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sec et moyennement froid qui lui convient. Il n'y a pas d'animal moins difficile que lui pour la nourriture ; il trouve à vivre là où le mulet et même Tune moumiient de faim. Son poil est une laine, tantôt noirâtre, tantôt grise, tantôt rousse, assez épaisse; sa chair est très-bonne à manger. Le lait fourni chez la femelle par deux mamelles placées près des aines est excellent. Le Lama remplace pour l'Indien des Andes le Bœuf, le Mouton et le Cheval. Cependant il n'est guère possible de lui faire porter plus de SO à 60 kilogrammes, et cela en ne faisant pas plus de 20 à 25 kilomètres par jour d'une marche soutenue. Quelques Lamas vivent encore à l'état sauvage dans les Andes de Bolivie, vers les parties les plus dé&eiles et les plus inaccessibles, en compagnie de la Vigogne, de l'Alpaca et du Giianaque.
L'Alpaca {Camelus Aijpaca, Linné), nommé aussi Paco au Pérou et en Bolivie, est une espèce très-voisine du Lama ; mais il en diffère par sa taille un peu plus petite, et surtout par la magnifique laine fine qui le recouvre. Cette laine, dont les brins out jusqu'à 13 et 20 centimètres de long, est noire lustrée et donne jusqu'à 4 et 5 kilogrammes en poids dans une tonte, tandis que la Vigogne n'en donne pas même un. L'Alpaca sauvage vit sur la limite des neiges perpétuelles; il aime un terrain humide et froid. Dans certains endroits de la Bolivie, l'Alpaca est réduit à l'état domestique, et on en a formé des troupeaux. — Dans les Andes argentines, cet animal est rare ; on ne le trouve que dans les hautes Cordillères qui séparent la province de Jujuy de la Bolivie. Un Anglais, M. Ledgers, a -acclimaté les Alpacas dans la vallée de la Laguna Blanca, province de Catamarca, à une hauteur moyenne de 3,000 mètres, sous le 26* degré. Nous parlerons en détail de cette expérience en traitant de la domestication et de l'acclimatation de races nouvelles.
La Vigogne [Catnelus Vicuna^ Linné ; — dans le pays Vicuha)^ ressemble à l'Alpaca, mais elle est un peu plus haute sur jambes. La robe est rousse sur le dos, blanche sous le ventre; le poil, plus fin que celui de l'Alpaca et un peu feutré. La Vigogne vit à l'état sauvage sur les plus hauts plateaux de la Cordillère , accompagnée du Guanaque et de l'Alpaca ; elle recherche les endroits secs , où un gazon court et serré lui suffit. C'est un animal très-timide , extrêmement léger à la course, et qui, dit-on, était réduit en domesticité et le serait encore aujourd'hui sur quelques points retirés du Pérou ; mais il s'y reproduit moins bien qu'à l'état libre. Du temps des Incas, on faisait
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de grandes chasses à la Vigogne en la poussant dans des vallées où renfermait un cercle de traqueurs. On tuait les mâles pour en avoir la peair ainsi que la laine dont se tissaient les vêtements de la famille impériale ; on laissait échapper les femelles et les jeunes. Cette sage conduite n'a pas été suivie depuis, et, lorsque les habitants font de grandes chasses, ils tuent tout ce qu'ils peuvent, s'emparant des peaux et faisant sécher la viande, qui est excellente. Les Vigognes sont ainsi devenues très-farouches et n'occupent que les sommets les plus élevés, les gorges les plus sauvages; malgré cela, elles sont encore répanduesdans toutes les Andes. — Pour les chasses, on suit la méthode ancienne r on les pousse avec des chiens dans un cul-de-sac que Ton ferme h l(ï gorge avec des cordes d'où pendent des morceaux d'étoffe flottants. Les Vigognes acculées n'osent franchir cette faible barrière, et on en tue ainsi brutalement un grand nombre, sans distinction des mâles ou des femelles. Les administrations locales semblent cependant vouloir aujourd'hui empêcher d'inutiles et absurdes massacres, qui détruisent stupidement un animal qui pourrait être réduit avec un peu de patience à la domesticité, et donner ainsi une laine magnifique dont il est possible de faire les plus fins tissus. Beaucoup de Vigognes ont été apprivoisées, mais elles sont très-capricieuses et n'aiment pas la plaine, où la chaleur les fatigue ; c'est d'ailleurs un charmant animal, plein de vivacité et de douceur. Toutes celles que l'on a voulu conduire en Europe jusqu'à présent sont mortes en route, tandis que l'on a pu y amener assez facilement des Lamas.
Le GuANAOUE [Camelus Huanacus^ en espagnol Gnanaco) est ui^ peu plus grand que les trois animaux précédents, et ressemble beaucoup à un petit chameau, moins la bosse, par la conformation de \it tête et des jambes. Son pelage est couleur café au lait foncé, blancsous le ventre. C'est un animal qui habite la plaine comme la montagne, et vit tantôt solitaire, tantôt en troupeaux. On le trouve depuis le détroit de Magellan jusqu'aux sommets les plus élevés des Andes près de la limite des neiges perpétuelles ; il supporte les chaleurs suifocantes de la plaine de Cuyo comme les vents froids des Pampas du Sud , les neiges et les tourmentes de la Cordillère. Cen'est que dans la région tropicale et la Mésopotamie argentine qu'où ne le voit pas. Il hante encore les côtes de l'océan Atlantique dans Iîï Patagonie, le sud et l'ouest de Buénos-Ayres, les plaines du sud de Santa-Fé, de Cordova, de San-Luis ; il abonde dans le massif central et se voit par troupes dans les vallées des Andes. Le Guanaque
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est très-Kger à la course ; mais les Indiens Pampas le forcent avec de bons chevaux et l'arrêtent avec des chiens. On le lace et ou le boule. Sa chair est bonne à manger, lorsque la poursuite n'a pas duré trop longtemps. Dans les Andes, les chiens l'atteignent facilement à la descente; mais il est plus leste qu'eux à la montée. Nul animal ne s'apprivoise plus facilement ; il n'a cependant pas la gaieté du Lama et de la Vigogne, et est moins caressant. Son intelligence ne parait pas non plus aussi développée; il est toutefois moins capricieux et d'une extrême douceur. On en élève dans beaucoup d'estancias et de maisons; mais, une fois adultes, ils sont tellement fatigués par les chiens que, presque toujours, ils regagnent la campagne, à moins qu'on ne les tienne dans une enceinte fermée. Le Guanaque est d'une taille un peu supérieure à celle du Lama, avec des formes plus élanoées. Sa chair nourrit quelques tribus indiennes du Sud, et sa peau leur sert de vêtement. En somme, rien ne serait plus facile que la domestication de cet animal, qui supporte toutes les températures et auquel tous les pâturages sont bons. Nul doute que sa chair et sa fourrure ne s'améliorassent encore dans la domesticité, comme cela est arrivé pour le mouton, la chèvre, etc... En outre, il est extrêmement probable qu'on pourrait le croiser facilement avec la Vigogne et l'Alpaca. n produit des métis avec le Lama ; aussi plusieurs naturalistes considèrent-ils le Guanaque comme un Lama à l'état sauvage.
Cerfs. — Le nombre des différentes espèces de Cerfs -est assez grand. On les désigne vulgairement sous le nom de Venados^ Gauws. Les uns habitent les plaines, les autres les bois; quelques-uns affectionnent les terrains humides, les îles boisées du Parana, d'où les chassent quelquefois les inondations.
La plus grande espèce, appelée ici Guazu-Pucu [Cervus paludosus^ Desmarets), correspond au cerf de Virginie, qui se rencontre dans le sud des États-Unis, la Guyane, le Brésil, etc. Le Guazu-Pucti .'iffectionne les endroits marécageux et abonde dans le sud de l'Entre- Rios, près du delta paranien. C'est un grand cerf qui atteint une longueur de plus de deux mètres et porte un bois extrêmement rameux. Lors de l'inondation de 1858, on en tua un aux environs de Gualeguaychu, dont le bois pesait près de six kilogrammes, et l'on s'expliquait difficilement comment l'animal pouvait supporter un pareil poids. Le pelage est roux sur le dos et blanc sous le ventre ; il y a même des individus qui sont presque blancs. Ce cerf se montre ra-
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rement en plaine, et se tient dans les bois fourrés qui avoisînent le& cours d'eau et les lagunes.
Le GuazU'pita [Cervus rufus) est un peu plus petit que le précédent. Ses cornes sont droites et non rameuses. Il vit dans les champs et sur la lisière des forêts.
Le Guazti'bira {Cervus campestris) nommé aussi Corsuela,, est un joli animal d'une couleur fauve , un peu plus grand que le chevreuil et extrêmement léger à la course. C'est le Viado campeiro des Brésiliens. On le trouve dans presque toutes les plaines de l'Amérique du Sud à partir du Si*" degré. Il s'apprivoise facilement.
Sous le nom de Gama^ qui s'applique principalement à la femelle, le mâle étant signalé sous celui de Venado^ on désigne une autre espèce, qui diffère à peine de la précédente, mais dont la couleur est un peu plus claire. Cet animal habite également la plaine. La femelle met bas deux petits; les couples vivent en famille et se réunissent quelquefois par troupes de quinze ou vingt. Ces animaux sont très-^ communs dans les provinces d'Entre-Rios et de Corricntes. On ne mange que la chair de la femelle, qui ressemble beaucoup à celle du mouton. On les chasse à l'affût, en se traînant sur le ventre à travei's les herbes, ou avec des chiens; mais ceux-ci les arrêtent rarement, tant ils sont légers pour fuir : aussi ne réussit-on guère à les atteindre que par surprise. Rien de plus facile que de les apprivoiser quand ils sont jeunes ; ils deviennent aussi familiers qu'une chèvre, et beaucoup d'estancieros en élèvent par curiosité. Malheureusement, il arrive pour les Gamas ce qui arrive pour les Guanacos : les chiens les tourmentent toujours; quelquefois même ceux qui ne les connaissent pas les étranglent, et il est difficile de les conserver. D'un autre côté, à l'époque du rut, les mâles gagnent la plaine et ne reparaissent plus. — Aux Missions et dans la province de Rio-Orande se trouve une autre espèce, que les Brésiliens nomment Viado catingueiro^ à cause de la mauvaise odeur que le mâle et même la femelle exhalent. Leur chair n'est pas agréable à manger à cause de cela. Us se rencontrent dans les bois aussi bien que dans les plaines. Les Guaranis l'appellent Guazu-ti [Cernus nemartcagus ; Cervus Meœicanus^ Linné).