CHAPITRE IV
OripanUatloq postale.
On sait que, sous la domination espagnole, il existait une organisation postale régulière sur les routes du Chili et du Pérou , et que cette organisation fut maintenue par les gouvernements qui ont succédé à celui de l'Espagne. — L'administration fédérale, qui dès le principe s'est occupée avec tant de zèle de faciliter les communications, ne pouvait manquer d'apporter des améliorations à ce service. Non-seulement elle a maintenu les anciens courriers, mais elle en a créé de nouveaux, et a relié ensemble toutes les parties du territoire argentin par un excellent système postal qui fonctionne avec beaucoup de régularité.
On a pris pour base l'ancienne ordonnance espagnole de 1760 qui régissait la matière, et le décret du 8 juin 1854 en a expliqué et étendu les dispositions aux circonstances actuelles.
Par ce décret, une entreprise générale, sous le nom de Messageries nationales, est établie pour le transport de la correspondance et des voyageurs entre les principales villes de la Confédération. Le gouvernement fait aux entrepreneurs, RLVL Rusiûol et Fillol , des avances suffisantes pour construire le nombre de voitures nécessaires et les premiers frais d'établissement. Il leur accorde de plus un subside mensuel pendant quatre années, et les nomme directeurs des postes et courriers de la Confédération. — Ainsi furent fondées les messageries argentines.
Maîtres de poste. — En même temps on organisa toutes les postes des routes principales et l'on rétablit celles de l'ouest. Les maîtres de poste, désormais payés comptant suivant un tarif équitable,
durent tenir une chambre à la disposition des voyageurs, un nomhvB suffisant de chevaux en bon état dans leur corral^ aussi bien pour les messageries que pour les voyageurs isolés.
Les prix, quoique suffisamment rémunérateurs pour le maître de poste, sont peu élevés, 30 centimes par lieue poiu* cheval de selle ou de bât, 60 centimes pour cheval de trait, plus 30 centimes par postillon. Le chiiFre des lieues de poste est toujours fixé par le règlement et connu d'avance, il ne peut y avoir de discussion pour le payement. Mais, comme les lieues n'ont été calculées qu'approximativement, il arrive qu'en certains endroits les distances sont exagérées, et dans d'autres diminuées, ce qui fait qu'ici des maîtres de poste sont favorisés et plus loin lésés dans leurs intérêts. Nombre de fois, nous avons noté ces anomalies sur toutes les routes de la Confédération. Ainsi, près de Mendoza, des distances évaluées à 5 lieues de 6,000 vares (5160°), mesurées avec un cabriolet compteur en compagnie de M. de Laberge, ne nous ont pas donné même 4,000 mètres , tandis que sur la route de Gordova et de Salta nous avons rencontré des lieues beaucoup plus longues. — A ce point de vue tout est donc à refaire ou plutôt à faire, car, jusqu'en 1856, rien n'avait été mesuré réellement. La rectification des routes , dont le gouvernement s'occupe aujourd'hui avez zèle , permettra de signaler les distances réelles et de sauvegarder les intérêts des voyageurs et de l'État, tout en étant juste avec les maîtres de poste.
Les postes sont situées toutes les quatre ou cinq lieues. Dans les travesias, qui sont quelquefois considérables (celle de Jocoli à Guanacache, dans la province de Mendoza, a 22 lieues), on emmène une troupe [tropilla) de chevaux et de mules pour les monter ou les atteler successivement. Ge service forcé ruine trèsvite ces animaux, et il serait urgent de créer des postes intermédiaires en creusant des puits et en pratiquant l'irrigation artificielle à l'aide de norias, pour y avoir du fourrage.
Courriers. — Aujourd'hui les courriers fédéraux sont établis sur les lignes suivantes, à partir de Rosario, qui est le point central:
Gourrier de Guyo et du Ghili, passant par San-Luîs et Mendoza , tous les dix jours. — Pendant l'hiver, le service par la cordillère ne se fait qu'une fois par mois. Le courrier la traverse à pied, de la Punta de las Yacas à la Guardia-Yieja.