‹ Description géographique et statistique de la confédération Argentine (volume 3)Chapitre 106 sur 193 · TEMPÉRATURE. 3Ô · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURE. 3Ô

iiM >\«»mie du mois qui ont alors plus d'amplitude qu'à Tautomnc ou à 1 ^èiv. A cette époque de Tannée, les deux premiers mois de la saison septembre et octobre, sont ceux où remuent les vents les plus IVurt^et les plus continus, par conséquent, ceux pendant lesquels le c*lî mat est le moins agréable, quoique en somme les trois quarts des jom 1 Tuées soient belles. Le thermomètre y monte de temps h autre jusqu'à 32° et même 34°; la moyenne C(»pendant, prace h la fraîcheur rt^îs nuits, est peu élevét», puisqu'elle n'est que de 17". Il Va assez ^^>^mTent des gelées au commencement de septembre, et quelquefois '^^«^me, mais très-rareni(»nt, en octobre, (le sont alors les mêmes phé- '*<»iiiènes qui se produisent pendant ce que l'on appelle la lune rousse ^*i l]uTOpe : phénomènes qui sont toujours l'effet du rayonnement. -L*te^ thermomètre ne descend jamais au-dessous di? zéro.

lAU'î , comme nous l'avons vu, a une température moyenne» de

^ ^ degrés qui se réduit pourt^uit h 23" sur le littoral de la Plata, grâce

•^^ix brises du large qui sont constant(»s. La chaleur reprend toute son

^■^t.ciusité, dè5 qu'on s'éloigne des cotes; <'ependant la fraîcheur des

**^ i-îts est toujours remarquable. Ce n'est qu'en remontant vers le nord

^^tc la différence entre la période maximum et la période n)inimum

^îicïiimie, h tel point qu'à ('orrientes elle t^st déjà peu de chose.

-^^iiisi, par exemple, si le thermomètre a marqué 3o" ou 36" dans la

J'-^^tniée, il en marque encore 30" et 32" au coucher du soleil, et 2i"

S6° le lendemain matin. Au Paraguay, la différencia est encore

cendre, suiiout à la lin de l'été; c'(*st ce qui rend la température de

^ -^Vssomption fatigante». Heureusement quelques orages viennent de

^♦^TYips H autre l'afralchir l'atmosphère et amènent, pour h's deux ou

is joui-s qui suivent, un abaissement de 6 à 8 degiés dans la

*^'^Ciyemie diurne, et conséquenunent une fraîcheur très-sensible.

-^I^rèsdes orages suivis de forts pamperos, l'abaissement dt» tempéra-

^^li'eestsi considérable, que l'on éprouve» un froid vif, la variation

^^limt alors jusqu'à 12 ou 13 degrés.

L'automne présente une température trèsn-galc et une assez g-randc "^Vimidîté, surtout vers la fin. (Vest la saison des calmes. Les froids Commencent en mai; dans ce mois se voient les plus fortes pluies ^t les tempêtes les phis violentes. Cependant la grande humilité y diminue l'amplitude des mouvements du thermomètre, qui ne ^onlepas au-dessus de 20" à 22°. Les gelées commencent à cette époque; elles ont lieu lor.-que, après de grand(»s pluies, un pampero *î*«int nettoyé parfaitement l'atmosphère, le Cîdme vient, et que la ^ciTc rayonne alors sans difticulté v<»rs les espaces céb^stes la chaleur

éiA CUMATOLOGIE.

qu'elle a reçue pendant la saison chaiide. — L'hiver présente beaucoup d'égalité dans ses moyennes de température, mais un des phénomènes les plus remarquables est la forte chaleur que déterminent accidentellement Its vents du nord. Ainsi l'on voit dans quelques journées le thermomètre monter à 22 , 25 et môme 28 degrés. Cette chaleur insolite produit alors le même effet que le dégel en Europe, dans Tintérieur des maisons. Leurs parois, ti'ès-rcfroidies^ par la saison , condensent la vapeur d'eau dont l'air chaud exté-

rieur est i^aturé. Celle-ci, ruisselant alors de tous côtés, produi une humidité exces^iv(» fort gênante, mais qui, heureusement, du peu ; en effet, on peut être sûr qu'un pampero ne tardera pas à ven sécher et assainir l'atmosphère. — Le mois le plus généralemeu froid est le mois de juillet; mais quelquefois juin, et même août, sou plus froids que lui ; les minima et maxinia moyens de ces mois oscillent entre 9 et 14 degrés. Les gelées n'ont pas lieu plutôt dans ut de ces mois que dans l'autre; mais on en peut toujours compter cin ou six dans cettt», période. Ce n'est qu'au sud de Buénos-Ayix^s qui le thermomètre baisse au-dessous de — 4°. Dans la MésopoUimie ar gentine, il descend tout au plus à — 3", et seulement pour quelque? instants. Ces petites gelées s'étendent beaucoup vers le nord, puii que même à l'Assomption, au Paraguay , il se forme quelquefois la glace épaisse de deux à trois millimètres. Mais tous ces abaiss ments extraordinaires de température sont fort courts, et à peine soleil est-il levé que le thermomètre remonte rapidement vers 8 o»- 10 degrés. Nous n'avons jamais vu la moyenne d'un jour au-de^soi de -1-4*. Cette extrême douceur de l'hiver sous ce climat est due ce tiiinement, d'une part, à la constance du vent de sud-est, qui vieir de l'Atlantique, et, de l'autre, aux fréquentes brises du nord q amènent des colonnes d'air chaud de la zone tropicale.

En réalité, pour apprécier le climat du littonU de la ConfédératioïC - *» il faut plutôt le diviser, comme nous l'avons fait , en saison cliauc^^^ * et saison fraîche ; car c'est dans le voisinage de ces deux saisons, ve octobre et mai, qu'ont lieu les pluies, les perturbations atmosphériqutr qui signalent le passage du froid à la chaleur et de la chaleur au froi

Cette période embrasse un espace d(» six semaines au plu puis s'établit la température ordinaire de la saison. Les plus fo chaleurs ont toujours lieu du 13 décembre au 1" mars. Dans nord, elles se prolongent jusqu'en avril; mais, dès le 15 mai, la riode fraîche se dessine rapidement et il y a un grand abaissemes^ dans la température générale.

§ II. — Pesanteur f/tmosphérique.

l'altitude presque nulle du littoral rend la pressiou atmosphérique extrêmement foile. Nous voyons qu'elle est de 702'"", 7 à Montevideo (1).

0>n sait la difficulté de transporter un instrument de cette nature ^iii "voyage. Cependant nous avons pu observer, pendant une période n.i5;s.^7, longiK», a Parana, à (lualef^uaychu, à la (A>nception del Uru- S'vifiy, à la Concordia, au Rosario, à Buénos-Ayres, et sur tous ces l>c>iiits nous avons été étonné delà forte pn^ssion barométrique.

Ces observations nous ont démontré que les phénomènes de pres- ^i*>n y étaient parfaitement analogues à ceux de Montevideo, que *- îii5>trument y subissait les mêmes oscillations sous Tinfluence des **^^«iines vents et de tcMupératures pareilles. Seulement, il nous a paru ^•le la période barométrique diurne y avait une amplitude moins le.

Ainsi, d'après 12,000 ol)servatioDS faites par

nous à Moolevideo, dans un espace de dix

années (3,650 jours), celte période est de 0"",90

A. Baénos-Ayres 180 observ. : 0 ,80

A Parana 5/i0 id. 0 ,90

A Gaaleguaychu 1,350 id. 0 ,50

A la Conception 270 id. 0 ,50

-eV la Concordia 60 id. 0 ,90

A SanU-Fé 30 id. 0 ,70

-\ nosario. 90 id. 0 ,80

f est donc en moyennes pour ces sept points um» période de 0""",70. "^'îlis nous le répétons, W nombre de nos observations est trop res- ^^înt pour que nous puissions établir le chiffn' de c(»tte période ^^^*mme définitif. Ce qu'il y a de certain, c'est (jne la période esttrès- *^€i.rqiiée, et que nous Tavons notée partout, quelque peu eonsidé- ^'^tiie qu'elle soit, puisqu'elle embrasse ici moin^ d'un millimètre, *^lors qu'elle va jusqu'à un et demi dans la zone tropicale.

C 1) Ce chiffre, en le réduisant à 0° a\er la fenipératiire inoyeiiiie de Ifi^jS, qui est celle de

^^^^e ville, donne 760,(>:), selou les tables de Delcros, publiées dans V Annuaire mètéorolof^i'

■^**« de France y Y^wr 18^0. — Les barouièires dont nous nous soiiuiies servi sont des barome-

*'*^** d«: Bunten, n" iiTO et Ô77,s\slèmr (î;iy-Luss«t<'. Nous a\ons pu le* comparer plusieurs

**'"k aicc d*autres : à Buéuoi-Ayres, avec ceux de l'Université; à Copiapo, a>ec celui de M. W$-

et nous BOUS sommes assuré que leur marche était régulière.

un CLIMATOLOGIE.

Le baromètre atteint ?!0u maximum de hauteur au lever du soleil; ^ il commence k l)aisser vers neuf heures du matin , mais lentement , ^. pour arriver à son point le phis bas entre midi et quatre heures du -^^^\v soir; puis le soleil couché, il remonte. Telle estsamarche sur le littoral.. ^^\.

Quanta ses maxiniîi et minima, dans Téchelle de ses oscilla — ^..^^ nations, nous les avons trouvés aux chiffn^s suivants :

Montevideo 778 — 7/i5 = 33 ""

Buénos-Ayres 779 — 762 = 17

Paiana 766 — 7û7 := 19

riualo^uaychii 778 — 7û9 = 29

Conception 775 — 752 = 23

Concordia 767 — 759 = 8

SanlaFé 771 — 760 = 11

Kosario 767 — 750 = 17

A Montevideo Tamplitude moyenne des oscillations des dix aiiM^^winées est de 26""", la moyenne des maxima éUuit 773'"", et 749 celle d<^ f'^ des minima. lille est proportionnellement la même dans tout« la régîoe::^ -î *ioii dont nous parlons ; mais Tamplitude diurne périodique augmente '^-:^^^ î' mesure qu'on s'élève dans le nord.

La plus grande hauteur barométrique moyenne répond aux mo «:^ jciov d'août et de septembre, la moindre à ceux de décembre et de jauviei ^* i '**'*' En général, cette hauteur est en raison inv(»rse delà température. L»-- ï I'*' maxima de hauteur répondent toujours aux vents de sud-sud-est, qw g^ 4^ sont franchement sud dans h^s lîvières et dans les mei's voisines, » «- *^i * les minima au veut du nord qui toujours amène une gi'aiide élévc?'^^*^**^^ tion dans la température et le plus souvent un temps orageux.

C'est aussi sous rinfluence du vent que les oscillations brusqu» r^ H"<^^ du baromètre ont lieu ; le mercun* l)aisse rapidement avec le veut (ïî> •* ^' nord, mais remonte plus vite encore lorsque le vent de sud-ouest l» •* *^' pampero succède h ce vent et que ce pampero est modéré, car lorF^ > ^*^*^ qu'il est violent, ce n'est que lentement que le baromètre reprend sl>«^^< ^^^^ niveau. C'est presque toujours dans la matinée que la baisse a lie» *^ ' '<^'"» et le soir ou la nuit, que reparait la hausse. Ces mouvemem^ '*^^''^-**' s'accompagntMit toujours de gmuds changements atmosphérîques^ï^ -tj^^s : vents violents, orages, grandes pluies, etc., etc.

§ in. — Vents.

li'horizontdité presque générale du temxiu dans toute la n*gi^ i/o// dont nous parlons la livre t<iut entière à Taction des vents. Aussi W^ ^^^

VENTS. 3iii

mouvements atmosphériques en divers seus y sont-ils constants et les calmes rares. Les nuMnes vents y W»pnent également sur dès es^ paces immenses, et Ton peut dire que du Rio-Xegro au Paraguay, entre Tocéan et le massif de Cordova , les grandes secousses de l'atmosphère sont générales.

Quant aux vents ordinaires, les localiti^s ont sur eux la plus grande influence. A Tembouchure de la Pluta, les vents du large , qui sont ceux de sud-est, dominent naturellement. En effet, le v<'iit de sudest règne sept mois de Tannée , c'est-à-dire pendant toute la saison chaude, à Montevid(H>, à Buénob-A}Tes, sur les deux rives de cet estuaire et du bas Uruguay. Ce vent commence à dominer dès que le soleil, passimt au sud de Téquateur, semble pousser devant lui la bande atmosphérique de la zone équinoxiale où le vent alise de sudest est continu : l'espace où il règne s'allonge en conséquence vei's le sud pendant toute cette période; mais, même pendant la saison fraîche, où les vents sont variables , c'est encore ici le vent de sudest qui souffle le plus souvent.

Ou sait d'ailleurs que c'est une règle générale pour les cotes orientales du continent sud-américain, (jue l(»s vents d'est et surtout de sud-est V soufflent contimiellement de l'océan à l'intérieur des terres, comme font celui du nord-est pour le Mexique et les litats-Unis, celui d'ouest pour les côtes de l'Europe et de l'Afrique, (.ette constance des vents du larg(^ sur les cotes des continents s'explique, d'un côté par le r(*froidis^:(Mnent plus rapide des terres par suite du rayonnement du sol vrrs les espaces célestes, pendant la nuit; de l'antre, par la raréfaction de l'air superposé à ce même sol qui a i^té échauffé toute lajoin^née par les rayons solaires, t^mdis que les ^o^lches \oisines de l'eau conservent une température beaucoup plus igale .

VIRAZON.

Cette double action explique aussi le phénomène de C(îs brim?ï; locales que l'on désignt* dans la Plata sous le nom de r/- 'azon et qui sont presque limitées à la siiison chaude. Le vent de Lerre, qui vient du nord ou du nord-ou(ist, souffle depuis minuit, à peu près, jusqu'à 9 ou 10 heures du matin. A partir de ce moment jusqu'à environ 2 hemvs, règne une période de calme ; c'est celle de la plus forte chaleur du jour; mais à cette heure la brise du large se lève, quelquef(»is «extrêmement forte, surtout si le thermomètre a dé-

358 CLIMATOLOGIK.

passé 30°, et elle no tombe qu'au coucher du soleil. Le phéuomènEiij^je qui se passe alors n'a d'autre cause que l'inégalité d'absorption du ca — , lorique parla terre et par les eaux. Ce sont des brises par aspiration résultat des tensions inégales des masses d'air, lesquelles reposant, u sur le sol tour à tour réchauffé et refroidi, là sur les eaux, chercbeir^^g par un va-et-vient régulier à équilibrer leurs températures.

Ces deux périodes, vent de terre pendant la seconde moitié de T ] nuit, vent de mer pendant la seconde moitié du jour, qui coustitueK^ ^^^^^u la virazon, sont parfaitement d'accord avec la période barouiétriqu.s AUe la pression augmente avec le veut de terre et diminue avec le ver --^^u du large.

Ceci ne veut pas dire, bien entendu, que dans la saison chaudEi^de, -il n'y ait aussi des vents faits, du nord, du nord-est, du siK^^^ud, du sud-ouest, etc., qui régnent sans interruption plusieurs jours de

suite, mais ils ne sont que des exci'ptions ; la virazon est le veut.::Bt le plus commun à cette époque et pendant le beau temps.

VENTS 6é!fiRADX.

En s'éloignant des côtes , la virazon est beaucoup moins s— ssensible et disparaît tout à fait dans l'intérieur de la Mésopoi^nitamie argentine. En dehors des vents généraux, il n'y a cu^que

des brises locales le long des deux grands lltuves Uruguay et Para" na,

des calmes surtout. Quant aux vents généraux, ils sont dans ces d«^ eux longues vallées, tantôt du sud, Uuitôt du nord, plus souvent dt. — ^ ce dernier point du compas, avec une légère inclinaison à l'est; on

peut affirmer qu'il y a toujours au moins deux jours de vent du n ^ord contre un jour de vent du sud, circonstance qui, ainsi que n-^^ous l'avons dit en parlant de leur navigation, rend la remonte de ces^^ rivières lente et pénible.

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