (Chersonèse de Thrace), par Trébonien-Galle.

Comme Dion (XLII, 42, et XLV, 6), en parlant de la fondation d'Albe la Longue, dit qu'à cette occasion Ascagne institua les Jeux troyens ou courses de chevaux, il est à présumer que les Romains empruntèrent plus tard ces jeux aux Albains. Virgile (/Eneid., V, v. 551) et Suétone (Caes. 39 — August. 43) parlent aussi de ces jeux.

1 1 . Laocoon et ses deux fils étouffés par des serpents.

(Avec Néron. — Cabinet impérial de France. — Musée impérial de Vienne.— Collection de M. le comte de Rennesse.)

L'épisode de Laocoon a inspiré à Virgile les plus beaux vers du deuxième livre de son Enéide (v. 201-227); c'est aussi le sujet d'un des groupes les plus parfaits que nous ait légués la statuaire antique, chef-d'œuvre attribué généralement à Agésandre, Polydore et Athénodore, nés tous trois à Rhodes et contemporains de l'empereur Titus. La France a possédé pendant quelques années ce groupe fameux, découvert en 1506, par Félix de Frédis, dans les bains de Titus, à un endroit nommé Setti-Sale; il est actuellement au Vatican, et a été gravé par Ch. Bervic.

12. Du haut d'une tour, Héro, dont le voile est enflé par le vent,

tient dans s€^ main droite une lampe allumée, pour éclairer Léandre, son amant, qui nage et qui va bientôt aborder. En face, un pêcheur à la ligne, assis.

(Avec Vespasien. — Musée britannique. — Musée impérial de Vienne.)

Nous avons trouvé dans la riche collection de M. Gréau un grand bronze de Septime-Sévère frappé à Abydos (Troade), sur le revers duquel est représenté Léandre nageant vers une tour où est son amante, un flambeau à la main. Vaillant et Mionnet signalent aussi deux bronzes grecs d'Abydos frappés, l'un par

Caracalla, l'autre par Septime-Sévère, avec ce même sujet. En outre, Mionnet {Supplém. t. II, pi. VIII, fig. 1) donne le dessin d'un bronze de Caracalla frappé à Sestos, dont le revers offre Léandre traversant l'Hellespont à la nage pour rejoindre Héro, qui l'éclairé avec une lampe du haut d'un phare ou d'une tour, tandis qiïe l'Amour, tenant une torche, plane dans les airs.

13. OAVNPiAS. Olympias assise à gauche sur le lectistemium, le coude

appuyé sur un dauphin, et de la main droite nourrissant un serpent. A l'exergue, regina.

(Avec Alexandre-Hercule. — Cabinet impérial de France.)

Exemplaire à fleur de coin, d'un travail soigné et d'un module bien plus petit que celui des contorniates ordinaires ; la tête d'Alexandre Hercule est entourée de la légende : alexander.

MAGNVS. MACEDON.

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