‹ Description générale des médaillons contorniatesChapitre 44 sur 68 · VRBS. ROMA. Buste casqué de Rome, à gauche · texte numérisé non relu

VRBS. ROMA. Buste casqué de Rome, à gauche

RI La louve à gauche allaitant Romulus et Rémus.

(Cabinet impérial de France.)

Type reproduit sur beaucoup de monnaies romaines, sur celles des Goths d'Italie, ainsi que siu* deux intailles N"^ 1529 et 1530 du Cabinet impérial de France.

5. L'enlèvement des Sabines par les soldats romains pendant la

célébration de jeux auxquels les Sabins avaient été conviés. Au milieu, trois obéUsques, et à l'exergue, sabinae.

(Avec Alexandre le Grand, tête nue, Agrippine mère, Néron, ou Trsyan. — Cabinet impérial de France.— Musée britannique. — Musée impérial de Vienne.)

Cet épisode de l'histoire romaine est représenté de la même manière sur un petit médaillon de bronze du Cabinet impérial de France, frappé par Constance IL D'après les historiens romains, ce rapt amena une guerre à laquelle mit fin l'intervention des Sabines, qui, devenues épouses et mères, se jetèrent au milieu des combattants et les réconcilièrent. Une belle toile de David nous représente ce sujet.

D'après Varron, L. L. VI, § 20; — Tite-Iive, 1,9; — Denys d'Halicarnasse, II, 31 ; — Cicéron, De republ., II, 7 ; — Florus, I, 1; — ^Valère-Maxime, II, 4,4; — Plutarque, Bomw/., 14, Romulus fut l'inventeur des jeux romains ; il les établit et les célébra le premier en l'honneur de ConsuSy pour avoir l'occasion d'enlever les Sabines ; mais Eutrope, I, 6, en attribue l'inauguration à Tarquin l'Ânciei^ Sous Romulus, ces jeux consistaient dans des courses à cheval, auxquelles Tarquin l'Ancien ajouta les combats du ceste. (Tite-Iive, I, 35.)

6. ORATivs. Busle d'Horace, jeune, tête nue et tourné à gauche. Bl Acavs. Le poëte Accius assis à droite, la main gauche appuyée sur un volumen et le corps couvert d'un ample manteau.

(Cabinet impérial de France. — Collection de M. le duc de Blacas. — Collection de M. le D' Colson.)

L'exemplaire appartenant à M. le docteur Colson a été décrit par lui dans la Revue numismatique (nouv. série, t. IV, p. 412, pi. XIX, fig. 2). Dans son Iconographie romaine, t. I, p. 191, Mongez, à propos de ce médaillon, dit que la figure qui y est représentée est une reproduction de la statue colossale que le poëte Accius, petit de taille, s'était élevée à lui-même dans le temple des Muses. (Pline, Hist. nat., 1. XXXIV, g 113.)

Lucius Accius ou Attius, tragique latin, né l'an 170 avant Jésus-Christ, est souvent cité par Cicéron, qui faisait cas surtout de sa tragédie de Philoctète; il avait aussi écrit en vers des

An/nales historiques et célébré les exploits en Espagne du consul Brutus, qui fut son protecteur et son ami. Ce poëte jouissait à Rome d'une telle considération, qu'un citoyen fut vertement réprimandé pour avoir irrévérencieusement prononcé son nom. Quant à Horace, dont nous voyons le buste sur l'autre face de ce médaillon, ses œuvres, bien connues, sont dans les mains de tous les amis de la bonne littérature, et tout le monde sait que la philosophie de cet homme aimable était celle d'un penseur indulgent. .

7. APVLEivs. Buste drapé d'Apulée, tourné à droite; ses cheveux

sont retenus par un fil qui entoure la tête. Devant, une palme incuse.

m Soldat casqué, armé de la lance et du bouclier, debout à droite, devant un temple distyle, sur le faite duquel sont posées trois têtes humaines.

(Cabinet impérial de France.)

Lucius Àfer Apuleius, philosophe platonicien, naquit à Madaure, en Afrique, sous le règne d'Hadrien. Descendant de Plutarque, il fit ses études à Rome, à Carthage, à Athènes, et vint se fixer dans la capitale de l'empire, où il se maria avec une riche veuve. Accusé par les parents de sa femme d'avoir employé la magie pour s'en faire aimer, il se justifia par une éloquente apologie qui nous a été conservée. Il nous reste encore d'Apulée le conte de Y Ane d'or, en onze livres, imité du grec de Lucius de Patras. D'après Christodore (Anal. Brunck., t. II, p. 467), on voyait à Constantinople, dans le Gymnase de Zeuxippe, un buste en marbre d'Apulée.

8. AimNOû. UANi. Buste d'Antinous à droite, tête nue et tenant le

pedim sur l'épaule gauche. Devant, le monogramme incus formé des lettres p. e.

I^ Bœuf marchant à droite,

(Cabinet impérial de France.)

Un bronze grec d'Antinous, frappé à Smyme, porte gur une face sa tête nue, tournée à gauche, avec la légende antinooc. Hpoc. — Hl noAEMûN. ANEeHKE. cMTPNAioic. Bœuf marchant à droite.

9. AïoiNOû. nANi. Buste d'Antinous i droite, le pedum sur Tépaule. Devant, le monogramme formé des lettres p. e.

m VICTORIA. AVG. Yictoirc ailée marchant à gauche, tenant la palme et la couronne.

(Musée britannique.)

Cet exemplaire, mentionné par Vaillant et par Eckhel, dont nous n'avons pas vu l'original et que nous ne connaissons que par l'empreinte qui nous en a été communiquée, nous parait d'une fabrique suspecte, car l'accouplement de deux légendes, l'une grecque, l'autre latine, sur la même pièce, est un fait anormal.

10. Pas de légende. Buste à mi-corps d'Antinous, à droite et tête nue, tenant de la main droite un caducée, et de la gauche son cheval par la bride. Derrière la tête d'Antinous, le monogramme incus formé des lettres p. e.

m H.nATPi€V. ANTiNOON., et à l'excrgue, e€ON. Antinous debout, à gauche, tête nue, en costume militaire, la main droite élevée et tenant le pecit^m dans l'autre main.

Nous trouvons également ce type d'Antinous avec le caducée, et tenant son cheval, sur le revers de deux monnaies de potin frappées à Alexandrie, en Egypte, et portant les dates k. et ka. (années 20 et 21) ; ces exemplaires sont mentionnés par Eckhel, t. VI, p. 537.

Antinous naquit a Bithynium, capitale de la Bithynie. Dion, Spartien, Pausanias et Suidas, s'accordent tous à le dépeindre

comme le favori et le mignon d'Hadrien, qui conçut une passion insensée pour ce jeune homme, doué d'une beauté remarquable. Antinous périt l'an 130 de Jésus^Christ, en naviguant sur le Nil. Dans sa douleur immodérée, Hadriea lui fit ériger des statues dans toute l'étendue de l'empire, et donna le nom d'Antinoë ou Antinoopolis à une ville d'Egypte appelée auparavant Bésa, à l'emplacement qu'occupe aujourd'hui Shek-Abadé. C'est là que, d'après Épiphane, les restes d'Antinous furent déposés dans un tombeau. — Des monnaies avec des légendes et des attributs relatifs aux cultes de Pan, de Bacchus et de Mercure, furent frappées en son honneur. — La plupart des villes de la Grèce et de l'Orient lui consacrèrent des autels. — Les Grecs assurèrent même qu'après sa mort il rendait des oracles.

Le culte d'Antinous eut une certaine durée, puisque Clément d'Alexandrie, qui mourut en 217, dit que de son temps encore on célébrait en l'honneur de ce giton des nuits sacrées; l'existence de ce culte est confirmée aussi par les types reproduits sur les médaillons contorniates.

11. DESiD. N. c. Buste à mi-corps et à droite de Désidérius, dont la tête est laurée ; il tient une lance transversale de la main droite et de l'autre main son cheval. Derrière la tête de Désidérius, et en contre-marque , une lance gravée en creux.

RI FELiciTATi AVGG. Galère à la voile, naviguant à gauche, avec pilote et rameurs; sur l'arrière, un soldat debout, tenant la haste et le bouclier.

(Cabinet impérial de France.)

D'après la légende, le costume, et surtout d'après le diadème qui orne la tête de Désidérius, comme aussi d'après le type du revers et les initiales avgg. qu'on y lit, le personnage représenté sur ce contorniate est le frère de l'empereur Magnence, créé César en même temps que Décence, son autre frère. Par con-

séquent, selon nous, les lettres N. C. sont bien les initiales des deux mots Nobilis Caesar; mais nous ferons observer cependant que, d'après Topinion d'Eckliel, ces deux lettres peuvent aussi être considérées comme des sigles et être à la rigueur interpré^ tées par le mot Ni Ca.

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