‹ Description générale des monnaies de la République romaine, communément appelées médailles consulairesChapitre 146 sur 233 · NORBANA · texte numérisé non relu

NORBANA

(1) C. NORBANVS L. CESTIVS PR. {Caius JVorbanus, Lucius Cestius

praefecli). Tête de Vénus à droite, ceinte d’un bandeau. ft( S. C. {Senatûs consulta). Cybèle dans un bige de lions à gauclie.

OR. 200 fr. PI. XXIX. Norbana \ .

(2) Tête de l’Afrique à droite, avec une tête d’éléphant.

L. CESTIVS, en haut ; C. NORBA. , à l’exergue ; PR., à droite ; S. C. , à gauche. {Lucius Cestius, Caius Norhanus praefecti , Senatûs consulta). Chaise curule surmontée d’un casque. OR. 200 fr. PI. XII. Cestia.

(3) C. NORBANVS {Caius Norhanus). Tête diadémée de Vénus à droite; derrière, un nombre.

Proue de vaisseau , hache avec faisceau, caducée et épi. AR. 6 fr.

PI. XXIX. Norbana 2.

(4) Même tête ; derrière , un nombre.

Épi , hache avec faisceau et caducée. AR. C.'. PI. xxx. Norbana 3.

t . Cette niédaille a été restituée par Trajan (Lebeau et Rothelin). UOO fr. — Morell décrit le revers de cette médaille avec la téte-de Pallas couverte du casque ailé et un épi derrière. Celte tête appartient il la ramillefulia n* 3 , et la médaille de Morell était probablement fourrée.

Èclnircissemen ts .

Depuis Borghcsi , la famille Norbana , admise par tous les anciens numismates , a (ité supprimée et a vu ses médailles incorporées dans la famille Vibia. Déjà Eckliel avait soutenu que Norbanus était un surnom et non pas un nom de famille , en quoi il a été suivi par Mionnet. Plus tard, Borgbesi a dit que son père avait vu dans le cabinet d’un nommé Antonio Benedetti, une médaille portant le nom de Norbanus à la tète , et celui de Vibius au revers , qui représentait Hercule nu , assis , appuyant les deux mains sur sa massue , et ayant un lion couché à ses pieds. D’après ce léger indice , il a conclu que les médailles anciennement attribuées à la famille Norbana devaient être restituées à la famille Vibia. Il a été suivi par Sestini , Cavedoni et Riccio. Ce dernier a encore renchéri sur Borghcsi, en prétendant que la légende d’une médaille de fabrique barbare, gravée par Morell à la famille Norbana, pouvait se lire Vibius au revers;

Il m’est impossible d’admettre, ni que Norbanus soit un simple surnom, ni que la médaille citée par Borghcsi soit d'une importance sufTisante ponr faire changer l'ancienne classification. Il est vrai que la famille Norbana n’a pas la désinence habituelle des autres familles romaines, qui se terminent en ia. Mais d’abord, entre autres personnages du nom de Norbanus, on connaît un Gains Norbanus Flaccus, consul en 71 G (38 av. J, C.) : ce nom n’est donc pas plus extraordinaire que ceux de Quintus Fulvius Flaccus, Lucius Valerius Flaccus, etc., puisqu’on y trouve le prénom, le nom etlc surnom. Ensuite il existe une loi bien connue, nommée la loi Junia-Norbana. On sait que les lois portaient les noms des magistrats qui les proposaient; or, ces noms sont toujoursdes noms de famille et jamais des surnoms. Telles sont la loi Papia-Poppaca, la loi Porcia, la loi Licinia, la loi Papiria, etc. Et c’est en vain que parmi toutes les lois romaines on en chercherait qui fussent nommées d’un surnom, comme serait par exemple la loi Metella , la loi Lentula , etc. 11 est donc évident que Norbana est un nom de famille , et il ne doit pas paraître plus étrange de trouver un nom de famille (jui ne finisse pas en ia que de trouver un prénom qui ne

DE LA RÉPUBLI^ ROMAINE

finisse pas en us-, et cependant ou voit, dans les fastes consulaires, Caeso Fabius Vibulanus, V^olero Publilius Philus, etc.

Voilà des preuves qui me semblent irrécusables pour déclarer <jue Norbauus est bien un nom de famille. Quant à la raison qui a décidé Borghesi à incorporer dans la famille Vibia toutes les médailles qui jwrtent le nom de Norbanus, il est de fait que jamais on ne voit d'un côté un nom de famille et de l’autre un surnom sans qu’ils appartiennent Ions . deux au même personnage , à moins qu’un litre quelconque , tel que celui de consul, de général , de questeur , etc. , n’accompagne le nom ou le surnom. Ainsi, on voit d’un côté CAESAR IMP. , et au revers, * M. METTIVS; NERI. Q. VRB., et au revers L. LENT. G. M.ARC.CO.S.;

G. GASSIVS IMP. et au rever%LENTVLVS SPINT. Mais sur la médaille citée par Uoi^besi, qui, d’après la description, était mal conservée, la légende du revers était incomplète ; <|ui peut donc assurer qu'un rilre ne s’y trouvait pas? Enfin, si l’on veut absolument regarder Norbanus comme un surnom , c’est à la famille Juiiia que ce surnom appartiendrait, témoin le consul de Tan 671 (83 av. J. G.), nommé Gaius Juuius Norbauus; et dans celte bypotliè.se, la loi Junia-Norbana, par une exception unique , porterait , au lieu des noms de famille de deux magistrats , le nom de famille et le surnom d’un meme individu.

Toutes ces interprétations me (raraissent si peu plausibles que, selon moi, il est incontestable que la famille Norbaua doit être rétablie et maintenue.

Quant aux médailles décrites ci-dessus , elles peuvent se rapporter à Gaius Norbanus, préteur en Sicile en 667 (87 av. J. G.), ou à un autre préteur en Sicile du même nom , en 682 (72). Eckliel les croit toutes frappées en 708 (46 av. J. G.) , sous la magistrature de Lucius Geslius et Gaius Norbanus, nommés préfets de la ville par Jules Gésar.

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