‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 2)Chapitre 181 sur 285 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Commerce.

Eu égard au faible chiffre de la population, le commerce de la Plata est considérable. — En effet, en admettant 4,700,000 âmes pour la population réunie de la Bande-Orientale , de la Confédération argentine et du Paraguay, ce qui est beaucoup, et 400,000 piastres (2 millions de francs) de droits mensuels payés aux douanes , huitième de la valeur totale des importations, somme qui se rapproche assez de la vérité, — nous trouvons une importation totale de 192 millions de francs, que balance le chiffre de la valeur des exportations. Chaque habitant du Rio de la Plata consommerait donc annuellement pour près de 127 francs d'objets importés de l'étranger, et les échangerait contre une valeur égale en produits de son industrie. Le chiffre du commerce extérieur roulerait alors sur une somme de 384 millions. Quant au commerce intérieur, il reste en dehors de ces calculs, qui ne sont toutefois qu'approximatifs.

Mais, pour arriver à ce chiffre d'affaires de près de 400 millions de

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francs, au bout de trois siècles, le commerce de ces pays a passé par des péripéties trop singulières pour que nous n'en fassions pas une histoire rapide , d'autant plus que les faits que nous allons relater sont féconds en enseignements au point de vue économique.

Nous examinerons donc l'état du commerce sous la domination espagnole, et sa situation depuis l'émancipation de la métropole. Ces deux périodes embrassent de 1540 à 1860, c'est-àrdire 320 années.

§ I. — Première période. — Commerce sous la domination

espagnole.

Pendant tout le seizième siècle, le commerce de la Plata avec l'Espagne se réduisait à fort peu de chose. On ne se préoccupait guère alors que du produit des mines, et les grands bénéfices que don* naient celles du Pérou et du Chili absorbaient toute l'attention. Le bétail, si répandu depuis dans la région pampéenne, ne faisait que commencer à se reproduire et la colonisation espagnole avait fini par se concentrer au t^araguay. Le rétablissement de la ville dé Buenos- Ayres per Garay, en 1382, dans le lieu qu'elle occupe aujourd'hui, appela les regards des colons vers le littoral, et le besoin qu'ils avaient des articles d'Europe, une population croissante, firent graduellement de cette ville le centre des relations avec- la métropole.

Cependant, triste résultat des prohibitions et des restrictions étranges que l'Espagne faisait peser sur les rapports de ses colonies , soit entre elles, soit avec la mère-patrie, le commerce ne s'y établit qu'avec la plus grande peine. En vain les trois gouvernements du Paraguay, de Buenos-Ayres et du Tucuman, fondés par les hardis conquérants du seizième siècle, renfermaient-ils tout ce qui leur était nécessaire pour se suffire à eux-mêmes par l'industrie agricole et pastorale et par réchange des produits qu'ils en obtenaient ; grâce aux mesures fiscales, il leur fallait rester dans une semi-barbarie. Ils ne pouvaient rien exporter, et le peu d'objets qu'ils recevaient d'Espagne étaient grevés de frais exorbitants, tant par suite du fret et des commissions, que des énormes droits de douane qui les frappaient. Le gouvernement espagnol semblait vouloir diriger uniquement l'esprit de ses colons vers les exploitations minières, d'autant plus avantageuses pour lui qu'elles étaient soumises à un contrôle sévère pour que le quint du roi, c'est-à-dire la cinquième partie du produit brut en métaux précieux, fût religieusement remis à la couronne.

Et pourtant, en réalité, l'administration péninsulaire n'avait près-

qu6 coDtribué eu rien à la conquête de rAmérique , celle^^i s'étant faite entièrement par des aventuriers qui s'étaient payés de leurs pro* près mains aux dépens des populations indiennes conquises, et n'avaient d'abord accepté le pouvoir royal que comme une simple suzeraineté. Charles-Quint, tout occupé de ses guerres d'Europe, n'accorda pas grande attention à ce qui se passait en Amérique, et laissa conquérants et colons s'organiser à leur guise; mais cette liberté première fut bientôt remplacée, sous son fils Philippe II, par une sujétion entière aux lois et règlements venus de la métropole. Ces mesures y constituèrent l'autorité royale aussi solidement que l'esprit entier et absolu de ce prince l'avait assis sur ses domaines européens.

La maxime fondamentale adoptée par lui, et suivie par ses sucoeS' saurs, était que tout en Amérique appartenait à la couronne, et que toute possession n'était qu'une concession émanée d'elle et susceptible de lui retourner. En conséquence le système administratif fut basé tout entier sur ce système, et, sauf quelques libertés municipales laissées aux populations et exercées par le cabildo (corps municipal) nommé par elles, tout fut organisé, réglementé par l'autorité directe du roi.

Le commerce naturellement n'échappa point à cette loi. Une des premières mesures fut d'attirer exclusivement à la métropole les productions des colonies par une prohibition absolue de commerce avec les nations étrangères (1). A cette époque l'Espagne était une puissance manufacturière et commerçante ; elle était donc parfaitement en mesure de fournir ses colons d'outre-mer de tout ce dont ils avaient besoin, d'autant plus que ceux-ci, exclusivement livrés, dans le principe, h la recherche des métaux précieux, avaient amplement de quoi payer ce que leur expédiait la métropole. Aussi, pendant tout le seizième siècle, l'Espagne envoya tout en Amérique : étoffes, meubles, objets de luxe, articles de consommation, tels que vins, huile, etc. Pour maintenir ce dernier monopole, on fut même jusqu'à défendre au Mexique la culture de la vigne et de l'olivier.

Mais ce n'était pas seulement avec l'étranger que les colonies espagnoles ne devaient pas avoir de relations ; il leur était même interdit de commercer entre elles par mer. Le Rio de la Plata, au

(1) RoberUon ; Histoire de rJmérique, livre VIII. — Aiar* ; yoyages dans l'Amérique méridionale, tome U, chap. xv. — Woodbine-Parish : Buenos- Jfres y las provincias del Ko de la Plata, tome I, chapitre V. — Alberdi : Organizacion de la Confederacion Argemma, tome II, l*"* partie, etc., etc., etc.

lieu de profiter de la voie marine qui mettait Buénos-Ayres à deux mois de Cadix, devait recevoir ses objets manufacturés par le Pérou, c'est-à-dire par une route de terre de près de mille lieues!...

Voici comment, sous le règne de Philippe II, s'organisa ce système. — Le port de Séville fut désigné comme l'unique centre des relations de l'Espagne avec le Nouveau Monde. La couronne se réserva la direction de ce commerce, qu'elle soumit à l'inspection d'une chambre créée tid hoc sous le nom de Casa de contratacion. Les officiers de cette chambre étaient chargés de surveiller et enregistrer au départ les cargaisons des navires qui obtenaient licence pour ce trafic , et de faire la même opération à leur retour. Pour donner de la sécurité aux bâtiments, on les classa en deux escadres, l'une sous le nom de flotte^ l'autre sous celui de galions.

Ces escadres faisaient voile chaque année de Séville, et, à partir de 1720, de Cadix. — Les galions destinés à fournir les royaumes de Terre-Ferme, du Pérou et du Chili touchaient d'abord à Carthagène, puis à Porto-Bello. Le premier port était le rendez-vous des négociants du nouveau royaume de Grenade, de Quito et de la capitainerie de Caracas (qu'on désigna plus tard sous le nom de Colombie) ; au second se rendaient ceux du Pérou et du Chili. Ces deux foires centralisaient donc tout le commerce du Sud, qui envoyait par mer ses métaux précieux à Panama, d'où ils étaient transportés à dos de mulet, à travers l'isthme, à Porto-Bello, et l'on rapportait par la même voie les marchandises européennes. La foire durait quarante jours dans ces deux villes. Quant à la flotte, elle allait à la Vera-Cruz, où se faisait de la même manière le commerce du Mexique.

L'opération était rapide; la plus entière probité présidait aux échanges. On n'ouvrait pas même les caisses, et les personnes qui s'occupaient de ces spéculations jouissaient d'une réputation que le soupçon n'effieurait même pas. Aussi les négociants de cette classe, soit en Espagne, soit aux Indes occidentales, formaient -ils une espèce d'aristocratie, et les nobles ne dérogeaient pas en se mettant dans leurs rangs. C'est ainsi que le commerce fut considéré conune noble dans toute l'Amérique du Sud, tandis que toute profession mécanique passait pour servile, et que ces deux préjugés se sont soutenus presque jusqu'à l'époque actuelle. — Il résultait d'un pareil état de choses que quelques maisons opulentes arrivaient le plus facilement du monde à monopoliser tout le commerce, à être maîtresses sur le marché, à imposer leurs prix aux populations, et, en

résumé, à mécontenter tout le monde. Au moment de la plus grande prospérité de ce trafic, les deux escadres ne chargeaient, dit-on, pas plus de 27,000 tonneaux, et vers 1740, lorsqu'il cessa, par suite de la contrebande et de la concurrence amenée par un certain relâche dans ces mesures, cette quantité s'était abaissée à 2,000.

Les transactions entre rAmérique espagnole et la métropole se firent ainsi pendant près de deux siècles. Toute contrebande était poursuivie avec la plus extrême rigueur, et quelquefois même punie de mort. Par ce moyen la couronne de Castille écartait de ses domaines transatlantiques les regards curieux du reste de TEurope ; elle faisait durer le prestige que des récits fabuleux ou exagérés donnaient aux produits de son empire américain ; elle exploitait à elle seule les ressources de ces immenses contrées.

Cependant, sous le règne de Philippe III, FEspagne, épuisée par les efforts opiniâtres de son prédécesseur pour maintenir sa suprématie en Europe, et par l'expulsion maladroite du reste des Maures, les plus industrieux et les plus actifs ouvriers de la Péninsule, cessîi d'être manufacturière ; il fallut acheter à l'étranger, c'est-à-dire en France, en Hollande, en Angleterre, ce qu'on importait en Amérique, et les métaux précieux du nouveau continent, au lieu de rester dans la métropole, passèrent à l'étranger. A la fin du dix-septième siècle, le maître des trésors des Indes était ruiné. Il fallait la guerre de la Succession et l'avènement de la maison de Bourbon pour faire secouer à l'Espagne la torpeur dans laquelle elle était tombée pendant les derniers temps de la dynastie autrichienne, et faire adopter un système moins, hostile aux intérêts de ses colonies transatlantiques.

Or, de toutes ces colonies, celles de la Plata étaient certainement les moins favorisées, puisque dans le principe ou les avait .obligées à tout recevoir pjir le Pérou. Au commencement du dix-septième siècle, les habitants de Buénos-Ayrcs, qui commençait à acquérir une certaine importance, se plaignirent amèrement et avec juste raison de cet état de choses. Le gouvernement espagnol semblait assez disposé à permettre un commerce plus direct ; mais l'influence des puissants négociants de Séville, intéressés à défendre leur monopole^ fit maintenir ces mesures extravagantes. Les effets européens dont on avait besoin dans la Plata devaient être importés à Porto-Bello, de là à Panama^ puis au Pérou, pour venir par terre, à dos de mulet, dans l'intérieur, en subissant ainsi des fmis qui en quadruplaient la valeur. C*était un voyage de près d'un an.

Enfin, vers 1600, on permit à Buénos-Ayres d'exporter annuellement 2,000 fanègues de blé et 800 quintaux de viande salée pour le Brésil et la côte de Guinée; en 1618 on concéda une autre permission d'envoyer directement à Cadix deux navires de 100 tonneaux chacun. Mais, pour que le peu que ces navires pouvaient rapporter d'Espagne ne nuisit en rien à la vente de ce que la flotte apportait au Pérou, une douane spéciale fut établie à Cordova, laquelle frappait d'un droit de 80 pour 100 tout objet manufacturé qui, importé par mer à Buénos-Ayres, serait introduit au nord de cette ligne. H était en même temps défendu sous les peines les plus sévères de rien exporter de l'or ou de l'argent recueilli dans le haut Pérou, par cette voie.

On comprend que sous un pareil régime la population de la Plata ne put grandir, ni en nombre, ni en industrie, ni en civilisation. Elle se livra presque exclusivement à l'élève du bétail, et, dans les campagnes, adopta cette vie à moitié sauvage qui est nécessairement le résultat d'une occupation pareille dans la Pampa.

A partir du dix-huitième siècle, il y eut quelques modifications dans cet ordre de choses. Après le traité d'Utrecht, en 1718, les Anglais, sous le nom à'asiento^ signèrent avec la couronne un arrangement par lequel ils s'engageaient à fournir de noirs les colonies espagnoles. L'un des points où une de leurs factoreries pouvait être établie fut Buénos-Ayres, où ils avaient le droit d'introduire annuellement 1 ,200 noirs sur quatre navires, et d'en rapporter la valeur en produits du pays. Quant aux articles manufacturés d'origine européenne, il leur était absolument défendu d'introduire autre chose que ce qui leur était nécessaire personnellement; le surplus devait être saisi et brûlé. Cette mesure, dans un pays qui avait un si urgent besoin de • marchandises étrangères, devint bien vite illusoire. La contrebande se fit sur une grande échelle, et il ne vint plus rien du Pérou. En môme temps les Portugais fondaient la colonie del Sacramento, sur la rive gauche de la Plata, en face même de Buénos-Ayres, et en faisaient un foyer de contrebande ; les Français y venaient également. L'établissement de navires garde-côtes n'empêcha rien. La suppression de Yasimto^ en 1728, époque d'une rupture de l'Angleterre avec l'Espagne, ne fit que diminuer la contrebande sans l'abolir, favorisée qu'eue était parles gens du pays, et, à ce qu'il paraît même, par la connivence des agents de l'autorité. Le commerce du Pérou avec la Plata fut donc , chaque année , perdant de son importance.

Pendant cette guerre, la prise de Porto-Bello, par les Anglais, ayant amené la suppression des foires annuelles , TEspagoe permit le commerce direct avec la côte de la mer Pacifique par le cap Hom, mais ne leva pas ses prohibitions pour la Plata, tant était grande encore l'influence des négociants andalous qui monopolisaient toutes les affaires américaines.

Bien plus, fatigué de cette contrebande favorisée et entretenue par les Portugais de la Colonia, le gouvernement espagnol fonda malgré eux, en 1726^ la ville de Montevideo, dans la meilleure position géographique de toute la Plata, position qu'on s'étonne à bon droit de voir si longtemps négligée. Vingt-quatre années plus tard, et toujours dans le but de supprimer cette même contrebande, par le traité de 1750 il échangea, contre cette place, les sept Missions de la rive gauche de l'Uruguay, mesure odieuse et maladroite, et qui amena la guerre dite des Jésuites, dont nous parlerons en détail dans notre Mémoire sur les Missions. Une rupture avec le Portugal, en 1761, annula ce honteux traité, et les Missions retournèrent à la couronne d'Espagne. Ceballos, alors gouverneur de Buénos-Ayres, s'empara de cette forteresse , qui depuis a toujours appartenu aux Espagnols , et la contrebande fut en partie extirpée de la Plata, au grand regret de ses habitants. (Pour toute cette série d'événements, voyez notre Chronologie rnisonnée^ tome III.)

A cette époque, ces régions avaient pris une certaine importance aux yeux de la métropole. Le roi d'Espagne Charles III, qui replaça l'Espagne au rang d'où un siècle et demi de faiblesse et d'incapacité l'avait fait descendre, ne pouvait laisser son empire américain sous un régime qui avait été si peu profitable à sa prospérité r sous le ministère Galvez, le commerce fut à peu près rendu libre, d'abord entre la métropole et les colonies, puis entre les colonies elles- mémeSi — A partir de 1764, des paquebots partirent mensuellement de laCorogne et se rendirent à la Havane et à Porto-Rico, et de là d'autres bâtiments légers se répandaient sur les côtes du golfe du Mexique. D'autres navires, dits de registro^ allaient suivant les besoins dans les ports du Pacifique. I^e galion d'Acapulco communiquait avec la colonie de Manille, où il portciit les piastres mexicaines pour les échanger contre les marchandises de la Chine. Tous les deux mois d'abord, tous les mois ensuite, un grand navire partait pour la Plata; puis le nombre n'en fut plus fixé.

Cependant le monopole de tout ce commerce était soigneusement réservé à la métropole, et les étrangers étaient exclus. Toute mar-

chandise devait être, sinon de fabrication espagnole, du moins sortie des ports du royaume et portée sur ses navires. Toute marchandise étrangère, similaire d'un produit espagnol, était prohibée, et les autres payaient un droit considérable d'entrée et 7 pour 100 à l'importation pour les colonies, tandis que les nationales ne payaient que 3. — Neuf ports dans le royaume et vingt-quatre dans les colonies furent déclarés ouverts [habilitados) à ce commerce.

Sous ce nouveau régime l'agriculture, l'industrie, le commerce, grandirent d'une manière extraordinaire. — Quant aux régions de la Plata, la création de la vice-royauté de ce nom et l'établissement de la résidence du vice-roi à Buénos-Ayres, en même temps qu'un traité délimites définitif mettait heureusement fin aux différends entre les deux couronnes d'Espagne et de Portugal, furent une mesure éminemment favorable au pays, et annoncèrent que bientôt les dernières restrictions à une entière liberté de commerce avec la métropole et ses colonies ne tarderaient pas à tomber. Ce que l'on pouvait seulement reprocher encore au gouvernement de la Péninsule, c'était de continuer à éloigner soigneusement les Sud-Américains des emplois publics, et de concentrer ceux-ci exclusivement dans les mains des Espagnols venus d'Europe pour s'enrichir outre-mer et toujours désireux de retourner à leur pays.

En peu de temps Buénos-Ayres devint une des villes les plus importantes de l'Amérique espagnole. Dans les vingt années qui s'écoulèrent de 1778 à 1797, la population de la province monta de 38,000 âmes à 72,000. — Au lieu de deux navires, c'étaient de soixante-dix à quatre-vingts qui partaient chaque année de ses ports pour l'Europe, et le nombre des cuirs exportés devint en moyenne de près d'un million.

Voici du reste le tableau que donne Azara du commerce de la vice-royauté, de 1792 à 1796 inclusivement. — Moyenne de ces cinq années :

Bâtiments sortis des ports d^Espagne pour la Plata 53

Bâtiments partis de la Plata pour TEspagne kl

Valeur des importations pour la Plata 2^5/i5,364 piastres fortes.

Valeur des exportations de la Plata. /i^667^i66

Valeur de l'importation de la Havane Z%^Zl\k

Valeur de Texportation pour la Havane 75,563

Valeur de l'importation de Lima 25,0/i5

Valeur de Texportation pour Lima 22,456

Nombre des nègres introduits 1338

Valeur totale des importations et exportations. 7,879^668 piastres 7 réaax, c^est'^Vdire ZiO millions de francs.

Quant au commerce intérieur, il consistait d'abord dans l'envoi au Chili et dans les provinces du nord, d'une partie des marchandises importées d'Espagne à Buenos-Ayres, puis de produits de ces mêmes provinces, tels que :

L'herbe du Paraguay : 13,000 arrobes envoyées au Pérou, au Chili et dans les provinces du nord de la Plata.

Cuirs, ponchos et couvertures du Tucuman : 10,000 répandus et vendus dans tout le pays.

Mules : 60,000, envoyées principalement au Pérou.

Vin de Mendoza : 7,313 barils.

Eau-de-vie de San-Jiian : 3,942 barils. — Ces deux derniers articles importés et consommés surtout à Buénos-Ayres et à Montevideo.

Enfin le gouvernement du Paraguay avait avec celui de Buénos- Ayres un commerce particulier consistant en 196,000 arrobes de Yerba (thé du Paraguay); en tabac, bois de construction, etc., valant en moyenne 327,646 piastres fortes par an. Buénos-Ayres, en retour, ne lui vendait que pour 133,903 piastres ; la balance était donc tout à fait en faveur du Paraguay.

Les exportations de Buénos-Ayres pour l'Espagne consistaient alors comme aujourd'hui, en produits du règne animal, et surtout de l'élève du bétail et de la chasse aux bœufs sauvages qui couvraient les plaines de la Pampasie. C'était donc :

Cuirs secs de taureau, bœuf et vache, en poils 758,117

Cuirs tannés 1,626

Cuirs de cheval 15,760

Peaux fines 26,197

Basanes et maroquins (douzaines) . 231

Suif (arrobes). . . 25,352

Viande sèche et salée (quintaux). . 1 ,Z|32

Viande sèche {charqu ) (id.) l\6

Cornes (milliers)... 323

Crin de cheval (arrobes). . . 142

Laine de vigogne (livres) .... 18,/i02

Laine d'alpaca (id.) 2JliU

Laine de brebis (arrobes). . . 2,745

Plumeaux de plumes d'autruche (la pièce ). . 10,209

Farine '. (quintaux).. 701

Quinquina ( arrobes) . . 54

HuUe de baleine (id.) 340

Cuivre (quintaux).. 2,114

Étaio (id.) 10

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