VALEUR
totale par
pays en
mlU.defr.
Europe (sans la Russie). . . .
Rtiffiie
Afrique, îles de la Sonde. .
Totaux. ........
C*ett donc une valeur de près de quarante-trois milliards et demi en métaux précieux que la civilisation chrétienne a tirés en trois siècles du sein de la terre. Quelque brillante qu*elle soit en apparence, cette somme est bien faible si on la répartit sur les trois cents ans qui Tiennent de s^écouler, puisque ce n*est que 145 millions par année, et que chacune de la dernière période décennale (1850-1860) a donné presque un milliard.
Dietkmnmre de V économie politique, Paris, 1853, chez Guillaumin. — Michel Chevalier, articles : Métaux précieux. Monnaie^ Or, tome H, pages 159, 200, 294.
donnait plus qu'un peu d'argent; l'Asie Mineure, la Perse, ne fournissaient plus rien ; et quant à ce qui venait, en fait d'argent et d'or, de l'Afrique et de l'extrême Orient, on ignorait à peu près les endroits de leurs provenances. On croit qu'à cette époque le rapport ^de l'or à l'argent était comme l est à 12, c'est-à-dire que ce second métal était proportionnellement plus rare que ne Test aujourd'hui le premier, puisque ce rapport est devenu de i à 15, grâce aux immenses quantités produites par les mines du Nouveau Monde, et particulièrement par celles de Guanaxato et de Potosi.
Au commencement de ce siècle, on estimait la quantité de numéraire répandu en Europe à 8 milliards de francs, dont 6 en argent et 2 en or. — En 1848, d'autres calculs portaient le total des métaux précieux qui existaient en Europe, en Amérique, et dcms les parties de l'Afrique , de l'Asie et de l'Océanie en rapport avec le monde occidental, à 31 milliards et demi , sur lesquels la France en possédait à elle seule 4,800 millions. — De la quantité produite annuellement par les mines de tous les pays du monde, et qu'on évaluait à 80 millions pour l'or et 200 millions pour l'argent, on pensait qu'il se perdait J/200 d'argent et 1/1000 d'or par le frai (usure des monnaies), les naufrages, l'enfouissement; que l'emploi dans les arts en consommait un quart de la production totale^ et que tout le reste passait au monnayage.
A partir de cette époque (1848), grâce à une production plus ^ande dans les placers de la Sibérie, et à la découverte de ceux de la Californie et de l'Australie, cette quantité a augmenté de plus de 12 milliards, de sorte que ce même capital doit dépasser aujourd'hui la somme de 44 milliards. L'essor extraordinaire donné à l'industrie minière annonce même que la production augmentera encore, puisque tous les jours on découvre de nouveaux gisements métalliques, et que le rendement des principaux pays aurifères à l'époque actuelle, tels que la Sibérie, la Californie et l'Australie, ne paraît pas encore diminuer beaucoup.
Ainsi, les mines d'or de l'Oural et de l'Altaï, depuis une vingtaine d'années; donnent en moyenne de 90 à 100 millions de francs; par conséquent 2 milliards au moins depuis 1830.
Les placers de la Californie et l'exploitation des quartz aurifères de la Sierra-Nevada ont donné :
INDUSTRIE MimËRE. — PRODUCTION DES IfÉTAUX PRÉCIEUX. 475
franc». francs.
Ed 18^8 27,000,000
1850 ... 2/iM00,000
En i85/i 357,000,000
La production de Tor a été un peu moins considérable dans ces trois dernières années, dont les chiffres officiels ne sont pas encore connus; mais on peut compter qu'elle n'a pas été inférieure à 300 millions, moyenne des neuf premières années. C'est donc en douze ans une valeur de 3 milliards 600 millions de francs qu'a rendus la Californie. Que sont les chiffres de l'Amérique espagnole au seizième siècle devant cette incroyable production?
La production de l'Australie, depuis 1831, n'a pas été moins prodigieuse.
Les documents officiels produits au congrès statistique de Bruxelles, en 1860, s'élèvent au chiffre suivant, pour les neuf années de 1851 à 1889 inclusivement \
francs.
Nouvelle-Galle du Sud 181,260,000
Province de Victoria 2,345,255,000
Augtralie du Sud 4,000,000
Tasmanie. 200,000
Nouvelle-Zélande depuis 1857 3,500,000
Total 2,534,196,000
Ces chiffres donnent une moyenne annuelle de 316 millions de francs. — Pendant cette période, la population de l'Australie s'est élevée de 400,000 âmes à 1,100,000, dont 500,000 pour la province de Victoria à elle seule, et des villes de premier ordre se sont créées. Il s'est passé à Melbourne ce qui est arrivé à San-Francisco : tout s'est improvisé avec une rapidité dont rien, dans l'histoire ancienne ou moderne, ne peut donner une idée.
Ces trois grands pays, de provenance aurifère, ne sont cependant pas les seuls qui aient fourni de l'or au monde commercial ; il en est venu de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie, de sorte que l'on peut dire que depuis ces douze années il a été mis en circulation pour 800
millions d'or par an, c'est-à-dire un peu plus de 13 mètres cubes, représentant un poids de 250,000 kilogrammes.
Quant à l'argent, sa production n'a point baissé, seulement sa proportion a changé avec celle de l'or, puisque celle-ci s'est accrue des 9/10 pendant la dernière période décennale. Vers 1840, alors que la production de l'or n'était évaluée qu'à 25,000 kilogrammes, valant près de 80 millions de francs, celle de l'argent, s'élevant à environ un million de kilogrammes , représentait 200 millions de francs. Elle s'est soutenue depuis à ce niveau, et a même augmenté un peu par suite de la découverte d'abondants gîtes mercuriels en Californie. Ces dépôts ont fait baisser de 75 poiur 100 la valeur de ce métal, si utile pour le traitement des minerais argentifères. On a pu ainsi donner plus d'extension aux travaux des mines d'argent du Mexique, du Chili et des autres pays producteurs.
La grande masse d'or mise sur les marchés, l'absorption de la monnaie d'argent par le commerce de l'Inde et de la Ôiine, où ce métal est spécialement demandé, ont fait craindre un instant que la différence de proportion entre les deux métaux ne produisit une baisse considérable dans la valeur réelle de l'or. L'immense développement du commerce et des relations internationales entre toutes les régions du globe ont fait voir que ces craintes étaient chimériques , et le prix des métaux précieux n'a en réalité point varié. Les espèces monnayées se sont plus répandues, plus disséminées, et tout le monde en a naturellement profité ; on a consommé plus d'argent et d'or en bijoux, en vaisselle, en ornements de toute sorte, et conséquemment l'équilibre entre la production et la consommation a pu se maintenir.
Dans l'état actuel des choses, voici quels sont les principaux points de production pour les deux métaux qui servent à nos échanges.
OR. — En Europe : -^ La Hongrie, la Transylvanie, la Saxe,
En Asie : — La Sibérie, quelques parties de la Chine et de l'Indo- Chine, le Japon.
En Afrique : — Le Sénégal , la Nigritie , la côte de Guinée , les côtes de Mozambique et de Zanguebar, l'Abyssinie, le Kordofan.
En Amérique : — L'Orégon, la Californie, le Mexique, le Centre- Amérique, la Nouvelle-Grenade, l'Equateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili, la Confédération argentine, le Brésil.